E79 – La procrastination : que cache-t-elle vraiment ?

Hello bienvenue sur ce 79e épisode de Relationnellement Vôtre.

La saison d’épisodes sur le trauma complexe se poursuit avec une thématique qu’on pourrait classé dans les représentations erronées, à savoir, la procrastination. Je parle de représentations erronées car vous avez sûrement longtemps cru ou entendu dire que la procrastination, c’est tout simplement le propre des paresseux. Flemme, j’ai pas envie de le faire, je le ferai plus tard. Pourtant, il nous arrive à tous de procrastiner dans des situations très variées. Nous attendons parfois la dernière minute pour faire quelque chose ou nous évitons complètement certaines tâches. Et cela ne veut pas dire pour autant que nous sommes paresseux.ses. Le hic, c’est que cette habitude peut nuire à notre productivité et à notre état d’esprit général. Mais sommes-nous paresseux.ses pour autant? Et si ce mode de fonctionnement n’avait rien à voir avec la paresse ?
C’est ce que je vous propose de développer dans cet épisode, en commençant par voir ce qu’est la procrastination.

Qu’est-ce que la procrastination ?

La procrastination est un comportement humain courant qui est souvent confondu avec la paresse. Dans le langage de tous les jours, il s’agit de personnes qui vont utiliser des termes comme « remettre à plus tard », « repousser », « retarder », « reporter » et « attendre à la dernière minute ». La procrastination consiste à choisir de retarder ou de ne pas compléter une tâche, un objectif pour lequel nous avions un engagement et de faire quelque chose de moindre importance à sa place malgré les conséquences négatives qui découleront du fait de ne pas terminer la tâche ou atteindre l’objectif initial et donc de ne pas tenir l’engagement.

La procrastination peut toucher des tâches ou des objectifs variés, comme le travail, le ménage, les études, la santé, les finances, la vie sociale, la famille, les relations interpersonnelles, le perfectionnement ou la prise de décision. Dans les faits, n’importe quelle tâche qui doit être accomplie, tout problème qui doit être résolu et tout objectif désiré peuvent être source de procrastination. Pour plusieurs personnes, il y aura certains domaines de leur vie où elles n’auront aucune difficulté à tenir leurs engagements, à terminer leurs tâches et d’autres où la procrastination sera limite systématique.
La procrastination devient problématique en fonction du degré d’importancce des conséquences, à travers le non respect des engagements pris. 

Pour quelles raisons remettons-nous à plus tard ? Pourquoi procrastiner ??

Sous ses apparences de paresse, la procrastination est bien plus complexe que cela. Elle peut être liée à des émotions, à des habitudes et même à des doutes. En fait, il y a différents déclencheurs à la procrastination :

  • La peur de l’échec : De nombreuses personnes procrastinent parce qu’elles craignent d’échouer dans une tâche. En la remettant à plus tard, elles évitent d’être confrontées à une déception potentielle, à des pensées négatives ou à des critiques.
  • Le perfectionnisme : Les personnes qui recherchent la perfection peuvent retarder le début d’une tâche parce qu’elles pensent ne pas pouvoir répondre à leurs exigences élevées. Elles attendent le moment « parfait », qui souvent n’arrive jamais.
  • L’accablement : Lorsque les tâches semblent trop vastes ou trop complexes, elles peuvent donner lieu à un sentiment d’accablement. La procrastination devient alors un moyen d’y faire face en évitant complètement le stress de la tâche. Par exemple, une personne dont la charge mentale est pesante, envahissante, aura tendance à procrastiner. La sensation d’être submergé.e de tâches à accomplir pousse à en remettre quelques-unes à plus tard pour garder la tête hors de l’eau et se laisser respirer.
  • Le manque de motivation : En l’absence d’une motivation ou d’un objectif clair, il peut être difficile de trouver la motivation nécessaire pour commencer ou terminer une tâche.
  • La recherche de gratification immédiate : Parfois, les gens choisissent des activités qui leur procurent un plaisir immédiat plutôt que des tâches qui leur procurent des avantages à long terme, ce qui conduit à la procrastination.

