Episode 40 : mon.ma partenaire de vie est très tactile, moi pas vraiment, comment limiter les frustrations ? Avec Colombe psy, thérapeute de couple et sexologue
Bonjour, bienvenue sur ce 40e épisode de Relationnellement Vôtre.
Aujourd’hui je suis en compagnie de Colombe, psychologue, thérapeute de couple et sexologue que vous avez déjà entendue précédemment.
Bonjour Colombe.
Bonjour
Merci de me rejoindre pour traiter d’une thématique dont plusieurs couples peuvent souffrir sans oser en parler : « Mon.ma partenaire de vie est très tactile, moi pas vraiment, comment limiter les frustrations ? »
Alors pour commencer, pour être sûr qu’on entend la même chose derrière le mot « tactile », peux-tu nous dire Colombe, ce que tu mets derrière ce mot ?
Alors, pour moi être tactile, c’est être spontané dans le toucher, c’est quelqu’un qui aime toucher son entourage, qui réagit positivement d’ailleurs quand on le ou la touche. Qui ne peut pas vraiment s’empêcher de toucher les gens, même hors de la sphère privée parfois parce que ce sont des gestes spontanés (faire des câlins, des accolades, caresser les cheveux), voilà des choses qui peuvent se faire quand on a un lien assez resserré mais que ces personnes-là peuvent faire avec des personnes qu’elles connaissent moins.
Donc cette personne va le faire de manière spontanée, sans nécessairement faire attention aux codes ou à ce que l’autre aime, parce que, pour cette personne, ça ne peut pas être perçu comme un toucher qui peut gêner, alors que parfois ça peut l’être pour l’interlocuteur, la personne en face. Et il.elle ne va pas penser à demander l’autorisation. Même si c’est pas forcément sexualisé ou érotisé dans sa tête. Elle peut avoir des gestes qui peuvent être perçus par l’autre comme tels, mais dans sa tête, ça ne relève pas du tout de ça, donc elle va pas tellement se poser la question.
D’accord ! Et est-ce inquiétant de ne pas être sur la même longueur d’ondes que son conjoint, sa conjointe en termes de démonstrations affectives ?
Alors, c’est pas inquiétant, dans le sens où c’est pas quelque chose de grave, ça ne veut pas dire que votre couple est forcément voué à l’échec.
Heureusement (rires)
Il faut juste le penser comme une différence de langage de l’amour. On en a déjà parlé, tu as déjà parlé de manière précise des langages de l’amour. Et finalement le toucher en est un parmi d’autres, parmi les paroles valorisantes, les cadeaux, les temps de qualité et les services rendus. Et donc le fait de ne pas avoir forcément le même langage et ensuite pas le même niveau d’intensité dans chaque langage, c’est pas inquiétant, c’est juste lié à une différence et il faut faire avec.
Donc chacun a son canal de prédilection là-dedans et chacun reçoit les gestes de l’autre avec une intensité qui lui est propre.
Il faut pas oublier que les démonstrations affectives sont quand même importantes parce qu’elles rassurent les 2 conjoints sur l’état de leur relation. Mais chaque couple a vraiment sa façon de démontrer la solidité du lien.
Il y a en gros les grandes lignes de la place du toucher dans un couple, mais il y a aussi les colorations spécifiques du couple en question qui vont créer une atmosphère propre à ce couple-là.
Il y a les grandes lignes de ce qui se fait, de ce qui se fait pas, de ce qui se fait en public, de ce qui se fait dans l’intimité et puis après, il y a ce qui se décline dans chaque couple.
Et être différent dans ses besoins affectifs, c’est pas un problème, tant qu’on a conscience qu’il y a une différence et que finalement les 2 trouve une satisfaction dans un compromis trouvé mais ça on en reparlera.
Super ! Et est-il préférable de parler de parler de cette différence ou de prendre sur soi et pourquoi ?
Pour moi c’est préférable d’en parler pour mieux prendre sur soi. C’est-à-dire qu’en fait, c’est important de réaliser qu’il y a cette différence là et d’être capable de comprendre l’autre et soi-même pour donner du sens à ce qu’on vit ensemble.
Ok ! C’est très joliment dit : « comprendre l’autre et soi-même pour donner du sens à ce qu’on vit ensemble. »
Comment réagir quand l’un des 2 exprime sa frustration, que ce soit son désir de plus de gestes tendres ou son « trop plein » de contacts physiques ?
Alors comment réagir, j’ai envie de dire, il faut bien réagir ! (rires)
C’est-à-dire, se dire « ok, si l’autre vient m’en parler, que ce soit en trop plein ou en manque, c’est qu’il ou elle a relevé quelque chose et on a un truc à améliorer, un défi à relever tous les 2.
