Episode 29 : La peur de l’inconnu parasite-t-elle vos relations ?

Hello, c’est le 29e épisode de Relationnellement Vôtre.

Nous sommes actuellement dans une série d’épisodes sur la peur ou les peurs, celles qui se trouvent sur le chemin de notre épanouissement relationnel.

Dans l’épisode précédent, il était question de cette peur de ne pas être capable d’aimer, ni d’être aimé.e et donc cette peur de souffrir.

Désolée, j’vais un peu vous spoiler, parce qu’en fait, quelles que soient les peurs abordées dans ce podcast, vous réaliserez que l’insécurité intérieure se cache derrière chacune d’elles. Et oui, c’est la sécurité intérieure qui permet d’avoir la confiance en soi et l’affirmation de soi nécessaires pour oser vaincre la peur.

Du coup, si vous n’avez pas encore écouté l’épisode 28, je vous encourage à le faire, ça vous permettra de comprendre pourquoi je parle de sécurité intérieure, parce qu’en l’occurrence il ne s’agit pas de vous trouver un garde du corps. 

Bien que la source des différentes peurs soit la même, à savoir le sentiment d’insécurité, les problématiques entrainées par ces peurs sont différentes et les moyens d’en sortir sont complémentaires aux astuces proposées dans l’épisode précédent.

C’est ce que je vous propose de voir cette semaine en abordant la peur de l’inconnu, cette peur qui empêche de prendre des risques et de se laisser surprendre par les relations.

Vous est-il déjà arrivé d’avoir la possibilité de participer à un événement, d’être invité à un endroit et de ne pas vouloir y aller parce que vous ne savez pas qui sera présent, ni comment ça va se passer ?

Ou peut-être que vous avez eu l’occasion d’être à une soirée, un séminaire, une sortie, ou une activité quelconque durant laquelle vous étiez entouré.e d’inconnus. Vous auriez bien aimé pouvoir faire connaissance avec certains ou certaines d’entre eux, mais impossible de faire la démarche d’aller leur parler.

Ou encore, autre exemple et après je vous laisse tranquille. Vous vous êtes probablement déjà retrouvé dans une relation de couple où la période de fréquentations évolue tranquillement. Sauf que quand vient le moment de s’engager dans une relation exclusive, de sauter le pas d’une union officielle, vous êtes comme tétanisé ou vous partenaire prend la tangente, car c’est insupportable de ne pas savoir ce que l’avenir ensemble peut vous réserver. L’un de vous se dit que c’est beaucoup trop risqué…

 

Allez, juste entre nous, combien d’opportunités avez-vous déjà manqué à cause de la peur de l’inconnu ? Combien de fois avez-vous couru dans la direction opposée à celle où votre cœur aurait aimé allé ?

Trop de fois à votre goût, n’est-ce pas ?! Ce ras-le-bol tombe bien, parce que dans cet épisode, je vous propose :

  • De comprendre le mécanisme de la peur de l’inconnu
  • De voir ensemble comment faire pour la surmonter
  • Et de vous partager quelques clés si vous êtes en relation avec une personne qui a peur de l’inconnu, qui a peur de prendre des risques.

Alors commençons tout d’abord par décortiquer un peu le mécanisme de la peur de l’inconnu.

La peur de l’inconnu est 

cette peur d’une menace incertaine dont on ne maîtrise ni la probabilité ni les conséquences. Une peur de l’imprévisible qui pousse à éviter ce que l’on ne maîtrise pas. 

Dans le cas des relations, cette peur pousse à éviter l’autre, à éviter la relation, à éviter la connexion.

Son origine :

Cette peur prend bien souvent racine dans nos expériences de vie et nos pensées. Au départ, la peur n’est qu’une émotion, mais elle peut devenir une manière d’appréhender la vie, un état d’esprit.

Si tout votre mode de fonctionnement est conditionné par le fait d’éviter tout imprévu, toute nouveauté, tout changement, en vivant quotidiennement dans l’appréhension qu’un élément surgisse de nulle part, c’est différent de la peur que vous ressentez lorsque vous êtes face à un imprévu ou un danger.

Comme je vous le disais, les peurs naissent dans nos insécurités, toutefois ces insécurités s’expliquent différemment :

Une des explications de cette peur de l’inconnu se trouve dans l’environnement familial dans lequel vous avez grandi.

