Episode 44 : Une fois en couple, quelle place la famille occupe-t-elle ? Avec Hélène, conseillère conjugale et familiale
Hello bienvenue pour ce 44e épisode de Relationnellement Vôtre.
Aujourd’hui je suis en compagnie d’Hélène BOURG, conseillère conjugale et familiale ainsi que sexologue,
Bonjour Hélène,
Bonjour Kelly,
Ravie de vous accueillir sur ce podcast et un grand merci d’avoir accepter de nous partager votre expertise concernant les relations familiales.
C’est avec plaisir
Merci encore
Justement, la question à laquelle nous allons répondre dans cet épisode, c’est : une fois en couple, quelle place la famille occupe-t-elle ?
Chacun, chacune de nous a une histoire familiale qui lui est propre et une manière d’être avec les membres qui composent cette famille. D’ailleurs par famille, nous ferons référence à la famille au sens large, donc pas uniquement les parents, la fratrie, les grands-parents, il s’agit aussi des oncles et tantes, des cousins, cousines, etc…
L’union du couple amène des réajustements plus ou moins bien vécus par les différents membres. Sachant que cette nouvelle dynamique familiale peut mettre en lumière des dysfonctionnements dans les places occupées et les rôles tenus par chacun.
1. Dans un 1er temps, Hélène, comment savoir si les relations entretenues avec les membres de notre famille sont toxiques pour notre couple ?
Alors en préambule, je dirais que la notion de famille comme ça a été évoqué, peut être vécue de façon large ou plus restreinte.
Dans notre culture occidentale, on vise plutôt la famille nucléaire, avec le père, la mère et les enfants. Mais dans beaucoup de cultures on élargit aux grands-parents, arrières grands-parents, cousins, cousines, oncles et tantes et encore, je mettrais etc, parce que les notions peuvent être très variables d’une culture à l’autre.
Ce qui fait que chacun véhicule sa notion de la famille, avec une expérience qui lui est propre et l’amène dans son couple. C’est déjà un préalable qu’il faut mettre dans cela.
Donc comment on peut percevoir les difficultés et le côté toxique que peuvent avoir les membres de notre famille dans notre couple, c’est très vraisemblablement par rapport au fait qu’on peut déceler des disputes, des conflits qui vont être générés autour de ce sujet. Et c’est malheureusement un sujet de disputes très important.
On va le voir :
- Alors déjà, c’est un indice, c’est une alerte, on se dit : « bon là il y a quelque chose qui ne va pas. » Bon, c’est assez classique, même dans un couple qui fonctionne bien, qu’il puisse y avoir parfois des petites tensions à ce niveau-là, mais quand ça devient important et envahissant, là il y a une vraie alerte et des questions à se poser sur la place de cette famille.
- Ca va être une immixtion dans des décisions importantes du couple : on va écouter plus des membres de la famille que le conjoint et ces membres vont avoir le dernier mot dans les décisions du couple. C’est une alerte aussi.
- Il peut y avoir aussi un envahissement qui va être plus ou moins accepter sans respect du conjoint, c’est-à-dire des appels téléphoniques à n’en plus finir, des membres de la famille qui débarquent sans prévenir ou qui ont la clé et qui viennent comme ça.
- Ca peut être des menaces, du chantage affectif, des injonctions qui vont être faites aux membres de la famille ou au conjoint ou qui vont concerner le couple.
- Une relation qui va être trop fusionnelle avec un ou plusieurs membres de la famille. Ca peut être le conjoint avec son père ou sa mère, mais ça peut être un frère, une soeur, voilà, ou un grand-père, quelqu’un qui va prendre trop de place et qui va empêcher la construction du couple et le fonctionnement normal du couple.
- Ca peut être aussi une priorisation des membres de la famille, notamment les parents, au détriment du couple. On va trouver beaucoup d’exemples du couple, mais ça peut être aussi au détriment du conjoint.
Alors j’ai envie de revenir moi, à un texte que je considère comme remplit de sagesse, qui est celui de la Genèse, on invite les membres du couple, à quitter son père et sa mère pour faire qu’une seule chair. Et l’idée c’est que pour que le couple puisse s’épanouir, se construire et ensuite construire une famille, c’est de procéder à une rupture d’alliance. On était dans une alliance avec sa famille, il y a une rupture d’alliance pour pouvoir en construire une autre.
Alors ça ne veut pas dire rompre complètement les liens avec sa famille, ça ne veut pas dire ne plus les aimer. Ca veut dire changer d’alliance, construire autre chose, se projeter dans une nouvelle relation. Et je trouve que c’est vraiment plein de sagesse et de connaissance de l’âme humaine, pour inciter justement les personnes à construire autrement leur vie de couple.
- Alors ça peut être aussi, j’évoquerai aussi dans les difficultés, comment repérer qu’il y a quelque chose de toxique, c’est justement quand cette rupture n’est pas faite et que quelque part, la relation un peu… je dirais de type oedipienne, c’est-à-dire un peu fusionnelle avec le parent de sexe opposé, par exemple, n’a pas été résolue. Et donc il y a une fusion qui est un peu trop forte et qui empêche justement de construire le couple et d’avancer dans son couple.
