Histoires de Connexions #3 : Gabrielle
Hello bienvenue pour ce 3e épisode d’Histoires de Connexions, cette nouvelle rubrique où un abonné, une abonnée nous partage un témoignage de la manière dont une connexion ou une reconnexion s’est faite dans sa vie relationnelle, qu’il s’agisse de la relation à soi, de relations avec les autres et/ou de la relation à Dieu.
Ce mois-ci je suis en compagnie de Gabrielle. Bonjour Gabrielle
Bonjour !
Merci pour ta participation.
Gabrielle, tu as vécu plusieurs histoires de connexions et tu souhaiterais plus particulièrement nous partager cette histoire par rapport à la manière dont tu apprendre à être présente dans l’échange, connectée quelle que soit la relation.
Dans un 1er temps peux-tu nous expliquer ce que ça signifie pour toi être présente dans la relation, quelle qu’elle soit ?
Alors c’est tout un parcours, ça va être pas évident à résumer mais je vais faire de mon mieux.
Merci
Pour moi apprendre à être présente dans la relation, c’était apprendre les différentes étapes entre assister et participer à un moment. Ca faisait parti des étapes. Il y avait absente, assister et participer. Et apprendre qu’est-ce qui se passait dans mon cerveau, dans mon corps, dans tout mon être intérieur. Pas faire juste acte de présence comme on dit, mais vraiment, avoir à la fois envie, engager mon envie, ma volonté et à la fois avoir les capacités, acquérir des compétences si je peux le dire comme ça, pour pouvoir faire ma part dans la co-création d’une expérience de connexion.
C’est joliment dit !
Alors, c’est pas de moi, mais c’est très, très bien expliqué, je trouve. J’ai découvert qu’un moment de connexion, un moment de relation, c’était une co-création. Et c’était toute cette dynamique-là que j’avais à apprendre et à travailler. Et du coup, j’ai pu redécortiquer un petit peu les différentes étapes. Que ça commençait par, par exemple, reconnaître l’existence de l’un et l’autre, par exemple. C’était une étape que si on saute, ça ne crée pas le côté nourrissant de la connexion qu’on désire. Que oui, on est fait pour la connexion, on a été câblé, comme ils disent en anglais, pour la connexion. Mais que c’est pas… Comment dire ça ? Il y a à la fois la partie où on est conçu pour et la partie où on apprend à utiliser les ressources qu’on a reçues. Voilà, il y a les deux. Il y a un peu des deux. Quelque part on a déjà toutes les ressources à l’intérieur de nous mais on apprend à les utiliser vers les connexions satisfaisantes qu’on désire.
Tout-à-fait
Et puis une fois que j’ai reconnu que tu es présente, que tu existes, je reconnais que tu prends de l’espace et puis du coup je peux choisir d’ajuster, de moi, me laisser affecter par le fait que j’ai pris conscience que tu es présente. Et choisir l’espace que je te donne, l’espace physique, l’espace dans mon temps, l’espace dans mes émotions, l’espace dans mes ressources. Et il y a quelque chose qui commence de la connexion déjà là. C’est le moment où j’assiste au fait que, ah tiens, je ne suis pas seule dans la pièce, ah mais alors je me laisse affecter, je réagis, j’ajuste quelque chose dans mon positionnement, en incluant l’information que tu es là et je choisis à ce moment-là si je vais aller vers la connexion ou si au contraire je vais la fuir. Je peux choisir d’ignorer ta présence. (rires)
Ca arrive aussi (rires)
Voilà et il y a des moments où c’est pertinent d’ignorer parce qu’on n’a pas les ressources pour une connexion à ce moment-là ou les situations sont multiples et variées mais rien que ça, j’ai dû l’apprendre comme une étape. Parce que j’ai eu une période de ma vie assez épuisante, je dois avouer, où j’avais pas cette étape-là et du coup, toute personne que je croisais, ça actionnait automatiquement en allant vers la connexion. Et ça me fait de moi quelqu’un de très sociable, mais de quelqu’un d’épuisé (rires), parce que je ne savais pas que j’étais manager de mes
ressources, que j’étais responsable de mes ressources dans cet aspect-là aussi. Et que c’était en gérant bien, en étant une bonne manager de mes ressources que
je pouvais offrir la meilleure qualité de connexion aux personnes que je
désirais, au lieu d’être quelque part… J’aime pas le terme « victime », mais d’être un peu ballotée au gré de, « ah bah j’ai pas eu le choix, j’ai croisé quelqu’un et puis il fallait qu’il y ait une connexion et puis du coup je suis en retard de 45 minutes à mon rendez-vous, mais c’est pas de ma faute, il fallait juste que je croise personne » (rires).