En clair, si vous regardez le point commun à ces déclencheurs, la procrastination est une stratégie d’évitement des ressentis désagréables, inconfortables tels que le stress, la frustration, l’ennui, l’anxiété, la peur, la honte, l’épuisement, le débordement, etc.

Les traumatismes complexes contribuent-ils à la procrastination ?

Le traumatisme complexe est défini comme la réponse à un environnement permanent de danger où l’on ne se sent rarement voir jamais en sécurité. Cette réponse signale constamment une réaction de stress telle que la lutte, la fuite ou l’immobilisation. Le traumatisme complexe affecte tous les aspects d’une personne – son corps, ses relations, son cerveau et sa capacité à établir un lien spirituel. Voici plusieurs exemples de la manière dont les traumatismes complexes contribuent à la procrastination ou en accentue le mode de fonctionnement :

  • La dérégulation ou la dysrégulation émotionnelle : Les personnes ayant subi un traumatisme complexe peuvent avoir du mal à réguler leurs émotions. La procrastination peut être une réponse à des réactions émotionnelles fortes, servant d’échappatoire temporaire à l’anxiété ou au stress.
  • La faible estime de soi : Les expériences traumatiques peuvent avoir un impact négatif sur l’estime de soi. Les personnes ayant une faible estime personnelle doutent de leurs capacités et craignent de ne pas pouvoir accomplir les tâches qui leur sont confiées. Elles procrastinent de manière plus ou moins consciente.
  • L’altération des fonctions exécutives : Les traumatismes peuvent affecter les zones du cerveau responsables des fonctions exécutives. Ces compétences sont nécessaires pour planifier, concentrer l’attention et gérer des tâches. Cette déficience peut entraîner des difficultés à organiser et à terminer les tâches de manière efficace, ce qui conduit à la procrastination.

Pourquoi les solutions courantes ne conviennent pas à tout le monde ?

De nombreuses stratégies courantes pour mettre fin à la procrastination sont axées sur la gestion du temps et la discipline. Cependant, pour les personnes qui ont subi des traumatismes complexes, ces solutions peuvent ne pas s’attaquer aux causes profondes. Voici pourquoi :

  • Hypothèses générales : De nombreuses techniques partent du principe que tout le monde vit la procrastination de la même manière. or ces techniques ne tiennent pas compte des antécédents personnels, en particulier des traumatismes, qui peuvent nécessiter des approches plus personnalisées.
  • Solutions temporaires : Des solutions simples comme la création de listes de choses à faire, les to do-list ou l’établissement de minuteries peuvent n’offrir qu’un soulagement temporaire. Ces méthodes ne s’attaquent pas aux problèmes émotionnels plus profonds liés au traumatisme qui pourraient être à l’origine de la procrastination.
  • Augmentation du stress : Les solutions qui mettent l’accent sur une discipline stricte peuvent accroître le stress et l’anxiété. Dans le cas d’un trauma complexe, une pression supplémentaire peut renforcer les comportements d’évitement au lieu de les réduire.
  • Ignorer les besoins émotionnels : De nombreuses stratégies de lutte contre la procrastination négligent la santé émotionnelle. Or le bien-être émotionnel doit être pris en compte parallèlement aux stratégies de productivité.

Quelles mesures prendre pour créer des changements positifs durables ?

Pour les personnes confrontées à l’impact d’un traumatisme complexe, la création d’un changement durable dans les habitudes de procrastination implique plus que des compétences standard de gestion du temps. Voici quelques stratégies qui peuvent s’avérer utiles. Si vous suivez ce podcast, vous en reconnaîtrez plusieurs qui ont déjà été cités dans les épisodes précédents :

1. Cultiver l’auto-compassion : Soyez indulgent avec vous-même et reconnaissez que la procrastination est un problème courant, en particulier pour les personnes qui ont vécu des traumatismes complexes.

2.Traiter les déclencheurs émotionnels : Travaillez avec un thérapeute pour identifier et traiter les déclencheurs émotionnels liés à la procrastination. Comprendre ces déclencheurs peut vous aider à réduire leur influence sur vos actions.

