Episode 28 : La peur d’aimer vous empêche-t-elle de vous épanouir ?
Hello, on se retrouve pour l’épisode 28 de Relationnellement Vôtre.
Si vous avez suivi la série d’épisodes sur les faux-amis, vous avez probablement remarqués qu’il y a un facteur commun à la surprotection, la tolérance excessive ou l’absence de limite, l’évitement du conflit et la sur-adaptation.
Selon vous, quel est ce facteur qui amène à basculer dans l’excès, ou l’évitement ?
C’est la peur ! Oui, la peur du danger, la peur de perdre l’être aimé, la peur de souffrir, la peur du rejet, de l’abandon, du jugement, la peur de blesser, de décevoir, de frustrer….
La liste peut être vraiment longue. D’ailleurs le thérapeute Angelo Foley a écrit un livre super intéressant, intitulé « les 21 peurs qui empêchent d’aimer ».
J’aimerais en développer quelques-unes durant les prochaines semaines.
Vous est-il déjà arrivé de faire la connaissance d’une belle personne sur le chemin de la vie, d’avoir envie de continuer à avancer en bonne compagnie et d’un coup il y a comme un éboulement de rochers qui vous barrent la route et vous empêchent d’aller plus loin.
Chaque rocher a comme une étiquette. Sur l’un il est écrit la peur d’aimer et d’être aimé, sur l’autre la peur du rejet ou la peur de l’abandon, sur un autre la peur de l’engagement, la peur d’être seul, la peur de l’échec. Et un autre rocher portera la peur de la répétition.
Quels sont les rochers qui vous empêchent d’avancer sur le chemin de votre épanouissement relationnel ?
Quelles peurs avez-vous besoin de vaincre pour vivre épanoui.e dans vos relations ?
Dans l’épisode d’aujourd’hui, celle que j’aimerais aborder, c’est la peur d’aimer et d’être aimé.e.
Juste une petite précision, la peur d’aimer peut être une réelle phobie, appelée la philophobie* :
c’est la peur de ressentir de l’amour pour autrui et de s’engager dans une relation amoureuse. Elle entraîne des troubles anxieux multiples
que je ne détaillerai pas, car cet épisode portera sur la peur d’aimer dans sa forme non pathologique, celle qui n’est pas apparentée à une phobie au sens médical du terme.
Nous verrons ensemble :
- La manière dont la peur d’aimer se développe,
- Comment elle affecte les relations,
- Quelles étapes sont possibles pour surmonter ou vaincre cette peur
- Quelques astuces si vous êtes en relation avec une personne qui a peur d’aimer.
Commençons par voir la manière dont la peur d’aimer se développe.
Cette peur naît bien souvent dès notre plus jeune âge et se confirme ou s’amplifie au fil de nos expériences relationnelles.
De manière résumée et schématique, nous venons au monde avec 2 besoins fondamentaux : l’attachement et la sécurité.
- L’attachement c’est ce lien qui se tisse à travers l’amour, l’attention, les soins apportés au nouveau-né, à l’enfant, par l’environnement. En général ce sont les parents, mais ça peut être toute autre personne qui prend soin de l’enfant.
- Et la sécurité, c’est la capacité de l’entourage à protéger l’enfant et de le rassurer en cas de danger redouté ou avéré.
La réponse de l’entourage à ces 2 besoins fondamentaux va permettre à l’enfant de tisser un attachement relativement sécure et donc de développer ce qu’on appelle une certaine sécurité intérieure.
La sécurité intérieure, c’est l’estime de soi, la confiance en soi et l’amour de soi. Nous avons besoin d’une sécurité intérieure suffisamment élevée et solide pour oser être nous-même, oser prendre des risques dans les apprentissages, les expériences de vie et dans les relations.
Plus la réponse de l’entourage est adaptée aux besoins du nouveau-né, plus l’attachement tend à être « sécure ». L’enfant sera donc en capacité à développer une sécurité intérieure suffisamment élevée et solide pour prendre le risque d’aimer mais aussi d’être aimé, sans peur particulière.
