E10 : Les relations… entre idées fausses et vérités oubliées : comment s’y retrouver dans les relations amicales ?
Hello, on se retrouve pour le 10e épisode de Relationnellement Vôtre.
Alors, il nous reste 4 types de relations à aborder en termes d’idées reçues, de représentations erronées et de vérités oubliées. Je vous laisse devinez lesquelles…
En tout cas, aujourd’hui je vous propose de parler des relations amicales.
Il y a pas mal d’affirmations intéressantes concernant l’amitié telles que, « les amis de mes amis sont mes amis » ou « je suis ami(e) avec mon ex » ou « même en couple, mes ami(e)s passeront toujours en 1er ».
Celles-ci sont juste ce qu’il faut pour lancer des débats animés, mais je ne les aborderais pas aujourd’hui. Il faudrait un épisode entier voire plusieurs pour mettre à nu les représentations erronées qu’elles contiennent.
Si vous vous demandez pourquoi ce vrai/faux relationnel, c’est parce qu’il est parfois nécessaire d’être honnête avec soi-même et de faire un tri dans ces idées reçues dans lesquelles nous pouvons dangereusement nous engouffrer.
Dans l’épisode d’aujourd’hui, nous allons voir 5 autres affirmations qui peuvent provoquer des souffrances ou amener de la toxicité dans les relations amicales et donc faire entrave à votre épanouissement relationnel.
1. La 1ere affirmation aux fondements erronés c’est : « les ami(e) c’est pour la vie »,
Il est vrai que l’une des caractéristiques fondamentales d’une amitié, c’est sa solidité et sa capacité à traverser les épreuves, la distance et les circonstances de la vie. Toutefois, les amitiés ne sont pas toutes faites pour durer.
Votre vie est faite de saison : la saison de la petite enfance, celle de l’adolescence, la saison des études, la saison de la vie d’adulte, celle du célibat, de la vie de couple, celle de parents, voire de grands-parents.
Vous pouvez vivre des saisons de grande activité professionnelle et des saisons de ralentissement. Des saisons d’aisance financière, des saisons de difficultés financières, des saisons de grandes sollicitations relationnelles, des saisons de solitude. Bref, la liste est longue.
En tout cas, dans chacune de ces saisons, vous pouvez être amené(e) à vous faire de nouvelles amitiés, conserver les amitiés existantes ou en perdre, pour diverses raisons.
J’aime beaucoup cette citation qui dit qu’«
une personne qui entre dans votre vie est là pour une raison, une saison ou pour la vie. »
Il n’est pas toujours évident de discerner en amont, s’il s’agit d’une relation pour une raison, pour une saison ou pour une vie. C’est bien souvent lorsqu’une relation et plus particulièrement une amitié prend fin qu’il est possible d’analyser et se dire, voilà, c’était pour telle ou telle raison, ou c’était par rapport à cette saison de la vie et parfois nous ne le saurons pas.
Certaines personnes diront ça montre juste que ce n’était pas de vrai(e)s ami(e)s. Pourtant, si on s’en tient à la définition de l’amitié, selon le dictionnaire Le Robert :
L’amitié est un sentiment réciproque d’affection ou de sympathie qui ne se fonde ni sur la parenté ni sur l’attrait sexuel.
Il est possible que l’affection démontrée ait été sincère durant la saison en question.
Nous sommes en évolution. Non seulement nous sommes tous différents et en plus, nous évoluons à des rythmes différents. Certaines amitiés réussissent à s’équilibrer, à s’adapter aux évolutions et pour d’autres, elles vont prendre fin au fil de vos évolutions respectives.
Les ami(e)s ne sont donc pas tous pour la vie. On ne peut pas savoir combien de temps une amitié va durer. Toutefois, il existe des signes qui indiquent clairement quand une amitié ne pourra pas durer et ça nous l’aborderons dans les épisodes sur les relations amicales toxiques.