Et le fait de pouvoir relever qu’il y a une difficulté, de le voir vraiment pas de l’ordre de « ah, ça y est il.elle est en train de me dire que je ne fais pas ce qu’il faut, de toute façon je ne fais jamais ce qu’il faut… et ainsi de suite. » Il s’agit de se dire « ok, là visiblement, on a un défi et tous les 2 on va essayer de comprendre ce qui se passe.
Donc il s’agit de recevoir, de le prendre pas comme une critique mais comme une explication. C’est pas que je fais mal, c’est que quand je fais quelque chose, il.elle le perçoit différemment de ce que je crois que je fais ou que je ne fais pas. Donc l’important c’est vraiment de comprendre ce qui est précisément le besoin pour l’autre, dans le détail parfois et d’avoir une discussion qui va oser aller dans le détail, c’est-à-dire :
– « quand tu fais ça, ça ne me plait pas, j’aime pas être touché.e
– tu n’aimes pas être touché.e, comment tu n’aimes pas être touché.e ? »
De pouvoir affiner vraiment finalement ce qui dans le détail est acceptable ou non pour chacun.
Et parfois ça va être de dire :
– « je n’aime pas du tout quand tu me touches autre chose que la main. la main ça va, mais pour moi dans ma culture familiale, dans ma culture propre, dans mon histoire, si je commence à sentir ta main dans mon dos, je me dis que forcément tu veux passer du câlin à du s3xe et moi du coup j’ai une monté d’angoisse.
– bah oui, mais c’est pas du tout ce que je fais
– oui je sais, mais moi je l’interprète comme ça. »
Et d’avoir cette discussion-là, vraiment ouverte sur finalement ce qu’on est capable d’interpréter des gestes de l’autre, alors que c’est pas du tout ce qu’il y met ou ce qu’elle y met. Et de pouvoir avoir en tête la gradation aussi pour certaines personnes qui vont être facilement inquiète en percevant le moindre aspect tactile, comme étant un signe de « ouh la la, il va se passer quelque chose sur le plan s3xuel ».
Il y a une montée en puissance possible entre il me touche la main et ça y est on est en plein milieu d’un ébat s3xuel. Parce que finalement la tendresse que la personne va mettre dans le côté tactile, même si au départ il y a quelque chose de spontané qui fait que la personne va le faire… enfin vraiment c’est de la tendresse, qui veut dire je suis bien avec toi, mais ça va pas plus loin dans sa tête. Ce n’est pas encore l’étape de la sensualité, c’est pas encore l’étape de l’érotisme et c’est pas encore l’étape de la s3xualité.
Ce que tu viens d’expliquer est très intéressant et tu as utilisé 4 termes dont les nuances et les définitions pourraient être importantes pour nos auditeurs, pourrais-tu du coup, Colombe, nous expliquer la différence entre la tendresse, la sensualité, l’érotisme et la s3xualité ?
Oui, alors la tendresse, c’est peut-être ce qui est partagé de manière la plus large par les êtres humains, ne serait-ce que parce que la tendresse, c’est ce que vivent les enfants. Quand on est en lien avec les enfants, le fait de pouvoir les câliner, leur faire des bisous, leur caresser la tête… Quand c’est avec un adulte sain, il n’y a absolument rien de s3xuel qui est mis dans la tendresse qu’on peut partager avec un enfant.
Et la tendresse qu’on va partager avec un adulte, ça va être le même truc. C’est-à-dire voilà, je t’apprécie énormément, j’ai pas d’inquiétude de voir si mes gestes peuvent être mal intentionnés ou mal interprétés. Par contre, il y a une vraie façon de pouvoir dire « je suis là, je t’apprécie, je suis à tes côtés… » dans une forme finalement d’affection qui passe par les gestes, avec sensibilité, douceur, délicatesse, une sorte de bienveillance à l’autre qui ne voit pas plus loin que la tendresse du moment.
Après il peut y avoir une bascule dans la sensualité. Là pour le coup, c’est chez les adultes plus précisément. Que ce soit la sensualité, l’érotisme ou la s3xualité, on va plutôt, enfin, moi j’ai tendance plutôt à les voir du côté adulte.
les ados vont avoir du mal avec cette… ce passage là où la tendresse peut devenir de la sensualité, voire même plus sans qu’ils s’en rendent compte.