Plus la réponse de l’entourage est inadaptée, plus l’attachement est « insécure ». La peur d’aimer et d’être aimée prend place de manière inconsciente et parasite les relations.
C’est à partir du type d’attachement tissé et de la sécurité ou de l’insécurité intérieure acquise que nous allons construire nos modèles relationnels.
Par exemple, si durant sa 1ère année de vie, un enfant a un biberon ou est allaité quand il a faim, est consolé quand il a mal, est pris dans les bras, câliné quand il en a besoin. Il va développer une sécurité intérieure suffisamment élevée et solide pour avoir confiance en lui et en l’autre. La relation est intégrée comme un lieu sûr, sans danger.
Par contre, si durant sa 1ere année de vie un enfant pleure de faim et n’obtient pas de réponse dans un délai raisonnable, qu’il pleure parce qu’il a peur et qu’on lui crie dessus en lui disant « arrête de pleurer ». Sans pour autant y mettre ces mots, l’enfant va identifier la relation comme une source de stress, voire d’angoisse et donc comme une situation à éviter ou à approcher avec prudence tout en s’autorisant à fuir si besoin.
C’est très schématique pour vous illustrer la manière dont se construisent les schémas relationnels, la manière d’être en relation avec soi et avec les autres. La manière de s’aimer, d’aimer et d’être aimé.e
En grandissant ces modèles relationnels sont testés au fil des relations rencontrées et ils vont donc être renforcés ou remis en question jusqu’à l’âge adulte.
La manière dont l’entourage interagit avec l’enfant sera assimilée à de l’amour. Donc un enfant à qui vous accordez toute votre attention, pour lequel vous arrêtez tout et à qui vous donnez l’impression d’être le centre du monde va grandir en entretenant l’idée que l’aimer, c’est faire de lui le centre de votre monde. Il va en faire un modèle relationnel et va donc attendre de ses relations qu’elles en fassent autant. Ou il est possible qu’il développe le fonctionnement de se dire que pour aimer, il faut faire de l’autre le centre de mon monde et donc tout faire tourner autour de l’être aimé.e
A l’inverse, un enfant qui aura subi des interactions froides, dures, voire violentes avec son entourage pourra associer l’amour à la froideur, la dureté et la violence. Pas de compliment, pas de geste tendre, ni de cadeaux, sa manière d’aimer sera dans la critique, la dévalorisation, les cris, les gestes violents.
Dans les 2 exemples cités, c’est une fois adolescent ou même adulte que cette personne se rendra compte que ses relations ne fonctionnent pas. La relation est vécue comme douloureuse, peu épanouissante, trop difficile à construire et entretenir.
Conclusion tirée sera qu’aimer fait souffrir et qu’il est donc préférable de l’évité.
Ce sont nos modèles relationnels déformés par l’attachement insécure qui rendent les relations si douloureuses, en voyant l’amour comme un objet qu’on a peur de perdre, une source de souffrance, une privation de liberté, voir l’amour comme le fait de se sacrifier, de ressentir un manque, un abandon ou le fait d’être dépendant, etc… C’est le fait d’avoir mal appris à aimer qui est si douloureux quand on y repense.
Si vous posez la question à des personnes dont le type d’attachement est sécure, des personnes qui ont donc des modèles relationnels où la relation est perçue comme un lieu sûr. Elles vous diront que la relation n’a rien de parfait, elle a son lot de grisaille, de pluie et même de tempêtes. C’est juste que les membres de cette relation ont moins d’insécurité et gèrent les problématiques avec assurance et acceptation, sans peur qu’il n’y ait plus d’amour, ni que la relation ne s’arrête.
La peur d’aimer peut aussi venir de traumatismes, de blessures qui surviennent au cours de la vie : le divorce des parents, le décès d’un être cher, une rupture amoureuse, une trahison amicale, des relations abusives, destructrices, une succession ou une répétition de blessures,…
Comment la peur d’aimer affecte-t-elle les relations ?