2. 2e représentation erronée : « Avoir beaucoup d’ami(e)s, c’est la clé pour être épanoui(e) »
Connaissez-vous ce proverbe qui dit :
« celui qui a beaucoup d’amis les a pour son malheur, mais il y a des amis plus attachés que des frères ».
L’amitié fait partie des relations fondamentales dont l’être humain a besoin pour se développer. C’est effectivement important d’avoir des amis et comme le dit le proverbe, certaines amitiés sont plus fortes qu’une relation fraternelle. Par contre, il est souligné qu’avoir beaucoup d’amis est problématique. Nous allons voir ensemble en quoi;
Ce qu’il y a en chacun, chacune de nous est précieux. Or ce qui est précieux est généralement peu exposé. Les personnes qui ont des lingots les rangent bien sagement dans des endroits sécurisés. Ils n’en font pas étalage, car ils savent qu’ils risquent de réveiller des instincts malveillants et d’en subir les conséquences.
Tout comme l’accès à votre domicile est filtré avec des barrières, des portes, des volets, des stores, l’accès à votre coeur est lui aussi protégé. Les ami(e)s ont mutuellement un accès privilégié au coeur l’autre. C’est le principe de l’intimité, montrer à l’autre qui on est en osant se montrer vulnérable, faillible, dévoilant du beau, du moins beau et parfois même du moche , en toute confiance, sans tabou, ni jugement.
Tisser ce lien authentique, solide demande de rencontrer des personnes avec lesquelles le mettre en place et elles se comptent bien souvent sur les doigts d’une main. Pas évident de trouver des personnes avec qui le feeling passe, la complicité s’installe et la confiance se partage. Vous pouvez avoir un grand nombre de connaissances, mais sont-elles réellement des ami(e)s ?
Toute amitié demande à être entretenue, il est donc nécessaire d’investir votre personne et de vos ressources respectives dans la relation, qu’il s’agisse de votre temps, votre énergie, votre amour, vos compétences ou votre compte bancaire.
Si votre désir est de partager beaucoup d’affection en multipliant les amitiés, que dites-vous de miser sur le fait de partager une affection forte, de qualité avec peu de personnes, plutôt que de partager une illusion d’affection dans des amitiés superficielles en grand nombre ?
A moins de pouvoir être partout et d’avoir des ressources illimitées, entretenir des amitiés de qualité se complique à mesure que leur nombre augmente. Avoir un nombre important d’ami(e)s peut même entraver votre épanouissement, en vous amenant à vous éparpiller, à vous épuiser, à négliger d’autres relations.
Un conférencier dont j’ai oublié le nom a fait l’analogie entre les amitiés et un ascenseur. Vous démarrez votre vie au niveau 0 et vous la finissez au dernier étage. A chaque étage vous avez la liberté de laisser entrer ou sortir des ami(e)s de l’ascenseur. Si vous multipliez les amitiés sans vraiment choisir les personnes qui ont leur place dans l’ascenseur, donc dans votre vie, il attendra sa capacité maximale et ne pourra plus continuer à monter, vous serez bloqué(e) avec les personnes qui s’y trouve, ne pouvant plus progresser. En d’autres mots, il convient de choisir vos ami(e)s avec précaution, si vous voulez vous épanouir relationnellement.
3. La 3e affirmation qui s’avère être une fausse croyance : « je ne peux pas dire à mes ami(e)s quand ça n’va pas, après tout eux aussi / elles aussi ont leurs problèmes ».
Pouvoir se dire librement ce qu’on vit, ce qu’on ressent est une base fondamentale de l’amitié, n’est-ce pas ?
La question que j’aimerais vous poser c’est : « vous arrive-t-il de répondre aux sollicitations de vos ami(e)s lorsqu’ils ou elles ont des problèmes ? Comment réagissez-vous ? Apportez-vous écoute, disponibilité et soutien ou leur dites-vous que vous avez vos problèmes à gérer, que vous ne pouvez pas les aider ? »
Si je vous pose la question c’est parce que l’écoute, la disponibilité, l’attention, la confiance et surtout la réciprocité sont des caractéristiques de l’amitié. La réciprocité est une des caractéristiques qui permet à une amitié d’être saine et équilibrée.
