E91 – Traumas complexes et sabotages amoureux : tout n’est pas de votre responsabilité

Hello bienvenue sur ce 91e épisode de Relationnellement Vôtre. 

Moi, c’est Kelly, je suis psychologue. Dans ce podcast, je vous propose divers outils plus qu’utiles si vous souhaitez soigner vos blessures. Bien sûr ce chemin des guérisons est le vôtre, il se fera donc à votre rythme en fonction de vos besoins et de ce que vous vous sentez prêt à aborder.

Les épisodes reprennent avec un peu plus d’un mois de pause. Nous reprenons donc la série d’épisodes sur les manières dont les traumatismes complexes affectent la vie amoureuse. En effet, les conséquences des traumas sur nos modes de fonctionnement et nos modèles relationnels sont variées. Comprendre ce qui se passe en vous et ce qui se produit dans vos relations est indispensables si vous voulez sortir de la répétition d’échec amoureux n’est-ce pas ?

Nous avons déjà abordé 2 sabotages amoureux, à savoir : le fait d’être attiré par des personnes émotionnellement indisponibles et les déclencheurs émotionnels qui font de l’intimité un danger à fuir au lieu d’une alliée aux multiples bienfaits.

Une troisième forme d’auto-sabotage amoureux liés aux traumatismes complexes se trouve dans la difficulté à discerner ce qui est de votre responsabilité et ce qui ne l’est pas. Les psychotraumatismes provoquent bien souvent un mode de fonctionnement dans les extrêmes, c’est noir ou c’est blanc. Soit vous vous dites que tout est de votre faute, soit vous pensez que la responsabilité repose sur quelqu’un d’autre. Et cela n’aide malheureusement pas à construire des relations saines, notamment sur le plan amoureux.

En quoi le trauma complexe amène-t-il cette confusion dans la perception de la responsabilité dans les relations ?

Les traumatismes complexes se développent dans des environnements où l’enfant ne reçoit pas ce dont il a besoin pour grandir, en se sentant aimé et en sécurité. L’enfant peut se retrouver livré à lui-même ou dans une confusion morale. La violence, les abus associés à des mensonges à répétition, des lois enfreintes avec un sentiment d’impunité. Voilà ce qui cré la confusion morale. De multiples injustices se produisent sans aucune cohérence. L’enfant est réprimandé, sanctionné pour avoir été authentique, honnête ou parce qu’il questionne, en toute innocence, l’incohérence des adultes face à certaines valeurs telles que l’intégrité, le respect, la bienveillance… L’enfant n’a pas de référence, il ne sait pas où se trouvent les limites de la légalité, ni où se trouve la vérité, et encore moins quelles sont les règles à respecter, les valeurs à défendre. Il se fie à ce que l’adulte lui inculque à travers ce que cet adulte dit et surtout à travers ce qu’il fait.

Petite parenthèse : nos actes parlent plus que nos mots pour le cerveau d’un enfant. Les neurones miroirs sont nombreux à cet âge et spécialement fait pour apprendre par imitation. Je vous laisse avec cela et je referme là la parenthèse.

Dans cette confusion morale, l’enfant est sanctionné pour avoir osé dire ce qu’il vit à la maison. Ou parce qu’il a mis des mots sur ce que tout le monde s’efforce de taire, de cacher dans la famille. Il ne sait pas que la réaction des adultes découle de leur propre difficulté à faire face à la vérité et à assumer leurs responsabilités. Ce que l’enfant va retenir c’est : « j’ai dit quelque chose qu’il ne faut pas dire et mes parents sont fâchés contre moi maintenant. Tout est de ma faute ».

Ainsi, un enfant livré à lui-même va entendre : « c’est pour toi, c’est pour t’offrir une meilleure vie que je fais tout ça »

Un enfant victime de violences familiales intègrera les mots prononcés par le parent violent: « c’est de à cause de toi que je me suis énervé comme ça, c’est ta faute tout ça ».

Ou encore, un enfant qui subit les attouchements et autres abus d’un membre de sa famille peut entendre : « t’es à croquer, t’es trop joli.e, je ne peux pas résister, tu me pousses à faire ça. »

Rien de tout cela n’est la responsabilité de l’enfant. Ce sont diverses manières dont des adultes remettent la responsabilité sur les épaules de l’enfant. Or ce dernier va intégrer cela comme une vérité et croire qu’il est responsable de ce qui lui arrive.

