Histoires de Connexions #2 : Timothée
k : Hello, bienvenue pour ce 2e numéro de la rubrique Histoires de Connexions. Il s’agit d’une rubrique mensuelle dans laquelle vous entendrez des histoires de vie, des témoignages de personnes par rapport à leurs relations, quelle qu’en soit la forme. Par connexions, j’entends tout ce qui concerne les rencontres, une fois de plus quelle qu’en soit la forme, les réconciliations avec les autres, mais aussi des réconciliations avec soi, c’est à dire, des processus de restauration de soi.
Et aujourd’hui, vous avez le privilège d’entendre l’histoire de connexions de Timothée.
Bonjour Timothée
T : Bonjour Kelly !
K : Merci d’avoir accepté de nous partager un aperçu de ton parcours. Je ne pense pas être la seule à avoir hâte de découvrir ce dont tu vas nous parler, donc je te laisse la parole.
T : Merci,
K : Avec plaisir
T : Alors je me présente, je m’appelle Timothée, j’ai 30 ans et je trouve qu’il n’y a pas de hasard dans le fait que la nouvelle saison de Relationnellement Vôtre ait un épisode sur « Histoires de Connexions ». Ce qui est assez marrant, c’est que ça fait depuis un moment que je voulais transmettre mon témoignage, mais que j’avais pas pris le temps plus que ça et aujourd’hui j’en ai l’opportunité et je te remercie.
K : Avec grand plaisir, c’est génial de voir comment les circonstances concourent, condorent, pardon.
T : Pour ma part je vais vous parler de mon parcours, mais de mon parcours qui a commencé il y a 4 ans sur le fait que j’ai appris petit à petit à découvrir mon jardin dans mon coeur et à reprendre l’identité que j’avais laissé de coté.
K : C’est beau.
T : Et pour commencer, je vais vous donner une phrase qui a été une étape et une réflexion de ma part sur savoir comment était mon potager, mon jardin secret au départ.
K : Ok
T : Et cette phrase, c’est une phrase que mon père a pu dire, c’est « le fruit d’un pommier ce n’est pas qu’une pomme, mais c’est d’autres pommiers ». Et quand il l’a dit à cette époque, ça a été une grosse réflexion pour moi de savoir, mais au fait, comment est mon terrain ? Est-ce qu’il est vierge ? Est-ce qu’il y a beaucoup de mauvaises herbes ? Et est-ce que je dois l’entretenir ? Comment l’entretenir ?
Et ça a été un processus pour moi assez long, difficile, parce qu’il fallait pouvoir admettre que je savais pas qui j’étais, que je savais pas forcément où j’allais, et reprendre vraiment cette identité de Timothée comme un individu et pas comme le fils de… ou le frère de… par rapport à ça.
K : hum hum
T : Et donc ce processus a commencé, j’ai été interpellé sur un titre de roman et plus particulièrement donc les trois mousquetaires
K : Ah oui ?!
T : où ma vie je l’a résumé à une citation des trois mousquetaires c’est un pour tous et tous pour un.
K : Intéressant…
T : Et ce « un pour tous, tous pour un » pendant ma jeunesse, je l’ai souvent vécu pour les autres, et pas pour moi. Et sur le plan spirituel, j’ai eu cet aspect qui me disait « pense à toi d’abord ». Et repenser à moi, ça a été très dur, très long. Et pour repenser à moi, j’ai dû entrer pleinement dans mon jardin et apprendre à le connaître, l’entretenir. Pour l’entretenir, je suis passé par différentes étapes.
Ça a été tout d’abord l’étape d’apprendre à s’apprécier sur le côté physique et spirituel. Et sur le côté physique, j’avais du mal à faire du sport devant les autres, parce que je me trouvais soit un peu trop gros, soit que je me sentais pas à même de rivaliser avec les autres. C’était le côté compétition.
K : Oui
T : Et le Seigneur m’a fait découvrir ce côté : « Aimes-toi comme moi je t’aime ». Ce qui a été un long cheminement, mais un cheminement qui m’a permis de m’accepter tel que j’étais et d’apprendre à dire je suis Timothée.
