Questions de Connexions #6 : en quoi des facteurs de bien-être peuvent-ils se transmettre d’une génération à l’autre ?

K : Bienvenue pour ce 6e épisode de la rubrique « Questions de connexions », une rubrique où médecine, psychologie et spiritualité se retrouvent autour du fonctionnement de notre être et de notre santé tant personnelle que relationnelle.

Je suis en compagnie, d’Azadeh et de Willem. 

Azadeh est médecin généraliste.  Bonjour Azadeh… 

 

A : Bonjour Kelly

Et Willem est leader spirituel. Bonjour Willem…

W : Bonjour Kelly

Ce mois-ci, nous vous proposons de répondre à la question de connexion suivante :

Les transmissions transgénérationnelles : en quoi la famille est-elle un lieu de transmission de facteurs de santé, de bien-être et d’épanouissement ?

Par transmissions transgénérationnelles, vous l’aurez compris, nous ferons référence à ce qui peut circuler entre membres d’une même famille, d’une génération à l’autre, au niveau psychique, physique et spirituel.

Et en l’occurrence, nous aborderons la transmission transgénérationnelle sous un angle bien précis, à savoir celui de la psychologie positive.

La psychologie positive vise à étudier non pas les vulnérabilités de l’être humain, ni les maladies mentales, au contraire, elle s’intéresse au bien-être et à l’épanouissement de l’être humain, en étudiant les facteurs impliqués dans sa capacité à cultiver un bien-être durable. 

Une citation de Martin Seligman, le fondateur de la psychologie positive montre l’équilibre entre psychologie générale et psychologie positive. Il dit, je cite :  « Il y a deux stratégies complémentaires pour améliorer la condition humaine. L’une consiste à soulager, à libérer ce qui ne va pas, l’autre est de renforcer ce qui est positif. »

A titre d’exemples, les recherches en psychologie positive portent sur diverses thématiques telles que :

  • le bonheur, 
  • l’optimisme, 
  • l’estime de soi, 
  • la motivation, 
  • la résilience, 
  • la méditation en pleine conscience 
  • ou la pensée positive entre autres.

Selon Martin Seligman, la psychologie positive s’articule autour de 5 piliers : 

  • Les émotions positives
  • L’engagement
  • Les relations humaines
  • Le sens et le but à la vie
  • Les accomplissements

La famille fait donc partie des facteurs potentiels de bien-être et d’épanouissement

Si nous nous arrêtons un instant sur les émotions positives que je requalifierais d’émotions agréables, la famille est un lieu où beaucoup d’émotions circulent. Azadeh, peux-tu nous en dire plus sur la manière dont le cerveau est impliqué dans l’émergence de la joie, du bonheur, du bien-être et comment est-ce que ça peut circuler entre un parent et son enfant ou entre frères et soeurs par exemple ?

A : Il faut essayer de comprendre un peu ce qui se passe dans notre cerveau, à savoir que le cerveau est composé de milliards de neurones. Les neurones se sont des cellules du cerveau qui vont communiquer entre elles, par des molécules chimiques qui s’appellent des neurotransmetteurs. 

La partie du cerveau qui va traiter essentiellement des émotions, est la partie qu’on appelle le système limbique. 

Qu’est-ce qu’il se passe ? C’est qu’en fait le cerveau qui doit traiter plusieurs dizaines d’informations à la seconde, qui lui arrivent, va communiquer avec ces neurotransmetteurs entre chaque cellules qu’on appelle les neurones et ce qui va se passer c’est de que ces molécules qui ont une fonction spécifique vont contribuer à notre humeur, à ce qu’on va sécréter et à ce qu’on va produire comme émotions. 

Les émotions essentielles sont régies par quelques neurotransmetteurs que je vais vous citer, pas tous, mais genre la noradrénaline, la dopamine, la sérotonine,… C’est peut-être des mots qu’on a déjà entendu. 

Par exemple la dopamine, on sait vulgairement que c’est l’hormone du plaisir. Qu’est-ce qui se passe quand on commet un acte qui procure du plaisir, je sais pas, quelqu’un qui se met au sport, qui fait son heure complète d’activité physique. Suite à ça, il va y avoir un sentiment de satisfaction. Pourquoi ? Parce que le cerveau va libérer cette hormone de la dopamine, qui va procurer cette sensation de plaisir au corps et au cerveau.

