E06 : est-ce vraiment égoïste, égocentrique ou narcissique de prendre soin de soi ?

Hello, on se retrouve pour le 6e épisode de Relationnellement Vôtre.

Après avoir passé 3 semaines à parler de nos besoins fondamentaux, j’aimerais enfoncer un peu plus le clou sur l’importance de savoir prendre soin de soi pour prendre soin des autres.

Par prendre soin de soi, ce que j’entends, c’est veiller à votre santé, à votre bien-être, que ce soit physique, psychologique, spirituelle ou relationnelle. Ca signifie donc entretenir votre personne tant sur le plan intérieur, qu’extérieur, d’une manière mesurée bien sûre.

Le hic, c’est que dès qu’il s’agit de prendre soin de soi, des personnes de votre entourage ou même votre critique intérieure vont intervenir d’une voix plus ou moins douce en disant : « ne sois pas égoïste, fait passer les demandes des autres avant les tiennes » ou « c’que tu peux être égocentrique, ce que tu as à faire peut attendre !».

Me croyez-vous si je vous dis qu’il y a des situations où cette voix peut avoir  raison et d’autres où ce n’est pas forcément le cas ?

Il y a des situations où faire passer vos besoins, vos envies en priorité sera indispensable. En le faisant, vous ne serez ni égoïste, ni égocentrique, ni narcissique. Je vous propose de voir ensemble pourquoi.

Tout d’abord, pour être sûre que nous avons en tête les mêmes définitions en ce qui concerne l’égoïsme, l’égocentrisme et le narcissisme, voici ce que nous dit le dictionnaire, Le Robert :,

  • L’égoïsme est un attachement excessif à soi-même qui fait que l’on recherche exclusivement son plaisir et son intérêt personnel.
  • L’égocentrisme est la tendance à tout rapporter à soi, à ne s’intéresser vraiment qu’à soi.
  • Le narcissisme est une admiration, une contemplation de soi-même. Une autre définition du narcissisme : fonctionnement d’une personne qui s’aime et s’admire plus que de raison.

Il convient de souligner que dans chaque définition énoncée, on retrouve le fait de ne s’intéresser qu’à soi et le faire de manière excessive. En d’autres termes, savoir prendre soin de soi tout en accordant une place au soin des autres, c’est aussi en gardant un certain équilibre, comme ça vous serez libéré(e) de toute forme de culpabilité à l’idée de prendre soin de vous.

Alors, juste une précision concernant la culpabilité. Je vous rappelle que la culpabilité est l’état d’une personne qui est coupable. Or, on ne peut être coupable que d’avoir mal agi. La culpabilité a pour fonction d’amener une remise en question face à des paroles ou des actes regrettables. On est d’accord qu’il n’y a rien de mal à prendre soin de soi, tant que c’est légal, que ça ne se fait pas au détriment d’autrui et que ça ne met personne en danger, n’est-ce pas ?

Pourquoi j’insiste autant sur le fait de vous autoriser à prendre soin de vous, parce que trop de personnes se retrouvent dans des relations toxiques ou en situation d’épuisement psychologique, à force de prendre soin de tout le monde sauf d’elles-mêmes.

Et puis de l’autre côté, on retrouve des personnes qui bénéficient des soins des autres, sans se préoccuper de ceux qui les entourent et ces personnes se complaisent dans ces relations tout aussi toxiques.

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Du coup, j’aimerais vous partager 7 raisons de prendre soin de vous, en étant libre de toute culpabilité, car c’est nécessaire à la construction et à l’entretien de votre épanouissement relationnel.

  • La 1ère raison de prendre soin de vous : c’est que cela fait partie du comportement normal, lorsque vous savez que vous avez de la valeur et c’est le meilleur moyen de vous démontrer de l’amour. Or une estime de soi et un amour de soi suffisamment élevés sans trop l’être, sont deux gardes qui vous protègeront de vous installer dans des relations abusives.

Ce sont entre autres l’amour de soi et l’estime de soi qui permettent à une femme ou un homme battu(e) de se dire, ça suffit, je ne suis pas censé supporter ça. Ce sont ces mêmes gardes qui vont aider un employé ou une employée victime de harcèlement moral ou sexuel, à faire remonter les faits sans en avoir honte. Et ces gardes vous amèneront aussi à dire à celui ou celle que vous considérez comme votre ami(e), que vous voulez bien le ou la dépanner financièrement de temps en temps, mais que vous n’êtes pas la Banque de France.