La peur d’aimer peut entraîner un éventail de réactions bien souvent inconscientes dont l’objectif commun est d’éviter de souffrir. Ces différentes réactions sont l’évitement, le sabotage et l’ambivalence.
L’évitement, c’est le fait de mettre à distance toute potentielle relation, de ne pas s’y investir ou se montrer inaccessible. C’est le cas des personnes qui sont convaincues qu’aimer fait souffrir et que donc il est préférable de ne pas aimer, ni se laisser aimer. Elles vont donc mettre à distance toute personne tentant de devenir leur ami.e ou plus si affinités.
Par exemple, un homme et une femme discutent, sans arrière-pensée. Au fur et à mesure de l’échange, le courant passe bien, du coup en fin de discussion l’un des 2 aimerait bien revoir l’autre et propose donc d’échanger les numéros de téléphone. La réaction de protection et donc d’évitement, sera soit de refuser, soit de donner un faux numéro, soit de trouver une excuse bidon pour ne pas être amené à se revoir.
Un autre exemple, l’un des 2 fait des pieds et des mains pour tenter d’apprendre à connaître l’autre qui se montre fermé, distant, en répondant de manière peu détaillée histoire de ne pas se dévoiler et de décourager l’autre. Cette 2e réaction peut se rapprocher de ce qu’on appelle le sabotage.
Le sabotage. C’est le cas de personnes qui sont convaincues qu’elles ne peuvent pas aimer, ni être aimée et qui vont faire en sorte de se le prouver en mettant leurs relations en échec ou en se tournant vers des personnes avec lesquelles la relation ne pourra pas fonctionner.
Par exemple, un fois de plus, tout à fait inconsciemment, le sabotage peut passer par le fait :
- D’être exécrable, de pousser l’autre à bout
- De chercher constamment le détail qui ne va pas cher l’autre,
- Appuyer sur le point sensible pour provoquer le conflit voire même la dispute ou l’affrontement
- D’essayer de construire une relation amoureuse avec une personne qui ne s’intéressent pas à vous.
- D’entretenir une relation amicale avec une personne avec laquelle vous ne vous entendez pas du tout, vous n’avez rien en commun,
- D’entretenir des relations avec des personnes qui n’en ont rien à faire de vous mais qui veulent profiter de ce que vous pouvez leur apporter, mais qui ne sont pas attachées à vous de manière sincère.
- De vous tourner vers une personne qui n’est pas disponible. Sur le plan amoureux, ça peut être avec une personne qui est déjà en couple, ou une personne qui vient de perdre son.sa partenaire de vie, qui est donc en plein deuil et qui n’a pas cette disponibilité pour une relation.
- Sur un plan amical, ça peut être une personne qui a des problèmes de santé, des problèmes familiaux, des problématiques non résolus qui font qu’elles n’est pas en capacité à partager une relation saine pour le moment.
L’ambivalence. C’est le cas de personnes qui ne savent pas si elles sont capables d’aimer ou s’il est possible de les aimer. Du coup, dans le doute, elles vont, encore une fois inconsciemment, tester leurs relations pour savoir s’il y a de l’amour, si celui-ci est réciproque et surtout s’il est suffisamment solide.
Les tests vont passer par le fait :
- D’envoyer des signaux contradictoires, c’est-à-dire de se montrer intéressé.e, puis distant.e, de souffler le chaud et le froid, de se rapprocher, puis s’éloigner
- De tout faire pour être aimé et ensuite se comporter de manière détestable
- disparaître pour ensuite revenir et recommencer
Vous n’aviez probablement pas conscience que ces modes de fonctionnement sont liés à la peur d’aimer, d’être aimée et pourtant… c’est bien possible.
Quoi qu’il en soit, ce mode de fonctionnement n’est pas irréversible. Il est tout-à-fait possible d’avoir développé un attachement insécure, d’avoir « mal appris à aimer » et de réapprendre à aimer ou même de pouvoir finalement apprendre à être dans une relation de manière sécure, à tisser un attachement sécure avec les personnes que vous fréquentez.
