E85 – Trauma complexe & identité : est-ce compliqué de savoir qui vous êtes ?

Hello bienvenue sur ce 85e épisode de Relationnellement Vôtre.

 

Moi c’est Kelly, je suis psychologue et ce podcast a pour objectif de vous partager des informations, des outils sur vos modes de fonctionnements, de contribuer à la marche sur le chemin de vos guérisons à la fois émotionnelles, spirituelles, physiques et relationnelles.

C’est la reprise du podcast après une pause de 3 mois et c’est un plaisir de vous partager de nouveaux épisodes. Je vous propose de poursuivre la vaste thématique du traumatisme complexe. Sans transition, rentrons dans le vif du sujet en parlant de la manière dont le trauma complexe affecte l’identité..

La période de l’enfance est une saison de la vie où tout est en construction la sécurité intérieure, l’image de soi, l’estime de soi, la confiance en soi, pour n’en citer que quelques-uns. Et lon peut finalement les regrouper dans une « grosse catégorie » qu’est la construction de soi, la construction de l’identité.

Lorsque l’enfant grandit dans un environnement où se produisent des violences, des abus, des négligences, des pertes répétées de figurent proches ou des comportements addictifs chez des figures parentales, inutile de vous préciser que la construction globale de cet enfant s’en trouve endommagée et donc la construction de l’identité n’est malheureusement pas épargnée.

Qui suis-je ? C’est une question que chacun de nous se pose à un moment de sa vie et les réponses peuvent être d’autant plus compliquées à trouver après un traumatisme complexe dit infantile, un trauma complexe précoce. Voyons ensemble en quoi les traumatismes de l’enfance provoquent cette perte d’identité et ce qu’il est possible de mettre en place pour restaurer, libérer votre identité.

En quoi le trauma complexe infantile endommage l’identité ? 

Le trauma complexe peut interférer de différentes manières dans la construction de soi, notamment les représentations que nous avons de nous-mêmes, les représentations cohérente de qui nous sommes. C’est ainsi que se définit l’identité.

1. L’authenticité enfermée

Pour se construire, un enfant a des besoins fondamentaux, notamment des besoins dit psycho-affectifs. Ce sont les matériaux qui permettront la construction de soi et les relations avec les autres.

Il y a un besoin d’être lui-même, c’est-à-dire un besoin d’authenticité, un besoin d’être aimé et accepté en tant que tel, lorsqu’il se connecte avec les autres. Sachant que la connexion est aussi un besoin. Nous sommes des êtres faits pour relationner, connecter.

Dans un environnement inspirant la sécurité, l’enfant vit les bénéfices de l’authenticité. Il est lui, il est aimé, accepté, considéré, valorisé et prend plaisir à être tel qu’il est dans ses relations avec les autres.

Dans le cas du trauma complexe, l’enfant est confronté à une situation récurrente d’instabilité, d’insécurité. Il tente d’être authentique, d’être lui, mais ça ne fonctionne pas aussi bien pour lui. La connexion ne se fait pas, il est négligé ou alors il est critiqué, violenté, sanctionné, moqué, humilié par rapport à sa manière d’être. Et ce que l’enfant va rapidement en déduire, c’est que s’il veut être aimé, accepté, s’il veut connecter avec les autres, il va devoir cacher qui il est vraiment. C’est alors qu’il se met à porter des masques. Il va apprendre à répondre aux attentes, aux exigences, aux désirs des autres dans le but d’être aimé, accepté. C’est alors que se développe le syndrome du caméléon, cette capacité que certains enfants ont à se fondre dans l’environnement dans lequel ils se trouvent, en s’adaptant à ce que chacun peut attendre d’eux.

La croyance « je ne peux pas être moi » devient une croyance fermement ancrée dans le cœur de l’enfant qui va donc renoncer à qui il est et devenir un caméléon, un people pleaser, celui que les autres veulent qu’il soit. L’impossibilité d’être authentique est donc une première manière dont le traumatisme complexe endommage l’identité.