Quand on est au sein d’une interaction familiale, par exemple, comme tu le disais, qu’est-ce qui va se passe ? Evidemment que l’éducation va y contribuer, évidemment que la partie génétique aussi, de ce qui a été transmis comme gènes, va influer. On sait pertinemment que par exemple, certains cerveaux vont avoir un manque par exemple de sérotonine. Et c’est un peu un portrait familial d’ailleurs. Quand on voit qu’il y a des familles qui ont tendance plus à la déprime, parce qu’il y a ce manque de sérotonine justement. 

Mais il y a aussi un effet très très intéressant, qu’on appelle l’effet des neurones miroirs. Parce qu’on a dans notre cerveau aussi des neurones miroirs, c’est-à-dire qu’ils vont vraiment répondre, non pas seulement aux actions que l’on commet nous, c’est-à-dire qu’évidemment, pour commettre un geste, un acte, il faut tout un système neuronal qui se mette en place pour se lever et sourire, ça peut être un acte volontaire. Donc nos neurones vont commander à notre corps de faire cet acte-là. Mais il y a aussi cet effet miroir, c’est-à-dire qu’on a remarqué qu’il y a des neurones dans notre cerveau, lorsqu’ils regardent l’autre faire, ils vont reproduire en fait, les mêmes informations nerveuses, entre elles et libérer les mêmes hormones. 

En quelque sorte, c’est comme s’ils photographiaient l’individu en face et avaient cette sensation de l’imiter, voire même, se mettraient à vraiment l’imiter, y compris nous dans nos gestes. On sait tous par exemple que quand on rencontre quelqu’un, on va avoir une tendance instinctive à adopter automatiquement ses expressions, comme par exemple, s’il a une posture qu’il se tient tout droit et bien on va tenir d’un seul coup, je sais pas si vous avez déjà remarqué,

 

K : (rires) par mimétisme, oui.

A : d’un coup on se tient droit. Et pareil, on va avoir son langage corporel, ses mimiques, c’est un mimétisme qui est immédiat et qui est inconscient, ce sont nos automatismes, à cause de ces neurones miroirs.

Cest neurones vont jouer un rôle important dans nos émotions, dans l’empathie, par exemple qu’on va avoir. Dans notre capacité à percevoir et reconnaître les émotions d’autrui.

Typiquement, si on a un ami qui est triste en face de nous, qu’est-ce qui se passe? Et bien, nos neurones miroirs vont nous permettre d’imiter inconsciemment ces expressions de tristesse, de son faciès et avoir cette manifestation corporelle qui v a d’ailleurs jouer sur notre cerveau. Parce qu’on va avoir cette empathie déjà physique et bien on va se mettre dans l’émotion qui fait que le cerveau lui-même, le cerveau limbique qui le cerveau de l’émotion comme je vous le disais, qui va en fait, produire les hormones qui vont justement produire la tristesse.

Ca peut même se faire à distance, quand on regarde une information triste à la télé et qu’on voit des gens qui sont émus par un événement aux informations, qu’ils pleurent, etc. Ca peut nous provoquer d’ailleurs cette même émotion.

Bref, d’ailleurs ça a été décrit même scientifiquement, comme un effet qu’on appelle la contagion émotionnelle. C’est fascinant, c’est comme si nos émotions pouvaient avoir une transmission d’un individu à l’autre, comme une sorte d’onde, comme une sorte de virus qui se propage et qui contamine les autres. Et donc il y a un auteur d’ailleurs qui s’appelle Christophe Haag, qui a écrit un livre qui s’appelle « la contagion émotionnelle », à ce sujet-là.

Et ce qui est très intéressant aussi et je finis avec ça, c’est que les émotions négatives sont beaucoup plus contagieuses que les positives malheureusement. Elles vont s’ancrer de manière plus durable en nous. 

Donc effectivement, tu parlais de l’effet familial, des frères et soeurs, etc. Il est évident que le contexte dans lequel on évolue, la manière dont on parle, dont on se communique les émotions que ce soit la joie, la peur, la tristesse, la colère, ça va nous impacter, nous imbiber.