Ca va même plus loin, l’enfant finit par développer la croyance erronée  qu’il a le pouvoir de changer l’humeur, les émotions, les comportements de ceux qui l’entourent, de faire la pluie et le beau temps dans la vie de ses proches. En d’autres mots, il croit qu’il est responsable du bonheur des gens qu’il côtoie. L’enfant va alors faire son possible pour rendre ses parents, ses frères et sœurs, heureux, puis de même avec ses amis, ses collègues, son partenaire de vie, en portant toute la responsabilité de la relation.

Vous commencez à voir les mécanismes qui se mettent en place ?

Cela ouvre la porte à une succession de relations dysfonctionnelles dans lesquelles ce même enfant va continuer à assumer ses responsabilités et celles des autres. C’est une porte ouverte à la répétition d’abus et aux sur-traumatismes. C’est-à-dire au fait que d’autres traumatismes viennent s’ajouter à des traumas existants.

Dans le couple, c’est un.e adulte qui se plie en 4 pour rendre son vis-à-vis heureux en perdant de vue qu’il ne s’agit pas de sa responsabilité mais bien de celle de son vis-à-vis de faire le choix de vivre heureux. Ce sont bien souvent des dynamiques de couple où l’un, éternel insatisfait, blâme constamment l’autre, pendant que ce dernier passe son temps à présenter des excuses et à faire de son mieux pour faire évoluer la situation.

 

Ce n’est pas parce que vous avez eu une enfance complexe et douloureuse que vous devez accepter cela. Si vous vous investissez dans vos guérisons, c’est pour sortir de la répétition des schémas relationnels toxiques. J’en profite pour rappeler qu’on dit d’une relation qu’elle est toxique lorsqu’elle nuit à la santé d’au moins un de ses membres de la relation. Qu’il s’agisse de sa santé physique, mentale ou spirituelle de la personne en question.

 

Dans un mode de fonctionnement sain, chacun assume la responsabilité de ses choix, de ses paroles, de ses actes, la responsabilité de ses réactions, etc. Oui mêmes si ces choix, paroles, actes ont une influence sur nous, nous restons responsables de ce que nous choisissons d’en faire. Nous sommes décisionnaires et donc responsables de la place que nous donnons à l’influence des autres sur nous.

 

Par exemple, si je détiens une information confidentielle et que vous insistez profondément pour que je vous la partage. Votre insistance ne vous rend pas responsable du fait que je vous révèle cette information, cela reste ma décision et donc ma responsabilité. Si je vous divulgue l’information, j’aurai à en assumer entièrement les conséquences. Par contre, je ne suis pas responsable de ce que vous ferez de l’information. Si vous l’utilisez ou la colportez, vous aurez à assumer votre part de responsabilité.

 

C’est ce raisonnement qui peut être compliquer à intégrer après un trauma complexe infantile. Tout n’est pas noir ou blanc. Tout n’est pas de ma faute et tout n’est pas de la faute de la personne qui a colporté mes propos. Chacun a sa part de responsabilité. Certes, je n’aurais pas dû le dire. Je n’aurais pas dû vous révéler cette information. J’ai donc ma part de responsabilité, c’est normal. Et vous avez la vôtre en l’information en question.

 

Il y a bien 5 ou 6 ans maintenant, j’ai suivi une formation sur les relations. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’intervenant principal, un américain, nommé Danny Silk, a directement abordé le choix que nous avons dans la vie et dans nos relations : nous avons le choix d’être une personne dite « powerful » ou une personne dite « powerless ». En d’autres mots, être une personne qui a du pouvoir sur sa vie et qui assume ses responsabilités. Ou une personne qui pensent être démunie, sans pouvoir sur sa vie, qui pense que tout est toujours de la faute des autres. L’image qu’il a utilisée est celle de la télécommande. Dire aux autres, c’est de ta faute si je suis triste, c’est à cause de toi que cela m’arrive, c’est considérer qu’autrui a la télécommande de notre vie dans les mains et appuie sur des boutons qui provoquent nos réactions. Nous sommes d’accord que ce n’est pas possible. Cela illustre bien l’idée que les autres ne sont pas responsables de nos réactions et nous ne sommes pas responsables des réactions des autres. Ils n’ont pas le pouvoir de nous contrôler et nous n’avons pas le pouvoir de les contrôler. Chacun de nous choisis la direction de ses réactions même si nous n’en maîtrisons pas forcément l’intensité, ni l’impact.