D’une certaine manière tu subissais le moment quoi.
Voilà, c’était ce levier qui n’existait pas en moi. De j’ai le choix, à ce moment-là, il y a un mécanisme en moi qui est fait pour ça, de choisir est-ce que je vais vers la connexion ou pas. Et c’est notamment un des mécanismes que notre Créateur a super bien conçu en nous, qui nous permet de nous protéger dans les connexions, de connexions qui seraient toxiques ou dangereuses pour nous.
Exactement
Le créateur nous a créé pour la connexion, mais pas pour n’importe quelle connexion, pour des connexions nourrissantes, édifiantes, qui nous construisent, qui participent à notre croissance, pas pour des connexions qui nous détruisent.
C’est ça.
Et malheureusement, il y en a. (rires)
C’est clair (rires)
Et ça, le créateur le savait et il avait prévu un mécanisme qui nous protège. Le câblage que le Créateur nous a donné, il est vers des connexions nourrissantes, vers des connexions qui nous construisent, vers plus de vie toujours. Et du coup, les mécanismes de protection, ils sont là pour assurer qu’on va vers ça. C’est bien réfléchi, son histoire. (rires)
Et puis une fois que j’ai fait les deux premières étapes, donc j’ai reconnu que tu es présente, j’ai commencé à me laisser affecter par le fait que tu prends de l’espace, que je ne suis pas seule, donc je commence à me comporter comme si je n’étais pas seule. Ca fait partie du développement des connexions et de l’apprentissage de la responsabilisation par rapport à soi, d’apprendre qu’on a cette capacité en nous de mobiliser nos ressources. Quand je reconnais que quelqu’un d’autre est présent dans mon espace, il y a une forme d’ajustement automatique dans mon positionnement. Je ne vais pas continuer à faire comme s’il n’y avait que moi.
Normalement (rires)
Ce qui est normal quand on est tout petit, par exemple, ou c’est une période pour, mais graduellement, socialement, on apprend qu’on n’est pas tout seul et que quand on n’est pas tout seul, il y a une modification de comportement normale qui fait la place à la connexion.
C’est très juste.
Parce que si je suis tout seul dans l’espace, je ne connecte qu’à moi.
Exactement
Si je ne fais pas l’espace pour l’autre, je ne peux pas connecter.
Non mais c’est très très important de le partager.
La bonne nouvelle c’est que ça s’apprend. C’est pas un défaut de caractère, c’est juste un apprentissage qu’on n’a pas forcément eu.
Exactement
Et puis après je vais décider combien de mes ressources je veux dévouer à cette connexion. Et ça aussi je l’ai appris, je ne savais pas que j’ai été créée pour être une bonne manager de mes ressources et que la qualité de connexion que je peux offrir aux personnes les plus chères à mon cœur, va forcément être un choix où il y a des ressources que je ne vais pas dédier à certaines connexions pour pouvoir les vouer à ces personnes-là. Je vais garder, protéger une partie de mes ressources pour les personnes qui comptent pour moi. Et ça ne veut pas dire que j’ignore les autres, mais il y a des degrés de volume de ressources que je vais investir et choisir d’investir dans la relation. Là aussi, je ne suis pas une victime de « ah ben mince, la personne, elle avait un besoin, ah bah je lui ai tout donné, puis je suis désolée. La personne à qui je voulais les vouer, ah bah fallait venir avant quelque part, pas de bol. Premier arrivé, premier servi chez moi. (rires)
(rires) Liquidation totale, y’a plus on ferme.