Un enfant a besoin de repères fiables et stables, en quantité suffisante pour se sentir en sécurité dans le quotidien, sans pour autant l’amener à basculer dans la rigidité d’une routine réglée comme du papier à musique. Car risquerait de provoquer malgré vous une peur du changement.

L’équilibre, le ni trop, ni trop peu, est une clé que je risque de vous répéter assez souvent, j’espère que je ne vais pas vous  lasser.

Imaginez-vous dans la peau d’un enfant, imaginez-vous exprimer de la peur et aujourd’hui on vous apporte du réconfort, demain, vous exprimez à nouveau de la peur, on vous crie dessus et le surlendemain, vous exprimez encore de la peur et on vous ignore.

Le manque de cohérence et de constance dans les réactions, fait que vous ne savez plus à quoi vous attendre et c’est anxiogène n’est-ce pas ? Alors imaginez ce que ça peut générer comme insécurité dans le cœur d’un enfant… D’où la peur de l’inconnu. La peur des imprévus, des surprises, ldes changements, des rebondissements, etc.

Bien souvent les environnements où des addictions modifient le comportement et où les réactions peuvent passer du calme à l’agressivité sans aucun signe annonciateur amènent les enfants à être en hypervigilance. Ils sont sur le qui-vive et deviennent incapables de profiter de l’instant présent, car ils sont trop occupés à appréhender l’après, l’avenir.

D’autres explications possibles à la peur de l’inconnu se trouvent dans les traumatismes vécus tout au long de votre vie. Par traumatisme, je veux parler de tout événement éprouvant qui entraîne des conséquences psychologiques et affectives. Certaines mauvaises surprises sont vécues comme des traumatismes. Il peut s’agir d’un mensonge aux lourdes conséquences, d’une tromperie, d’une trahison, etc.

Ce genre d’événement amène la personne qui le vit à développer une vigilance et une méfiance accrue vis-à-vis de l’autre, avec une volonté de tout savoir. Le hic, c’est que se comporter en agent du FBI n’aide pas vraiment à avoir des relations familiales, amicales et amoureuses agréables, vous en conviendrez.

Voici les comportements qu’on retrouve le plus fréquemment chez les personnes qui ont peur de l’inconnu :

Bien souvent se sont des personnes à l’imagination débordante et aux scénarii catastrophes en tous genres, car l’insécurité n’alimente pas de « happy ends ». Ces personnes préfèrent donc s’attendre au pire.

Pour pallier à cette peur, parfois même cette angoisse constante de ne pas savoir ce qui va se passer, elles mettent en place des stratégies de contrôle, d’évitement ou d’accommodation, que je vais vous développer. 

D’ailleurs, j’ai oublié de vous préciser qu’il y a une différence entre la peur et l’angoisse : 

  • la peur est une émotion qui accompagne la prise de conscience d’un danger, d’une menace.
  • l’angoisse est un malaise psychique et physique, qui nait du sentiment qu’un danger pourrait être imminent. L’angoisse peut aller d’une crainte diffuse à de la panique.

En d’autres termes l’angoisse se développe à partir de la peur.

Donc pour en revenir aux stratégies évoquées : 

  • il y a le contrôle : ce besoin ou même ce réflexe qui consiste à tout anticiper et tout contrôler, en ayant un organisation carrée, une prise de risque mesurée, rien n’est laissé au hasard, tout est sous contrôle. C’est la réaction des personnes qui prennent les choses en main, car elles ont du mal à faire confiance aux autres, elles s’appuient sur leur confiance en elles-mêmes. Par contre quand la situation échappe à leur contrôle, elles fuient ou se replient, le temps de mesurer les risques, de réfléchir et de reprendre la main sur la situation. 

Prenons l’exemple d’un homme et d’une femme qui se fréquentent depuis quelques mois. Ils se découvrent mutuellement, s’apprécie sincèrement. L’un des 2 se projette et envisage sérieusement un avenir avec l’autre. Mais l’autre se pose 1000 et 1 questions essayant de répondre à tous les « et si » qui lui passent par la tête :

  • et si tout était beau et rose pour le moment mais qu’au fond ça ne soit que de la surface ?
  • et si on se rend compte qu’au final on est trop différent, après tout, est-ce qu’on se connait suffisamment ?
  • et si une fois engagés à vivre ensemble on réalise qu’on ne se supporte pas au quotidien ?
  • et si je découvrais de choses sur l’autre qui pourraient tout changer à notre relation ?