Prendre soin de soi de manière saine et équilibrée est loin d’être une démarche égoïste ou égocentrique. C’est un très bon moyen de reconnaître que vous avez autant d’importance, de valeur que n’importe quel être humain et que vous avez donc le droit à autant de soin, ni plus, ni moins.

Vous avez probablement déjà entendu cette phrase : « aime ton prochain comme toi-même ». Il y a un contexte à cette phrase tirée de la Bible. Pour les plus curieux, si vous voulez la référence, n’hésitez pas à envoyer un message à Relationnellement Vôtre. 😉

En tout cas, l’équilibre de prendre soin de soi pour prendre soin des autres n’est pas sorti de nulle part. Le Créateur de toute chose, y compris de l’être humain, sait que l’équilibre est nécessaire au bon fonctionnement de la nature et de tout ce qui s’y trouve. Tout déséquilibre a des conséquences. C’est tout aussi valable pour nos relations.

On ne peut donner que ce qu’on a n’est-ce pas ? Donc comment aimer une personne d’une manière équilibrée, si cet amour et cet équilibre ne sont pas présent en vous ? 

Un mode de fonctionnement qui ferme la porte aux relations toxiques implique cet équilibre de vous aimer pour aimer les autres. Et donc de prendre soin de vous pour prendre soin des autres.

  • La 2e raison de prendre soin de vous, c’est que vous êtes la personne la mieux placée, sur terre, pour le faire.

J’espère sincèrement que vous avez des personnes autour de vous qui veillent à votre bien que ce soit physiquement, psychologiquement ou spirituellement. C’est précieux et ça a complètement sa place. Ce que je veux dire par « vous êtes la personne la mieux placée pour le faire », c’est qu’à l’exception de Celui qui vous a créé et qui sait tout de vous, vous êtes la personne la mieux placée pour savoir précisément ce dont vous avez besoin et envie, quand c’est le cas, de quelle manière les combler.

Donc oui, c’est top que vos relations contribuent à votre bien-être et vous au leur, c’est aussi ça les relations. Toutefois, si vous voulez éviter de faire peser sur vos relations, le fait d’être en demande constante de soins, il est préférable d’être capable de répondre à vos propres besoins et vos propres envies. De cette manière, vous ne serez pas dans l’attente vis-à-vis des autres, une attente constante qui se solderait en frustrations ou en déceptions à répétition à la longue.

Attention, ça ne veut pas dire pour autant d’être fermé(e) à ce que les autres vous apportent bien au contraire, c’est que du bonus. Vous accueillez volontiers les actes bienveillants des autres. Ils viendront s’ajouter à tout le bien que vous vous apportez déjà. Et si les actes bienveillants ne viennent pas suffisamment, vous ne vous retrouverez pas démunis pour autant parce que vous aurez déjà pris soin de vous. 

  • La 3e raison de prendre soin de vous, c’est que c’est le meilleur moyen de montrer aux autres comment vous traiter.

Et oui, les personnes que vous fréquentez vous traiterons avec le même soin et le même respect que vous utilisez envers vous-même.

Si vous faites systématiquement passer les besoins de votre conjoint, de vos enfants, des membres de votre famille directe, élargie ou belle-famille, de vos amis, de vos collègues, avant les vôtres. Le message qu’ils vont enregistrer c’est « je peux toujours lui demander à chaque fois il/elle le fait et il/elle le fait tout de suite ». Mais est-ce réellement nécessaire de toujours répondre à leurs demandes ou besoins ? N’y a-t-il pas des situations où ils sont capables d’y répondre eux-mêmes. Êtes-vous réellement la seule personne capable de les aider ou ont-ils d’autres alternatives ?

Si les réponses à ces questions sont : ils peuvent le faire eux-mêmes et/ou solliciter quelqu’un d’autre. J’aimerais alors vous demandez… vous autorisez-vous à dire non parfois ?