En vous privant de dire ce qui ne va pas à vos ami(e)s, vous vous mettez dans une position de « déséquilibre amical ». Vous donnez de l’écoute, de la disponibilité, de l’attention, dans les bons comme dans les mauvais moments, mais vous vous privez d’en recevoir et vous privez vos amis d’en donner dans des circonstances similaires.
Se soutenir, s’entraider pour surmonter une difficulté, traverser une épreuve peut renforcer les liens d’une amitiés.
Ce qui se cache bien souvent derrière l’affirmation de départ, c’est la peur de déranger, la peur de ne pas recevoir l’attention désirée, la peur d’être rejeté(e). Il peut effectivement arriver que vos ami(e)s ne soient pas disponibles au moment où vous en avez besoin et n’aient pas la réaction que vous attendiez. C’est frustrant et parfois vécu comme blessant, parce que ça vient appuyer sur le manque d’estime personnelle et/ou sur des blessures antérieures de manque d’affection, d’attention de précédentes relations.
Sauf qu’en vous empêchant de solliciter vos ami(e)s quand ça ne va pas, vous vous empêchez de recevoir l’attention et l’affection qu’ils ou qu’elles auraient pu vous apporter si vous leur en aviez parlé.
A trop vouloir éviter de souffrir, il peut arriver de monter des murs qui certes protègent de la souffrance, mais qui empêchent aussi de recevoir toutes les douceurs qui font énormément de bien.
Chaque personne a son lot de problèmes et c’est à vos ami(e)s de juger s’ils se sentent prêts ou non à écouter les vôtres.
La question à vous posez c’est qu’est-ce qui vous empêche d’essayer, est-ce des déceptions répétées, une difficulté à faire confiance à l’autre, une difficulté à vous ouvrir et montrer que ça ne va pas, une volonté de vous en sortir seul(e) ?
Quelque soit votre réponse, réalisez-vous qu’il ne s’agit plus de vos ami(e)s et de leurs problèmes mais de vos choix et vos ressentis ?
Dans toute véritable amitié, vous avez la liberté de dire que ça ne va pas. Si vous avez l’impression que ce n’est pas le cas, vous pourrez peut-être comprendre l’origine et sortir de ce blocage en en parlant à un/une psy.
4. La 4e affirmation : « les meilleur(e)s ami(e)s sont inséparables. »
Il y a cette belle citation qui rétablit doucement une vérité concernant l’amitié :
« L’amitié ne consiste pas à être inséparable, mais à être séparé sans que rien ne change ».
En d’autres mots, la profondeur d’une amitié ne repose pas sur le fait d’être collé(e) l’un à l’autre ou l’une à l’autre, mais sur la solidité de la connexion, la solidité du lien.
Un lien amical se crée entre deux personnes qui apprennent à se connaître, partagent des valeurs communes, créent un espace d’échange, de partage, dans le respect de chacun/chacune, en installant une certaine confiance. Ce lien est mis à l’épreuve à chaque désaccord, chaque situation éprouvante vécue par l’un(e), par l’autre ou par les 2, chaque ressenti désagréable vis-à-vis du meilleur ami, qu’il s’agisse d’agacement, de déception, de jalousie, d’incompréhension et ce lien est aussi mis à l’épreuve par la distance géographique ou la distance physique. La manière dont les ami(e)s agissent, réagissent fera que le lien va se renforcer, se distendre ou se briser.
Etre inséparable ne garantit en rien la solidité du lien, cela garantirait plus la toxicité de la relation malheureusement.