Tous ces « et si » sont le reflet de la peur de ne pas savoir avec certitude, la peur de ces paramètres totalement hors de contrôle. Sauf que, c’est une chose de vouloir contrôler les situations, c’en est une autre de vouloir contrôler les gens. Et c’est là que ça coince bien souvent relationnellement. Vouloir contraindre l’autre à rentrer dans un mode de fonctionnement, dans un moule qui vous rassure, ce n’est pas ça l’amitié et ce n’est pas ça l’amour, c’est plutôt de la peur n’est-ce pas ?

  • Il y a aussi le fait d’éviter d’avoir à faire face à la situation. Certaines personnes ne se sentent pas capables de gérer quoi que ce soit. Elles vont donc chercher à être rassurée par leur environnement, elles vont rester attachées à une ou plusieurs figures rassurantes, au point parfois d’être dépendantes de relations en lesquelles elles ont confiance pour les protéger, les rassurer, anticiper l’avenir à leur place, pallier aux imprévus et absorber les secousses des mauvaises surprises. Une fois que ce qui était inconnu devient plus familier ou que la situation nouvelle semble plus gérable, ces personnes peuvent prendre une part plus active de leur vie, tout en essayant de rester dans une zone de confort.

Par exemple, une personne qui va totalement se reposer sur son frère ou sa sœur aîné.e. Cette personne aimerait participer à un événement associatif. Elle n’ira que si son frère ou sa sœur l’accompagne, comptant sur son aîné.e pour aller vers les autres, lancer des conversations, pendant que lui ou elle observe, écoute, répond aux questions qui lui sont posées sans trop se mouiller. Si l’échange se passe bien avec quelqu’un et que la personne qui a peur de l’inconnu se sent à l’aise, elle n’aura plus besoin de la présence de son aîné.e.

La zone de confort peut devenir une prison si on n’y fait pas attention, car de vous à moi, les moments les plus beaux, les plus palpitants de la vie se trouvent en dehors de votre zone de confort. 

  • Et puis il y a le statut quo, l’accommodation. C’est le cas de personnes qui refusent le changement. Donc même si la situation est toxique, désagréable, voire à la limite du supportable, ces personnes sont capables de tout de même supporter la situation, parce qu’au moins c’est une situation qu’elles connaissent voire qu’elles maîtrisent. Pour elles c’est préférable de supporter la douleur plutôt que de s’exposer à la peur et au risque que représente le changement. « On sait ce qu’on quitte mais on ne sait pas ce qu’on trouve » vous diront-elles, en occultant la possibilité d’une situation meilleure, car pour elle, le pire est ce qui est le plus probable d’arriver. 
Pourtant nous sommes des êtres doués de merveilleuses capacités d’adaptation. Nous sommes naturellement équipés pour faire face aux changements, ça peut faire du bien de se le rappeler de temps en temps.

Alors maintenant que vous comprenez mieux ce qui se passe, comment faire pour surmonter cette peur de l’inconnu

Surmonter la peur de l’inconnu, d’un côté, c’est accepter de ne pas tout contrôler et donc d’accepter de lâcher prise. D’un autre côté, surmonter cette peur c’est gagner en confiance en soi et en affirmation de soi pour oser découvrir ce qui se cache derrière l’inconnu, oser prendre des risques et les assumer.

Comment réussir à lâcher-prise ? La question à un million ?!! Une question que nous sommes nombreux à nous poser, c’est d’ailleurs pour cela qu’il y a pas mal de programmes de développement personnel qui vous proposent d’y arriver en plusieurs étapes. Je n’irai pas jusque-là, j’aimerais juste vous proposer 4 astuces qui vous aideront à prendre du recul et pourquoi pas à lâcher prise en ce qui concerne cette peur de l’inconnu qui impacte vos relations.

 

1ère astuce : c’est de faire l’inventaire de ce qui dépend de vous, ce qui est sous votre contrôle dans cette situation, dans cette relation. Vous contrôlez vos pensées, vos paroles, vos décisions, vos actions, vos objectifs, vos opinions… Vous avez le choix de céder à la peur ou de faire en sorte de la surmonter, c’est aussi sous votre contrôle.