Voilà, et c’est dommage. Et c’est une partie où c’est ce qui nous permet de… Quand on veut que quelqu’un se sente chérie par nous, il y a cet aspect de j’ai protégé une partie de mes ressources, je les ai gardées pour toi. Je ne les ai pas données à d’autres, je les ai gardées pour toi. Et ça, ça donne une estimation de combien on est chéri par la personne aussi. Quand on sait qu’on a des ressources limitées et que dans ces ressources limitées, il y a une part, un volume qu’on a dédié à cette personne-là tout spécifiquement, que les autres n’auront pas. C’est ce qui fait qu’on se sent spécial pour la personne.
Exactement. Par ressources, tu dis, tu faisais donc référence au temps, aux compétences, aux connaissances, même aux ressources financières. Il y a tout ça en fait dans les ressources.
Il y a tout ça, oui. C’est l’ensemble de tout ce qu’on a comme ressources. Et dedans, j’y mets aussi le temps, l’énergie, mais les émotions, la capacité d’attachement, le fait de mettre quelqu’un en priorité, toutes ces puissances de choix aussi qu’on a reçues, tout ce qui a été mis à l’intérieur de nous par le Créateur, qui participe à une connexion de qualité.
Super
Même un sourire, ça peut être une ressource.
C’est vrai. On offre un sourire à quelqu’un.
Et puis il y a des degrés de sourire différents en fonction des personnes. C’est pas forcément quelque chose qu’on fait consciemment, mais malgré nous, il y a déjà ça qui s’active dans un choix subconscient d’attribuer nos meilleurs sourires à certaines personnes par rapport à d’autres. Et c’est un choix qu’on n’a pas réfléchi longtemps mais qui se fait déjà à l’intérieur de nous. De…Il y a quelque chose de particulier dans ma relation avec cette personne par rapport à comment j’ai salué le conducteur du bus par exemple.
Tout-à-fait.
Bon, j’ai un contre le conducteur du bus mais c’est un exemple. Mais un sourire poli, si je peux le dire mieux, un sourire poli n’est pas la même chose qu’un sourire où mon visage s’illumine dès la présence de la personne. Et ça aussi c’est une ressource.
Ouais
Et puis la dernière étape, une fois que j’ai fait l’inventaire de mes ressources, c’est de les activer, de volontairement les tourner vers le moment de connexion, vers la personne. Parce que je peux avoir conscience de toutes mes ressources et ne pas les mettre en activation, ne pas les mettre en action.
Et oui, c’est vrai.
Ca arrive. Des fois on va par exemple avoir conscience qu’on veut mettre ça dans la relation et puis on va avoir peur et on va retenir ses ressources. Ou bien on va avoir un imprévu et puis on va retenir ses ressources pour un autre moment donc c’est aussi choisir ah il y a un imprévu et pourtant à ce moment là je choisis si c’est l’imprévu qui prend la priorité ? Ou si c’est le moment où mes ressources sont dévouées à ce moment de connexion.
Hmm bien vu !
Ou bien j’ai peur, mais je vais quand même avoir la capacité de choisir. J’ai peur et en même temps, ça ne m’empêche pas de tourner mes ressources, alors plus ou moins, on travaille avec, mais je peux choisir : est-ce que c’est la peur qui prend le dessus ou est-ce que c’est mon choix d’investir ces ressources dans ce moment de connexion qui prend le dessus ?
Hm hmm
Donc si je résume mes 4 points :
- il y a reconnaître l’existence
- et il y a prêter attention à l’espace que prend l’autre et commencer à choisir d’en être affecté.
- Il y a décider combien de ressources je veux mettre dans ce moment de connexion
- et ensuite les mettre en action pour le moment de connexion.
C’est top!
Et ça, ça se fait dans une microseconde. (rires)
(rires) C’est vrai en plus.
Mais quand on l’apprend et qu’on ne l’a pas appris avant, ça prend plus de temps qu’une microseconde. Ça se fait pas automatiquement.
Merci beaucoup Gabrielle. Et donc, comment fais-tu concrètement pour être présente dans tes relations, qu’il s’agisse de ton rapport vis-à-vis de toi-même, ton rapport aux autres ou dans ta relation avec Dieu en tant que croyante ?