Qui dit être inséparable dit être fusionnel(le)s. Il y a une volonté plus ou moins consciente de ne représenter plus qu’une seule entité, une manière d’être, d’exister, de penser. A chaque fois que l’une des personnes essaie de reprendre sa subjectivé, son unicité, ça crée des clashs assez explosifs. Le sentiment d’insécurité et l’angoisse de séparation sont tels qu’un accord tacite se met en place entre ami(e)s pour éviter le conflit. Du coup, l’un, l’autre ou même les 2 se fondent dans le désir de l’ami(e) en question, en renonçant à lui-même ou elle-même. C’est ce qu’on appelle la dépendance affective.
Il s’agit de ce besoin de vivre à travers l’autre, cette incapacité à vivre par soi et pour soi-même.
Cette forme d’amitié amène à s’enfermer dans une bulle où les ami(e)s partagent tout l’un/l’une avec l’autre de manière exclusive, au point de faire peser beaucoup d’exigences, d’attentes et de pression sur la relation. On fait tout ensemble, si possible en même temps. Il y a le désir de vivre les mêmes choses, de ressentir les mêmes choses, de faire les mêmes choses et parfois même de porter les mêmes choses.
Les ami(e)s inséparables se rendent rarement compte de la toxicité de la relation, c’est l’entourage qui leur fait remarquer ou sinon, c’est l’introduction d’une tierce personne dans la relation qui peut faire naitre de la souffrance, chez l’un ou l’une des ami(e)s, à savoir quand l’un des 2 s’engage dans une relation de couple et que l’autre reste célibataire.
La dépendance affective n’est pas pathologique tant qu’il n’y a pas de souffrance chez un membre de la relation.
Le fait d’être inséparables ne confirme en rien que vous êtes les meilleur(e)s ami(e)s. Cela confirme probablement que vous avez chacun ou chacune une blessure affective à soigner pour réussir à exister en étant vous-même, sans avoir besoin de l’autre pour exister, mais avoir envie d’être avec l’autre pour partager.
5. Et la 5e affirmation plutôt courante qui s’avère être erronée : « Dans une vraie amitié on se dit tout, vraiment tout. »
Et si une vraie amitié n’était pas basée sur le fait de tout se dire mais sur le fait de ne pas avoir besoin de le faire. D’où vient ce besoin de tout savoir sur vos ami(e)s? Est-ce de la curiosité, de l’insécurité, un besoin de vous comparer, d’autres raisons ?
L’amitié c’est avoir la liberté de se montrer tel qu’on est et de dévoiler ce qu’on veut dévoiler, en gardant une part de jardin secret. Tout comme vos ami(e)s n’ont pas besoin de vous voir physiquement nu(e) pour être ami(e)s avec vous, il n’est pas nécessaire qu’ils ou elles vous voient affectivement nu(e) pour être vos ami(e)s n’est-ce pas ?
Rien ne vous oblige à vraiment tout dire, un(e) vrai(e) ami(e) respectera ce point. Il ou elle respectera aussi le fait que vous protégiez vos relations. C’est une chose que de parler de soi, c’en est une autre de parler de la vie et de l’intimité des autres, qu’il s’agisse de votre conjoint, de vos enfants, de vos parents, de vos frères et soeurs, de votre belle-famille, etc. Il y a des informations qui ne regardent que le couple, ou que la famille, que votre enfant et vous ou que vous et vos ami(e)s.
C’est là que faire appel à un ou une professionnel(le) prend d’autant plus son sens. Si vous souhaitez avoir un regard extérieur, pouvoir réfléchir sur une situation compliquée. Vous savez que vous pouvez livrer des détails sur vos relations, tout en étant protégé(e) par le secret professionnel.
En plus, avez-vous remarqué que lorsqu’une personne vous parle régulièrement d’une de ses relations, vous vous faites une représentation de cette personne et en fonction de ce qui est partagé, vous pouvez voir surgir des ressentis divers et variés envers cette personne, même si vous ne l’avez jamais rencontrée(e), même si vous ne l’avez jamais rencontré(e)? Certains nourrissent de la colère, d’autres du dégoût, ou au contraire de la sympathie, voire même de l’attachement.
