Episode 26 : Connaissez-vous ces « faux-amis » parfois présents dans nos relations ? (3/4) L’évitement du conflit
Hello, bienvenue sur le 26e épisode de Relationnellement Vôtre.
Nous poursuivons la série d’épisodes sur les « faux-amis ». Après avoir abordé la surprotection et la tolérance excessive, cette semaine, c’est au tour de l’évitement du conflit.
Au cas où vous n’auriez pas pu écouter les épisodes précédents, j’utilise l’expression « faux-amis » pour faire références à ces comportements manifestés par amour, avec beaucoup de bienveillance, dans le but de servir la relation, mais qui malheureusement s’avèrent être plus nuisibles que bénéfiques sur la durée.
Et l’évitement du conflit fait partie de ces faux-amis. Bien que ce soit une démarche envisagée dans le but de se montrer doux, aimant, de maintenir la paix et le calme au sein de la relation. L’absence de conflit n’est pas forcément signe de bonne santé.
Dans l’épisode d’aujourd’hui, vous aurez l’occasion de comprendre en quoi l’évitement du conflit peut être dommageable pour la relation et surtout pour ses membres et en quoi le conflit peut être envisagé de manière constructive pour permettre des relations saines.
Avant d’aller plus loin, assurons-nous de mettre la même définition derrière le mot conflit.
Qu’est-ce que le conflit ?
Un conflit est une opposition, c’est l’expression d’un désaccord. Ça peut être une opposition d’éléments, de sentiments, de personnes, d’opinions, etc.
Cette opposition nait bien souvent du fait que la situation n’est plus satisfaisante pour l’une des parties, voire les 2.
En soi, un conflit n’est pas censé être violent. Lorsque de la violence est associée au conflit, qu’elle soit verbale, physique ou psychologique, il prend une autre étiquette, telle qu’une dispute, une bagarre, une bataille.
Pourquoi le conflit est-il si souvent évité ?
Il y a différentes causes possibles :
- Tout d’abord, il y a les représentations négatives rattachées au conflit. Le conflit est souvent associé à la colère, la violence, la rupture du lien. Plus il est évité, plus il est difficile à gérer et plus ça devient anxiogène d’y être confronté.
- Il y a le poids de la culture. Certaines cultures encouragent à la paix, à l’harmonie, le conflit est donc étouffé, il ne doit pas se produire. Ce conflit est serait vécu comme une source de malaise et de culpabilité. Donc tout sera mis en oeuvres pour l’éviter.
- Il y a le manque d’estime de soi, la personne doute de sa capacité à pouvoir gérer le conflit. Elle préfèrera l’éviter et ne rien faire qui puisse aggraver la situation. Le manque d’estime de soi implique aussi un sentiment d’infériorité tel que la personne n’ose pas s’exprimer, elle ne reconnaît pas la valeur de ses ressentis, de ses opinions qui selon elle ne méritent pas d’être entendus qu’on soit en accord avec elle ou pas.
- La peur de l’échec peut aussi être une cause d’évitement du conflit. La personne a peur de ne pas être entendue, que le conflit ne se résolve pas en sa faveur. Dans la mesure où ça sera mal vécu, il y a donc ce choix de ne rien dire.
- On retrouve aussi la peur de ne pas réussir à gérer le conflit seul.e. Certaines personnes oseront gérer un conflit si elles se sentent soutenue, entourées. Mais ces mêmes personnes l’éviteront lorsqu’elles n’ont pas d’alliés.
- La peur de la réaction de l’autre ou la peur des représailles sont aussi des facteurs importants. Il y a la peur d’être confronté.e à l’incompréhension, le jugement, la tristesse, la colère, l’agressivité, la violence de l’autre. Sachant que cette peur peut être liée à des expériences vécues ou à des situations redoutées sans les avoir expérimentées auparavant.
- Et il y a biens sûr la peur du rejet et de l’abandon, la peur que le conflit entraîne la rupture du lien, la fin de la relation.
Comment savoir si je fonctionne dans l’évitement du conflit ?
Il y a différentes manières formes d’évitement du conflit :
- L’évitement stratégique
- L’évitement pathologique
L’évitement stratégique consiste à éviter temporairement le conflit dans le but de gagner du temps pour régler le conflit question à un moment plus approprié.
L’évitement est dit « pathologique » lorsqu’il devient un mode de fonctionnement, un mode de gestion du conflit. Et c’est ce dont il est question dans cet épisode.