La bascule avec la sensualité, c’est quand finalement, là il commence à y avoir le plaisir des sens qui va être en jeu. C’est pas juste il y a de la communication non verbale entre nous, mais il y a un plaisir. « J’aime quand de manière consciente, je te caresse le dos, ça provoque chez moi quelque chose qui me fait plaisir, je ne sais pas forcément quoi, mais voilà, c’est quelque chose de l’ordre du plaisir, qui peut rester simple plaisir ou qui peut basculer dans quelque chose avec un but érotique.
L’érotisme lui, il a pour mission d’éveiller le désir, le désir s3xuel. C’est presque plus officiel, je vais mettre en place, en étant dans une démarche érotique, quelque chose d’un climat de désir, un climat qui peut mener à la s3xualité, qui peut s’arrêter là, parce que c’est juste agréable d’être dans cet entre-deux, mais voilà, c’est la montée volontaire de la température dans le climat du désir.
Et après, un cap aussi qui se passe quand l’excitation fait basculer justement dans la s3xualité, où là on est dans le désir, l’excitation, le plaisir et dans le passage à l’acte à priori, mais voilà, y’a quelque chose où on peut monter en gradation comme ça et après redescendre à une tendresse qui n’a plus rien de s3xualisée, mais qui vient juste rassurer la relation, alors qu’il vient d’y avoir une s3xualité qui était pour le coup vraiment axée sur ce désir, ce plaisir, cette excitation.
OK
Et de pouvoir se dire, voilà, là quand tu fais ça, en fait, t’es à quelle étape ? Est-ce que t’es à la tendresse ou à la sensualité. Parce que si tu es déjà à la sensualité c’est que tu penses à l’érotisme et à la sexualité, moi je veux pas.
Alors que si tu es sur la tendresse tout court, on peut faire avec (rires).
Donc vraiment voilà, l’enjeu c’est de vraiment réussir à en parler avec la personne concernée, pas avec la voisine, nos amis ou peu importe. Donc d’en parler à la personne concernée et de se dire « bon voilà, moi finalement… » comme avec n’importe quel problème en fait :
- on observe une situation qui nous pose question
- après on arrive sur l’émotion que ça crée chez nous.
- on estime quel est le besoin qu’on veut voir être comblé
- et on fait une demande claire.
Pour reprendre ces 4 étapes là par exemple :
- je décris une situation sans l’exagérer ni accuser l’autre, j’observe des faits que j’identifie « la dernière fois devant telle personne ou quand la dernière, juste on était dans la rue et tu m’as pris.e par la hanche. » Ca c’était l’observation
- 2e partie, émotion: « j’ai eu l’impression que je ressentais une gêne et vraiment je me suis senti.e mal parce que j’ai eu l’impression que…
- Mon besoin : « du coup, comme je me suis senti.e mal, j’ai eu besoin que tu me rassures et j’ai pas su comment te le dire. »
- « la prochaine fois est-ce que tu veux bien dans la rue, ne pas mettre ta main comme ça si finalement tu m’as pas demandé avant, ou on peut établir un p’tit code entre nous qui fait que moi je ne vais pas le vivre bizarrement. Parce que je me sens pas bien quand tu fais ça sans me demander. Ca me rappelle quelque chose qu’a pu faire une personne avant dans ma vie où j’étais pas d’accord ou peu importe. Ou juste j’aime pas et j’ai le droit de ne pas avoir été traumatisé.e ou de ne pas avoir subi d’abus s3xuel et tout simplement ne pas aimer quelque chose.
Merci pour tes explications Colombe et du coup, la question qui me vient, c’est comment gérer les « décalages » rencontrés de part et d’autre de la relation quand on aimerait un peu plus d’échange tactile ou quand au contraire, on préfèrerait qu’il y en ait moins ?
On l’a dit déjà, tout se passe dans la discussion. On part du principe qu’exprimer sa frustration à l’autre, c’est faire preuve de confiance avec l’idée que ça sera chacun son rythme, dans le respect et un effort réciproque.
Finalement, c’est à respecter, mais c’est quand même important que les 2 personnes soient satisfaites. Ca souvent, on a un peu tendance à se dire, bon bah voilà, il faut respecter celui qui « peut le moins », on va dire ça comme ça, mais il ne faut pas affamer l’autre émotionnellement pour autant. On doit toujours être dans la balance de se dire je ne veux ni affamer l’autre, ni gaver l’autre ou le remplir trop. Ca doit être un principe, un principe vraiment de couple où on veut du bien à l’autre, on se veut du bien et l’autre doit dans une relation saine nous vouloir du bien aussi.