K : Alors on va juste apporter une petite précision à nos auditeurs, quand tu utilises le mot « Seigneur » Timothée, c’est parce que tu es croyant et que c’est ta manière de parler de Dieu. Pour ceux qui ne sont pas habitués à ce vocabulaire, sachez que dans le podcast, dans la mesure où on parle de la dimension physique, psychologique et spirituelle, eh bien voilà, les personnes qui sont amenée à intervenir peuvent parler de leur foi avec le vocabulaire qu’elles souhaitent utiliser, je pense que c’est important de laisser les gens parler avec leur coeur et donc d’utiliser les mots qui leur viennent spontanément.
Du coup, je t’en prie Timothée, j’te laisse poursuivre.
T : j’étais encore jeune, difficile de me faire parfois des amis. Et j’ai voulu franchir des étapes et ces étapes je les ai franchies petit à petit en retaillant certains arbres, en faisant que certaines paroles qu’on avait pu me dire qui étaient sur le coup négatives et que je voyais qui m’ont fait du mal. J’ai retaillé ces arbres pour pouvoir en obtenir quelque chose de bon, un fruit sucré et un fruit qui a pu donner d’autres arbres qui aujourd’hui sont en train de fleurir petit à petit
K : C’est beau
T : et qui sont en train de permettre que je m’épanouisse pleinement dans les projets que j’ai pour ma vie, que ce soit professionnels mais aussi en tant qu’individu. Et j’ai donc appris à dire oui et non, ce que je ne faisais pas auparavant.
j’ai appris à dire oui j’aime ça, non je n’aime pas ça, je n’ai pas envie de faire ça et c’est à ce moment là où j’ai commencé à redécouvrir mes passions que ce soit dans le dessin, dans la photographie et avec ce côté où j’imposais mon style, mon idée et je ne faisais pas par exemple des photos parce que les autres trouvaient ça beau et donc je faisais la photo pour les autres. Non, vraiment je faisais des photos sur un côté artistique qui avait une émotion pour moi.
K : Intéressant, tu as découvert ton identité d’artiste en plus, c’est super.
T : C’est ça. J’ai découvert cette identité. Je pensais qu’elle ne me serait jamais utile sur le plan professionnel ou sur le plan personnel. Et petit à petit, cette âme d’artiste a permis que je puisse m’en servir personnellement en écrivant et en dessinant des dessins pour des histoires.
K : Ok
T : Mais aussi en étant appelé à dessiner ce que les autres n’arrivaient pas forcément à dessiner.
K : Waouw, c’est-à-dire ?!
T : bah par rapport à ça, c’est par exemple, j’ai un imaginaire et une créativité qui fait que quelqu’un peut me parler d’un rêve, peut me parler de quelque chose, d’une image qu’il a vue, et je suis capable de retranscrire cette image dans un dessin
K : Enorme
T : et que ça puisse toucher émotionnellement surtout, la personne, lui rappelant parfois des souvenirs ou autre chose par rapport à ça.
K : C’est exceptionnel !!
T : Et j’ai été tellement touché par ça que j’ai continué à développer cette identité artistique, tout en entretenant donc mon jardin intérieur. Et pendant très longtemps, dans mon jardin intérieur, il y avait un peu comme une petite cabane au fond du jardin que j’avais jamais ouvert parce que j’avais mis beaucoup de cadenas dessus. Et le Seigneur m’a appelé à ouvrir petit à petit ces cadenas parce que ce petit cabanon au fond du jardin en fait, c’est toutes les choses que soit j’ai pu nier de mon identité, soit toutes les choses qui ont pu me faire du mal et que j’ai pas voulu gérer.
K : Humm
T : Et donc c’était un peu l’endroit que je ne voulais pas du tout y entrer. Et depuis 2-3 ans, je suis en train petit à petit de déverrouiller les verrous, de franchir des étapes personnellement, émotionnellement aussi, parce que les émotions pour ma part, ça restait très intérieurement. Dans le côté familial, c’est comme ça que moi j’ai pu le ressentir.
K : D’accord
T : chez les garçons il ne fallait pas montrer ses émotions et si tu montrais tes émotions c’était un côté de faiblesse. Sauf que, au bout de ces deux dernières années, le Seigneur m’a dit que ce n’est pas des faiblesses, c’est ton identité et il faut que tu acceptes de vivre avec, d’apprendre à les gérer, mais à les laisser venir parce que c’est quelque chose qui est profitable pour ta vie, qui est profitable pour découvrir qui tu es.
