Questions de Connexions #7 : Comment garder une relation avec Dieu et ne pas sombrer après avoir été blessé.e par des membres de sa famille ?

K : Bienvenue pour ce 7e épisode de la rubrique « Questions de connexions », une rubrique où médecine, psychologie et spiritualité s’articulent afin de contribuer à votre santé tant personnelle que relationnelle.

Ce mois-ci, la thématique de l’épisode n’est autre qu’une question envoyée par l’un d’entre vous, chers auditeurs. D’ailleurs, merci à vous de contribuer à amener cette dynamique dans le podcast. C’est vraiment précieux.

Dans la mesure où cette question concerne la relation avec Dieu, je suis donc uniquement en compagnie de Willem, qui est leader spirituel. Bonjour Willem !

W : Bonjour Kelly

K : Merci pour ta précieuse contribution sur la question suivante :Comment garder une relation avec Dieu et ne pas sombrer après avoir été blessé.e par des membres de sa famille ?

1. Tout d’abord Willem, afin de clarifier ce dont il est question quand on parle d’une relation avec Dieu, peux-tu nous dire ce dont il s’agit ?

W : La clarification peut tourner autour du terme « relation ». On comprend tous ce que veut dire une bonne relation entre deux êtres humains. On l’a déjà souligné dans un podcast précédent, mais il est bon de le rappeler : si je souhaite entretenir une relation amoureuse avec quelqu’un, il va de soi qu’il y a une certaine démarche à effectuer, qui elle-même contient un certain nombre d’actions. Toutes les actions que vous pourriez mettre dans cette démarche implique, entre autres, la présence des deux personnes, l’implication des deux personnes, la satisfaction des deux personnes, et la recherche conjointe d’un but à atteindre.

Donc si je comprends bien inutile de se compliquer la vie, la relation avec Dieu se construit sur le même principe qu’une autre relation ?

W : Oui, avec Dieu, c’est exactement la même chose. 

K : OK

W : Quand on parle d’avoir une relation avec Dieu, il faut qu’il y ait une démarche personnelle et volontaire; et non le simple respect de règles et de commandements dont on ne comprend pas les réels fondements. Il faut une implication qui aboutit à une réelle satisfaction. On ne peut pas faire constamment des efforts sans que cela ne soit satisfaisant.

K : c’est vrai

W : On s’est peut-être trompé de chemin, on s’est peut-être investi avec la mauvaise motivation, peu importe, mais il faudrait certainement revoir la stratégie et les buts quand il n’y a pas de satisfaction. Les buts justement sont importants à définir : qu’est-ce que je veux dans ma relation avec Dieu ? Est-ce que mes attentes sont réalistes ? Dans quelle mesure Dieu est-il impliqué dans ma relation avec lui, dans mes attentes, et que puis-je recevoir de lui ? Quel est mon apport dans cette relation, qu’est-ce que Dieu attend de moi ? Où puis-je avoir les informations nécessaires et comment les concrétiser dans ma vie de tous les jours ?

K : Ces questions viennent vraiment ramener une dynamique relationnelle où il est question des 2 membres de la relation : Dieu et soi.

2. Si on veut aller plus loin dans la réflexion autour de la question posée, qu’est-il nécessaire de cultiver, de nourrir dans la relation avec Dieu pour garder sens et goût à la vie quand on se sent seul, blessé, abandonné par les siens ?

W : Il me semble qu’il est plus que nécessaire de cultiver et de nourrir l’exact inverse de ce que l’on ressent dans une telle situation. On peut citer quelques exemples qui surviennent tout à fait normalement tel que :

Le sentiment de rejet. Puisque je me sens rejeter alors inversement, je dois nourrir un sentiment d’appartenance : me remémorer qui je suis réellement ? Et Dieu peut justement me dire qui il dit que je suis … 

En vivant le sentiment de rejet, la tentation première est de s’isoler ! Il est impératif de refuser l’isolement ! Je vais donc cultiver l’inverse, comme par exemple me rapprocher d’une personne que je sais qui sera bienveillante avec moi, compréhensive et avec qui on continuera d’entretenir une bonne relation. Attention toutefois à ne pas faire de cette personne, de nos amis d’une manière générale, notre psy… psychologue, psychiatre, psychanalyste et que sais-je qui existe comme psy. (rires)

On peut écraser nos proches avec nos problèmes alors qu’ils ne sont pas capables de les supporter ! Je conseille donc de rompre l’isolement avec un proche bienveillant et ainsi avoir de saines activités, mais de se faire accompagner par un professionnel pour aider à régler les problèmes … à chacun son rôle.

K : Merci pour ce rappel Willem, c’est vraiment important. Aurais-tu d’autres exemples de ce qu’il vaut mieux ne pas cultiver ?