Alors du coup, j’ai appris ces étapes-là pour faire ma part dans cette co-création et j’ai aussi appris à prêter attention à la personne dans sa part de la co-création. Parce qu’on est deux !
C’est ça !
J’ai eu beaucoup de relations où ça n’allait que dans un sens et j’ai découvert que c’est moins nourrissant, moins satisfaisant comme moment de connexion, que quand ça va dans les deux sens. Alors quand je dis ça, ça ne veut pas dire que toute interaction avec la personne doit aller dans les deux sens. Il y a des périodes de vie où on a besoin que ça aille que dans un sens et c’est très bien dans une relation qu’on ait des moments où on prend soin de l’autre et puis il y aura un autre moment où il prend soin de nous et puis il y a des moments où ça va dans les deux sens et c’est tout ça qui fait une relation.
C’est important de l’accepter, c’est vrai.
C’est comme un flot dans un courant, comme une rivière, qui est vivant. Le flot, il n’est jamais constant entre guillemets. C’est jamais tout le temps pareil. Dans une relation, c’est pareil. Ceci étant, on se rend compte quand même au bout d’un moment, quand ça va que dans un sens, que la satisfaction de la connexion n’est pas la même. Parce que là aussi, on a un créateur qui est incroyable, c’est qu’il a désiré que ça aille dans les deux sens. D’abord dans la relation avec Lui, il a créé les êtres humains en disant je veux que ça aille dans les deux sens dans notre relation. Ça se voit donc comment il nous a conçu. Il a tout prévu pour que ça aille dans les deux sens et pour que notre niveau de satisfaction, même physiologique, on le voit chez les nouveaux-nés, se manifeste quand ça va dans les deux sens.
C’est vrai.
Ça crée une boucle, un cycle qui est vertueux, où il y a une forme de résonance qui s’installe entre les deux. Et juste avec un regard, ça peut être un moment de connexion nourrissant. Le fait que la connexion s’est faite, qu’il y a eu un échange d’énergie si je peux le dire comme ça, qu’il y a eu un échange de: je reconnais que tu es là et je veux connecter, j’engage, ce qu’on appelle les cycles neuronaux du social, de l’engagement social qui s’activent. Et c’est cette résonance d’un côté et de l’autre qui vient amplifier et qui fait qu’on savoure le moment et ça vient s’enregistrer dans notre mémoire comme un moment où on a envie d’y retourner, où on a envie de le revivre, où ça fait du bien et ça nous donne envie d’avoir d’autres connexions à l’avenir.
C’est ça !
Le but de l’initiation de la connexion, c’était qu’il y ait un retour, et pas forcément un retour sous forme de service ou de finance ou de soins, mais juste un retour qui, je reconnais, qu’il y a eu un effort de connexion de ta part et j’y réponds. Ce « moi aussi j’ai envie d’une connexion ». Et il y a quelque chose dans notre système nerveux qui s’apaise naturellement quand il y a une réponse à « moi aussi je veux la connexion avec toi ». Et ça, c’est le Créateur qui l’a conçu comme ça en nous parce que c’est ce qu’il désirait. Lui, il est du genre à tout le temps initier la connexion.
Le pauvre il se fait rejeter.
Je crois que c’est la personne qui aime le plus la connexion que je connaisse au monde.
Je veux bien le croire.
Il est tout le temps à l’initiative et il nous a créé en disant, je veux moi être à l’initiative et je veux une réponse.
Si possible oui. Ca pourrait être sympa.
Alors j’ai tout câblé dans ces créatures-là pour qu’il y ait une réponse et pour que quand il y a une initiation et une réponse, il y ait une satisfaction des deux côtés de la connexion. Pour qu’on ait envie de recommencer.
Eh oui.
Donc non seulement il voulait la connexion, mais il ne voulait pas la connexion une fois. Il la voulait multiplier un milliard de fois, autant que deux fois que possible. Et il voulait qu’il y ait la connexion avec lui et avec tous les autres êtres humains. Avec la création, avec les animaux. Des connexions partout, dans tous les sens. Et des connexions dans tous les sens satisfaisantes, parce qu’elles sont dans les deux sens. Il y a ce retour qui fait qu’il y a les deux systèmes qui savourent et qui s’apaisent et qui profitent de la nourriture que c’est d’avoir un échange de connexion. Et ça, ça multiplie la vie. Il est fort, quand même, ce Créateur.