Donc c’est ce que je suis en train de vivre petit à petit. Et dans ce fait de vivre ce changement et de me retrouver moi-même, j’ai été enseignant contractuel, c’est-à-dire remplaçant en histoire-géographie pendant presque trois ans.
K : Ok
T : Et au bout des trois ans, je me suis rendu compte que j’en avais marre, ce n’était pas vraiment ma place, que moi j’avais pas envie d’être dans une transmission où l’enseignant donne le savoir et l’élève écoute mais je voulais vivre une vraie relation de l’élève peut m’enseigner aussi et je suis là pour transmettre et je veux transmettre en dehors des bâtiments donc à l’extérieur. Et ce changement j’en ai parlé la première fois avec ma mère
K : Oui,
T : Et ma mère m’a expliqué que depuis toujours, mon père et elle savaient que je ferais un métier dans la nature. Ils ne me l’avaient pas forcément dit clairement, et ça a été au départ un choc pour moi, et ensuite au fur et à mesure où j’ai pu réfléchir sur ça, j’ai constaté que mon père avait un peu dirigé les choses dans les réflexions qu’il menait avec moi, mais il ne voulait pas me donner la solution toute faite. C’était à moi aussi de cheminer et sur ça je l’en remercie. Et donc le changement, il a eu vraiment lieu en 2021, où j’ai commencé à chercher les métiers que je pouvais faire dans la nature. Il y a eu des échecs par rapport à ça, j’ai tenté d’être technicien de l’environnement en passant un concours, je ne l’ai pas eu. Mais ça ne m’a pas découragé par rapport à d’autres concours que j’avais pu passer. J’ai cherché une formation en deux ans pour être gestionnaire dans la protection de la nature. Mais étant donné que j’étais âgé, c’était compliqué de trouver une formation qui veulent bien me prendre. Et il y a eu un jour où j’ai été interpellé sur le fait de dire, bah tu fais une recherche depuis pas mal de temps sur Google, écris animateur nature formation. J’ai eu cette réflexion et ça a été vraiment le fait de dire ben refais cette recherche aujourd’hui parce qu’il y a une réponse.
K : Waouw !
T : J’ai fait cette recherche et cette recherche a ouvert aujourd’hui une porte pour que je devienne animateur nature. Et donc j’ai fait un changement total parce que j’habitais les Hauts-de-France et la formation se déroulait dans le Gard.
K : Ah oui, effectivement, gros changement
T : Donc un gros changement. Première fois où j’avais mon propre logement. Et le fait est que mes aides financières Pôle emploi se terminaient avant la formation, donc il fallait un financement pour que je puisse faire cette formation. Et la formation qui était dans le Gard était financée par la région, donc je n’ai rien dû payer pour faire cette formation. Et en même temps, j’ai eu un salaire de la région pour faire cette formation.
K : Enorme !!
T : J’étais tout content, je fais ok, je m’inscris à cette formation. Donc il y a eu des sélections. Les sélections, je les ai passées au lamin. Ça s’est ouvert tout seul. J’ai validé, même si j’ai dû faire quand même des efforts personnels, mais les portes se sont ouvertes facilement. Et suite à cette formation, il y a une petite voix qui m’a interpellé en me disant : « Tu vois, j’ai ouvert les portes pour cette formation et maintenant moi je t’appelle pour la suite à être ambassadeur sur terre et ambassadeur de la terre ».
K : Waouw !
T : Au départ je comprenais pas forcément qu’est-ce que ça voulait dire
K : Effectivement
T : et donc j’ai essayé de comprendre, j’ai posé des questions à plusieurs personnes par rapport à ça, de comprendre qu’est-ce que ça voulait dire « ambassadeur ».
Et c’est là où je suis tombé sur une citation de Paul Ricoeur qui me correspond bien aujourd’hui par rapport à ce côté d’ambassadeur. « Nous ne sommes ni le commencement ni la fin. Nous survenons en quelque sorte au beau milieu d’une conversation qui est déjà commencée et dans laquelle nous essayons de nous orienter, afin de pouvoir à notre tour y apporter notre contribution. »
K : C’est magnifique
T : Et aujourd’hui cette phrase c’est un peu mon leitmotive de tous les jours. Parce que c’est vraiment de comprendre que je ne peux pas faire tout tout seul. J’ai besoin d’aide par rapport à ça. Mais au travers de mon identité personnelle, j’ai compris que j’avais besoin de cette nature et donc d’être ambassadeur de cette nature pour pouvoir partager avec les autres mes passions et mes savoirs. Et donc la formation elle a commencé donc d’Animateur Nature en janvier 2024
K : Ah oui, c’est tout récent, ok !