Si votre partenaire de vie attend sagement que vous prépariez le repas, alors que vous êtes épuisé(e) de votre journée. Vous sentiriez-vous capable de lui dire « je me sens sincèrement épuisé(e) tu veux bien faire le repas ce soir ou prendre un plat à emporter stp ?

Vous exprimez votre ressenti et vous proposez d’autres alternatives, de cette manière il ou elle sait que parfois vous êtes disposé(e) à cuisiner et d’autres fois ce n’est pas le cas.

Si un(e) ami(e) qui n’a pas le permis vous demande de l’accompagner faire les magasins, pile le jour où vous aviez prévu de vous faire une journée de repos, de détente à la maison et vous savez combien ces journées sont rares et précieuses. Vous autoriserez vous à lui dire « as-tu quelqu’un d’autre qui pourrait t’y accompagner ? Je ne suis pas disponible ce jour-là. Un autre jour éventuellement ? »

Prendre du temps pour recharger vos batteries est important et vous avez le droit d’en faire une priorité de temps à autre, c’est d’ailleurs la chose à faire, si vous ne voulez pas être épuisé physiquement et mentalement.

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Si vous montrez à votre entourage que prendre du temps pour vous n’a pas d’importance à vos yeux, il est fort probable que ça n’ait pas d’importance aux leurs. Par contre, si vous leur montrer que vous prenez régulièrement du temps pour vous, ils l’enregistreront comme une de vos habitudes et respecteront ce temps.

Si vous montrer à vos relations que vous respecter est secondaire, il est fort probable qu’elles ne vous respectent pas. Par contre, si vous réagissez et exprimez votre ressenti lorsque vous ne vous sentez pas respecté(e), vous prenez soin de votre estime personnelle et vous rétablissez le respect dans vos relations.

Si vous montrez à vos relations que vous êtes corvéable à merci, il est fort probable qu’elles vous sollicitent sans relâche. Par contre, s’il vous arrive de répondre non à certaines demandes ou si vous ne vous rendez pas systématiquement disponible, ces mêmes relations intègreront qu’il vous arrive de répondre favorablement aux demandes, mais que ce n’est pas automatique.

Si vous montrer à vos relations que vous ne savez pas tenir compte de vous, il est fort probable qu’elles ne tiennent pas compte de vous non plus, ni de votre avis, ni de vos ressentis et encore moins de vos envies. Par contre, si vous accorder de la valeur à vos idées, à vos ressentis, à vos désirs et envies, non seulement en les exprimant, mais surtout en étant cohérent(e) avec vous-même dans vos paroles, votre attitude et vos actions. Si vous n’avez pas envie de faire une activité, que vous l’exprimez clairement, ne vous forcez pas à la faire, à moins d’avoir opté pour un compromis lui aussi clairement verbalisé et pas systématique.

Je ne peux que vous encourager à vous traiter de la manière dont aimeriez qu’on vous traite, comme ça vos relations n’auront plus qu’à en faire autant.

  • La 4e raison de prendre soin de vous, c’est qu’en le faisant de manière saine et équilibrée, c’est-à-dire ni trop, ni trop peu, vous allez aussi prendre soin des autres de manière tout aussi équilibrée, sans excès, ni abus.

Vous saurez accorder du temps aux autres et vous en accorder tout autant, ce qui permet d’être présent sans trop l’être et d’accepter le fait de vous retrouver avec vous-même.

Vous saurez prendre soin des autres, sans trop en faire, que ce soit dans le soin apporté, dans la place occupée et/ou le rôle tenu.

En effet, vous saurez vous centrer sur l’autre et donc adapter votre manière de prendre soin aux particularités de la personne et non par rapport à vos manques, vos blessures ou vos frustrations.

Dans la mesure où vous avez pris soin de vous avant de prendre soin des autres, vous n’êtes pas en demande, vous êtes donc à l’écoute de l’autre. Si vous étiez en demande vous apporterez à la personne des soins correspondant à vos demandes de soin et non aux siennes. Cette démarche souvent inconsciente est pourtant très présente, d’apporter de la bienveillance et du soin comme nous aimerions les recevoir. Sauf que ça met l’accent sur soi et non sur l’autre.
Par exemple quand vous offrez à votre ami(e) le type de cadeau que vous aimeriez recevoir au lieu du type de cadeau qu’il ou elle aimerait recevoir.