2e astuce : c’est d’identifiez précisément ce qui est hors de votre contrôle et qui vous fait peur :

  • Ne pas connaître la personnalité de l’autre, qui il ou elle est vraiment ?
  • Ne pas connaître le passé de l’autre ?
  • Ne pas savoir comment la relation va évoluer ?
  • Ne pas savoir ce que l’avenir réserve à chacun de vous ?
  • Ne pas savoir si vous faites ou non un bon choix en fréquentant cette personne que ce soit amicalement ou amoureusement ?

3e astuce : demandez-vous dans quoi cette peur prend racine : 

  • une blessure de l’enfance : trahison, abandon, abus ?
  • un traumatisme passé : agression, rupture soudaine, tromperie, un décès brutal ?
  • une fausse croyance : « les imprévus entraînent toujours des problèmes », « la vie ne réserve que des mauvaises surprises »? Or en y réfléchissant, au fond, vous savez que c’est faux. L’imprévu parfois amène de très belles circonstances et la vie peut vous faire de belles surprises.
  • une contamination affective ? Une personne a vécu une blessure relationnelle liée à un élément qu’elle n’a pas vu venir. Elle vous a partagé son expérience vécu, sa peur, que vous avez complètement absorbé comme si vous l’aviez vécu et du coup vous manifestez vous aussi une peur vis-à-vis de l’inconnu, de l’imprévu.
  • … ?
Il y a différentes racines à cette peur et pouvoir les identifier va vous permettre de lever le voile et de pouvoir travailler dessus.
 

4e astuce : c’est, à partir de ce qui est sous votre contrôle, de faire la liste de ce vous pouvez faire pour surmonter la peur. Ca serait dommage de gaspiller votre temps et votre énergie à vouloir changer des éléments sur lesquels vous n’avez aucun pouvoir. Donc autant investir ce temps et cette énergie dans ce que vous pouvez faire évoluer. Par exemple :

  • si vous êtes croyant.e, vous pouvez en parler à Dieu, lui confier ce que vous ne contrôlez pas, mais que Lui peut contrôler. 
  • vous pouvez en parler avec la personne concernée. Ca permet de ne pas en faire un tabou et donc de diminuer le niveau d’anxiété d’un cran. Ensuite, vous pouvez réfléchir ensemble à ce que chacun peut faire pour chasser cette peur et permettre à la relation d’avancer si c’est ce que vous voulez mutuellement. Ça peut être de vous engager mutuelle à de l’authenticité, de la sincérité l’un envers l’autre. Vous acceptez d’enlever le masque et de vous montrer tel.le que vous êtes vraiment. Ça peut être de pouvoir parler de ce que vous redouter de découvrir sur cette personne, sur son passé. Vous serez rapidement fixé.e.
  • autre élément sous votre contrôle, vous pouvez prendre la décision de relâcher la pression en vous laissant du temps. Le temps de découvrir ce qui se cache derrière l’inconnu.
  • vous pouvez aussi remplacer les idées fausses par la réalité, en vous appuyant sur des preuves, des arguments. Par exemple, il peut y avoir des mauvaises surprises dans la vie c’est vrai, mais il peut aussi y en avoir de bonnes. La preuve, vous avez probablement fait de belles rencontres, vous avez sûrement vécu des circonstances agréables sans même vous y attendre…
  • C’est aussi sous votre contrôle de décider de faire un travail sur vous pour guérir de vos blessures passées qui viennent parasiter votre vie et nourrir cette peur.
  • … et vous pouvez continuer comme ça avec des actes concrets qui vont permettront de vaincre la peur de l’inconnu.

Ca, c’est pour ce qui est du lâcher prise. Et comme je vous le disais précédemment, surmonter la peur de l’inconnu, c’est aussi pouvoir gagner ou regagner suffisamment confiance en soi, oser s’affirmer pour découvrir ce qui se cache derrière l’inconnu, oser prendre des risques et les assumer.

Bien souvent la peur de l’inconnu est liée à la peur de ne pas savoir comment gérer la situation qui se présente, de ne pas savoir quoi faire en cas d’imprévu, de mauvaise surprise. La peur de l’inconnu est donc accompagnée de la peur du risque et de la peur d’être démuni.e.