Donc l’important c’est que chacun dans la relation qu’on est en train d’établir dans le couple, se sente satisfait, se sente à la fois rassasié émotionnellement mais pas dans quelque chose où finalement la personne prend tellement sur elle pour être au niveau de l’autre que ça commence à lui peser, elle.
Donc si l’autre ne veut pas s’accorder là-dedans, il faut comprendre par exemple pourquoi. Il y a des personnes qui vont dire « mais moi en fait, juste, je ne peux pas. Ca veut dire que même la tendresse de la main, sur ma main dans le canapé pendant qu’on regarde la télé, c’est hors de question, je ne peux pas. »
Alors essayez de comprendre. Si tu ne peux t’accorder ok, je peux comprendre, je vais essayer de pas le prendre personnellement, mais j’ai quand même besoin de comprendre parce que c’est moi qui vais le vivre.
Je ne le prends pas personnellement mais je vais le vivre personnellement. Donc on va essayer de comprendre. Est-ce qu’il y a eu des traumas, est-ce qu’il y a eu des abus, est-ce que c’est une question de culture. On en parle en fait, c’est vraiment, ok on est d’accord pour comprendre et faire comprendre à l’autre que des 2 côtés on peut travailler dessus.
Quand je dis travailler ca peut être travailler sur soi en faisant des efforts, en lisant des livres. Dans certains cas, ça peut être de travailler avec un ou une psy ou un professionnel qui sera adapté. Mais l’important c’est de se dire ok, c’est pas parce qu’il s’est passé quelque chose ou qu’il s’est rien mais c’est que je ne suis pas comme ça, que c’est un état de fait et qu’on doit juste faire avec éternellement. Il y a une possibilité de faire changer les choses.
Il y a des personnes qui ne sont pas tactiles de base et juste non, ça, ça n’est pas moi et dire ok, tu as le droit de travailler là-dessus et la personne elle s’autorise à imaginer qu’elle peut faire un effort sur certaines choses. C’est pas un effort surhumain qu’on demande, juste de trouver voilà quel est dans le panel des choses que j’ai du mal à faire, ce qui me coûte le moins ? Est-ce que ça pourrait suffire à ce que l’autre se sente déjà un peu plus apprécié?
La personne qui elle en revanche est beaucoup plus tactile et a un besoin de ce côté là, elle doit pouvoir accepter de se mettre en pause, le temps de trouver un équilibre dans le couple. Sur telle période, on n’est pas sur ce sujet-là, par contre pendant que toi, je te laisse tranquille, tu essaies de comprendre ce qui chez toi résonne et fait que tu le vis mal ?
Chacun a besoin de sentir que l’autre fait sa part. Mais tout ça, ça ne peut pas tenir sur le long terme. Sur le long terme, il faut trouver des astuces pour que tous les 2 ça aille et que j’arrive à te nourrir sans me gaver ou l’inverse. Voilà.
Donc de pouvoir jouer aussi sur notamment 3 éléments, qui vont être, ça j’en ai déjà parlé tout-à-l’heure :
- le contexte, le lieu, les personnes qui sont en présence
- le temps, est-ce qu’il y a des temps qui sont plus favorables ou non?
- et les gestes spécifiques qui sont acceptables ou non.
Il y a des temps spécifiques. Donc de pouvoir dire à ces temps-là, tu as le droit, y’a pas de problème, je ne vais pas le vivre bizarrement. Là, ne loupe pas ces moments-là parce que vraiment, je suis pas contre, dans ces moments-là.
Alors il ne s’agit pas de tout codifier, attention, je ne suis pas en train de dire voilà, tu vas avoir une fenêtre de tir pour faire un bisou ou caresser ma main de temps de secondes par jour, c’est pas ça. Mais de savoir que l’autre est plus disponible et qu’il y a un accord qui se fait plus spontané sur le fait que je ne vais pas y voir plus que ce que tu y mets ou je ne vais pas me sentir plus gêné.e que si tu me fais la bise pour me dise bonjour, parce que je sais qu’on est dans un cadre de temporalité spécifique qui nous met d’accord tous les 2.
Après il y a des gestes particuliers, donc il faut aussi se mettre d’accord. Finalement quand tu veux faire basculer sur le terrain de la sensualité, de l’érotisme ou de la s3xualité, bah c’est presque un code entre nous, tu m’embrasses dans le cou, je saurai que ça veut dire que c’est plus. Alors que si tu m’embrasses sur la joue ou même le bras, je vais juste me dire, tiens, c’est mignon. Voyez, de vraiment pouvoir avoir un panel sous la main.
il y a un domaine du possible dans lequel la personne qui va être la moins tactile va oser aller. Qu’est-ce qui vous sécurise dans ces gestes, dans le panel imaginaire de tous les gestes possibles et imaginables :
- qu’est-ce qui vous plait ? Parce que même ceux qui ne sont pas tactiles ont des gestes parfois qui leur plaisent.