2. La curiosité empêchée

Une deuxième manière dont le trauma complexe précoce endommage la construction de l’identité, c’est en étouffant la curiosité naturelle de l’enfant. Tout enfant nait avec cet élan d’explorateur, il a envie de découvrir le monde qui l’entoure, de faire des expériences et de voir quels en sont les résultats. C’est ainsi qu’il va découvrir des compétences innées, des talents dans des domaines tels que le sport, la musique, l’art, les langues, etc. L’enfant va alors rêver de la personne qu’il aimerait devenir un jour, quand il sera grand.

Dans un environnement sécure c’est effectivement ce qui se produit. Le cerveau de l’enfant est pleinement efficient, il absorbe et intègre un maximum d’informations, d’apprentissages qu’il réutilise aisément. L’estime de soi, la confiance en soi sont boostés. Il développe ses capacités d’exploration, ses connaissances, ses compétences. Quel cercle vertueux !

C’est différent dans le cas d’un trauma complexe. Le stress et l’insécurité générés par l’environnement dans lequel l’enfant évolue, la toxicité des relations sont telles que le cerveau de l’enfant ne peut pas fonctionner correctement. L’enfant est en mode survie. Ce sont donc ses fonctions primaires du cerveau qui prennent le contrôle. Il n’y a pas de place pour l’élaboration, la réflexion. Il n’est plus question de se montrer curieux, d’explorer, car la priorité c’est de survivre et de tout faire en ce sens : combattre, fuir, se figer ou flatter. Il n’y a pas d’espace pour savoir qui je suis, je sais juste que je dois me protéger et survivre.

Sans cette exploration de l’enfant, il n’y a pas cette possibilité de se découvrir à travers diverses activités, de voir émerger des compétences spécifiques, d’avoir des rêves sur la personne que nous aimerions devenir.

Certains environnements familiaux sont tels que les parents dictent tout : comment l’enfant doit penser, agir, parler, qui fréquenter, quels choix de vie faire, etc. La vie de l’enfant est contrôlée et régulée par l’éducation dictatoriale adoptées par les parents ou l’un d’entre eux. De cette manière, comment l’enfant peut-il découvrir qui il est ?

Certains parents veulent que leurs enfants remplissent leurs rêves de parents, qu’il soit médecin, avocat, sportif de haut niveau… Ils ne laissent pas l’espace à l’enfant de découvrir qui il est, ni de construire sa personnalité. Son chemin est déjà tracé et il n’a pas d’autre alternative que de faire en sorte de rentrer dans le moule, de suivre ce chemin. L’enfant a donc la lourde charge de concrétiser la vie que ses parents n’ont pas eu. Et comment fait-il pour concrétiser sa propre vie.

Nous avons donc vu que le trauma complexe empêche l’authenticité nécessaire à la construction de l’identité. Il étouffe la curiosité, l’exploration qui mène à la découverte du monde extérieur et en partie à la découverte de soi.

3. La connexion à soi évitée

Une troisième manière dont les traumatismes complexes précoces affectent la construction de soi, c’est à travers la déconnection de soi.

Dans un environnement sain, les besoins, les émotions, les pensées, la volonté, en bref le monde intérieur de l’enfant est considéré et pris en compte. L’enfant va donc apprendre à en faire tout autant: à tenir compte de ses pensées, ses émotions, sa volonté, ses besoins. Il va se construire son système de valeurs, de croyances et modeler son monde intérieur qu’il va apprendre à identifier et à partager. Il va non seulement apprendre à se connaître et il va aussi pouvoir rêver, réfléchir, planifier, se projeter dans différentes aspirations, dans différents désirs, dans différentes passions.

Dans le cas du trauma complexe précoce, l’enfant étant en mode survie, son monde intérieur est composé d’émotions intensément douloureuses face à une situation pour laquelle il n’a pas de solution. C’est si désagréable pour l’enfant d’explorer ce monde, qu’il n’a qu’une envie : le fuir et le meilleur moyen d’y arriver, c’est de s’en déconnecter. Vous vous déconnectez de vos pensées, de vos émotions, de vos envies, vos rêves. Vous essayez de survivre et de ne plus ressentir.

Il n’y a donc pas de connexion au monde extérieur, ni au monde intérieur de l’enfant. Il n’a pas le temps, la disponibilité pour explorer.