Surmonter cette peur, c’est donc avoir l’assurance que quelle que soit la situation, vous avez en vous et autour de vous les ressources nécessaires pour faire face. Ca demande bien souvent de faire un travail sur soi quand l’estime personnelle est faible et je vous y encourage si c’est votre cas. Si vous ne savez pas qui solliciter, envoyez un message à Relationnellement Vôtre, soit directement sur le site (bouton en bas de page), soit en envoyant un mail à relationnellementvotre@gmail.com, nous pourrons échanger sur votre situation et voir les possibilités qui s’offrent à vous.

En complément d’un travail sur vous, ce que vous pouvez éventuellement faire, c’est :

  • dans un 1er temps, d’identifier vos points forts, vos qualités personnelles, relationnelles. Si c’est compliqué pour vous de le faire seul.e, vous pouvez aussi solliciter Relationnellement Vôtre pour vous y accompagner.
  • dans un 2e temps, tentez de mettre des mots sur ce que vous redoutez exactement, comme expliqué dans la 2e astuce de tout à l’heure. 
  • Ensuite, demandez-vous ce que vous feriez si ce que vous craigniez arrivait. Par exemple, si vous redoutez de découvrir que cette personne vous cache des éléments de son passé qui pourraient avoir un impact sur votre relation. Que feriez-vous si c’était le cas ? Vous en discuterez ? Vous ne voudrez pas en savoir plus, vous mettrez fin à la relation ? En fonction des raisons sous jacentes, vous serez prêt.e à envisager de pardonner et vous donneriez une chance à cette personne de gagner votre confiance ? Vous demanderez conseil ?… En vous exposant à vos peurs en imaginant la situation et l’éventail de possibilités qui s’offrent à vous, vous pourrez probablement réaliser que bien que ça puisse être douloureux, il n’y a rien d’insurmontable aux situations qui se présentent et en plus, vous pourrez voir que vous avez des ressources, vous n’êtes pas démuni.e.
  • dernier point, je vous propose de revenir dans le présent et le concret, pour formuler des affirmations rassurantes, encourageantes sur votre capacité à faire face à l’inconnu à partir des qualités que vous aurez listées au 1er point.
Par exemple, si vous appréhendez qu’on vous prenne pour ce que vous n’êtes pas. L’un de vos points forts, c’est que vous êtes une personne qui prend les choses en main, qui n’attend pas que la situation pourrisse. Et bien, vous pouvez affirmer, « si je sens que quelque chose cloche, je suis capable d’en parler avec la personne concernée, je suis une personne qui prend sa vie en main, je vais donc agir en ce sens ».

 

Autre exemple, si vous avez peur d’être confronté.e à une situation que vous n’avez pas vu venir, que ce soit une rupture, un ami qui vous tourne le dos, un membre de la famille qui devient distant, un collègue qui vous fait un mauvais coup… et vous savez qu’une de vos qualités, c’est que vous êtes une personne débrouillarde. Vous pouvez affirmer que « quelle que soit la situation qui se présente par surprise, je suis débrouillard.e, je trouverai un moyen de surmonter tout ça ».

Gardez bien en tête que la peur repose avant tout sur vos pensées. En travaillant la manière dont vous penser la situation qui vous fait peur, vous développez votre capacité à vaincre cette peur. Et si au lieu de voir des pièges et des dangers , vous commenciez à voir des opportunités et des joies ?

Si ce n’est pas vous qui avez peur de l’inconnu, mais qu’il s’agit de votre partenaire de vie, votre enfant, votre frère, votre soeur, votre ami.e…

Voici quelques clés :

La 1ère clé : c’est que l’un des plus grands remèdes à la peur, c’est l’amour. Le fait de se savoir aimé et de se sentir aimé augmente le sentiment de sécurité intérieur, car l’amour reçu renforce l’estime de soi, c’est-à-dire la valeur et l’évaluation qu’on fait de notre personne. Plus l’estime de soi est solide et élevée, plus on réussit à s’affirmer et à développer une confiance en nos capacités à … et vous mettez ce que vous voulez derrière.

Donc en donnant de l’amour à cette personne, vous l’aider à avoir le carburant nécessaire pour vaincre la peur.