K : c’est super intéressant et cette contagion émotionnelle, peut-être que ce serait intéressant de revenir dessus dans une prochaine émission. A voir. (rires).

Si on se penche d’un autre côté, donc sur un autre pilier Willem, concernant le pilier du sens et du but à la vie, ces quêtes de sens et de but à la vie peuvent-elles être positivement être influencées par notre histoire familiale, par ce qui est transmis d’une génération à l’autre ? 

W : Oui, absolument. Puisque c’est dans la famille que l’on fait nos premiers apprentissages, la quête de sens et de but à la vie vont donc être découverts dans le milieu familial. Si les parents sont dans une démarche spirituelle et la communiquent à leurs enfants, ces derniers vont normalement grandir avec les notions de sens et de but à la vie. J’aimerais vous citer le collectif d’auteurs Pamela Ebstyne King, Susan Mangan, et Rodrigo Riveros qui ont écrit sur le rôle de la religion et de la spiritualité sur la jeunesse et la création de sens. Ils disent ceci :

 « Les jeunes peuvent faire l’expérience de la transcendance lorsqu’ils ressentent un lien avec les autres ou avec Dieu en chantant dans un culte, lorsqu’ils sont confrontés à la beauté naturelle ou lorsqu’ils font du bénévolat. [Il semble qu’il y a donc des résultats qui peuvent être attendus à la suite des expériences de la transcendance, quels sont-ils ?] Les idées et les émotions transcendantes peuvent inspirer la dévotion aux croyances, ce qui entraîne l’intégration des valeurs et des objectifs de vie avec l’identité personnelle, ce qui entraîne la fidélité, qui à son tour motive  les  comportements  de  contribution  alignés  sur  les  valeurs  qui  sont caractéristiques de l’épanouissement (King et coll., 2014; Lerner et coll., 2003; Riveros & Immordino- Yang, 2021). »

 On peut remarquer que le point de départ de l’expérience de la transcendance déclenche des conséquences positives en cascade et ils peuvent être reliés au mode de vie familiale avec ses habitudes. Ressentir un lien avec les autres, cela commence avant tout dans la famille. Ressentir un lien avec Dieu dans un culte, c’est une expérience collective, mais c’est surtout une expérience familiale, normalement, au début en tout cas, où les parents initient leurs enfants dès leur plus jeune âge à cette expérience cultuelle. Si on se place évidemment, dans la thématique de notre podcast d’aujourd’hui, la transmission transgénérationnelle. 

Être confronté à la beauté naturelle cela s’apprend par le regard bienveillant de nos proches sur qui nous sommes et comment nous sommes physiquement par exemple ; la découverte de la beauté de la nature peut se faire lorsqu’il y a des sorties familiales dans des lieux verdoyants, en dehors de la ville par exemple, avant même que l’enfant ne fasse cette expérience avec son école.

 Bref, l’histoire familiale peut nous apporter, par transmission, une influence positive sur la quête de sens et de but à la vie. On aurait pu continuer à échanger sur le développement de l’identité personnelle, sur la fidélité, les valeurs et l’épanouissement dont parlent les auteurs, mais je terminerai par les deux points que l’on vient de voir et qui, selon moi, est à la portée de tous les parents à savoir : 

  1. Avoir des relations intra familiales bienveillantes, valorisantes, et 
  2. Programmer régulièrement des sorties de plein air avec toute la famille. 

Si vous avez vécu cela pendant votre enfance, il n’y a aucune raison que vous ne le fassiez pas avec vos enfants, au contraire, vous êtes bien équipés pour le transmettre à la génération suivante et influencer positivement leur quête de sens et de but à la vie.

 

K : Merci Willem, c’est vrai que ce sont 2 précieux conseils que tu viens de partager. 

Un point qu’on peut ajouter à propos des transmissions générationnelles de facteurs qui contribuent à la santé et au bien-être, c’est la manière dont la famille peut-être un tuteur de résilience.  On parle d’ailleurs de résilience familiale.

La résilience est un concept inventé par Boris Cyrulnik, qu’il définit comme la « capacité à réussir à vivre et à se développer positivement, en dépit du stress ou d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négative. »

Et donc un tuteur de résilience est principalement une personne, une relation, mais ça peut aussi être un environnement ou un événement ou même un objet, qui provoque une renaissance du développement psychologique après un traumatisme. 