En ayant pris soin de vous avant de prendre soin de l’autre, vous aurez une estime et une confiance personnelle telles que, vous saurez quand il est pertinent d’apporter vos soins et quand il est préférable de laisser la personne faire elle-même, sans culpabiliser.
Par exemple quand votre partenaire de vie a un rendez-vous médical à prendre ou une démarche administrative à faire, il y a des moments où le faire et pertinent mais n’est-ce pas l’infantiliser que de le faire systématiquement à sa place ?

L’équilibre de prendre soin de vous et des autres vous permet de savoir quand il est préférable de prendre les choses totalement en main, de faire à la place de la personne et quand il est plus constructif de mettre en place une coopération, un tutorat, un appui ou un soutien.
Vous aurez suffisamment pris soin de vous pour réussir à valoriser l’autre, l’encourager et le soutenir dans son estime et sa confiance en lui, en elle.

Faire automatiquement à la place de l’autre renvoie involontairement le message suivant : « laisse je sais mieux faire que toi » ou « tu n’es pas capable de le faire aussi bien que moi, je vais le faire ». Alors qu’en vous mettez derrière en expliquant, en accompagnant, en répétant autant que nécessaire avec douceur, le message que vous faites passer c’est « aies confiance en toi, tu peux le faire, tu vas y arriver, je sais que tu en es capable ».  D’ailleurs vous pouvez tout aussi bien verbaliser ce message.

Prenons l’exemple de vos enfants. N’avez vous pas remarquez que plus vous faites les choses à leur place, moins ils les font ? Non ce n’est pas forcément de la fainéantise, ils ont probablement intégré papa ou maman le fait mieux que moi donc pourquoi le faire moi-même ?

Au fond qu’est-ce qui vous pousse à faire à leur place ??

Prenons le temps de prendre soin de nous, de nos insécurités, de nos blessures, de nos manques, pour prendre soin des autres sans y distiller nos souffrances, ni nos frustrations.

La 5e raison de prendre soin de vous, c’est que ça se lit dans vos mots, votre attitude, votre apparence et vos actes.

Si vous avez l’habitude de prendre soin de vous, tant intérieurement qu’extérieurement, vous aurez un discours bienveillant vis-à-vis de vous-même et des autres. Vous vous comporterez avec cette même bienveillance ainsi qu’avec une certaine assurance. Au-delà de vos mots et de vos actes, votre apparence, votre odeur corporelle, vos choix vestimentaires, votre manière de vous tenir reflèteront un certain soin. Et ça, tout être humain y est sensible.

Que vous le vouliez ou non, ça renvoie une image de vous qui rassure et même qui attire sans le vouloir. C’est moche à dire, mais c’est pourtant vrai. En situation de concurrence, que ce soit pour une embauche, une promotion ou un logement, si vous respirez la santé physique, psychologique, spirituelle et relationnelle, ça jouera en votre faveur. Que vous le vouliez ou non, l’être humain est sensible à ce qu’il voit et perçoit de l’autre, dans ses paroles, son attitude et son comportement.

  • La 6e raison de prendre soin de vous, c’est que si vous êtes célibataire, ça multipliera les opportunités d’attirer une personne qui prend aussi soin d’elle. Ce qui est nécessaire si vous voulez continuez à prendre soin de vous sans culpabiliser. De cette manière, vous n’aurez ni accusation, ni reproche, lorsque vous conviendrez de prendre du temps pour vous. Au contraire, cette personne en fera autant de son côté et vous apprécierez l’un et l’autre de vous retrouver, de partager des moments ensemble en ayant des batteries rechargées.

De plus, ça vous permettra de construire une relation équilibrée, sans culpabilité inutile, sans pression, ni attente que l’autre vienne combler ou compenser vos manques de soin.

Si vous êtes en couple, prendre soin de vous peut être un bon moyen de ramener de l’équilibre dans votre relation. Avoir des temps ensemble et avoir des temps seuls est nécessaire pour maintenir la santé de votre couple. Votre conjoint ou votre conjointe ne sera peut-être pas d’accord au départ, présentez-lui les avantages, les bénéfices. Parfois en changeant soi-même au sein du couple, on entraine des changements chez le partenaire de vie. C’est la beauté de la systémie. En faisant évoluer un élément du système, tout le système évolue pour s’adapter. Mais gardez en tête qu’il ou elle a le choix, tout comme vous l’avez de prendre soin de vous ou pas. Personne ne peut vous interdire de le faire et vous ne pouvez pas l’imposer à l’autre. Vous ne pouvez que l’encourager en mettant en avant les bienfaits que cela aura sur votre relation.