La 2e clé : c’est de pouvoir dire à cette personne que si elle veut vous parler de ce qu’elle appréhende, redoute et craint, vous êtes là pour l’écouter, sans la juger.

La 3e clé : c’est de lui demandez ce qu’elle aimerait que vous puissiez faire pour l’aider. Il est possible qu’elle ne veuille pas être aidée, dans ce cas, continuer à donner de l’amour, c’est la meilleure des choses à faire.

Si elle voudrait bien être aidée, mais qu’elle ne sait pas de quelle manière vous pourriez le faire, vous pouvez lui proposer d’y réfléchir tranquillement et si à un moment, elle a une idée, si elle ressent un besoin, elle n’aura qu’à vous l’exprimer.

Si de votre côté vous avez des idées de la manière dont vous pourriez l’aider, pourquoi pas lui proposer « est-ce que ça t’aiderait si je faisais ci ou ça ? » Mais surtout n’imposez pas votre idée. La personne concernée est responsable de ses choix, de ses opinions, elle a donc le droit de ne pas accepter votre aide. Elle a aussi le droit de ne pas être d’accord avec vous sur la manière de l’apporter. En lui démontrant du respect et en lui laissant la liberté d’être elle-même, vous renforcez son estime personnelle indirectement et donc sa capacité à vaincre la peur.

En fait, si je devais tout résumer en une phrase, je vous dirai que le meilleur moyen d’avancer malgré l’inconnu, c’est de s’appuyer sur ce qu’on sait et non sur ce qu’on redoute. J’aime beaucoup cette citation de Martin Luther King Jr : 

 

« La foi c’est monter la 1ère marche même quand on ne voit pas tout l’escalier. »

Vous savez qu’un escalier est fait de plusieurs marche, vous voyez la première et même si vous ne voyez pas la 2e, vous savez qu’il y en a une, donc vous allez naturellement avancer votre pied, vous continuez à avancer un pas après l’autre sur le chemin de la vie. Et vous avancez d’autant plus, quand vous SAVEZ que quelqu’un de plus grand que vous, veille sur vous et que malgré les aléas de la vie, même s’il y a des cailloux, des creux, des bosses sur les marches, ou s’il y a du vent, des tempêtes, des intempéries durant votre marche, il y a une marche après l’autre et non un vide, à cet escalier qu’il a placé devant vous. 

Le mot « foi » est la racine du mot « confiance », la confiance est une clé indispensable pour surmonter la peur, que ce soit la confiance en soi et pourquoi pas la confiance en Dieu ? 

Quoi qu’il en soit, je ne peux que vous encourager à vous appuyer sur ce que vous savez. Même si vous ne savez pas tout, c’est plus fiable que ce que vous ressentez !!

Bon y’a eu pas mal d’informations, mais j’aimerais quand même vous partager un témoignage, il s’agit de celui de Simon.

 

Sans titre (33)

Simon a grandi au sein d’une famille avec à la fois l’amour d’une mère perçue comme fragile dont il s’est senti par la suite senti revêtu de la mission de la protéger, les sauts d’humeur d’un père exigeant et la complicité d’une belle relation avec ses frères et soeurs.

Simon se voit comme un grand timide, il reconnait manquer de confiance en lui et redoute profondément d’avoir à prendre des risques.

Bien qu’il soit dans un milieu professionnel dans lequel il est conscient de se faire exploiter, c’est compliqué pour lui d’oser chercher un autre travail, car comme il le dit si bien « il a la sécurité de l’emploi ».

Simon aurait bien aimé faire une activité sportive pour se défouler et évacuer le stress du travail. Mais il n’osait pas s’inscrire dans un club. Se retrouver au milieu d’un groupe d’inconnus était terriblement anxiogène pour lui.

Parallèlement à cela, Simon a beaucoup souffert sur le plan amoureux. C’est un homme doux et généreux qui supporte très mal la solitude. Il ose prendre le risque d’apprendre à connaitre une femme, par contre il n’ose pas mettre fin à la relation s’il se rend compte que ça ne va pas fonctionner entre eux. Simon s’est malheureusement retrouvé à plusieurs reprises dans des relations toxiques qu’il n’osait pas quitter, car il préfère le quotidien douloureux d’une relation à la solitude et à l’incertitude de rencontrer une personne avec qui ça se passera mieux.