Il y a 3 formes d’évitement pathologique du conflit : la protection, le retrait et l’accommodement
Bien que les 3 formes reposent sur une volonté de se protéger de l’anxiété générée par le conflit, la protection ne s’exprime pas de la même manière
Dans l’évitement du conflit par la protection, la personne va faire comme s’il n’y avait pas de problème et prendra sur elle de manière à taire tout désaccord et donc éviter que le conflit n’éclate.
Par exemple, votre partenaire de vie vous propose de partir en week-end dans sa famille. Vous n’avez pas du tout envie d’y aller, mais vous ne voulez pas entrer en conflit avec lui ou avec elle donc vous lui répondez « bien sûr, allons-y » et vous serez les dents une fois le fameux week-end venu.
Dans l’évitement du conflit par le retrait, le conflit est exprimé mais il est laissé tel quel avec la croyance qu’il va se régler de lui-même avec le temps.
Par exemple, une personne qui exprime à son.sa partenaire de vie qu’il.elle manque d’attention, a l’impression de faire partie des meubles. Le.la partenaire de vie en question n’est pas d’accord et lui dit, « oh c’est juste une mauvaise période, ça va passer », ne tenant pas compte du signal d’alerte qui a été tiré. Jusqu’au jour où cette personne ne supporte plus la situation et annonce qu’elle souhaite mettre fin à la relation. La rupture semble brutale, violente pour le.la partenaire de vie, qui ne comprend pas pourquoi ça lui tombe dessus. C’est avec d’amer regret qu’il ou elle se dit « si seulement j’avais vu et entendu les signaux d’alerte ».
Enfin, dans l’évitement d’accommodement, là encore le conflit est exprimé, ouvert mais il y a cette croyance que si l’une des parties peut trouver un arrangement, elle pourra alors s’en contenter et le conflit pourra cesser.
Par exemple, des parents veulent sortir de l’ordinaire et voudraient prendre à emporter pour le repas du soir. Ils demandent à leurs enfants ce qui leur ferait plaisir. La plus jeune dit pizza, le 2e dit frites/burgers (on ne fera pas de pub ) et l’aîné voudrait des sushis. Les parents ne pouvant pas contenter les 3 disent aux 2 plus grands : « allez, ce soir ça sera pizza, vous êtes grand vous pouvez comprendre, votre soeur risque de faire une crise de larmes, on vous fera plaisir une prochaine fois. » Sauf que la fois suivante, le scénario se répète. Les parents misent sur la capacité des 2 grands à tolérer la frustration pour qu’ils s’accommodent à la situation, grâce à une promesse qu’ils ne sont pas sûrs de tenir, tout en espérant que les enfants auront oublié la prochaine suivante.
En quoi éviter le conflit est dommageable pour soi et pour nos relations ?
Reprenons les 3 formes d’évitement du conflit et leurs conséquences sur la relation et ses membres :
Dans l’évitement du conflit par la protection :
Le conflit est totalement évité par le fait qu’un membre de la relation va prendre sur lui et intérioriser le conflit, de manière à ce qu’il n’existe pas ouvertement. Le conflit est effectivement évité dans la relation, mais il continue dans le coeur de la personne qui l’intériorise, provoquant les réflexions suivantes :
- de toute façon ce que je peux penser ou ressentir n’a pas d’importance
- l’essentiel c’est il ou elle soit contente, moi c’est pas grave
- ok ça me blesse, mais y’a des choses bien plus grave dans la vie
Une goutte d’eau fait déborder le vase et c’est l’explosion, l’implosion. Malheureusement, ça sort mal et ça sort bien souvent de manière blessante. Ca peut aussi sortir à travers notre communication verbale et non verbale, à travers des lapsus, des actes manqués. Mais ça peut aussi sortir à travers ce que le corps exprime par des maux divers et variés : des crises d’angoisse, des malaises, des maux de ventre, des difficultés respiratoires, des crises allergiques, etc…
La 1ère conséquence, c’est que la personne qui s’est exprimée ne se sent pas écoutée, ni entendue dans ce qu’il.elle exprime comme désaccord, avec l’impression que c’est nié, mis de côté ou peu valorisé. La personne en question interprète que son inconfort, sa souffrance, son ressenti ne compte pas pour l’autre. Ce qui est profondément douloureux à vivre.
Personne ne veut infliger de la souffrance à l’autre en évitant le conflit, au contraire, pourtant la souffrance est bien là et le temps en lui-même ne règle rien. Ce sont les actes posés durant ce laps de temps qui apporte une évolution, un changement.
