E90 – Traumas complexes et sabotages amoureux : vous avez dit intimité… A l’aide !!!

Hello bienvenue sur ce 90e épisode de Relationnellement Vôtre.   

Moi, c’est Kelly, je suis psychologue. Dans ce podcast vous trouverez tout un tas de clés, d’outils pour améliorer votre vie et votre santé tant personnelle que relationnelle.

Dans l’épisode précédent, j’ai commencé à vous parler des manières dont les traumas complexes peuvent conduire à des sabotages amoureux, des modes de fonctionnement qui peuvent, malgré vous, prolonger votre saison de célibat, ou mettre à mal la relation de couple que vous tentez de construire.

Je vous ai donc parlé d’un premier auto-sabotage qui est le fait d’être attiré par des personnes émotionnellement indisponibles. Sachant que les traumas complexes amènent bien souvent à être soi-même émotionnellement indisponible, à moins de prendre le temps de travailler sur soi.

Et donc dans l’épisode d’aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un autre auto-sabotage amoureux. C’est lorsque la relation de couple, l’intimité et tout ce qu’elle implique représentent des déclencheurs émotionnels.

Qui dit relation de couple dit donner de l’amour, en recevoir, partager de la confiance, de l’intimité, des projets, construire une sécurité émotionnelle, affective, physique, et bien d’autres éléments vécus de manière intense pour tout être humain. La relation de couple est une relation intense, c’est une certitude ! Alors je vous laisse imaginer combien cette intensité est décuplée chez une personne ayant des traumas complexes.

Comment peut-on expliquer ce sabotage amoureux ? Et surtout que faire face à une telle vague de déclencheurs si vous voulez éviter de saboter la relation ? C’est justement ce que je vais développer sans plus tarder.

Comment peut-on expliquer que la relation de couple représentent des déclencheurs émotionnels qui mènent au sabotage de la relation ?

Quand nous regardons la manière dont le trauma complexe s’installe, nous remarquerons le schéma suivant : un événement déclenche une émotion intense, qui n’a pas la possibilité d’être libérée, évacuée, verbalisée. Cette émotion déclenche une pulsion, qui va déclencher un comportement. Et la répétition de ce schéma va créer un modèle relation, un mode de fonctionnement relationnel. Nous pouvons regrouper les pulsions et les comportements et les modes de fonctionnement relationnels en 4 catégories. Un fois le déclencheur activé, vous aurez réactions assez fréquentes :

  • vous cacher
  • ou vous enfuir
  • vous accrocher
  • ou vouloir contrôler

Je vous propose de les détailler en commençant par la réaction de

  1. vous cacher :

Que nous le voulions ou pas, la relation de couple amène à être vu, à être mis en avant pour de bonnes ou de moins bonnes raisons. Dans le cas du trauma complexe, nous avons pu voir que la honte est une émotion très présente. Le fait de se sentir vu, va donc être un déclencheur du malaise, de la gêne sous-jacente à ce sentiment de honte. Le ressenti est si intense que des stratégies plus ou moins inconscientes sont développées. C’est alors que vous allez vous cacher. Il y a différentes manières de vous cacher. Ca peut être de vous cacher derrière un faux-moi, un personnage qui correspond à celui, à celle que vous pensez devoir être pour être aimé.e, accepté.e.

Vous cachez non seulement qui vous êtes vraiment et donc vous cachez ce que vous pensez, ressentez, voulez, etc. Vous allez donc prétendre que tout va bien, que vous vous sentez bien, même lorsque ce n’est pas le cas. Vous pouvez cacher vos sentiments de peur qu’ils ne soient pas réciproque. Et vous allez donc rester dans une relation à sens unique. Ou si vous êtes déjà en couple, vous cacher peut prendre la forme de ne pas oser dire que vous n’avez pas envie de faire un câlin et donc vous allez vous forcer à avoir cette intimité sexuelle, parce que vous avez honte de dire non ou peur des conséquences de ce refus…  La réaction de vous cacher est donc déclenchée par la peur du rejet, de l’abandon, la peur de la réaction de l’autre. Vous allez cacher votre vrai identité, vos ressentis, votre consentement ou votre non-consentement. 

