Episode 48 : Comment renoncer à l’idéal personnel et relationnel (deuil de l’idéal) ? 2/2

Hello, bienvenue sur le 48e épisode de Relationnellement Vôtre.

Cet épisode vient compléter l’épisode 47 sur le deuil de l’idéal. Vous avez précédemment eu des éléments afin d’identifier l’origine de cette quête de l’idéal, car comprendre ce qui se passe, aide à savoir comment cheminer dans ce processus de deuil, jusqu’à l’acceptation.

Le deuil de l’idéal peut prendre différentes formes :

  • Il peut s’agir du deuil provoquer par la prise de conscience que l’idéal recherché est inaccessible et qu’il est nécessaire d’y renoncer
  • Il peut s’agir de la désidéalisation d’une personne, c’est-à-dire quand vous vous rendez compte que la personne que vous idéalisiez n’est pas aussi parfaite et idéale que vous le pensiez. Ou la désidéalisation d’une relation, qui ne ressemble pas du tout à ce que vous vous étiez représenté.
  • Et il y a aussi le deuil d’un idéal atteint, trouvé, mais désormais perdu. Ca peut être le deuil d’un idéal relationnel, suite à un décès, une rupture amoureuse, une rupture du lien familial ou amical, ou il peut aussi s’agir d’un idéal personnel perdu, suite à un licenciement, un accident, un problème de santé ou à l’arrivée d’un enfant, après 9 mois de grossesse ou plusieurs grossesses le corps n’est plus le même. Bref, toute circonstance qui entraîne un changement et amène a perdre ou quitter un idéal est potentiellement source d’un deuil.

Renoncer à un idéal personnel, relationnel, recherché ou perdu peut-être plus ou moins douloureux. Chacun le vit à sa manière et c’est totalement ok. Ce n’est pas parce qu’il ne s’agit pas de la perte d’un être cher, que la douleur n’est pas légitime ou qu’il n’y a pas de deuil à faire. Bien au contraire, il y a des raisons propres à chacun, en fonction des relations, de la situation qui va être affectée, de l’idéal en question, des circonstances de la perte ou de la difficulté à accepter qu’on est imparfait et que les relations le sont tout-autant.

Donc voilà, il y a autant de facteurs qui peuvent amener la perte d’un idéal à être la source d’une souffrance, d’une peine profonde. 

Après avoir vu l’origine de la quête de l’idéal, la semaine dernière, je vous propose donc, cette semaine, de mettre en lumière 3 effets nuisibles de la quête d’un idéal et pour chacun d’eux, il y aura une clé afin de favoriser le cheminement dans le processus de deuil.

Le 1er effet nuisible, et bien c’est que la quête d’un idéal enferme et limite, qu’il s’agisse de soi ou de l’autre.

L’idéal se construit à partir de notre expérience de vie, de l’éducation reçue, de l’environnement social et culturel dans lequel on évolue, des blessures vécues, etc. On a pu l’évoquer la semaine dernière.

Chercher à tout prix à correspondre à un certain idéal ou vouloir absolument partager la relation idéale avec quelqu’un, c’est rechercher une version unique de soi, unique de l’autre et/ou une version de la relation, à savoir cette version qui s’aligne parfaitement avec cet idéal. Cela réduit le champ des possibles à une image précise, alors qu’il y a bien plus de potentielles versions de vous-même, de l’autre ou des relations que vous tissez.

 

Après tout, si vous y réfléchissez un instant…, n’y a-t-il réellement que cette seule version de vous, dans lequel vous pouvez vous sentir bien ?

 

La santé, la solidité et la beauté du lien reposent-elles uniquement sur cette seule version de l’autre avec qui relationner ?

 

La relation idéale existe-t-elle vraiment ou y a-t-il différentes manières de co-construire une relation saine et épanouissante ?

Ces sont des questions importantes à se poser pour finalement remettre en balance le fait que l’idéal n’est pas forcément ce qu’il y a de plus épanouissant. Au contraire, ça limite et ça enferme. 

La quête de l’idéal empêche de voir l’étendue des possibilités et peut amener à passer à côté de sa propre vie, passer à côté de l’autre est vraiment ou même passer à côté de belles relations. En fait, l’idéal ne tient pas compte de tout ce qui fait que vous êtes vous, il ne tient pas compte de qui l’autre est, il tient uniquement compte de cette représentation figée qu’on peut avoir en tête.