Oui, il est très fort.
Du coup, je n’ai toujours pas répondu à ta question de comment je fais. (rires)
(rires) je t’en prie, c’est encore possible.
Notamment, il y a cet aspect de plein de petites choses pour être intentionnelles dans cette boucle de « je veux la connexion moi aussi ». Parce que je l’ai découvert avec un certain nombre d’années au compteur, il y a toutes les blessures d’avant, de connexion qui n’ont pas été satisfaisantes ou même qui ont été blessantes, à soigner, à consoler pour pouvoir retrouver le courage de connexions satisfaisantes. Parce qu’on va vers la connexion parce qu’on s’attend à ce que ça soit satisfaisant, nourrissant, sinon on n’y va plus. Et des fois on a été tellement blessés à répétition qu’on ne s’attend plus à ce que ça soit nourrissant ou positif, et du coup on n’a plus envie d’y aller. Si c’est pour être blessé, on n’y va plus. Et on a à la fois cette consolation où on va affronter notre peur et essayer d’amasser des expériences où c’est satisfaisant pour que ça redevienne notre attente automatique. Et c’est le cas dans toutes les relations. Et donc on a besoin d’amasser des expériences où il y a cette boucle qui se crée de satisfaction mutuelle pour que tout d’un coup on retrouve ce désir naturel et cette joie naturelle qui montent en nous quand on dit « Oh, je vais passer un moment avec cette personne ».
Et du coup, quand on commence à être fatigué dans cette relation, on se rend compte qu’on n’est plus motivé, on peut se poser cette question-là. C’est une chose que j’ai faite. Qu’est-ce qui a changé mes attentes par rapport à ce moment-là ? Ah oui, c’est vrai, la semaine dernière, j’ai été super déçue par ce moment-là parce que j’ai eu l’impression qu’il n’y avait pas de répondants ou parce que j’ai eu l’impression que la réponse n’était pas appropriée à mon besoin. Mais je n’en ai pas parlé avec lui. Peut-être que si j’en parle, peut-être que si on résout ça, peut-être que si je suis consolée de ça, naturellement, je vais avoir envie de reproduire une connexion. Parce que ça va rouvrir dans mon cerveau la capacité de me rappeler. Bon alors, certes, la semaine dernière, ça s’est mal passé, mais je me rappelle le mois dernier, j’ai eu un moment de connexion où c’était hyper nourrissant avec lui dans la relation, il y a des moments où je suis déçue, mais il y a des moments où c’est super nourrissant, j’ai envie de réessayer.
On fait ça dans nos relations avec des amis aussi, avec notre famille. C’est pareil avec le Créateur. C’est une relation, c’est les mêmes dynamiques. Et avec soi aussi. On apprend la relation à soi à travers les autres. Et du coup, si les relations qu’on a eues en face n’étaient pas positives, créer un lien avec soi-même ne va pas être simple. On va devoir l’apprendre. Parce qu’on n’a pas encore la référence de cette boucle satisfaisante de quand je connecte avec moi-même, c’est nourrissant, c’est satisfaisant, c’est rempli de joie. On va avoir une référence malheureusement de quand je cherche à connecter avec moi-même, c’est douloureux. Là aussi c’est de la guérison, il y a des professionnels qui aident beaucoup avec ça et des amis et des précieuses personnes qui dans leurs réactions viennent créer cette référence de « ah, la réaction normale quand je te vois, c’est que mon visage s’illumine ». Et on commence soi-même à pouvoir avoir cette réaction envers nous-mêmes, en la prenant, à travers cette réparation, à travers les autres et à travers soi et à travers le Créateur.
Et je peux dire dans notre moment présent d’enregistrement, la manière naturelle dont ton regard s’illumine quand on connecte de regard à regard, ce n’est pas un effort forcément conscient de ta part,
Euh non, je confirme
mais cette simple réaction est réparatrice pour tous les regards envers moi qui étaient pas pétillants, par exemple.