- qu’est-ce qui vous déplait fondamentalement ?
- qu’est-ce qui est un entre-deux qui peut passer ?
Et dans les trucs qui sont plus neutres, qu’est-ce qui pourrait te nourrir toi ? C’est important aussi que la personne qui a plus de besoin, se sente nourrit quand même. Il ne s’agit pas juste d’affamer la personne qui a le plus de besoin. Il s’agit de trouver vraiment cet équilibre-là.
Alors il y a des situations un peu extrême ou effectivement, quand le décalage est trop énorme dans le couple. Il s’agit d’assumer le fait de faire vraiment un arrêt total. Qui est presque symbolique en fait, de se dire là on arrête et on repart à zéro.
On repart à zéro parce que la personne qui peut le moins, là elle est tellement saturée, qu’à chaque fois que l’autre s’approche, ça devient panique à bord et du coup souvent, c’est l’agressivité qui ressort. M’approche pas, dégage…
Donc de dire, voilà, on fait un arrêt de tout. Oui, ça coûte. On va dire c’est volontaire. Là il y a besoin de rétablir, de réintroduire la barrière du respect, donc par exemple, pendant 2 semaines, tous les 2 on est d’accord sur le fait qu’on ne va pas se toucher.
Et petit à petit on réintroduit les gestes qui sont les moins complexes en théorie. C’est-à-dire qu’on se met d’accord sur ok, tel geste, ça va pas me gêner. Tel autre, j’attends encore un peu. Donc on en reparle. Mais en fait, ça arrive très souvent qu’il y ait besoin de cette fenêtre là pour réapprendre ensemble à retrouver un équilibre des 2 côtés.
Et en fait dans les 2 cas, pour tout ce qui est le toucher et la tendresse, finalement que ce soit un trop plein ou un manque de l’autre côté, c’est d’être intentionnel. Quand l’autre fait un effort, il faut souligner aussi verbalement qu’on a vu que l’autre a fait un effort et qu’on apprécie. je pense que le renforcement positif là, il est extrêmement important.
Dans les 2 cas, de pouvoir sentir que j’ai vu et je t’encourage parce que même si c’est tout petit, bah moi ça répond à mon besoin de retrait, soit à mon besoin d’un peu plus quoi.
Il faut pas oublier que la peau c’est quand même le plus grand de nos organes donc il y a beaucoup de sensations différentes qui vont de l’agréable, voire du jouissif à l’insupportable et qu’il faut juste trouver avec créativité le moyen de créer un équilibre quoi.
C’est magnifiquement expliqué. Trouver un équilibre, c’est vraiment ça;.
Du coup, on arrive pratiquement à la fin de cet épisode du podcast. Pour finir aurais-tu une info, une astuce, un conseil pratico-pratique pour tenir compte de chacun concernant les contacts physiques ?
Bonus proposé par Colombe
Alors peut-être tout simplement d’aller voir du côté du massage pour certains.
Comme souvent c’est assez connoté réduction de la douleur. Ah j’ai mal au dos, tu peux me masser le dos ? C’est presque paramédical d’une certaine façon. Et du coup d’aller sur ce territoire-là, ça permet de décharger le côté émotionnel qui peut tendre certaines personnes et juste de rester sur le bien-être que ça peut créer. Donc souvent de proposer à la personne qui a le plus fort besoin… vous pouvez lui demander un massage. Donc moi j’irais peut-être proposer à des personnes qui ont ce besoin d’essayer le massage, quand le reste de ce qu’on a pu évoquer paraît encore un peu trop compliqué ou alors en complément.
D’accord !
Merci beaucoup Colombe, c’est un épisode très riche et super intéressant.
Merci, avec grand plaisir
Vraiment un grand plaisir partagé.
Voilà ce 40e épisode du podcast est terminé.
Entretenir la connexion au sein du couple est une mission quotidienne qui comporte ses aléas. En tout cas, il est possible de faire appel à des professionnels pour comprendre ce qui se passe et voir quelles solutions s’offrent à nous avant que la situation ne devienne critique.
Si vous avez des questions ou si vous souhaitez solliciter l’aide d’une professionnelle, dont Colombe. Il vous suffit d’envoyer un mail à relationnellementvotre@gmail.com
De notre côté, on se dit à bientôt et surtout, prenez bien soin de vous.