- Donc chacun, chaque membre du couple peut avoir aussi entretenu des relations toxiques avec un parent ou un membre de la famille particulièrement. Alors ça peut être une dévalorisation qui va impacter l’estime de soi et provoquer ensuite une certaine conjugopathie, c’est-à-dire une susceptibilité maladive, des difficultés à s’affirmer dans le couple, parce que l’estime de soi est atteinte et toutes ces choses-là vont être toxiques pour le couple.
- Il peut y avoir aussi une image, une représentation du sexe opposé qui a été véhiculé dans la famille et qui va impacter la relation, avec le conjoint : « ma mère m’a toujours dit que les hommes sont comme-ci…, mon père m’a toujours dit que les femmes sont comme ça… » et puis des disputes qui vont être liées justement avec cet impact qu’on a eu et ça, c’est l’histoire de la famille. Mais je mets ça à part parce que ça serait un peu différent.
Merci Hélène, c’est très complet et effectivement, il y a peut-être des points qui pourraient susciter d’autres épisodes de podcast. Ensuite, l’autre question que j’aimerais vous poser, c’est :
2. Que faire quand un membre de la famille s’immisce dans le couple ?
Alors, là je reprends et je repars sur la notion qu’on peut avoir de la famille, qui va véritablement impacter la manière dont on va gérer justement cette immixtion dans le couple. Parce qu’on n’aura pas nécessairement la même notion de cette immixtion. Ce qui pourra paraître trop intrusif, ne le sera pas forcément pour l’autre et inversement. Ce qui veut dire qu’il y a une forte dimension éducationnelle, par rapport à cette notion-là et aussi par rapport à la culture qu’on peut avoir.
Et on amène chacun ça dans son couple, dans l’éduction, certains membres d’un couple peuvent être très famille, on aime la famille, on se voit souvent, on a de bonnes relations. Et puis l’autre peut être moins famille, bon bah, on s’aime bien dans notre famille, mais on a une certaine distanciation relationnelle, qui fait que très vite on peut ressentir une certaine immixtion dans la vie de couple que l’autre ne ressentira pas.
Ca suppose quoi… je dirais de vraiment pouvoir en parler, réfléchir à ce qui est acceptable ou pas acceptable. Vraiment avoir cette idée qu’on n’a pas tous la même notion de ce qui est acceptable ou pas dans l’immixtion dans le couple. Mais l’alerte rouge c’est :
- comment je respecte le conjoint ?
- comment ça peut être l’objet de disputes ou pas ?
- est-ce qu’il y a un envahissement qui est accepté ou pas ?
- est-ce qu’on priorise les membres de la famille au détriment du couple ? Ou de chacun des membres de ce couple justement ?
Donc c’est un peu ça la limite.
On peut aussi avoir des couples mixtes où la confrontation de 2 cultures peut être très déroutante et là, la souplesse psychique des couples mixtes est vraiment mise à l’épreuve, parce que ça suppose beaucoup de dialogue, de compréhension, de tolérance pour trouver un modus vivendi entre ce qu’on peut accepter ou pas.
Mais c’est vrai même dans des couples qui sont de même origine, que ce soit des franco-français ou qu’ils soient entre eux de même origine nationale, la question du dialogue, de l’acceptation et de ce qu’on peut supporter est vraiment important.
Alors je dirai que quelle que soit la culture de chacun, c’est le respect du couple et des individus qui le couple qui est en jeu. Le fait de respecter cette entité qui a été formée en tant que couple, avec la rupture d’alliance avec la famille, qui doit être à mon avis opérée. Une rupture d’alliance, on crée une autre entité, on crée une famille, un couple. Et puis je dirai aussi l’idée de rompre, de couper le cordon ombilical sur un plan un peu plus psychique. Là je coupe et je me projette dans une autre relation avec tout ce que ça peut comporter.
Alors, ça c’est vraiment, je dirais, la limite, c’est le respect du couple et poser au sein du couple dans le dialogue, les limites qui sont acceptables pour chacun. Voilà.
Donc je dirai que ce qui est compliqué aussi c’est que la notion de couple, dans notre société, a beaucoup évoluée et on a un peu plus de mal maintenant à dire ce qui fait couple. La notion chez les jeunes va être assez différentes.
Autrefois c’était assez clair, je dirais peut-être un peu avant les années 70, le mariage était fondateur du couple. Les mariés qui étaient institués, qui étaient engagés, c’était clair pour la société.
Maintenant les choses sont un peu plus diffuses et un peu plus complexes, avec un glissement parfois progressif, une vie de compagnons qui sont homme et femme, mari et femme quelque part, mais qui ne l’ont pas officialisé ou n’y ont pas marqué un véritable engagement de façon officielle et publique. Et là, c’est moins tranché pour l’entourage, pour la famille et même pour le couple lui-même.