T : donc c’est tout récent et elle a déjà déverrouillé des cadenas de ce cabanon que j’avais laissé au fond du jardin
K : ah oui ??
T : notamment sur une des semaines, la semaine était sur la thématique de l’expression corporelle et le fait de raconter des histoires.
K : Oui
T : Et cette semaine-là, je la vivais comme un cauchemar pour moi parce que je ne me voyais pas du tout faire de la danse ou faire du théâtre. Je ne me voyais pas du tout raconter des histoires. Et durant cette semaine, j’ai déverrouillé un cadenas, un cadenas de mes héritages du côté de ma mère. Le fait que de ce côté familial, on aime raconter.
K : oohh ok !
T : Et depuis toujours, j’aime écrire des histoires. J’ai des carnets avec des histoires, je ne savais pas à quoi ça allait pouvoir me servir.
K : Eh bah voilà !!
T : Et aujourd’hui, je suis en train de reprendre chacune de ces histoires pour les écrire correctement déjà, pour les mettre en images au travers de mes passions comme le dessin, que ce soit le dessin sur feuille ou le dessin graphique.
K : D’accord.
T : Et aujourd’hui, le Seigneur est en train de vraiment déverrouiller mon âme d’artiste avec des passions que je ne voyais pas comme utiles pour mon projet personnel et qui aujourd’hui sont vraiment ma raison de vivre.
K : C’est beau
T : Et notamment, donc j’ai déjà parlé de certains, mais la photographie paysagère et animalière me permet pour certains moments d’exprimer un peu plus mes émotions, ce que je ressens. Donc aujourd’hui, chaque photo que je peux faire, elle a une histoire.
K : C’est magnifique
T : Et aujourd’hui, c’est ce que je veux pouvoir vivre et faire avancer dans le jardin de mon cœur, c’est que l’histoire continue, que cette cabane puisse avoir moins de verrous et puisse être ouverte sur le monde, ouverte sur les autres. Que la lumière puisse rayonner dans mon jardin pour qu’elle aille au-delà et faire bénéficier les personnes qui m’entourent de cette lumière, pour qu’eux aussi puissent s’épanouir là où ils sont appelés. Voilà un peu mon parcours. »
K : Merci beaucoup, Timothée. Ce témoignage est vraiment très parlant. Et sans même le savoir, quand tu parles de lumière, c’est intéressant parce qu’au moment où on enregistre cet épisode, l’épisode 62 du podcast n’est pas encore sorti, donc tu ne sais pas que je vais parler de lumière dans cet épisode-là. (rires) Et c’est juste… une fois de plus, une confirmation qu’il n’y a pas de hasard.
Donc, merci encore pour ton témoignage. Je pense que ça risque de parler à plus d’une personne. Et la citation dont tu as parlé m’a juste retournée. Elle est vraiment magnifique. Tu peux nous la relire s’il te plaît ?
T : Donc citation de Paul Ricoeur : « nous ne sommes ni le commencement ni la fin, nous survenons en quelque sorte au beau milieu d’une conversation qui est déjà commencé et dans laquelle nous essayons de nous orienter, afin de pouvoir à notre tour y apporter notre contribution. »
K : Je trouve que c’est un magnifique point à apporter à cet épisode. En tout cas, c’était vraiment une joie de t’avoir sur le podcast.
T : et un plaisir pour moi.
K : Merci ! Je te souhaite une excellente continuation dans ta formation.
T : Merci !
K : Et peut-être à bientôt.
T : On ne sait jamais, le hasard le dira. Ouais. (rires)
K : (rires) Merci Timothée.
Ce 2e numéro de la rubrique Histoires de Connexions est terminée.
Si vous souhaitez réagir à ce témoignage, vous pouvez laisser vos commentaires sur la chaîne YouTube ou sur le compte Instagram de Relationnellement Votre ou sinon, vous pouvez aussi nous les envoyer par mail. Les différents liens à cet effet se trouvent en description de l’épisode.
Alors, on ne se retrouve pas la semaine prochaine mais dans deux semaines avec un nouvel épisode du podcast. Je vous souhaite de passer une excellente semaine avec un beau week-end de Pâques pour la clôturer et on se dit à très vite !