Ohh
pas naturellement. Ça arrive à tout le monde, ça arrive dans… Et puis à certains, on a tous notre histoire. Mais c’est beau de voir comment, là aussi, le Créateur a bien travaillé. De la même manière que ça a été abîmé, ça peut être réparé.
C’est très juste.
C’est juste des fois pas avec les mêmes personnes. On aimerait que ce soit les personnes qui ont créé les dommages qui les réparent. Souvent, malheureusement, elles en sont incapables. Mais la bonne nouvelle c’est qu’il y a plein de personnes sur la planète qui sont là et qui peuvent réparer là où la personne qui avait causé le dommage ne peut pas.
Dans les outils concrets que j’ai pu apprendre pour recréer cette boucle de réciprocité, en ce moment, je suis en train de pratiquer certains par rapport à la reconnexion avec moi-même. J’avais un peu de mal. Un des exercices, par exemple, il y en a plein d’autres, c’est de mettre un miroir en face de mon visage, et puis dire une des phrases qu’on a besoin d’entendre pour se construire, qu’on entend souvent de nos parents quand on grandit, si ça se passe bien, et de guider gentiment mon corps à comment créer la réponse à cette boucle. Par exemple, un des messages, c’est « je suis heureuse que tu sois là ». C’est ce que dit notre visage quand il s’illumine, quand on voit la personne. Les premières fois que je l’ai fait, mon corps était tout tendu. Il s’attendait à avoir mal. Il y a toute la tristesse qui remontait. Ce n’était pas une expérience agréable. La réaction normale de comment on a été câblé, ça devrait être une détente du corps et un moment de joie et de plaisir. Parce que c’est un message qui fait du bien.
Hum hum
On a besoin d’entendre ça, que les gens prennent plaisir à notre existence, prennent plaisir à notre présence. Mais j’avoue qu’au départ, quand j’ai commencé, moi-même, je prenais pas forcément plaisir à mon existence ou à ma présence. J’étais plutôt parmi les personnes qui me supportaient le moins au monde. Parce que c’est une des compétences que j’avais pas apprises et c’est la compétence d’apprécier sa propre compagnie. On l’apprend quelque part dans la vie, et souvent on l’apprend à travers les autres, mais quand ça n’a pas pu se faire à travers les autres, on peut l’apprendre plus tard intentionnellement, c’est la bonne nouvelle.
Tout-à-fait
Et donc mon exercice a été de persévérer à le faire, essayer de faire ça une fois par jour. Et d’aider mon corps à désamorcer la réaction de protection, la réaction de souffrance, par de la consolation par exemple, en laissant les larmes couler. En reconnaissant que j’ai eu très mal à cet endroit-là. Et je vais laisser sortir ça. En apprenant des exercices pour aider mon corps à se détendre quand il ne sait pas faire. C’est des trucs tout simples, mais ça marche bien, c’est de la mécanique (rires). Et je me suis rendu compte que petit à petit, mon corps commençait à anticiper non pas avec peur ce moment-là de la journée, disant « oh ça va refaire mal », mais avec avec apaisement et joie de « oh ça va faire du bien ». Alors ça se fait par la répétition et c’est des toutes petites choses, mais c’est des toutes petites choses qui font une différence et c’est très beau parce que ça paraît très ciblé mais ça vient avoir un impact sur plein d’autres choses qui sont liées après.
Par exemple chez moi, c’est ce qui a permis de ressusciter la curiosité envers moi-même.
Oh intéressant.
Je m’y attendais pas, c’était un des bénéfices naturels qui coulait de ces choses-là simplement à cause de tous les engrenages intérieurs où tout est entremêlé et tout a un impact sur le reste. Mais étrangement c’était ça. Quand mon visage a commencé à apprendre à s’illuminer, naturellement, pas forcée, quand j’entendais ma propre voix dire « je suis heureuse que tu sois là Gabrielle », et quand mon corps commençait à avoir l’automatisme de se détendre et de profiter du moment, naturellement j’ai commencé à me rendre compte que au lieu d’avoir une réaction automatique de peur envers moi et les différentes particularités de mon identité, je commençais à avoir une curiosité joyeuse qui reprenait sa place et j’ai rien fait pour cette partie-là. Je fais que l’exercice. Mais naturellement, ça a ouvert les vannes pour que ça puisse couler naturellement vers ça. Et ça, ça crée une réciprocité dans la boucle. Et quand il y en a une première, on commence à s’attendre à ce qu’elle se multiplie dans d’autres aspects.