Quelques étapes pour surmonter ou vaincre la peur d’aimer/d’être aimé.e
Pour surmonter la peur d’aimer, la 1ère étape c’est d’identifier d’où vient cette peur, quelle en est l’origine :
- Quelle blessure ? Un décès, une séparation, un divorce, un abus, une trahison, de la manipulation… ?
- Quelle(s) relation(s) dans laquelle/lesquelles ces blessures se sont produites ? la relation avec vos parents, une relation avec un autre membre de votre famille, des relations amicales, des relations amoureuses ?
La 2e étape c’est de pouvoir amorcer un travail sur guérison intérieure. J’utilise l’expression de guérison intérieure car cette guérison n’est pas qu’au niveau psychologique, elle est aussi au niveau spirituel de votre être. Et oui, toute blessure profonde aura un impact sur votre âme, votre psyché : vos ressentis, vos souvenirs, vos envies, vos désirs, mais aussi sur votre état d’esprit, votre mode de penser, les 2 ont besoin de guérison pour que votre être entier, esprit, âme et corps accepte la relation et prenne le risque d’aimer tout en étant aimé.e;
D’ailleurs je me permets une parenthèse, la peur d’aimer/d’être peut entraîner des blocages sur le plan physique : le refus d’être approché.e, touché.e, le refus de toute intimité sexuelle,…
Surmonter la peur demande de pouvoir trouver ou retrouver une confiance en soi, ça implique dont de trouver ou retrouver la sécurité intérieure nécessaire pour se laisser prendre dans les bras, se laisser embrasser et désirer. Je referme la parenthèse.
Le travail de guérison sur le plan psychologique peut bien sûr se faire avec l’aide de professionnels du domaine. Si vous souhaitez en avoir des coordonnées, il vous suffit d’envoyer un message à Relationnellement Vôtre (onglet contact ou tout en bas de la page) ou directement par mail à relationnellementvotre@gmail.com.
A travers cette prise en charge et le travail sur vous avec l’aide d’un professionnel, vous pourrez mieux comprendre comment vous fonctionnez, l’origine de ce mode de fonctionnement et vous pour d’autant mieux soigner les blessures qui en ont découlées. Vous pourrez aussi apprendre ou réapprendre à vous aimer, vous pourrez redéfinir ce qu’est l’amour, pour ensuite accepter de le partager sans toxicité.
Parallèlement au travail que vous faites sur le plan psychologique, vous pouvez travailler à votre guérison sur le plan spirituel. C’est le fait de l’état d’esprit de la peur. Plus qu’une émotion ou un sentiment, la peur d’aimer est aussi basée sur des fausses croyances et donc un mode de penser qu’il est nécessaire de revoir.
Vous me direz mais comment croire qu’on peut être aimé si tout ce qu’on a connu en amour c’est de la violence, des trahisons, de la souffrance, des abandons répétés…
Ça peut paraître difficile à croire, pourtant il existe au moins une personne qui vous aime d’un amour inconditionnel,
- C’est Celui qui a désiré votre naissance que vos parents vous aient désiré.e ou non.
- C’est Celui qui a promis qu’Il ne cessera jamais de vous aimer.
- Celui qui a promis d’être avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Donc même si parfois vous avez des coups durs et que vous avez l’impression d’être seul.e, même si vous ne sentez pas Sa présence, sachez qu’Il est bel et bien présent à vos côtés.
- Il a promis dans Ses Ecritures de ne jamais vous délaisser, ni vous abandonner.
- Il vous connaît par votre prénom et se soucie profondément de vous, au point de connaître le nombre de cheveux sur votre tête, de savoir quand vous vous levez, quand vous vous couchez. Il connaît les secrets de votre cœur et recueille vos larmes.
- Et la plus belle preuve d’amour qu’Il puisse vous apporter, c’est qu’Il a donné ce qu’il avait de plus précieux pour que vous puissiez passer l’éternité à Ses côtés.
Vous avez probablement deviné de qui je veux parler. Oui, c’est le Père de l’humanité.