3. Diviser les tâches en petites étapes : Pour réduire le sentiment d’être submergé ou de ne pas en voir le bout de ce que vous avez à faire, vous pouvez diviser les tâches importantes en étapes plus petites et plus faciles à gérer. Cela peut rendre les tâches moins intimidantes et accroître votre sentiment de réussite à mesure que vous franchissez chaque étape. Cela vous encourage à continuer, à aller au bout de la tâche accomplir, de l’activité.

4. Établir des routines : La mise en place de routines quotidiennes cohérentes peut contribuer à créer un sentiment de stabilité et de prévisibilité. Les routines peuvent réduire la charge mentale liée à la prise de décision et vous aider à développer des habitudes positives.

5. Chercher du soutien : que dites-vous de vous joindre à un groupe de soutien ou de travailler avec un professionnel de la santé mentale qui comprend l’impact des traumatismes. Partager ses expériences et passer du temps avec d’autres personnes qui comprennent ce que vous vivez peut apporter du réconfort et de l’encouragement.

6. Vous concentrer sur le processus et non sur la perfection : vous ne fixez plus les yeux sur la perfection mais sur le progrès. Vous appréciez de ne plus être là où vous étiez il y a un an, un mois ou une semaine en arrière. Célébrez vos petites victoires tout en vous rappelant que les erreurs font partie du processus d’apprentissage.

7. Utiliser des affirmations positives : Les affirmations positives peuvent aider à contrer les discours négatifs et à renforcer la confiance en soi. Vous pouvez utiliser des affirmations pour vous rappeler vos capacités et votre valeur par exemple.

8. Mettre en place une responsabilisation en douceur : vous pouvez trouver un ami ou un thérapeute en qui vous avez confiance et qui peut vous rendre des comptes en douceur. Le fait d’avoir quelqu’un avec qui faire le point peut vous aider à rester sur la bonne voie sans vous mettre la pression.

9. Explorer les possibilités créatives : on a vu dans l’épisode 78 combien la créativité peut avoir du bon. Là il s’agit de participer à des activités créatives qui vous apportent de la joie et vous permettent de vous exprimer. Que ce soit à travers le chant, la danse, la peinture, la sculpture, le dessin, la poterie, bref, l’écriture même. Libre choix à vous ! La créativité peut être un outil puissant pour guérir et réduire la procrastination en augmentant la motivation et l’engagement positif.

10. Puiser dans votre foi : puiser des forces dans la relation à Dieu peut aider à faire face aux situations que nous voulons fuir. Cela nous aide aussi à surmonter les ressentis désagréables que nous préférons éviter.

Dans tout cela, il est important de bien garder en tête qu’il ne s’agit pas d’être parfait pour vaincre la procrastination. Il s’agit plutôt de faire des progrès et de trouver ce qui fonctionne le mieux pour vous. Il faut du temps, de la compassion et un soutien adéquat pour développer des habitudes plus saines qui peuvent réduire la procrastination et améliorer votre vie.

Nous approchons de la fin de l’épisode et compte-tenu du nombre de trucs et astuces partagés, en bonus, j’aimerais vous laisser quelques mots d’encouragement à travers ce rappel :

Juste un rappel en bonus

Chaque petit pas en avant est une victoire. Il s’agit d’un pas vers une vie meilleure, une vie plus épanouissante. Pensez à célébrer vos réussites, quelle qu’en soit la taille ou la forme, car chacune d’entre elles vous rapproche de vos objectifs de mieux-être.

Voilà, ce 79e épisode de Relationnellement Vôtre est terminé.
Nous nous retrouvons dans 2 semaines pour un nouvel épisode. Si vous avez des questions, des commentaires ou des témoignages à partager, vous pouvez le faire en envoyant un mail à relationnellementvotre@gmail.com.

Si vous ne savez pas par où commencer pour trouver une aide adaptée à vos besoins, vous pouvez également envoyer un mail en précisant quel type d’aide vous recherchez et nous verrons ce qu’il est possible de vous proposer.

Sur ce, je vous dis à très vite et surtout bonne continuation sur le chemin de vos guérisons.

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