La résilience familiale est le produit des relations positives intra-familiales, dont l’attachement est fort et non défaillant. C’est donc la capacité d’adaptation de la famille, qui continue à évoluer, à avancer malgré une situation désastreuse. 

Peu importe la partie du monde, les auteurs s’accordent à dire que la résilience n’est pas nécessairement liées à la situation dans laquelle la résilience est investie. Il s’agit plus d’un raisonnement familial, favorable et ce, malgré ce qui peut  arriver de mauvais ou de défavorable. 

Plusieurs facteurs contribuent vraisemblablement à la résilience dans les familles. Notamment le fait que la famille soit un environnement social soutenant. La communication aussi est essentielle. Les non-dits ou les émotions refoulées font plus de mal qu’autre chose. Ca on a pu l’évoquer dans de précédents épisodes. Et donc mettre des mots sur les souffrances est une démarche libératrice, même en famille, en le faisant bien sûr, d’une manière adaptée à la maturité et à la compréhension des membres de la famille, notamment pour les enfants.

L’environnement familial peut donc influencer la manière dont on réagit aux événements. Il contribue aussi à la manière dont on voit la vie, avec une pensée relativement positive et une vision du monde plus ou moins optimiste. Azadeh, si finalement on a hérité, appris ou intégré un mode de pensée plutôt négatif, pessimiste, est-ce possible d’inverser la tendance ?

A : alors, c’est vrai qu’on le voit même parfois depuis tout petit, ou on le voit dans le caractère des adultes, ce qu’on appelle cette psychologie positive où certaines personnes vont être plus optimistes que d’autres. D’autres sont pessimistes d’emblée. On voit même les enfants quand ils tombent, il y en a qui vont se relever tout de suite avec le sourire, comme si de rien était, d’autre qui vont rester par terre à taper des pieds.

C’est vrai qu’il y a une inégalité qu’on peut constater et nous sommes tous différents effectivement, face à cette façon de voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. 

Il y a une étude qui a montré qu’effectivement, il y a 3 facteurs qui font que nous sommes différents et ça dépend de ces 3 facteurs dont : 

  • Le facteur génétique : 50% de nos différences viennent de là, nos facteurs génétiques, le fait qu’effectivement, on a quand même hérité d’un certain type de caractère et qui fait qu’on va avoir plus cette tendance ou l’autre.  
  • Le facteur environnemental : 10% correspond au milieu dans lequel on évolue, mais aussi la manière dont on s’entretient. Je veux dire, celui qui n’a pas dormi de la nuit, qui néglige son sommeil par exemple, va être certainement beaucoup plus pessimiste et irritable le matin et la journée qui suit, bien évidemment. Mais il y a quand même une hygiène de vie à avoir aussi qui est naturelle, quand on s’expose à des produits toxiques, quand on s’expose à la drogue, à une dépendance quelconque, effectivement, on sait que cérébralement, il y a des dégâts, il y a des conséquences qui font que l’impulsivité, l’agressivité, la négativité ou une tendance à la dépression vont augmenter.
Mais ce qui est très encourageant, Je sais pas si vous avez fait les calculs, dans ce que j’ai dit, il reste 40% quand même. Il y a 40 % qui vont dépendre
  • de Nous !!  de la manière dont on s’est habitué à parler, à voir les choses, notre comportement, notre perception du monde, qui peut varier, comme tu l’as dit toi-même tout-à-l’heure, le raisonnement familial favorable, va modifier effectivement notre façon de voir les choses et notre résilience. Et c’est vrai qu’il est écrit que la pensée-émotion se parlent sans cesse. Tout simplement quand on va penser à un événement passé qui est douloureux, très naturellement le cerveau va envoyer l’influx de la tristesse à notre corps. Parce que le cerveau n’arrive pas à faire la différence entre un événement passé et ce qu’on est en train de vivre dans le présent. Donc quand on commence à avoir des pensées très claires sur un événement passé, le cerveau va même avoir cette tendance à croire qu’il est en train de se passer là, maintenant. C’est pour ça que quand on pense à quelque chose de joyeux, on va avoir une émotion de joie qui va arriver. Quand on pense à quelque chose de stressant, très naturellement on va avoir le coeur qui se met à palpiter, parce que notre cerveau envoie l’influx de stress avec les hormones de stress qui vont agir sur notre corps immédiatement.
Donc pensées et émotions se parlent. D’où effectivement cet intérêt de se dompter soi-même à travers ses pensées, à travers ses habitudes, à travers la manière dont on va apercevoir les choses et essayer de voir le bon côté des choses. Et on peut s’exercer à penser comme ça et en a déjà parlé lors d’une autre émission justement de l’impact de la pensée positive qui est justement de voir le côté positif des choses, de prononcer des paroles plutôt positives que négatives face à aux épreuves, à l’adversité. Et effectivement notre cerveau va sécréter dans ces cas-là les hormones plutôt de la joie, du bien-être, l’ocytocine, la sérotonine, etc.