Son amour est si parfait qu’il est capable de chasser la peur qui vous envahit. Je m’appuie sur cette citation des Ecrits qui dit tout simplement que « l’amour parfait chasse la peur ».
Vous avez de la valeur à Ses yeux et vous êtes cher.e à son cœur. Que dites-vous d’en faire autant envers vous-même ? De vous redonner de la valeur, de regagner en estime de soi.
L’autre partie de la guérison intérieure, c’est de pouvoir pardonner, de pouvoir vous libérer de la colère, de l’amertume générée par les souffrances que vous avez pu vivre et les blessures qui ont pu être causées. Il y a d’ailleurs des épisodes du podcast qui parlent du pardon. Si vous le souhaitez, vous pouvez écouter/réécouter les épisodes 20 et 21 de Relationnellement Vôtre.
Comme j’ai eu l’occasion de vous l’expliquer, l’esprit fonctionne avec des convictions, sur la base de ce qu’il sait et croit. L’âme fonctionne sur ce qu’elle ressent à partir de ce qui se trouve en elle (les souvenirs, les désirs, l’imagination…) et aussi à partir de ce que l’esprit lui communique comme croyances et ce que le corps lui communique comme informations sensorielles.
L’étape suivante, c’est donc de pouvoir de vivre des expériences dans lesquelles ces croyances seront confirmées, oui vous êtes capable d’aimer et d’être aimé, des expériences où des souvenirs agréables vont pouvoir se construire et des informations sensorielles tout aussi agréables pourront être communiquées.
Ça nous amène donc à la 3e étape, qui est de tenter de tisser des relations avec des personnes avec lesquelles la relation est envisageable, des personnes qui vous correspondent, des personnes disponibles affectivement, émotionnellement et surtout des personnes avec lesquelles vous pouvez entretenir une relation saine.
Vous vous dites, ces bizarres, j’entends retentir le générique de « Mission impossible » et bien non, ce n’est pas impossible.
Il y a des red flags, des drapeaux rouges, des signaux qui indiquent que la relation prend une tournure dangereuse et des green flags, des drapeaux verts qui indiquent que vous pouvez avancer sans crainte. En voici quelques-uns :
Du côté des drapeaux rouges, il y a :
- Vous manquez de liberté d’être, il est attendu de vous que vous changiez qui vous êtes
- Vous manquez de liberté de faire, vous devez demander la permission avant de faire quoi que ce soit.
- Il y a de la violence verbale, psychologique et/ou physique
- Vous avez constamment des reproches et êtes tenu.e responsable pour tout ce qui ne va pas ou qui se passe mal
- Vous perdez de plus en plus confiance en vous au contact de cette personne
- Vous vous sentez mal à l’aise auprès de cette personne, voire même vous avez peur d’elle.
- Vous voyez de moins en moins votre famille, vos ami.es depuis que vous fréquentez cette personne. Vous vous retrouvez isolé.e
- Si vous faites votre part de la relation mais qu’il n’y a pas de réciprocité. Les relations à sens unique que ce soit sur le plan amical ou amoureuse sont extrêmement destructrice.
- Vous avez l’impression de ne plus vous reconnaître, de vous perdre depuis que vous êtes en relation avec cette personne, votre entourage non plus ne vous reconnait plus et ce n’est pas un changement positif.
- Et s’il est question d’une relation amoureuse, un des red flag, c’est si la personne est en couple
- Vous sentez au fond de vous que vous ne devriez pas poursuivre la relation, même si vous êtes affectivement attaché.e. à cette personne. Votre intuition, votre témoignage intérieur peut être une alerte à laquelle il est important de prêter attention.
- …
Ce sont quelques exemples pour vous donner une petite idée des situations à éviter si vous voulez vous rassurer sur votre capacité à aimer et être aimé.e. Du coup, il est préférable de vous tourner vers ou de poursuivre des relations avec des drapeaux verts. Des relations où il y a :
- Un respect mutuel
- Une prise de responsabilité, chacun assume ses choix, ses paroles et ses actes.