 

Que faire pour réussir à se remettre en question sans aller dans les extrêmes. Comment assumer ses responsabilités et laisser celles des autres à qui elles reviennent ?

 

Tout d’abord il est important d’avoir en tête que quoi que vous ayez vécu durant votre enfance, vous avez et gardez le pouvoir d’amener du changement dans votre vie, dans vos modes de fonctionnement et vos manières de relationner. C’est un fait vous ne pourrez pas changer le passé, ni changer les gens, mais vous, vous pouvez faire évoluer votre manière d’être et de faire si vous le voulez. D’ailleurs, en changeant des éléments de votre vie, vous pouvez amener des évolutions majeures dans vos circonstances et vos relations.

Quand vous avez des doutes sur votre part de responsabilité, demandez-vous s’il est question d’un élément qui sort de vous, qui vous appartient : une parole, un acte, une décision ou s’il s’agit de ceux d’une autre personne. Vous assumez ce qui vient de vous et les autres assument ce qui vient d’eux.

 

En cessant d’assumer les responsabilités des autres, vous ouvrez la porte à plus de respect, de considération, de maturité dans vos relations. Que vous le vouliez ou non, constamment rejeter la faute sur les autres, en refusant d’assumer ses responsabilités est une preuve d’immaturité affective. Or vous n’êtes pas obligé.e d’être mature pour 2. Une fois de plus, chacun est responsable de sa vie d’adulte.

 

Avoir eu une enfance douloureuse ne vous condamne pas à être tout le reste de votre vie dans des relations dysfonctionnelles et abusives. Si c’est ce que vous avez longtemps cru, il est encore possible d’évoluer vers un système de croyances qui encourage la vision d’une vie relationnelle restaurée et épanouie. En cheminant dans vos guérisons, vous vous donnez accès à un discernement plus aiguisé des comportements acceptables et de ceux qui ne le sont plus ou ceux qui le sont pas. Vous vous ouvrez l’accès à des relations réciproques, authentiques, sécurisantes, dans lesquelles l’amour circule sainement.  C’est un processus donc cela se fera progressivement. Une fois de plus dans l’auto-compassion, la patience envers vous-même et la célébration de vos victoires, même les plus petites.

Nous approchons de la fin de cet épisode et en bonus, j’aimerais ouvrir une perspective holistique, en abordant un aspect plus spirituel de la guérison.

 

En bonus, une perspective holistique

Si vous considérez que vous existence est le fruit d’une conception divine, un acte du fabricant par excellence. Vous avez la possibilité de demander son aide dans votre parcours de guérison. Si vous me permettez l’analogie. Un constructeur automobile n’est pas responsable des dommages causés au véhicule après sa mise en circulation. Pourtant on peut toujours aller le voir lorsque ce véhicule a besoin de réparation, parce qu’il sait parfaitement quoi faire et comment le faire pour que le véhicule soit rénové et soit capable de fonctionné à nouveau de manière efficace.

Dernièrement, alors que je regardais un film, une phrase m’a profondément touchée. Ce film racontait l’histoire d’un homme qui s’est relevé après avoir tout perdu. Alors qu’il était au plus bas, son grand-père mourant lui a sagement dit : «  quand les épreuves de la vie te brisent en mille morceaux, je ne connais qu’un seul architecte capable de te reconstruire. » C’est profond n’est-ce pas ? Je vous laisse méditer là-dessus et je reviendrai prochainement vers vous avec un programme qui pourrait vous intéresser.

Voilà, ce 91e épisode de Relationnellement Vôtre est terminé.

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Bon eh bien, on se retrouve dans 2 semaines avec une 4e forme d’auto-sabotage amoureux lié aux traumas complexes. D’ici là, bonne continuation sur le chemin de vos guérisons.

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