Cette réaction de vous cacher peut aussi être déclenchée par la honte de ne pas faire ce qu’il faut, la honte de ne pas être assez ou pas adapté.e.. Le trauma complexe amène souvent à vous sentir pas assez, à vous demander ce qui ne va pas chez vous, parce que vous avez cette impression de ne pas être normal, pas comme les autres. Vous êtes conscient.e de vos réactions intenses, disproportionnées et vous vous sentez à deux doigts de tout détruire, de tout envoyer balader parfois. Tout cela crée de la confusion et à juste titre, car quand on a vécu des mauvais traitements durant l’enfance, il est difficile d’avoir des modèles, des références clairs et sains. La peur de l’abandon vous fait douter de vous-même, elle endommage votre perception de vous, de l’autre, de la relation, vous remettez tout en question, tout est flou et pour vous protéger, vous allez vous cacher., 

Tout cela renvoie une énergie pas très attirante. Et si voulez vraiment être aimé, il est indispensable d’oser vous montrer, d’être vous et non une fausse version de vous-même, car la vraie version finie toujours par apparaître et bien plus vite que vous ne le voulez.

Dans le sabotage amoureux, il y a le fait de vous cacher en n’osant pas monter qui vous êtes vraiment en vous créant une autre version de vous. Mais il est aussi le fait de de vous cacher en vous rabaissant, en vous dévalorisant, ou alors en exagérant, en amplifiant vos défauts, vos mauvais côtés, vous faisant passer pour un monstre que vous n’êtes pas. Votre image de vous-même est négative, vous êtes convaincu.e que personne ne peut vous aimer. Vous allez faire en sorte de vous le prouver. Sauf que ce n’est pas vraiment vous et c’est la vraie version de vous qui demande à être aimée. Dans les 2 cas, on est d’accord que ce sont des mécanismes de protection de soi. Ce sont des manières de vous protéger d’une même peur de l’abandon. D’un côté il y a la volonté de tout faire pour être aimé en essayant de corresponde à ce qui pourrait plaire à l’autre et d’un autre côté, il y a  la parade de ne pas se laisser aimer comme ça aucun risque de souffrir d’être abandonné.

  1. Ensuite il y a la réaction de vous enfuir :

Quand nous nous sentons envahi.e, submergé.e par une émotion intense, nous avons la sensation que c’est trop, que tout est trop. Nous avons la sensation que la relation va trop vite, que ça va trop loin entre vous et vous avez besoin que cela s’arrête. Que cela s’arrête temporairement ou définitivement. Vous pouvez décider de mettre fin à la relation.

Vous enfuir peut aussi prendre la forme de maintenir la relation à quelque chose d’uniquement physique, de rapidement passer à des rapports sexuels, mais la relation ne se construit pas vraiment. Il n’y a pas de réelle intimité.

Vous enfuir peut être de provoquer des disputes, de vous emporter et de partir, de quitter la pièce ou la maison.  Pas forcément pour mettre fin à la relation, mais pour mettre de la distance. Cela peut vous amener à vous enfermer dans le silence en ne répondant plus aux messages durant une journée ou plus. Mettre un silence radio de quelques temps et puis revenir une fois que vous êtes calmé.e

Vous enfuir peut aussi être de consommer de l’alcool ou des substances qui font que vous n’êtes plus totalement vous, vous n’êtes plus présent pour partager la relation avec votre vis-à-vis.

L’objectif de cette fuite est d’être soulagé de ce trop plein, initialement ressenti. Mais vous et moi savons que les réactions de fuite citées sont souvent suivies de regrets, de culpabilité, une fois que l’intensité des émotions redescend. C’est alors que vous allez présenter des excuses en expliquant que vous ne pensiez pas un mot de ce que vous avez dit, que vous regrettez amèrement votre réaction, ou que vous ne comprenez pas votre propre réaction. Ou peut-être que par fierté, vous maintiendrez la distance et vous la laisserez s’installer au point de disparaître, de « ghoster » la personne fréquentée.