Rappelez-vous juste que ça vous permettra de construire une relation saine, équilibrée, sans culpabilité inutile, sans pression, ni attente pesante. Ce qui veut dire moins de frustration et de déception au sein du couple, c’est plus agréable n’est-ce pas ?

  • La 7e raison de prendre soin de vous, c’est que si vous êtes parents ou si vous désirez le devenir, ça permettra à vos enfants de se construire un modèle sain, équilibré, qu’ils pourront intégrer et reproduire tout au long de leur vie.

Combien d’enfants ont vu leur(s) parent(s) se tuer à la tâche pour les autres et se sont jurer de ne jamais faire pareil, en cultivant l’égoïsme.

Combien d’enfants ont vu ces mêmes parents et ont reproduit le schéma, au risque de finir en dépression, en burn out, dépendants à l’alcool ou à d’autres substances.

Que dites-vous de donnez envie à vos enfants de prendre soin d’eux, en leur communiquant qu’il y a un temps pour tout. Un temps pour travailler et un temps pour se reposer. Un temps pour se faire une journée pyjama et trainer à la maison et un temps pour sortir faire des activités. Un temps pour être en famille et un temps pour être seul(e). Un temps pour être face à un écran et un temps pour se divertir autrement. Et je peux continuer comme ça longtemps.

Plus sérieusement, que dites-vous de contribuer à transmettre des modèles de fonctionnement personnel et relationnel sains, équilibrés aux générations d’aujourd’hui et de demain ?

Aller, je vais ranger les violons, sinon je vais me mettre à pleurer. Mais sincèrement, après avoir entendu ces 7 raisons de prendre soin de vous, continuez-vous à culpabiliser ?

Bon… Je vais juste vous partager le témoignage de Violette qui a appris à se libérer de la culpabilité pour savourer les bienfaits de prendre soin d’elle et des autres avec équilibre.

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Violette a maintenant un peu plus de la cinquantaine. Avant d’en arriver à cette saison savoureuse de sa vie, Violette a malheureusement déguster comme on dit.

Issue d’une famille soudée et peut-être un peu trop avec le recul que Violette a pris, elle s’est toujours arrangée pour ne pas faire de vague, se débrouiller autant que possible toute seule et aider la terre entière : à savoir ses parents, ses grands-parents, sa grande sœur, son neveu, aider son mari rencontré au lycée, leurs 2 enfants, sans oublier ses amis, ses collègues et les usagers dont elle gérait les dossiers en tant que travailleuse sociale.

Aujourd’hui, Violette est une femme solaire, pétillante, pleine d’humour, d’une grande sensibilité avec un cœur énorme comme vous avez pu le comprendre. Sauf que ce n’était pas le cas il y a une dizaine d’année de cela.

En effet, c’est après 20 ans d’activité environ, que l’épuisement s’est fait ressentir, bouleversant la vie de Violette tel un dégât des eaux progressif qui provoque des infiltrations dans vos murs, sauf que vous ne comprenez ce qui se passe qu’une fois que la moisissure apparaît.

Cela faisait quelques mois que Violette avait de plus en plus de mal à se lever le matin. Une partie d’elle ne voulait plus aller au travail. Jusqu’où jour où elle a commencé à faire des crises d’angoisse une fois assise dans sa voiture. Et puis un matin, Violette s’est retrouvée obligée de s’arrêter sur la route. Elle était dans l’incapacité de conduire plus longtemps tellement sont corps était en train de hurler la fatigue accumulée à travers des tremblements, des douleurs physiques et des larmes.

Après avoir consulté un médecin, le diagnostique est tombé, Violette était en plein syndrome d’épuisement professionnel, autrement appelé burn out. S’en est suivi un arrêt maladie de longue durée pendant lequel Violette a pu suivre une psychothérapie. C’est alors qu’elle a réalisé qu’il n’y avait pas que le travail qui l’avait épuisée.