4. Les modèles déviés

Une quatrième manière dont le trauma complexe précoce endommage la construction de l’identité, c’est en affectant nos modes de fonctionnement. Nos stratégies de coping, c’est-à-dire les stratégies utilisées pour faire face aux situations qui se présentent à nous et nos manières de relationner vont être modifiées par l’environnement abusif, négligeant, par les pertes sucessives et autres circonstances douloureuses rencontrées durant l’enfance, à l’origine des traumas.

Dans un environnement considéré comme sain, un environnement aimant, sécurisant, les comportements des parents servent de modèles fonctionnels à l’enfant. Des modèles à partir desquels il va se construire et s’épanouir sur les plans personnel et relationnel. L’enfant apprend des valeurs telles que l’honnêteté, le respect, l’intégrité, la fiabilité, la responsabilité, le travail, la persévérance, etc.

Dans le cas du trauma complexe précoce, les figures parentales sont bien souvent dites dysfonctionnelles. Vous apprenez à mentir pour survivre. Il vous est difficile d’être considéré comme fiable, car en fonction des circonstances vous pouvez être en mode combat ou en mode fuite. La dysrégulation crée des réactions incontrôlées, impulsives, disproportionnées. Vous êtes dans l’évitement ou vous vous fermez. Vos stratégies de coping vous permettent de survivre, certes, mais elles ne sont pas saines.

Vous construisez involontairement une part sombre de vous qui manque de respect, d’honnêteté, de fiabilité. C’est ainsi que vous avez appris à vivre pour survivre. Lorsque vous vous retrouvez dans un environnement sain, vous ne vous sentez pas à votre place, cette part sombre de vous est difficilement supportable. Vous commencez à vous dénigrer à croire que vous n’êtes pas une bonne personne et peut-être à penser qu’il est trop tard pour changer, c’est fichu.

Permettez-moi de vous dire que c’est loin d’être fichu, il est possible de découvrir qui vous êtes, de libérer le vrai vous et de vous débarrasser de cette part sombre de vous. 

Vous vous demandez comment ? Ca tombe bien, c’est ce que je vais vous partager à travers quelques outils pratiques qui vous aideront à découvrir qui vous êtes vraiment.

Tout d’abord, qu’est-ce qui nous définit en tant qu’être humain, qu’est-ce qui fait que nous sommes tels que nous sommes ?

  • Il y a notre personnalité : c’est-à-dire notre manière d’être, la manière dont nous sommes câblés. Cela se voit dans notre manière de parler, d’apprendre, de raisonner, de vivre, d’interagir avec le monde extérieur… Ces éléments composent le câblage original de chacun d’entre nous, ce qui nous différencie les uns des autres et nous rend unique.
  • Ensuite il y a nos dons, nos talents, nos compétences naturelles, innées : en leadership, sport, musique, art, cuisine, organisation, maths, langues, enseignement, sciences… Chacun d’entre nous a des facultés qui lui sont propres et qui font qu’il est un être singulier.
  • Et enfin il y a nos passions : ce qui nous anime, ce que nous voulons faire de notre vie, le but que nous voulons lui donner, le carburant qui alimente le fait que vous êtes en vie…

Trouver ou retrouver votre identité consisterait donc à tenter l’exploration de vos passions, de vos talents et de votre personnalité. Pour que la démarche soit efficace, il est nécessaire d’écouter ce qui parle au plus profond de vous-même, de finalement revenir à l’authenticité dont vous avez été empêché étant enfant. J’aime beaucoup quand le Dr Gabor Maté dit : « ce qui nous permet de nous sentir mal quand nous ne sommes pas authentique, c’est que notre vraie authenticité nous le rappelle. C’est parce que notre authenticité est là au fond de nous, que nous savons quand nous ne le sommes pas ». En d’autres mots, la capacité à être vous n’a pas disparue, elle est coincée quelque part sous ces traumas et ne demande qu’à être libérée.