Suite à une rupture difficile à surmonter, Simon a fait une dépression. Il lui a fortement été recommandé de faire appel à un psy. Ce travail sur lui l’a aidé à réaliser combien la peur de l’inconnu et la peur du changement l’enfermaient dans une vie qu’il subissait jour après jour.

La psychothérapie a aidé Simon à gagner en confiance en lui.  Ca ne s’est pas fait en un jour et il a voulu baisser les bras plus d’une fois. Toutefois le fait de prendre de l’âge a amené Simon à réaliser qu’il est temps pour lui d’arrêter de fuir et de prendre sa vie en main. Il a persévéré et ses efforts ont fini par porter du fruit. 

Il a réussi à s’inscrire à une activité sportive en acceptant de prendre le risque de ne connaître personne. A sa grande surprise, il a retrouvé une ancienne connaissance perdue de vue il y a plusieurs années. Ils ont apprécié de se revoir et cette personne lui en a présenté d’autres. C’est ainsi que Simon s’est fait un groupe de « potes de sport ». Il savoure désormais d’y aller, il attend même ce moment avec impatience.

Simon ne veut pas vraiment prendre le risque de changer de travail, toutefois, il apprend à s’affirmer. Il ose poser des limites. Non seulement ses managers et ses collègues ont beaucoup moins l’occasion de l’exploiter et en plus, il prend de plus en plus goût à défendre ses droits, car il réalise combien ça fait du bien d’être respecté.

Sur le plan amoureux, c’est encore trop compliqué pour Simon d’accepter de mettre fin à une relation dans laquelle il n’est pas heureux. Il continue à travailler cette peur de la solitude et cette peur de l’inconnu concernant l’après séparation. Ca lui demande d’apprendre à apprécier d’être avec lui-même. Une démarche qui lui est désagréable mais qu’il apprend petit à petit à accepter, car il réalise que c’est une étape importante s’il veut sortir des schémas relationnels toxiques, pour construire une vie de couple saine.

Voici 3 leçons que ce témoignage nous enseigne ou nous rappelle :

  • La 1ère leçon c’est que la peur de l’inconnu peut toucher différentes sphères de la vie et qu’il est possible de mettre en place des stratégies différentes pour chaque sphère. Simon s’est littéralement jeté à l’eau dans le domaine sportif, il a trouvé un compromis sur le plan professionnel en restant à son travail et en posant certaines limites. Et sur le plan amoureux, il continue à travailler sur lui.
  • La 2e leçon, c’est que prendre le risque de surmonter la peur peut réserver de belles surprises. Simon était loin de s’imaginer rencontrer une connaissance à cette activité sportive. Il avait peur de se retrouver au milieu d’inconnu et au final il connaissait une personne qui lui en a présenté d’autres. Qui sait quelle belle surprise il pourrait avoir s’il décidait de choisir ses relations amoureuses et non les subir…
  • La 3leçon, c’est que gagner ou regagner en confiance et en affirmation de soi est un élément fondamental. C’est en réalisant qu’il est digne de respect que Simon a réussi à dire non à ses collègues. C’est en acceptant qu’il est une personne pleine de qualités appréciables qu’il a osé aller dans un club sportif où il ne connaissait personne. Et c’est en travaillant sur sa manière de se voir en tant qu’homme et en tant que partenaire de vie qu’il reconnaît progressivement qu’il n’est plus obligé d’être en couple pour être heureux, ni d’accepter n’importe quelle relation. Il a le choix.

Voilà on arrive à la fin de ce 29e épisode de Relationnellement Vôtre.

Si vous avez des questions ou si vous voulez partager un témoignage sur la manière dont vous avez fait face à la peur de l’inconnu, vous pouvez envoyer un message à Relationnellement Vôtre (bouton en bas de page) ou en envoyant un mail à relationnellementvotre@gmail.com. Vous recevrez une réponse à vos questions dans les meilleurs délais et le témoignage sera partagé sur le compte Instagram, en préservant votre anonymat bien sûr.

Alors après avoir vu la peur d’aimer, d’être aimé et la peur de l’inconnu, quelle peur allons-nous aborder la semaine prochaine selon vous ?

Je vous laisse deviner! En attendant continuez à prendre bien soin de vous. 

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