 

Voilà pourquoi une des clés que je vous propose, afin d’avancer dans le processus de deuil de cet idéal, c’est d’identifier d’où vienne les représentations rattachées à l’idéal en question. Quelles injonctions parentales, quelles normes sociétales, quelles expériences vécues, quelles blessures relationnelles ont donné naissance à cette recherche de l’idéal ?

 

Une fois que vous aurez identifié les mécanismes sous-jacents à la construction de votre idéal, vous en affranchir sera plus accessible. Tout en gardant bien sûr en tête que le travail de deuil est un processus qui s’inscrit dans le temps, à votre rythme et à votre manière. Donc surtout, pas de pression.

 

Si vous avez la possibilité d’être accompagné.e par un.e professionnel.le, sachez que ça peut vous être d’une grande aide. Identifier des éléments quand on ne sait pas ce qu’on recherche, ni comment chercher, ça peut être épuisant.

 

Il peut arriver qu’on se construise sur cet idéal et donc oser faire la démarche de s’en libérer peut prendre du temps et peut être déstabilisant. Dans ce cas, avoir un accompagnement est recommandé pour avancer.

 

Ensuite, le 2e effet nuisible de la quête de l’idéal c’est qu’elle pousse au mensonge.

Oui, là ça risque de piquer mais c’est une réalité. Qu’on le veuille ou non, la recherche de l’idéal amène à des fausses croyances sur soi, sur les autres et au sujet des relations.

Si on s’intéresse tout d’abord aux fausses croyances sur soi. Chercher à correspondre physiquement, émotionnellement, intellectuellement, spirituellement ou même » matériellement à un idéal, est très fréquemment la porte ouverte à un discours intérieur auto-dévalorisant. Ca empêche de voir la valeur, la richesse qui se trouve en vous, et donc vos qualités, qui sont pourtant en majorité comparées à vos défauts.

On retrouve alors des mensonges tels que :

« tant que je ne serai pas en couple, parent, propriétaire, à un niveau de revenus plus important, plus musclé.e, plus cultivé.e…, je ne pourrai pas me sentir bien dans ma vie »

« pour être heureux.se, pas le choix, il faut que je sois plus… ou que je sois moins… » ou « franchement, ma vie ne ressemble à rien, si seulement j’avais ci ou ça…, là je serai épanoui.e » et je vous laisse compléter les espaces vides, comme bon vous semble. 

Ce sont des croyances limitantes de croire que tant que vous n’avez pas atteint cet idéal là, vous ne pouvez pas être heureux.se, vous ne pouvez pas considérer que vous avez de la valeur, ni même ressentir une certaine joie par rapport à la vie que vous avez.

Ca peut paraître bizarre dit ainsi, pourtant c’est un mensonge. En réalité, vous pouvez très bien atteindre ces objectifs et vous sentir tout aussi frustrée et peu épanoui.e. Savez-vous pourquoi ? Parce que si la problématique de fond est plus un souci d’estime de soi, d’image de soi, de perfectionnisme, de manière de voir la vie ou une question de blessures narcissiques et émotionnelles, il est fort probable que l’insatisfaction demeure, car vous trouverez forcément autre chose qui ne va pas dans votre vie, même une fois l’objectif atteint.

En ce qui concerne l’idéalisation de l’autre et/ou de la relation, rechercher un idéal amène à se voiler la face, à se mentir sur la réalité de qui l’autre est et la réalité de la relation. Ca peut entraîner de violentes désillusions quand cette réalité ne peut plus être déniée. Ca vous est probablement déjà arrivé de penser que la personne que vous fréquentez correspond complètement à vos idéaux et au bout de quelques mois, voir années, de réaliser qu’elle est tout aussi imparfaite que vous.

Ou peut-être vous êtes-vous dit ça y est, j’ai réussi à construire l’amitié idéale, la relation de couple idéale ou la relation parent-enfant idéale et il suffit qu’un grain de sable se mette dans l’engrenage, pour que vous réalisiez que cette relation n’était pas si idéale que ça et c’est normal. Car aucune relation n’est parfaite.

L’ami.e ou le partenaire de vie idéal reste un être humain, tout comme vous. Il.elle a donc aussi des imperfections, des failles, un vécu avec des expériences plus ou moins douloureuses et des soucis qui font qu’il.elle ne correspondra pas totalement, ni constamment à votre idéal et c’est complètement normal.

Permettez-moi cette question : être en relation avec l’autre implique-t-il de tenir compte de sa capacité à être votre idéal ou est-ce que ça implique de tenir compte de qui cette personne est vraiment, dans son ensemble ?..