Que dites-vous d’explorez vos talents, vos compétences naturelles : que faites-vous sans effort ? Que faites-vous avec aisance que vous avez l’impression que c’est facile. Et pourtant il y a autour de vous des personnes qui vont vous dire : « mais je serais incapable de faire ça ou il me faudrait des semaines, voire des mois pour y arriver.  Il ne s’agit pas de vous sentir meilleur que les autres, mais de réaliser à quel point nous sommes équipés différemment et donc nous sommes complémentaires. Ce que vous arrivez à faire avec aisance peut aider une personne pour qui ce n’est pas le cas et elle peut vous aider dans un domaine moins naturel pour vous.

Une fois de plus, selon le Dr Gabor Maté, l’authenticité est un remède efficace pour soigner les conséquences des traumas précoces. Je vous ai partagé 2 vidéos traduites de ses interventions sur le sujet dans « Ma box à ressources ». Le lien se trouve dans la description de l’épisode.

En ce qui concerne les manière de retrouver votre identité, il est toujours temps de vous offrir l’environnement sécurisant qui vous permettra l’authenticité, l’exploration de votre monde intérieur et qui vous soutiendra dans l’exploration du monde extérieur. Il est encore temps de travailler sur des stratégies de coping saines, qui correspondent à qui vous êtes vraiment, à vos valeurs profondes. Et je ne peux que vous encourager à être accompagné sur cette partie parce qu’il peut être plus délicat de vous rendre compte de vos stratégies de coping dysfonctionnelles.

Nous approchons de la fin de cet épisode. On garde les bonnes habitudes, à savoir un p’tit bonus avant s’arrêter.

En bonus, un outil supplémentaire

Je vous ai partagé 3 caractéristiques de l’identité à partir de ce que dit la psychologie. Dans la mesure où j’adopte une approche intégrative et holistique, j’aimerais vous offrir un outil supplémentaire pour la restauration, la libération de votre identité. Il y a une dimension intéressante dans la restauration de l’identité qui est la spiritualité. En tant que croyants, la relation à Dieu amène une dynamique relationnelle favorable à la libération de votre identité, trouver des réponses à vos origines, ce qui vous anime, le but que vous voulez donner à votre vie. Ce serait trop long à expliquer dans cet épisode, c’est pourquoi je vous ai aussi glissé 2 vidéos sur le sujet de l’identité en rapport avec la spiritualité, dans « Ma box à ressources ». Les liens sont aussi en description de l’épisode.

Si je peux me permettre une petite parenthèse, j’ai suivi différentes formations dans des domaines autres que la psychologie, notamment l’immobilier, les finances, la nutrition. Ce qui m’a marqué, c’est que, quelle que soit la thématique, l’accent était mis dès le départ sur l’importance d’avoir un pourquoi, d’avoir un but, d’avoir des objectifs, à court, moyen, long termes. Et ce que j’ai réalisé ensuite, c’est que chacune de mes réponses à ce « pourquoi » étaient certes propres à ma personnalités, à mes compétences, à mes passions et elles étaient surtout très étroitement liées à ma foi. C’est en elle que je puise la vie, la force, l’espoir, le sens que ça a de me lever chaque matin avec reconnaissance et de faire en sorte d’atteindre mes objectifs. On n’y pense pas toujours mais la spiritualité peut avoir une part bien plus importante qu’on ne le pense dans le parcours de guérisons des traumas.

Si vous êtes intéressés par des outils complémentaires pour restaurer votre identité, la libérer. Je vous propose de vous inscrire via le lien en description de l’épisode. Je vous informerai de la disponibilité des parcours de guérisons au fur et à mesure de leur mise en ligne. 

Voilà, ce 85e épisode de Relationnellement Vôtre est terminé.

Sentez-vous libre de commenter l’épisode directement sur la chaîne YouTube. Vous pouvez aussi poser vos questions ou partager vos témoignages par mail à l’adresse relationnellementvotre@gmail.com. C’est toujours un plaisir pour moi de vous lire.

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De votre côté si vous souhaitez contribuer à faire connaître le podcast en partageant les épisodes autour de vous, sentez-vous libre et je vous en remercie du fond du coeur. 

La saison d’épisodes sur le traumatisme complexe se poursuit au même rythme que précédemment, à savoir un épisode tous les 15 jours. Nous nous retrouvons donc dans 2 semaines pour un nouvel épisode.

D’ici là, bonne continuation sur le chemin de vos guérisons.

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