Violette avait un conjoint qui occupait un poste haut placé du coup, elle gérait pratiquement tout à la maison. Et ceux depuis l’université. Ils se sont pris un appartement ensemble pour se rapprocher de leurs universités respectives. Et le compagnon de Violette à l’époque, était déjà dans une filière très prenante. 

Violette a donc pris le pli et ne se rendait même plus compte de tout ce qu’elle assumait. Sachant qu’à côté de ça, Violette avait pour principe de passer une journée par semaine avec ses parents et ses grands-parents de leur vivant. 

Elle avait régulièrement sa sœur qui avait de gros problèmes de couple et elle essayait aussi de s’occuper de son neveu pour lui changer les idées, car il était pris dans les conflits de ses parents en pleine séparation.

Violette travaillait à plein temps, puis elle a eu son 1er enfant et son 2e. C’est pourquoi elle a choisi de travailler à temps partiel pour s’occuper d’eux. Les relations avec son ainé étaient loin d’être simples.

Pour éviter de s’enfermer dans sa vie de famille, Violette faisant en sorte de faire des sorties avec ses amies, sauf qu’en général elle se retrouvait à faire la psy ou la conseillère, à écouter les problèmes des unes et des autres avec bienveillance et douceur en essayant de les aider.

Les collègues de Violette étaient elles aussi dans un piteux état, plusieurs étaient en arrêt ou réfléchissaient à une reconversion professionnelle.

Au cours des séances de psychothérapie, Violette a ouvert les yeux sur les différentes places qu’elle occupait et l’énergie que ça lui demandait. Elle a réalisé qu’elle avait progressivement arrêté de prendre soin d’elle. Il lui fallait faire des choix et pour elle c’était tout vu, tout devait passer avant elle, même au risque que son tour n’arrive jamais.

Une dépression s’était sournoisement installée au fil des mois. Elle qui avait l’habitude de prendre soin d’elle intérieurement en se cultivant, en se changeant les idées, en multipliant les occasions de rire et de partager des bons moments. Elle avait perdu toute estime personnelle, toute confiance en elle. 

Violette se considérait comme une moins que rien et ne se sentait plus capable de quoi que ce soit.

Elle qui avait l’habitude de prendre d’elle extérieurement en faisant du sport, en cuisinant à chaque repas, en faisant des soins du visage, du corps, en faisant attention à son style vestimentaire de manière harmonieuse et assortie. Et bien, tout cela avait petit à petit disparu. Violette n’allait même plus chez le coiffeur, alors qu’elle aimait tellement ça. Pour elle, se doucher devenait une corvée, sans parler de cuisiner ou choisir ses vêtements. Elle n’arrivait plus à se concentrer donc lire était barbant et voir du monde lui déclenchait des crises d’angoisse.

Violette a dû toucher le fond pour taper du pied un bon coup et remonter.

Elle a réalisé qu’elle pouvait s’en sortir, un pas après l’autre, un jour après l’autre. Elle avait les cartes de sa vie entre les mains et il ne tenait qu’à elle de revoir sa manière d’appréhender la vie et de  fonctionner dans ses relations.

Violette a eu besoin du renfort d’un traitement médicamenteux pour palier aux déséquilibres chimiques générés dans son cerveau par la dépression.

Elle a décidé de faire de sa santé une priorité. Elle a choisi de prendre soin d’elle sur tous les plans. Ça a pris du temps parce qu’il a fallu que Violette reprenne des forces tant physiques que psychologiques et les dégâts étaient plus profonds qu’ils n’en avaient l’air. 

Toutefois, Violette a compris que le temps, ça se prend. Le temps de parler à son mari pour lui dire ce qu’elle a sur le cœur. Le temps  de se reposer, de se balader, de se retrouver avec elle-même.

Elle avait le choix d’aller moins longtemps chez ses parents et de s’autoriser parfois à ne pas y aller. Sans culpabiliser. Ahh la culpabilité, Violette a appris à la mettre à la porte dans sa relation de couple : ne pas culpabiliser d’avoir moins de libido, accepter que c’est temporaire et qu’il y a plein de moyens d’avoir des moments d’intimité avec son conjoint.