On est d’accord qu’il faut être au moins 2 pour être en relation, c’est pour cela qu’on parle de co-construction de la relation. Chacun apporte les matériaux de sa personnalité, de sa vie et on voit ce qu’on peut composer dans le but d’avancer ensemble et de se sentir bien dans la relation. En d’autres termes, non seulement la relation parfaite n’existe pas, puisqu’il faudrait qu’elle soit composée de 2 êtres parfaits. Mais en plus, l’idéal amène à se baser uniquement sur la représentation idéalisée qu’on se fait de la relation et donc cet idéal ne tient pas compte de l’autre. Cette démarche ne revient-elle pas à le considérer comme un élément du décor, un objet que vous voulez faire apparaître sur l’image de votre relation idéale.

En plus, ça se concrétise par des exigences et des attentes pesantes vis-à-vis de la personne avec laquelle vous êtes en relation. Qu’il s’agisse de votre conjoint, vos enfants, vos amis, un membre de votre famille ou même vos collègues de travail.

On emploie alors des phrases du type : « t’es trop ceci, t’es pas assez cela, ça serait quand même mieux si tu étais plus comme ci ou moins comme ça… » et je vous laisse personnaliser les ci et ça.

Au final, ces jugements sont émis à partir de nos propres filtres, de ce qu’on pense être bien à nos yeux. 

L’un des plus gros mensonges généré par » l’idéal, c’est de croire qu’il n’y a que du négatif en soi, chez l’autre ou dans la relation. On se focalise uniquement sur ce qu’on considère comme un défaut, ces détails qui ne correspond pas à l’idéal recherché, en occultant une fois de plus tout le positif qui est forcément présent. Le but n’est pas d’être aveugle, ni de nier le négatif, loin de là. C’est important de rester conscient des défauts des autres, tout comme des nôtres, sans les exagérer. On reste réaliste. Mais sommes-nous obligés de ne regarder que ça ? Autant vous dire que lorsqu’on se focalise que sur le négatif chez l’autre ou dans la relation et bien cette dernière approche dangereusement de la fin.

Et petite parenthèse, se focaliser que  sur le négatif en soi, chez soi, amène à tellement idéaliser les autres, que ça ouvre la porte à des relations abusives et toxiques.

Voilà pourquoi, une des manières d’avancer vers l’acceptation d’une vie non idéalisée, d’une relation non idéalisée, c’est de s’arrêter pour prendre le temps de reconnaître ce qu’il y a de positif en soi, chez l’autre et dans la relation. Ca permet de contre-balancer ce qui est considéré comme négatif et peut-être de réaliser que bien qu’imparfait.e et en dehors de l’idéal recherché, vous êtes plutôt pas mal et que l’autre l’est peut-être plus que vous ne le pensez et la relation aussi.

 

Le 3e effet nuisible de la quête de l’idéal, c’est qu’elle amène à viser un but à l’opposé de ce que la relation est censée être.

Une relation c’est l’ensemble des liens qui se tissent entre au moins 2 personnes. Il peut s’agir de liens spirituel, de liens affectifs, dans les relations amoureuses il y a plus des liens physiques. Il y a des liens générationnels notamment dans les familles, des liens intellectuels, financiers, matériels, professionnels, etc.

Ces liens sont comme des cordes tressés à partir des fils apportés par chaque membre de la relation. Chacun de nous, tel que nous sommes, représente un fil composé de plusieurs brins.

Il y a différentes manières de tresser les fils ensemble pour former une relation. Différents facteurs vont influencer la manière dont nous allons nous y prendre. Par exemple, si vous êtes croyant.e vous avez probablement entendu parlé de la corde à 3 fils qui ne se rompt pas facilement. Il s’agit d’une symbolique du couple qui est une corde tressée à partir des fils représentés par les membres du couple, des fils tressés sur la base d’un fil qui représente la relation avec Dieu.

Toutes les ressources à dispositions dans les médias, sur internet et les réseaux sociaux, font qu’il y a de plus en plus cette quête de la relation parfaite, idéale. Certains contenus sont proposés pour vous aider dans les manières de faire, pas pour définir comment vous devriez être. La nuance est importante. Il y a différentes manières de faire à partir de qui vous êtes. Voilà pourquoi il est préférable d’éviter de calquer, de prendre à la lettre tout ce que vous pouvez trouver comme contenu, comme ressources proposés, mais plutôt de l’adapter à votre vie, à votre personnalité. 