Eh oui ! Et du coup, quels autres bénéfices as-tu pu vivre à travers cet apprentissage d’être présente dans la relation, dans la connexion ?
Le bénéfice majeur, c’est une victoire sur la peur que je n’arrivais pas à atteindre.
Humm c’est-à-dire ?
La connexion était devenue une telle souffrance, à répétition, que le simple fait de penser à un moment de connexion levait toutes mes défenses intérieures automatiquement. Et du coup, à avoir plus envie de la connexion, on commence à s’isoler, puis c’est assez triste d’être tout seul.
C’est clair, on n’est pas fait pour.
Et de nouveau, on n’est pas fait pour, on a été conçu pour la connexion. Pourquoi il l’a conçu comme ça le créateur ? C’est parce que c’était quelque chose qui est une dimension de vie pour laquelle on est fait, quelque chose d’une dimension de joie, une dimension d’amour pour lesquels on est fait. Donc il savait que le meilleur pour nous, ça allait être dans la connexion et c’est pour ça qu’il nous a conçu pour ça.
J’avoue que je lui ai posé la question, je lui ai dit qu’il s’était planté, qu’il aurait mieux fait de me faire. J’avoue que j’ai osé lui dire qu’il s’était planté dans le câblage et qu’il aurait dû me concevoir autosuffisante de n’avoir pas besoin de connexions, parce que c’était tellement douloureux et j’y croyais plus que j’avais dit, écoute, débrouille-toi, recâble les choses pour que j’aie besoin de personne et que je ne sois plus faite pour la connexion, ça fait trop mal. Et il n’a pas changé le design, il n’a pas recâblé. Mais en échange, il a ouvert un chemin pour que je puisse me rendre compte que cette peur, cette intimidation qui avait une emprise sur ma vie, pouvait perdre du terrain graduellement par la guérison, par la consolation et par des expériences positives différentes de celles que j’avais amassées.
Donc le premier bénéfice, je dois avouer, c’est que là où la peur avait réduit à une peau de chagrin, le territoire d’exploration que j’avais dans la vie et dans les relations. Je commence à reconquérir ce territoire, non pas à la force de mes biceps, mais naturellement la peur perd du terrain au fur et à mesure que ce système d’anticipation, de la joie, de l’apaisement, d’un moment nourrissant, d’une réciprocité, se remet en place. Donc le câblage remarche comme il était censé fonctionner. Et là, ça me permet de retrouver des connexions nourrissantes et petit à petit de monter le courage, de monter l’anticipation joyeuse et non plus anticiper un désastre et une grosse souffrance.
Merci beaucoup Gabrielle. Ce que tu viens de partager dans cet épisode, c’est juste une boîte à bijoux. Il y a plein de pierres précieuses et de pépites dedans. On entend effectivement la souffrance et je n’ose même pas imaginer le chemin par lequel tu as dû passer pour en arriver là. Mais le résultat est juste magnifique et on se dit mais waouh c’est hyper encourageant d’entendre que c’est possible. Qu’on peut partir de déconnexion à différents niveaux et en arriver à une belle reconnexion avec Dieu, avec soi, avec les autres. Merci, juste merci de l’avoir partagé comme tu viens de le faire.
Merci pour ce moment
Je t’en prie, je t’en prie.
On arrive à la fin de cet épisode, le temps passe super vite et merci encore en tout cas pour cet échange très touchant. Chers auditeurs, sentez-vous libres de partager ce qui vous a touché, interpeller, encourager dans ce témoignage, que ce soit en commentaire de l’épisode ou par mail, à l’adresse relationnellementvotre@gmail.com.
Si vous suivez le podcast, on se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Sinon, rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle histoire de connexion. En tout cas, pensez bien à vous abonner à la newsletter ou à la chaîne YouTube afin d’être informé des différentes mises en ligne des épisodes. Bon, je vous dis à bientôt.