- Un partage, un échange, chacun s’implique, s’investit dans la construction de la relation
- Une ouverture réciproque, chacun montre à l’autre qui il.elle est.
- Des preuves de confiance, c’est une personne qui tient parole, qui n’a rien à cacher.
- De la bienveillance de part et d’autre de la relation
- Votre intuition rejoint votre ressenti vous vous sentez bien au contact de cette personne.
- Vous vous sentez en sécurité au sein de cette relation
- Vous vous tirez mutuellement vers le haut
- Une écoute et une disponibilité quand un besoin est émis
- Vous vous soutenez, vous entraidez quand c’est nécessaire.
- …
Tous ces drapeaux verts vont vous permettre de confirmer que votre valeur est appréciée, que vous êtes une personne aimable au sens d’une personne qu’on peut aimer et capable d’aimer.
Quelques astuces si vous êtes en relation avec une personne qui a peur d’aimer
Si vous débutez ou entretenez une relation amicale ou amoureuse avec une personne qui se braque, se ferme ou met de la distance dès que la relation devient plus complice, plus intime, je n’ose pas imaginer votre souffrance.
Voici quelques astuces qui pourront vous aider :
- Faites de la relation un lieu sûr, un lieu où cette personne peut se rendre compte qu’elle peut être elle sans que vous ne lui tourniez le dos, qu’elle peut se lâcher en toute confiance, sans jugement, ni rejet de votre part.
- Osez lui proposer de communiquer l’un avec l’autre sur ce qui pourrait vous permettre à l’un et à l’autre de vous sentir en sécurité dans la relation.
- Laissez-lui le temps, laissez-lui du temps pour se rendre compte qu’il peut vous faire confiance, que vous n’allez pas l’abandonner, ni cesser de l’aimer à la 1ère Du temps pour se rendre compte que votre amitié, que votre relation de couple est unique et que ce que vous partagez est précieux.
- Evitez tout ce qui pourrait renforcer le doute ou la peur, en entretenant autant que possible une relation sincère, transparente, dans le respect de chacun. La communication est essentielle, mettre des mots et surtout écouter ce que l’autre dit avec ses mots et son comportement. Si la personne met de la distance, au lieu de lui reprocher cette distance, que dites-vous de lui demander de vous expliquer ce dont il ou elle a besoin. Parfois la distance cache un besoin d’être rassuré.e sur le fait que vous allez vous rapprocher, que vous allez revenir vers lui, vers elle. Et ce petit jeu du chat et de la souris n’est pas agréable. Donc vous pouvez lui exprimez que vous êtes là, que vous n’avez pas l’intention de vous éloigner de lui, d’elle, et qui lui ou elle s’éloigne à cause de la peur, il ou elle peut revenir, vous serez là. Rentrer dans le cercle vicieux de la personne s’éloigne, en comblant l’espace et en vous rapprochant, n’est pas forcément la démarche la plus évident, ou la plus adaptée. Autant lui laisser la responsabilité de ses choix de s’éloigner et donc de se rapprocher.
Pour illustrer cet épisode, j’avais pour projet d’inviter une personne à témoigner, mais ce n’est pas évident d’oser parler de ses peurs même derrière un pseudo. Donc je vais vous partager brièvement le témoignage d’Estelle.
Estelle approche de la quarantaine. elle dit avec beaucoup d’humour qu’elle était une « serial plaquée ». Elle a malheureusement vécu tout une série de ruptures plus douloureuses les unes que les autres. Elle se demandait ce qui clochait chez elle, si elle était trop comme ci ou pas assez comme ça.
En faisant un travail sur elle, Estelle a réalisé qu’elle avait sa part de responsabilité dans les ruptures répétées. Sans s’en rendre compte, elle poussait involontairement ses prétendants à la fuir. Il y avait tant d’insécurités en elle, Estelle était en demande constante de présence, de signes d’attention et de confirmation d’une valeur dont elle doutait profondément.
Estelle ne pensait tellement pas qu’un homme pourrait l’aimée, qu’une fois qu’elle en rencontrait un, elle avait du mal à y croire.