Du coup, je vous laisse imaginer le malaise si vos ami(e)s fréquente(nt) des membres de votre famille et je n’ose pas imaginer les problèmes que cela pourrait causer si un ou une de vos ami(e) développait un intérêt tout particulier envers votre partenaire de vie.
Pour rester saine, toute relation a des barrières à ne pas franchir, c’est ce qui protège la relation. Respecter la sensibilité de chacun en fait partie. Des abus de franchise font souvent beaucoup de mal au sein des amitiés. Etre honnête et sincère signifie-t-il blesser ces personnes chères à votre coeur ? Il y a des vérités qui nécessitent d’être enveloppées de beaucoup d’amour et il y a des paroles sans importance qui peuvent être laissées de côté.
Le fait de ne pas tout se dire ne remet pas en question la qualité de l’amitié, au contraire, c’est une belle preuve de respect de chacun et de liberté, qui sont toutes deux des valeurs fondamentales en amitié.
Autre élément qui va dans le sens de ne pas tout se dire en amitié, c’est qu’en fonction de la saison dans laquelle vos ami(e)s se trouvent, ils seront plus ou moins disposés à se réjouir avec vous des belles choses qui vous arrivent. Trop partager votre bonheur, votre bien-être, vos avancées, votre épanouissement pourrait causer des blessures, éveiller une forme de frustration et d’envie chez vos ami(e)s, surtout s’ils sont dans une période peu folichonne de leur vie.
A vous de juger et de jauger ce que vous voulez partager, quand vous voulez le partager, en faisant attention à la manière dont vous le partagez, si toutefois vous voulez en parler à vos ami(e)s, sans oublier de vous respecter et de respecter vos autres relations.
On pourrait passer des heures à parler des idées reçues concernant l’amitié, mais il faut bien que l’épisode ait une fin. Avant, que dites-vous d’illustrer quelques points évoqués dans l’épisode avec un témoignage ?
Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de Nathalie et Lydia.
Quand Nathalie est entrée à l’école maternelle, elle s’est rapidement liée d’amitié avec Lydia. Cette amitié a tenue jusqu’au lycée. Sauf que ces années d’amitié n’ont pas toujours été bien vécue par Nathalie.
Ce qu’il faut savoir c’est que les mamans respectives de Nathalie et Lydia ont encouragé le fait que leurs filles soient inséparables. Elles étaient dans la même classe année après année sur demande des mamans, elles pratiquaient les mêmes activités extra-scolaires, elles avaient le même style vestimentaire et la même coupe de cheveux.
Nathalie n’avait pas forcément envie de tout faire comme Lydia, mais elle voyait bien que ça faisait plaisir à sa maman, à Lydia ainsi qu’à la maman de Lydia, du coup, elle s’est « prêtée au jeu ». Un jeu qui a tourné au cauchemar pour Nathalie. Elle s’est complètement perdue de vue. Elle était devenue incapable de savoir ce qu’elle voulait, ni de faire un choix sans demander à Lydia. Et puis Nathalie s’épuisait à être dans le « faire plaisir ».
Le hic c’est qu’à l’adolescence, une belle amitié d’enfance a fini par tourner en rivalité et en jalousie malsaine entre les 2 jeunes filles. Nathalie enviait la vie de famille de Lydia, sa relation avec sa mère. Lydia enviait les affaires de Nathalie, tout ce qu’elle pouvait avoir qui lui était offert par son père souvent absent. Lydia était une excellente élève, mais Nathalie n’avait pas les mêmes facilités.
La maman de Nathalie comparait énormément les 2 jeunes filles. Nathalie avait la sensation que pour que sa mère l’aime, elle devait être comme Lydia.
La pression était telle pour Nathalie, qu’elle en a développé des ulcères à l’estomac, de l’eczéma et des troubles alimentaires.
La santé de Nathalie s’est dégradée, elle n’arrivait même plus à aller en cours. Le médecin de famille a alerté la maman en proposant une thérapie. Nathalie n’arrivait pas à avouer son mal-être concernant cette relation amicale toxique.