Violette a appris à ne pas toujours répondre présente dès qu’une amie l’appel au secours. Elle accorde l’écoute qu’elle se sent prête à accorder en fonction de l’énergie dont elle dispose. Si elle se sent fatiguée, elle l’exprime et elle propose de se rappeler à un autre moment.

Violette a réussi à accepter de ne plus culpabiliser d’être en arrêt. Elle s’en voulait énormément que sa charge de travail soit donnée à ses collègues déjà bien fatigué(e)s. Elle a compris que ce n’était pas de sa responsabilité de veiller à ce que les équipes ne soient pas en souffrance mais celle de ses employeurs.

Violette a appris à ne pas culpabiliser d’être humaine, à accepter que wonder woman est un mythe et non un modèle. Elle se met moins de pression à tout faire parfaitement, surtout avec ses enfants.

Violette a décidé de ne pas reprendre son ancien travail. Elle a négocié une rupture conventionnelle et s’est formée dans une forme de thérapie psycho-corporelle pour aider d’autres personnes à se débarrasser de leurs souffrances. Cette formation associée à la thérapie lui a permis de reprendre confiance en elle. Aujourd’hui Violette s’épanouie dans son travail, en restant prudente sur la place qu’elle lui donne.

Elle a réappris à prendre soin d’elle et s’y plait, sans culpabilité, aucune.

Voici 3 leçons que nous pouvons apprendre du vécu de Violette :

  • La 1ère leçon est qu’à trop vouloir en faire pour tout le monde, nous risquons de nous perdre en chemin. Violette a fini par se faire passer après tout le monde au point de s’oublier. Ca a été le début d’une descente vers l’épuisement. Donner une place à chaque relation y compris soi est nécessaire pour demeurer en santé physique, psychologique, spirituelle et relationnelle.
  • La 2e leçon c’est qu’en se libérant de la culpabilité, Violette a repris possession de sa vie. Elle s’est autorisée, permise des choix légitimes, afin de ramener de l’équilibre dans ses relations et son quotidien. Elle a appris à prendre soin d’elle et des autres plus sainement.
  • La 3e leçon c’est que Violette n’a pas hésité à se faire aider. Elle reconnait que la psychothérapie a été d’une grande aide. Même si elle se sentait honteuse de cette période de sa vie au moment où elle la traversait, Violette a su en faire une force, car elle a beaucoup appris et désormais elle aide les autres à se libérer, s’écouter et prendre soin d’eux.

Vous voyez probablement d’autres leçons émerger de ce témoignage. Sachez que vous pouvez ajouter vos suggestions, vos propositions d’idées en commentaire, soit sur le compte Instagram de Relationnellement Vôtre, sous le post de l’épisode qui correspond, ou directement sur le site tout en bas de la page de l’épisode.

Comme chaque semaine pour les abonnés à la Newsletter, les bonus de l’épisode sont disponibles dans l’espace qui vous est réservé. Vous retrouverez l’infographie, de quoi faire le point sur votre situation, des astuces pratico-pratiques et quelques citations inspirantes, pour vous encourager.

Si vous souhaitez, vous aussi, avoir accès au bonus, il vous suffit de vous abonner à la newsletter directement sur le site www.relationnellementvotre.fr.

Dans le prochain épisode

Voilà on arrive à la fin de ce 6e épisode de Relationnellement Vôtre.

Etes-vous prê(e) à prendre soin de vous en toute liberté et équilibre en disant au revoir à la culpabilité ?

C’est pas évident de se débarrasser de ces idées préconçues, ces phrases toutes faites rabâchées et ces fausses croyances véhiculées par nos familles, la culture, les médias ou tout autre source. Nous finissons par nous enfermer dans des boîtes ou par marcher sur des chemins qui ne sont pas les nôtres.

Vous vous souvenez quand je vous disais que si vous voulez marcher longtemps sur le chemin de votre épanouissement relationnel, il sera nécessaire d’enlever certaines choses du sac à dos de votre vie ou d’en ajouter ?

Et bien, si vous êtes d’accord, on va donc continuer à faire le tri. Et la semaine prochaine je vous partagerai 10 fausses croyances ou représentations erronées sur les relations dont vous pourrez vous débarrasser pour continuer à avancer sur le chemin de votre épanouissement relationnel.

Bon, bein… Je vous dis à très vite !

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