  1. A l’opposé de la fuite une autre réaction consiste à vous accrocher.

C’est une réaction qui découle des trauma complexes liés à des négligences, des abandons durant l’enfance. Une fois adulte, la peur d’être abandonné provoque une réaction du système nerveux qui consiste à s’accrocher à tout prix. Le hic, c’est que ce comportement mène à ce que vous redoutez le plus, à savoir l’abandon. Car bien souvent, le vis-à-vis se sentant étouffé va vouloir mettre de la distance. Plus il y a de distance, plus vous allez vouloir vous accrocher. Au final, le risque c’est que la personne mette fin à la relation. De plus, dans la mesure où très fréquemment dans le cas de traumas complexes, les personnes fréquentées sont des personnes émotionnellement indisponibles, il arrive de se retrouver dans des relations à sens unique, des relations où vous vous accrochez à une personne qui ne tient pas à vous, qui n’est pas amoureuse de vous, qui ne ressent pas plus que de l’amitité pour vous.

Il arrive parfois un mécanisme déstabilisant, qui se trouve à l’entre-deux : c’est de vous accrocher à une personne qui ne s’intéresse pas à vous dans un premier temps mais qui finit par s’intéresser à vous et à ce moment-là, vous vous mettez à la fuir. Ce qui se passe c’est que dans les 2 cas, vos comportements sont des réactions à vos émotions intenses: la peur d’être abandonné.e ou la sensation d’être submergé.e par l’intimité de la relation.

Au final vous vous sentez coincé.e. C’est parce qu’il s’agit du cercle vicieux de relations qui ne vous correspondent pas. Et cela vous empêche d’être disponible pour construire une relation qui vous correspond. Nous n’allons pas tarder à vous comment moduler ces émotions intenses afin de cesser le sabotage, mais avant, il y a un 4e mécanisme lié aux déclencheurs émotionnelles chez une personnes ayant des traumas complexes quand il s’agit d’une relation de couple, ce 4e mécanisme, c’est de vouloir contrôler.

  1. Vous voulez contrôlez

Quand on est en pleine dysrégulation, on se sent en perte de contrôle, dont il est tout-à-fait logique de vouloir reprendre le contrôle et le garder. Le hic, c’est que le contrôle amène aussi à éloigner un partenaire de vie potentiel, car il mène à des relations abusives, en voulant contrôler votre vis-à-vis. Vous savez ce sont ces relatons où vous avez profondément besoin d’être rassuré.e parce que toutes ces insécurités vous envahissent et vous allez exiger de l’autre qu’il vous rassure en lui imposant certains comportements, en exigeant de lui qu’il fonctionne de telle et telle manière. Mais ce n’est pas une relation saine.

Au cœur de ces 4 réactions : vous cacher, vous enfuir, vous accrocher ou contrôler, il y a un inconfort : vous cacher afin de changer qui vous êtes dans le but d’être aimé. Vous enfuir parce que c’est compliqué de gérer la manière dont les autres sont avec vous. Vous accrocher à quelqu’un à n’importe quel prix pour vous sentir bien, même si ce que vous ressentez n’est pas réciproque. Et contrôler en pensant que si l’autre change, vous vous sentirez mieux. Aucune de ces réactions ne mène à une relation saine dans laquelle vous vous sentirez aimé.e et heureux.se

Alors que faire ?

Comment moduler les déclencheurs afin de vivre pleinement la relation de couple ?

Vous vous souvenez en début d’épisode, je vous partageais le schéma qui se met en place lorsqu’un trauma complexe s’installe : un événement une relation déclenche une émotion intense, qui déclenche une pulsion, qui va déclencher un comportement. Et ca va se répéter un ainsi jusqu’à créer des modes de fonctionnement personnels et relationnels. Moduler les déclencheurs successifs, c’est faire en sorte d’interrompre l’enchainement. Le meilleur moyen d’interrompre l’enchainement c’est d’agir au niveau des émotions. Il est indispensable d’apprendre à réguler nos émotions. Il existe différentes techniques. Plusieurs se trouvent dans « ma box à ressources », je vous mettrai le lien en description de l’épisode.