Et ça aura un impact effectivement sur notre corps et sur notre mode de vie et nos habitudes. 

Et je reviens à notre facteur génétique dont je parlais au début. Même là-dedans, il est prouvé que notre cerveau a une capacité de plasticité. Ca veut dire qu’il peut s’adapter, il peut se dompter, il peut se régénérer dans certaines zones de l’émotion où les neurones peuvent se générer et quelqu’un qui a pu avoir même une enfance, avoir un facteur familial d’être peureux tout simplement, va pouvoir agir même sur ce côté génétique et influer sur son cerveau en le domptant, en créant des neurones et des circuits nouveaux, qui vont complètement être différents de ses habitudes précédentes.
 

K : c’est génial, comme quoi tout espoir est permis, merci Azadeh.

Willem, une culture familiale où la relation avec Dieu est véhiculée peut-elle représenter un facteur de résilience ? Et si oui, en quoi est-ce le cas ?

W : la réponse courte à ta question est oui. En quoi est-ce le cas ? Si dans la famille, il y a cette habitude de se référer à Dieu pour traverser les moments difficiles, s’il y a cette habitude de prier, afin de s’en remettre à plus grand que soi, ce qui veut dire que l’on reconnait notre incapacité à tout faire et tout réussir par soi-même, s’il y a cette habitude d’attendre des réponses en travaillant notre patience, en faisant de la place à l’espoir qui nous communique notre situation va s’arranger, etc, alors oui, tout cela joue en faveur du développement de la résilience. 

De plus, avoir l’habitude dans la famille de partager les histoires des personnages résilients du passé, permets aux enfants de s’approprier des modèles de réussite et de voir comment des échecs peuvent être transformés en victoire, même si cela prend du temps. Comme le disait Azadeh, les choses du passé pour le cerveau, peuvent être réellement vécues dans le présent. Et je pense que ces histoires des personnages passés, on peut en faire un lien avec le présent et cela peut nous encourager à faire un pas après l’autre. Et il ne faut jamais oublier d’où l’on vient, pour savoir où l’on va… 

K : c’est très joliment dit!

Et bien justement, en parlant d’histoire des personnages résilients, comme nous aimons terminer l’émotion avec un partage de témoignages, Azadeh, Willem, auriez-vous un témoignage à partager sur la manière dont la famille est un facteur de bien-être au sens de la psychologie positive ?

W : oui, je peux partager mon témoignage personnel. Je suis la 3e génération issue d’une culture familiale où la relation avec Dieu est véhiculée avec une quête positive de sens à la vie et je transmets ces valeurs à mon fils. Comment je m’y prends ? La réponse est dans tout ce que j’ai partagé aujourd’hui.

Tout comme nos parents l’avaient fait pour nous, ma soeur, mon frère et moi, notre fils a été initié dès sa naissance aux expériences de la spiritualité non seulement en famille mais aussi en communauté. Grâce à la transmission générationnelle, je lui ai également fait découvrir la nature, la mer, la rivière, la forêt, leurs beautés, leurs richesses et le plaisir qu’on peut avoir en les côtoyant de près et en les respectant. Ce qui m’a permis à maintes reprises de réponses à ses questions et de lui expliquer l’origine de toute cette beauté et de cette richesse.