W : Oui, il y en a d’autres. On peut aussi citer le désir de vengeance contre ceux qui nous ont blessé. Si ce n’est pas de la vengeance, quelque fois les gens n’osent pas dire qu’ils ont un sentiment de vengeance. Cela peut être le désir de les voir échouer sans nous, ou encore le désir que ces personnes perdent quelque chose puisqu’ils.elles nous ont fait du mal. 

Je vais donc cultiver l’inverse de tous ces désirs, en aimant mes proches. À ce stade, l’amour ne doit donc pas être considéré comme une simple émotion, un simple sentiment, mais un véritable positionnement : je décide d’aimer mes proches. Or ce positionnement ne veut pas dire qu’il me faut faire un rapprochement physique ou même émotionnelle immédiat et entreprendre une quelconque démarche vers eux. La première démarche de l’amour se trouve dans notre cœur et non dans nos actes. Quand notre cœur se mettra à aimer, alors nos actes suivront tout naturellement … C’est une question de positionnement. 

K : Ok et du coup comment on fait ça ?

W : C’est justement la réponse à ta question Kelly, que je vais me permettre de reformuler 

K : je t’en prie

W : ça serait ceci « Comment peut-on cultiver et nourrir l’amour dans la relation avec Dieu pour garder sens et goût à la vie même quand on se sent seul, blessé, abandonné par les siens? » 

Je réponds en disant que comme Dieu EST Amour et j’insiste sur le verbe ÊTRE. Comme Dieu EST amour, il l’est par nature, par essence, il est un être d’amour, je vais faire l’inverse de ce que je ressens en allant chercher à goûter de cet amour divin, en puisant dans la source de cet amour, en me laissant inonder par cet amour, etc. En bref, je cherche une source d’amour fiable qui m’inspire face aux défis de mon sentiment intérieur néfaste …

K : L’amour vrai est un remède capable de soigner bien des maux, effectivement.

W : Oh que oui

K : merci Willem.

3. Et selon toi en quoi avoir une relation avec Dieu peut aider à soigner des blessures vécues au sein de la famille ?

W : Par exemple, la culpabilité en lien avec une blessure faite par un membre de la famille peut nous affecter tout particulièrement puisque l’on aime cette personne. On peut se sentir coupable d’avoir mal fait quelque chose, d’avoir mal dit quelque chose, d’avoir rater quelque chose, même quand ce n’est pas le cas … Dans cette situation, il est bon d’aller devant Dieu afin de traiter cette culpabilité, qui très rapidement devient un poids, un fardeau, que personne ne peut porter sans rien faire.

K : Complètement, en plus cette culpabilité empêcherait tout possibilité de guérison. D’ailleurs tu allais nous partager quelques conseils :

W : Oui, on peut donc conseiller à de telles personnes d’aller vers Dieu comme un Père. Un Père qui sera comme le substitut d’un membre de la famille qui nous a blessé. Un Père aimant, compatissant, plein de bonté, plein de compassion, totalement fidèle, qui nous accepte tel que nous sommes et qui nous prend par la main pour nous amener plus loin. Sur ce dernier point, il faut souligner que Dieu voudra toujours nous amener plus loin, ce qui implique un désir de changement de notre part. Dieu fait sa part, mais nous aurons toujours notre part à faire …

On peut aussi aller vers Dieu et la communauté d’une église comme un substitut d’une famille, même si la communauté d’église est imparfaite, tout comme nous le sommes nous-mêmes… 

K : C’est vrai

W : À ce propos, il faut plutôt souligner que la communauté de l’église ce sont des personnes qui partagent la même foi que moi, les mêmes croyances, un vécu similaire dans la spiritualité, des personnes avec qui on peut partager des combats spirituels et personnels communs… et tout ceci ne peut pas aller sans des difficultés évidemment, puisque nous sommes tous imparfaits. 

Être dans une communauté d’église ne veut pas dire par exemple que je dois être en affinité avec tout le monde. 

K : c’est très juste

W : Je peux par contre choisir quel type de relation que je vais entretenir avec telle ou telle personne et surtout, bénéficier du soutien et des ressources de toute une communauté aussi imparfaite soit-elle. Cela peut prendre du temps pour que je trouve mes marques, mes repères, mais je pense, et c’est ma conviction profonde, que cela en vaut la peine. Je crois qu’il nous faut retrouver le sens de l’entraide dans la communauté, le sens de l’échange, du partage, de la saine transparence, de la redevabilité, et bien d’autres choses dans une communauté qui permettent aux individus de se construire et de s’épanouir.

K : Et si les blessures sont telles qu’on se sent déprimé, aurais-tu des conseils simples, applicables même à bout de force, pour réussir à s’accrocher à Dieu ?

W : La question mérite effectivement qu’on s’y attarde un petit peu. 