Ensuite il est nécessaire d’identifier précisément vos déclencheurs liés à la relation de couple. C’est ainsi que vous pourrez trouver des stratégies saines, des réponses qui permettent à la relation d’exister et de fonctionner. Parce qu’on ne perd pas l’objectf de vue qui est quand même de pouvoir construire et entretenir des relations saines. Quand vous arrivez à identifier vos déclencheurs, vous pouvez mieux comprendre ce qui se passe en vous et vous pouvez le partager à votre vis-à-vis. Si ce vis-à-vis est émotionnellement disponible et intelligent, il sera un soutien pour vous pour traverser ces tempêtes émotionnelles et faire preuve de compréhension. Sans pour autant vous encourager à rester dans ce mode de réaction, mais vous soutenir dans l’évolution que vous souhaitez apporter. 

J’en profite pour placer là un petit quelque chose… J’entends souvent en consultation des personnes me dire, on me reproche d’être trop sensible, trop émotionnelle… Si vous ressentez intensément les émotions, c’est parce que votre système nerveux réagit ainsi. Vous ne pouvez pas le contrôler. La seule chose que vous contrôler, c’est ce que vous allez faire des émotions une fois qu’elles sont là, à savoir les réguler. Mais vous ne pouvez pas vous empêcher de les ressentir. Donc surtout ne laissez pas la culpabilité camper chez vous alors que vous ne faites rien de mal. Bien souvent une personne qui vous reproche votre sensibilité, c’est parce qu’elle est mal à l’aise avec le fait de montrer, d’exprimer ses émotions. Elle ne sait pas quoi faire des siennes, donc compliqué pour elle de savoir quoi faire quand vous exprimez les vôtres.

Quand l’émotion se fait ressentir, que dites-vous de faire une pause et de consciemment choisir comment vous voulez agir, au lieu de vous cacher, vous enfuir, vous accrocher ou de vouloir contrôler. Quelles autres options s’offrent à vous ? Communiquer, soigner petit à petit vos blessures, surmonter la peur ? Vous avez probablement un gap de 2 secondes entre la pulsion et l’action, c’est suffisant pour vous dire je choisis de faire une pause et non vous auto-saboter. C’est un petit choix qui peut faire une grande différence.

Nous approchons de la fin de cet épisode et en bonus, j’aimerais vous proposer un exercice :

En bonus, juste un exercice

Quand vous sentez que les émotions vous submergent. Si vous choisissez l’option de faire une pause, l’exercice consiste à ne rien dire que vous risquerez de regretter et donc, de ne rien dire de plus que ça à la personne en présence: « j’ai besoin d’une pause, je reviens ». Durant ce temps de pose, vous pouvez écrire tout ce qui vous passe par la tête sur une feuille ou votre téléphone. Ensuite vous détruisez la feuille ou vous effacez la note. Le but c’est de vous aider à évacuer. Si vous avez envie de pleurer, je vous en prie, ça fait du bien et c’est un très bon moyen de réguler les émotions. Vous lâchez tout ce qui a besoin de l’être. En posant les choses par écrit, ça vous aide à vraiment prendre conscience de ce que vous exprimez. Ensuite, je vous propose de prendre un verre d’eau et vous  demander ce que vous voulez partager à votre vis-à-vis qui est constructif pour votre relation. Est-ce un besoin, une explication sur votre manière de fonctionner, des excuses à présenter ?

Une discussion calme, posée vous rendra plus heureux et satisfait que le bref soulagement d’avoir explosé rapidement suivi d’un grand sentiment de culpabilité, n’est-ce pas ?

Voilà, ce 90e épisode de Relationnellement Vôtre est terminé.

Vous pouvez partager vos commentaires, vos suggestions directement sur la chaîne YouTube. En pensant à vous abonner si ce n’est pas déjà le cas.

Si vous avez des questions ou un témoignage à partager vous pouvez le faire par mail à l’adresse relationnellementvotre@gmail.com.

Les fêtes de fin d’années approchent à grands pas et je vous annonce donc un nouveau temps de pause pour le podcast. La diffusion des épisodes reprendra début février, avec d’autres formes de sabotages amoureux.

Je vous souhaite de passer de bonnes fêtes de fin d’année, dans la mesure du possible et surtout une bonne continuation à vous sur le chemin de vos guérisons.

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