Quand le conflit est laissé ainsi, le temps fait que cette souffrance risque d’être convertie en colère, qui est le signal d’un besoin non comblé. La colère peut prendre des formes très variées allant crescendo dans la violence qu’elle soit verbale, physique, psychologique, sachant que la violence pourra être retournée contre soi ou contre l’autre sous une forme ouverte ou plus passive agressive allant jusqu’au silence, au repli.
Bien souvent, la personne dont le désaccord n’a pas été pris en compte fini avec le temps par atteindre un stade de saturation, ne supportant plus du tout la situation. Cela entraîne des prises de décisions radicales représentatives du degré de souffrance et de saturation. Ca peut être de s’ouvrir à une relation extra-conjugale, d’envisager une séparation, de couper les ponts en rompant totalement le lien familial ou le lien amical. Ca peut aussi prendre la forme d’une démission, d’un abandon de poste et parfois même d’un passage à l’acte en mettant fin à ses jours.
Et pour finir, voici les conséquences de l’évitement du conflit par l’accommodement,
C’est-à-dire le fait d’essayer de trouver un arrangement pour que la personne cesse d’exprimer son désaccord, sans pour autant le résoudre. Ou ça peut être de rentre la situation un peu plus confortable pour supporter le conflit sans qu’il soit résolu.
Comme précédemment, il y a le fait que la personne qui a exprimé son désaccord ne se sent pas écoutée, entendue. Elle va donc avoir l’impression de ne pas avoir d’importance, de ne pas compter, que ce qu’elle a à dire n’a pas de valeur. Ce qui endommage profondément l’estime de soi.
Le fait d’essayer de la contenter ou de se contenter d’un arrangement sans résoudre le conflit, ce n’est que repousser le moment où le conflit va revenir sur le tapis. C’est comme déclencher une bombe à retardement en espérant qu’elle n’explose jamais parce que vous l’aurez mise sur un coussin. La personne dont le désaccord n’a pas été pris en compte peut alimenter du ressentiment malgré une accommodation apparente.
Si on reprend l’exemple des 2 garçons, de la petite fille et de leurs parents. Certes les 2 grands mangeront la pizza sans dire un mot en se disant qu’ils auront leurs burgers ou leurs sushis la prochaine fois. Néanmoins, ils gardent dans leur coeur le fait que leurs parents ont fait plaisir à la petite soeur, pas pas à eux.
La répétition de telles situations entraine bien souvent un sentiment d’injustice qui fera ressurgir le conflit sous une autre forme vis-à-vis des parents ou même de la petite dernière, parfois d’une manière plus vive, plus intense, qu’elle soit frontale ou indirecte. Ou alors l’enfant peut retourner la situation contre lui en se disant qu’on ne l’écoute pas, qu’il ne compte pas, que ce n’est pas la peine qu’il parle etc. Avec les mêmes mécanismes qu’évoqués précédemment, à savoir la dévalorisation, la perte d’estime de soi, le repli et les actes de violence retournés contre soi.
En quoi accepter de faire face au conflit est nécessaire à des relations saines ?
Contrairement aux représentations communes, le conflit n’est pas signe d’une relation qui va mal, le conflit est signe d’une relation saine. C’est une relation ou chacun sait qu’il est possible de s’aimer et de ne pas être d’accord sur tout, sans mettre en péril la relation. Chacun peut s’autoriser à dire ce qu’il pense, ce qu’il ressent, à être lui.elle-même, à exprimer son désaccord, sans craindre de rompre le lien. Ceci demande un certain degré de sécurité, de confiance dans la relation, pour montrer qui on est vraiment. Accepter le conflit et oser le gérer est donc synonyme de santé relationnelle.
La plupart du temps, le conflit signale un besoin de changement. Il donne une chance de travailler sur les problèmes de votre relation, de communiquer, de réfléchir ensemble aux solutions, aux alternatives possibles pour arriver à un consensus ou à un compromis.
Le conflit, lorsqu’il est géré, est constructif par l’échange qui peut en découler et la richesse apportée par de tels échanges. Il peut en ressortir des améliorations, des idées nouvelles à partir d’un mélange des idées exposées. Même si au départ elles sont opposées, on peut trouver un cocktail qui puisse être vraiment intéressant au final.