Il y a aussi la lecture régulière des textes bibliques et la découverte de personnages qui ont eu une relation étroite avec Dieu, mais cela ne les a pas empêchés de connaître des échecs et de se relever en expérimentant le pardon et la restauration de Dieu. Ce sont là des repères que notre fils a acquis et qui lui servent dans sa vie de tous les jours, notamment dans sa vie de jeune scolaire, en intégrant la spiritualité ou la prière dans ses difficultés et sa relation avec Dieu se construit petit à petit. Il apprend à faire le parallèle entre ce qui est possible dans la foi et dans ses difficultés de tous les jours

 

K : c’est super, merci beaucoup Willem pour ce témoignage.

A : moi j’ai pensé à un prédicateur chrétien qui s’appelle Nick Vujicic, qu’on appelle aussi l’homme sans bras et sans jambe. Il est très connu mondialement y compris par les milieux non chrétiens. 

Il a un témoignage extraordinaire. Actuellement il est le directeur d’un organisme qui est voué aux personnes qui vivent avec un handicap. C’est un conférencier de renommée mondiale.

Et donc cet homme-là est né, comme je viens de le dire, sans bras et sans jambe et il a connu un harcèlement terrible au sein de son école, il a même tenté de se noyer dans son bain lorsqu’il n’avait que 8 ans, il commençait déjà à avoir des pensées suicidaires.

Et puis un jour, c’est sa mère qui lui dit : « tu sais Nick, moi je suis convaincue que Dieu a plan particulier pour ta vie et qu’il va se servir de toi avec ton handicap. »

Et cette phrase-là l’a frappé. Et l’optimiste de sa mère qui y croyait vraiment dur comme fer et qui l’a aidé effectivement dans sa vie et dans cette conviction-là, a fait qu’il a repris du poil de la bête et il a commencé de plus en plus à prendre confiance en lui, de plus en plus à investir pour apprendre des choses folles : par exemple au niveau de ses pieds, il a juste un tout petit pied avec 2 orteils je crois et il le montre dans ses conférences, tout ce qu’il a réussi à apprendre à faire avec le peu de membres qui dépassent et qui lui restent de ces moignons-là.

Par exemple, il a appris à se servir d’un ordinateur et taper des textes, avec la méthode talons-orteils, à lancer des balles de tennis, à jouer à la batterie à pédale. Se peigner, se laver les dents, les cheveux, etc et même répondre au téléphone, faire sa toilette. C’était des victoires en victoires pour lui. Et aujourd’hui cet homm-là, il dégage une joue de vie. Il a une femme magnifique, je vous laisse regarder les photos sur internet, il a des enfants et il donne régulièrement des conférences sur le handicap, sur l’espoir et comment trouver un sens à sa vie. Et il est sollicité par le monde entier, dans les établissements scolaires notamment, aux Etats-Unis pour intervenir sur des campagnes de prise de conscience, sur le harcèlement, le mauvais regard des autres sur les camarades, etc. Et c’est incroyable les témoignages d’espoir qu’il amène.

Et moi j’avais même une patiente qui n’avait pas la foi du tout et qui déprimait dans sa vie et c’est elle un jour qui m’en parle en disant est-ce que vous connaissez cet homme, c’est incroyable quand je vois ses vidéos, c’est incroyable la joie qu’il dégage malgré sa situation. Donc oui, c’est possible et ça a été effectivement au sein de sa famille, c’est une mère qui lui a communiqué cet espoir-là et il y a cru, il y a adhéré et il s’est donné les moyens avec ce qu’il avait.

K : C’est magnifique, merci Azadeh. Quelle belle leçon de vie, d’espoir et de force aussi. Il est épatant. 

Et bien nous sommes arrivés à la fin de ce bel épisode qui remet en perspective la manière dont la famille peut encourager et favoriser le développement des facteurs de bien-être et d’épanouissement mis en évidence par la psychologie positive.

Si vous avez des questions, sentez-vous libre de les poser par mail à relationnellementvotre@gmail.com. Soit une réponse vous sera directement envoyée, soit elle fera l’objet d’un prochain épisode de l’émission.

Et bien, c’était le dernier épisode du podcast avant la pause estivale. Vous avez la possibilité d’écouter et réécouter les épisodes à volonté durant tout le mois d’août et on se retrouve avec de la nouveauté à la rentrée.

Azadeh, Willem et moi vous souhaitons un bel été et surtout, continuez à prendre bien soin de vous

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