Sauf qu’ elle était tellement centrée sur ses insécurités, ses peurs de ne plus être aimée, qu’elle n’avait pas réalisé qu’elle était dans l’attente de recevoir, sans donner, elle ne savait pas donner.
Estelle avait peur de s’ouvrir à l’autre, d’exprimer ses ressentis, de donner de l’affection, de l’amour, car une partie d’elle était convaincue que de toute façon, la relation ne durerait pas.
C’est en faisant un travail sur elle qu’Estelle a pu ouvrir les yeux sur son mode de fonctionnement.
Elle a décidé de muscler son autonomie affective comme on musclerait son corps, avec volonté et discipline. Elle a choisi de ne plus se tourner vers un nouveau partenaire pansement, mais d’apprendre à s’aimer.
Elle a réfléchi à ce qu’elle aime faire, aux gens qu’elle aime fréquenter. Elle s’est littéralement fait un programme de bien-être en solo.
Elle a tenu comme ça pendant pratiquement un an, telle une cure de désintox comme elle dit, elle était en sevrage. Elle a pris plaisir à prendre soin d’elle, à apprendre à se connaître et à s’apprécier. Puis elle a rencontré un homme formidable qu’elle fréquente depuis 2 ans, sans l’étouffer, ni saboter la relation.
Elle a su trouver un équilibre entre amour de soi et amour de l’autre. La peur tente parfois de faire son « come-back », mais Estelle en parle librement et pose les actes nécessaires pour ramener de la sécurité sans laisser la peur s’installer.
Voici 3 leçons que ce témoignage nous enseigne ou nous rappelle :
- La 1ère leçon, c’est que la peur d’aimer est si inconsciente qu’on peut se poser mille et une question sur le « pourquoi » de nos soucis relationnels sans voir que la réponse est sous nos yeux. Avant de chercher ce que vous pourriez améliorer dans votre manière d’être ou de faire, que dites-vous de vous demander ce qui fait que vous fonctionnez ainsi… Estelle était convaincue de na pas être assez bien alors qu’en fait, c’est la peur qui était à l’origine de son mode de fonctionnement. Elle n’avait donc pas besoin d’être mieux, elle avait besoin de se libérer de cette peur.
- La 2e leçon, c’est qu’il est nécessaire de s’aimer avant de pouvoir aimer les autres. Estelle n’avait tellement pas conscience de sa valeur, qu’elle ne savait pas s’aimer. Elle était donc centrée sur son besoin d’être aimée, ce qui ne lui permettait pas d’être disponible pour donner de l’amour à ses relations. Une fois qu’elle a pu rétablir un certain équilibre, elle a pu construire une relation durable.
- La 3e leçon, c’est que vaincre la peur d’aimer ne signifie pas que vous en serez débarrassé.e pour le reste de votre vie. La peur reste une émotion qui peut refaire surface. Toutefois, votre état d’esprit, votre mode de penser et donc votre réaction ne seront plus les mêmes face à la peur d’aimer. Après avoir vaincu sa peur, Estelle a appris à la gérer de manière à ne plus la laisser s’installer.
Voilà on arrive à la fin de ce 28e épisode de Relationnellement Vôtre.
Si vous avez des questions ou si vous voulez partager un témoignage concernant la peur d’aimer/d’être aimé.e, vous pouvez envoyer un message à Relationnellement Vôtre. Vous recevrez une réponse dans les meilleurs délais et le témoignage sera partagé sur le compte Instagram, en préservant votre anonymat.
Comme vous avez pu le réentendre dans cet épisode, la peur peut être une entrave majeure à votre épanouissement. Donc votre mission si vous l’acceptez, est de faire en sorte de la surmonter.
Après tout, comme l’a si bien dit Nelson Mandela : « le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de vaincre ce qui fait peur » ?!!
Donc on se retrouve la semaine prochaine pour continuer sur cette lancée avec la peur de l’inconnu !!!
Et d’ici là… prenez bien soin de vous !