Le conflit peut nous faire grandir, nous faire évoluer dans nos perceptions de l’autre ou dans notre manière de voir la situation, notre tolérance, notre ouverture d’esprit…
Comment cesser d’éviter le conflit ?
Tout d’abord, en démontant les fausses croyances à son sujet, en revoyant les représentations que vous avez du conflit, afin de cesser d’en avoir peur.
Par exemple, commencer à se dire que le conflit n’est pas destructeur, il est constructif quand on apprend à le gérer.
Du coup, cesser d’éviter le conflit implique d’apprendre à le gérer. Bien souvent on a peur de ce qu’on ne connait pas, de ce qu’on connait mal ou ce qu’on ne maîtrise pas.
Avoir des outils pour gérer le conflit vous permettra de prendre confiance en vous, en votre capacité à le gérer et à entrer dans le cercle vertueux de « j’ai réussi à gérer un conflit, je peux probablement en gérer un 2e, puis un 3 et ainsi de suite… ».
Vous réaliserez aussi que même si le conflit ne se résout pas comme vous le voulez, vous avez non seulement survécu à cette expérience et vous en aurez probablement tiré des leçons, des points à améliorer dans votre manière de communiquer, de gérer le conflit.
Pour Charles Rojzman, psychosociologue inventeur de la thérapie sociale, apprendre le conflit c’est passer par 3 étapes :
- Premièrement savoir s’opposer sans être violent,
- Ensuite reconnaître que le désaccord a un intérêt,
- Et enfin, respecter son opposant, ce qui implique d’écouter pour tenter de comprendre le point de vue de l’autre, même si on n’y adhère pas. En accordant de l’attention et donc de la valeur à ce qui est exprimé.
La gestion du conflit ne sera pas développée dans cet épisode, mais rassurez-vous, je vous prépare un atelier, au format vidéo, sur le sujet.
Bon et bien que dites-vous d’illustrer cet épisode avec un témoignage ?
J’aimerais vous partager celui de Sophie
Sophie est en couple, mère de 2 enfants.
Elle a grandi dans une famille avec un père dont les accès de colère faisant trembler la maison. Sophie a donc intégré la phrase « il ne faut surtout pas mettre papa en colère ». Elle a appris à faire en sorte de taire ce qu’elle pense ou ressent, de manière à ne pas faire de vague.
Sophie est entrée dans l’adolescence puis l’âge adulte avec la peur viscérale du conflit. Elle a donc gardé ce mode de fonctionnement d’évitement du conflit par la protection, c’est-à-dire en prenant sur elle et en ne disant pas un mot.
Malheureusement, dans le cadre de son travail, elle a été confrontée à des comportements malveillants de la part de sa responsable, des comportements pouvant être apparentés à du harcèlement moral. Sophie n’osait rien dire, elle ne voulait pas se faire remarquer et craignait très fortement de s’opposer à sa responsable au fort caractère.
Elle a serré les dents et a encaissé pendant près de 2 ans. Durant ces 2 années de souffrance, Sophie compensait comme elle pouvait en se centrant sur sa famille, ses amies et ses activités créatives.
Elle souffrait malgré tout intérieurement au point de développer des comportements alimentaires compulsifs. Ceux-ci ont entraîné une importante prise de poids. Et Sophie se sentait de plus en plus mal dans sa peau.
Elle a ensuite eu des problèmes de santé qui ont été la goutte de trop. Elle n’arrivait plus à supporter à la fois les problèmes au travail et ses problèmes de santé. Elle a commencé à aller de plus en plus mal psychologiquement. Elle n’avait plus envie de rien, elle se renfermait de plus en plus, s’éloignant de son mari, de ses amis. Elle s’énervait de plus en plus contre ses enfants, elle avait des crises de larmes incontrôlées et faisant quotidiennement des crises d’angoisse que ce soit au travail ou à la maison.
Elle ne comprenait pas ce qui se passait. Ce qu’elle a su après coup, c’est qu’elle entrait progressivement dans une forme de dépression.
Le médecin traitant de Sophie lui a fortement conseillé de contacter un.une professionnel.le. Chose qu’elle a aussitôt fait.
Durant la psychothérapie, elle a réalisé qu’elle gardait tout, vraiment tout en elle par peur de la réaction des autres. Peur qu’on ne la comprenne pas, peur qu’on la juge, peur d’être ridicule et peur d’entendre que tout est de sa faute. Sophie n’osait s’opposer à personne avec la profonde peur de ne plus être aimée.