Quand on veut utiliser une corde, on ne va pas regarder à son esthétique, ni aux petits épis qui dépassent, vous savez quand elle s’effrite un peu. On va regarder à sa capacité à remplir sa mission et donc, on va tester sa solidité. C’est-à-dire : 

  • sa capacité à supporter le poids qu’elle devra porter,
  • à maintenir le lien aussi serrer que nécessaire
  • et surtout sa capacité à tenir dans le temps, à traverser les intempéries, les saisons, les variations de températures, etc.

Si elle semble s’abîmer à certains endroits, doit-on la jeter ou est-il possible de la réparer, de la renforcer ?

Le tressage de vos relations n’a pas besoin d’être parfait, il a besoin d’être suffisamment solide afin que la relation puisse :

  • supporter le poids, la charge du quotidien partagé.
  • être aussi étroite et intime que nécessaire en fonction du type de relation
  • et surtout qu’elle puisse traverser les intempéries, les aléas, les changements de températures liées aux saisons de la vie.

La solidité d’une corde ne repose pas sur la perfection des fils qui la compose, elle repose sur la qualité du tressage. D’ailleurs, j’ai fait un p’tit tour sur le net pour voir les différents tressages, c’est vraiment intéressant. La relation n’est peut-être pas accessible, la relation de qualité l’est.

Donc une dernière clé pour vous aider à avancer dans le processus de deuil de l’idéal, c’est de faire un pas de côté et de repenser au rôle que vous donnez à la relation, de faire le point sur vos relations. Les cordes ont-elles réellement besoin d’être parfaites ou ont-elles besoin d’être renforcée à certains endroits pour continuer leur mission ? Qu’y a-t-il à votre portée pour améliorer la relation ? Et vous voyez que là, on sort de la quête de perfection pour rebasculer dans l’excellence, on améliore ce qui est présent, on ne cherche pas quelque chose qui n’existe pas.

Alors il arrive à certains moments de la vie que certains liens aient besoin d’être coupés, car ils deviennent toxiques et nuisent à la santé physique, psychologique et spirituelle d’un ou plusieurs membres de la relation. C’est ok. Ca implique un autre processus de deuil par contre. On essaie de réparer tant qu’on peut et parfois la réparation n’est pas possible. Et donc là il est important de l’accepter. Mais gardons en tête que toute forme de mort, ramène d’une certaine manière à une notion de vie.

La vie après la mort pour la personne décédée. Il y a la prise de conscience de l’importance de vivre pour ceux qui sont en vie justement. La mort d’une relation toxique est nécessaire pour se libérer de l’emprise et revivre. La fin d’une chose pour permettre à une autre de commencer, etc

On approche de la fin de cet épisode et avant de se quitter, j’aimerais vous laisser une astuce en bonus :

Une astuce en bonus, ça vous dit ?

Comme vous le savez, la nature a horreur du vide, quand on veut se débarrasser d’une pensée, il est nécessaire de la remplacer par une autre. Et quand on veut modifier un comportement et bien il a lui aussi besoin d’un remplaçant.

Donc l’astuce en question, c’est à chaque fois que vous entendez des injonctions parentales vous revenir en tête avec un « sois parfait », c’est de pouvoir vous dire « sois-toi ». Avec un « sois fort », « fais plaisir », « fais un effort », « dépêche-toi » et bien là, ce que vous ramenez sur le devant de la scène c’est sois-toi.

A trop courir après un idéal, on ne sait plus qui on est. Or se connaître soi-même est la base de toute relation. Car vous allez expliquer et montrer à l’autre qui vous êtes afin de co-construire une relation, tresser une relation qui tienne compte de qui chacun est.

Si vous vous demandez ce qui vous définit, comment savoir qui vous êtes ? Qui de mieux placé que Celui qui vous a créé.e, pour vous aider dans ce cheminement pour vous libérer et guérir des messages contraignants véhiculés par votre environnement ? Que dites-vous de vous recentrer sur son amour pour vous, ce qu’il dit de vous et rechercher l’identité qu’il vous donne ainsi que ce qu’il a placé en vous ? Je vous laisse y réfléchir tranquillement.

Voilà on arrive à la fin de ce 48e épisode du podcast.

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser par mail, à l’adresse relationnellementvotre@gmail.com.

Si vous souhaitez être accompagné.e dans cette démarche de deuil de l’idéal, vous pouvez en faire la demande à cette même adresse mail.

Bon et bien on se retrouve la semaine prochaine avec un nouveau numéro de l’émission Parlons Relations, Parlons Vrai.

Et d’ici là, surtout continuez à prendre bien soin de vous.

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