On dit qu’il n’y a pas de hasard dans la vie. Lydia et sa famille ont dû déménager suite à la mutation du père de la jeune fille.
Nathalie et Lydia se sont progressivement éloignées au point de ne plus se parler.
Nathalie a dû faire un travail sur elle durant plusieurs années pour réussir à se retrouver, savoir qui elle est, savoir se positionner, s’affirmer, être pleinement elle.
Elle s’est liée d’amitié avec d’autres personnes par la suite, mais elle avait vraiment du mal à savoir où placer le curseur pour être proche sans trop l’être.
Aujourd’hui Nathalie est adulte, elle est désormais pleinement elle et elle n’a vraiment pas sa langue dans sa poche comme on dit. Par contre, elle a encore du mal à se laisser approcher amicalement parlant. Elle garde au fond d’elle la peur se laisser à nouveau happer par une relation fusionnelle.
Elle apprend à se respecter dans la relation, à ne pas se forcer, mais juste être elle. Et comme elle dit, c’est à prendre ou à laisser. Nathalie a réalisé qu’elle n’avait pas besoin d’avoir ses amies pour exister. Elle avait envie d’en avoir pour partager les bons et les moins bons moments de la vie.
Voici 3 leçons que ce témoignage nous enseigne ou nous rappelle :
- La 1ère leçon, c’est qu’une amitié peut bien démarrer, durer un certain temps et basculer dans une relation ou l’un ou l’une des 2 ami(e)s est en souffrance. C’est le signe que la relation devient toxique. Y rester malgré tout peut avoir des répercussions sur le plan physique et psychologique. L’expérience de Nathalie est assez parlante à ce sujet, malgré son jeune âge. La déménagement a été salvateur, qui sait jusqu’où ça aurait pu aller. Mettre fin à une relation toxique peut être nécessaire pour éviter d’y laisser sa santé.
- La 2e leçon c’est qu’une amitié peut durer longtemps, ça ne signifie pas pour autant que la relation est saine, qu’elle est sincère ou qu’elle est solide. Dans le cas de Nathalie et Lydia, non seulement il y avait une forme de dépendance affective, mais les 2 jeunes filles avaient glissé dans une relation pleine de non-dits rattachés à la jalousie et la rivalité. Bien qu’elles soient restées amies pendant plus de 10 ans, leur relation n’a pas supporté la distance. Ca confirme que la solidité du lien ne dépend pas de la durée de la relation, mais des actes et des efforts posés pour l’entretenir.
- La 3e leçon c’est que même si vous avez vécu ou si vous vivez des relations amicales toxiques, non seulement il est possible d’en sortir et en plus, vous pouvez réussir à faire en sorte de ne pas continuer sur ce schéma amical là. C’est ce que Nathalie a réussi à faire après avoir fait un travail sur elle. Rencontrer des personnes dont le fonctionnement est relativement sain et équilibré peut aussi y contribuer. Tout ça nous aurons l’occasion d’y revenir, lorsque nous aborderons les relations amicales toxiques.
Si vous voulez avoir des astuces pour sortir des représentations erronées et mettre en place des vérités qui vous éviterons de reproduire certaines erreurs dans vos amitiés, sachez que des bonus sont offerts. Pour y accéder, il vous suffit de vous abonner à la Newsletter, sur le site www.relationnellementvotre.fr.
Et si vous avez des questions, des suggestions, ou un témoignage à partager, vous pouvez envoyer un message, sur le site, en cliquant sur « je contacte Relationnellement Vôtre » tout en bas de la page d’accueil.
Dans le prochain épisode
Voilà on arrive à la fin de ce 10e épisode de Relationnellement Vôtre.
Aller, j’suis sûre que vous commencez à devenir un as du vrai/faux relationnel. Ne nous arrêtons pas en si bon chemin.
Dans le prochain épisode, nous irons du côté des relations professionnelles cette fois-ci. Je vous en dis pas plus…
On se retrouve la semaine prochaine !