Elle a fait un travail sur elle de manière à reconnaitre sa valeur et l’importance de ses opinions et ses ressentis.
Elle ose petit à petit dire un peu plus ce qu’elle ressent à son conjoint, à sa mère, à ses collègues. Une belle victoire pour Sophie, elle a même réussi à s’affirmer au point de confronter sa responsable avant de changer de poste.
Sophie a tenté d’exprimer son point de vue à son père qui s’en était injustement pris à un des enfants de Sophie. Echange qui a très mal tourné car le père de Sophie n’est pas dans la communication. Il impose son point de vue et c’est tout.
Sophie a accepté qu’elle a le droit et le choix d’exprimer son point de vue et ses ressentis à son père, qu’il les entende ou pas. Elle fait sa part, en disant ce qui lui appartient. Libre choix à son père de l’écouter ou non.
Sophie est fière des progrès qu’elle a pu faire.
Le travail sur elle se poursuit car elle réalise que bien qu’elle soit adulte, il lui arrive parfois de se sentir comme une petite fille lorsqu’un conflit se présente, la ramenant aux réactions de son enfance, à savoir, prendre sur elle pour apaiser les tensions.
Aujourd’hui Sophie travaille sur le fait de sortir des fausses croyances de son enfance et de rétablir la vérité avec son regard d’adulte, de manière à pouvoir se positionner en que telle face au conflit. Elle s’équipe d’outils pour gérer le conflit tant dans la communication que la gestion de ses propres ressentis.
Sophie se revalorise, renforce progressivement son estime personnelle. Et même s’il lui reste du chemin pour ne plus culpabiliser d’oser dire ce qu’elle pense et ressent, elle gagne en assurance et s’affirme de plus en plus tant dans sa famille qu’entre amies ou au travail.
Voici 3 leçons que ce témoignage nous enseigne ou nous rappelle :
- La 1ère leçon, c’est qu’éviter le conflit ne se fait pas sans mal tant pour soi que pour nos relations. En prenant sur elle, Sophie a involontairement mis à mal à la fois sa santé psychologique, sa santé physique et ses relations. Notamment son couple et ses enfants. Elle craignait les retomber si toutefois elle parlait de ce que sa supérieure hiérarchique lui faisait subir. Elle n’avait pas conscience qu’en prenant sur elle, elle donnait du pouvoir à sa responsable et d’une certaine manière, elle l’autorisait à continuer. Oser parler et exprimer son désaccord, c’est se donner la possibilité de trouver des solutions à une situation inconfortable voire douloureuse.
- La 2e leçon c’est que pour que le conflit soit constructif, il est nécessaire d’avoir en face de soi une personne qui est prête à dialoguer, une personne ouverte à la communication et l’échange. Le père de Sophie n’avait malheureusement pas l’ouverture nécessaire pour résoudre sainement le conflit. Sophie avait le choix entre s’acharner et basculer dans une violente dispute ou lâcher-prise et accepter qu’elle ne pourrait pas avoir d’échange constructif avec son père lorsqu’ils sont en désaccords. Comprendre le mode de fonctionnement de chacun et se positionner en prenant la décision de lâcher-prise après avoir exprimé ce qui avait besoin de l’être, c’est différent de subir la situation en se taisant.
- La 3e leçon, c’est que bien que l’évitement du conflit repose souvent sur des peurs rattachées à l’enfance, il est possible de les surmonter. Sophie a réussi à exprimer son désaccord après avoir fait un travail sur elle. Ça lui a permis de développer une estime et une confiance en soi suffisantes pour oser s’exprimer. La peur du conflit n’est donc pas une fatalité, c’est un mode de fonctionnement qui peut évoluer.
Voilà on arrive à la fin de ce 26e épisode de Relationnellement Vôtre.
Les épisodes sont assez riches en informations, surtout sur la thématique des faux-amis, donc si vous avez des questions, si certains points demandent des éclaircissements, sentez-vous libre de le préciser en envoyant un message, en cliquant sur le bouton « je contacte relationnellement Vôtre » situé en bas de page.
Si vous voulez nous partager un témoignage sur la manière dont votre mode de fonctionnement face au conflit a évolué, vous pouvez le faire par message, ça sera une joie de vous lire.
Bon et bien, il nous reste un dernier faux-ami à aborder, il s’agit de la sur-adaptation et celui-là, on se le garde pour la semaine prochaine !
En tout cas d’ici là, prenez bien soin de vous !