La première chose que je dois me souligner à moi-même dans une telle situation c’est que Dieu ne change pas : il reste le même dans son amour et dans sa manière de me voir, de me considérer, y compris quand je me sens si différent. C’est pour cela que s’accrocher à Dieu est l’équivalent d’être planté, enraciné dans une place forte, une forteresse, car il ne bouge pas malgré les tempêtes.

En parlant de tempête, quand on la traverse avec Dieu, il faut garder l’espoir intact. Bien sûr, garder la conviction que Dieu est avec nous. Pas qu’il est absent ou tellement loin. Mais aussi se rappeler ce que l’auteur Jacques Poujol disait avec juste raison : « tous les tunnels ont une fin » ! 

Ce qui revient à dire qu’aujourd’hui, on est plus proche de la lumière au bout du tunnel par rapport à hier. Dans ce sens, je conseille de noter le plus précisément que possible tous les progrès que l’on fait chaque jour, ce qui contribuera à nourrir notre espoir, à remonter notre moral, et à nous redonner goût à la vie.

Par exemple, on peut tenir un cahier journalier dans lequel on inscrira uniquement les bons points que l’on se donne tels que : j’ai réussi à sortir de mon lit lorsque le réveil a sonné, avant le 2e rappel de la sonnerie. 

Alors je ne sais pas comment tu le vis Kelly, mais il m’arrive de laisser le rappel de la sonnerie (rires)

K : (rires) ça peut arriver parfois

W : ah oui, c’est un peu le bien commun de tout le monde.

K : (rires) le lit a tendance à être très attachant

W : tout à fait, surtout quand par chez vous c’est l’hiver et qu’il fait froid.

Mais dans ces situations là, on n’est pas obligé de bondir du lit à la première sonnerie, ni même au premier rappel, mais je me donne l’objectif de sortir du lit avant le 2e rappel. Et au fur et à mesure que les forces s’accumulent, je repousse mes limites : je sors de mon lit avant le premier rappel, puis une fois que je me sens assez fort, je sors de mon lit dès la première sonnerie. Cela peut prendre plusieurs semaines, voir des mois, mais ce qui me permettra de progresser, justement de souligner mes efforts, mes petites victoires, et mon envie de remonter la pente. 

K : Et oui !

W : Se donner des objectifs atteignables et les atteindre provoque un véritable effet dopant pour notre moral. 

K : C’est scientifiquement prouvé

W : Même chose pour le linge à laver qui s’accumule dans le panier, ou se faire un bon repas, sortir faire une marche dans la forêt, rencontrer des amis autour d’une glace ou d’un cocktail, etc. Tout ce qui peut contribuer à me donner un peu plus de force, à remonter mon moral, je mets en place une petite stratégie de récompense et je me réjouis de mes petits progrès.

K : Super

W : Je finirai par une touche de spiritualité. Bien souvent, lorsque l’on est dans le trouble de la tempête, on a du mal à se connecter à Dieu dans la prière. Je conseille dans ce cas d’être avant tout intentionnel.

Cela veut dire qu’il ne faut pas chercher en priorité les « sensations » que l’on a pu ressentir auparavant quand on était dans une pleine forme, dans une bonne santé générale et spirituelle. 

L’intentionnalité c’est par exemple donner rendez-vous à Dieu pour un instant de prière peu importe pendant combien de temps, à une heure précise de la journée, de la soirée, ou même de la nuit. Après avoir choisi mon heure de rendez-vous avec Dieu, je fais tout pour respecter ma « venue ». Si je suis à l’heure, alors je le souligne comme un bon point. Si j’ai choisi de rester en prière 10 ou 15 minutes ou plus, alors je m’astreins à respecter ce temps consacré à la prière avec Dieu. Juste ces deux petites choses que sont respecter l’heure de rendez-vous et respecter le temps prévu, ce sont des victoires qui ont la capacité d’améliorer ma relation avec Dieu et la qualité de ma connexion.

Il est plus que certain qu’après quelques séances victorieuses, votre esprit aura de plus en plus de facilité à se connecter à l’Esprit de Dieu, vous pourrez davantage prier intentionnellement, avec des mots, des phrases, et pas seulement avec des pleurs et des plaintes. Et cerise sur le gâteau, vous aurez de plus en plus la capacité à entendre Dieu vous parler. Quelle joie d’entendre la résonnance de la voix de Dieu dans notre esprit ! C’est une expérience indescriptible, mais à la portée de toutes celles et ceux qui s’en donne la peine …

K : Merci beaucoup Willem pour la clarté et l’accessibilité de tes réponses. Vraiment merci beaucoup.

Le temps passe vite, nous sommes arrivés à la fin de cet épisode. Si vous souhaitez pouvoir échanger en individuel, vous pouvez en faire la demande par mail à relationnellementvotre@gmail.com.

Pour celles et ceux qui suivent le podcast, on se dit à la semaine prochaine pour un nouvel épisode, sinon rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle question de connexions.

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