Est-ce que on vit… alors il peut même y avoir un couple qui vit séparément et alors ça complexifie encore les choses, mais on ne va pas faire trop complexe aujourd’hui. Ca pouvait complexifier justement cette notion de rapport avec la famille, qui va être plus diffus en raison de cette notion de couple qui varie maintenant, de nos jours.
Alors, que faire quand les parents m’immiscent ? L’immixtion, ça peut être quoi ? On va essayer de prendre des exemples un peu plus concrets :
- ça peut être se mêler de faire le linge, vous savez, la belle-mère qui débarque dans la maison, qui va s’occuper du linge, se rendre indispensable,
- ou les familles qui vont exiger des déjeuners, des dîners récurrents, des jours fixes, alors que bon… c’est devenu un rituel qui est peut-être un peu trop important dans le couple.
- les vacances un peu obligatoires en famille
- des décisions, des injonctions qui sont prises à la place du couple
- des exigences de finances, quelles limites donner à ça ?
- débarquer dans le couple, parce qu’on a la clé, on vient quand on veut…
Voilà, toutes ces choses-là qui peuvent être compliquée à gérer. Et là je dirais pour le couple comme pour chacun individu, ça mobilise sa capacité à refuser et à dire non. Et Dieu sait que c’est difficile de le faire et notamment quand on a affaire à ses parents qui sont une figure d’autorité dont on a vraiment besoin au niveau affectif, voilà, on a besoin de leur reconnaissance, de leur affection et c’est compliqué de dire non. Mobiliser cette capacité est vraiment importante.
C’est aussi interroger sur le fait de résoudre un peu son complexe d’Oedipe de dire voilà, je mets des limites, je ne serai pas dans la fusion complète ou dans l’espèce d’adoration de mon père ou de ma mère et je vais pouvoir couper et me projeter sur autre chose. Donc ça interroge ça.
Alors je dirais que le maître-mot, c’est le dialogue, dialoguer, pouvoir dire l’un à l’autre, ce qui est acceptable, ce qui ne l’est pas. Pouvoir trouver ensemble des solutions qui vont être gagnant-gagnant ou on va trouver un modus vivendi où chacun va faire un cadeau à l’autre, dire bon là ok, mais la prochaine fois tu feras un petit effort pour moi… Voilà, de façon mutuelle et réciproque, de se faire un peu des cadeaux, des concessions, tout en respectant les limites de l’autre, ce qui est insupportable ou ce qui est supportable pour l’autre.
C’est vraiment le maître-mot, c’est le dialogue, la discussion, pouvoir parler librement de sa conception de la famille, de ce qui peut être important ou pas dans le respect de sa famille.
Je dirais d’abord, en 1er lieu, que quand on fait couple, on renégocie les relations avec ses parents, avec sa famille de façon générale, frères, soeurs, oncles, tantes, grands-pères, grands-mères peu importe, la famille dans son sens large. On va renégocier les relations parce qu’on est en train de créer une famille, un couple et ça peut prendre du temps. Il y a peut-être des renoncements à faire. On les aimait bien les parents, moi j’aimais bien aller de temps en temps en week-end les voir, j’y allais très souvent d’ailleurs et quelque part c’est un renoncement, c’est l’acceptation de faire des concessions.
Ca peut être quelques fois un petit peu compliqué au début, voire un peu douloureux, mais ça se fait dans le temps et ça c’est important que ça puisse se faire.
Alors quand vraiment les relations sont trop toxiques, trop compliquées à gérer et que c’est vraiment particulièrement nocif pour le couple et la construction de sa vie et de ses projets de vie, ça peut être important de prendre de la distance de façon conséquente, voire éventuellement de rompre quand c’est dans des situations vraiment extrêmes et qu’on a un peu tout tenté, un peu tout essayé, je pense qu’on peut s’autoriser à se dire là, ça va trop loin, c’est important de couper.
Alors, peut-être pas avec tous les membres de sa famille, mais avec ceux qui sont particulièrement toxiques et pour lesquels il n’y a pas de solution ou toutes les solutions ont été envisagées, toutes les discussions, les négociations ont été entamées et n’ont pas abouti. Je pense que ça peut être important de se l’autoriser. Mais, je dirais de façon extrême, sinon parfois prendre juste un peu de distance. De trouver la bonne distance, c’est quelque chose qui se fait dans le temps et qui est important. Et la bonne distance ne sera jamais la même selon un couple ou même un individu et un autre couple et voilà.
Oui, elle varie d’une personne à une autre, tout-à-fait.
Voilà, c’est difficile de donner des conseils très précis, plutôt rentrer dans des principes généraux et le maître-mot je le dis encore, c’est la discussion, le dialogue et s’autoriser à le faire avec respect de l’autre, sans dénigrer la famille de l’autre, sans la rabaisser ou trouver qu’ils sont trop ci ou pas assez ça, etc. Mais avec délicatesse et respect, parler plutôt de ses propres limites, de ce qui nous paraît acceptable ou pas. Et d’en parler à froid, pas dans des situations où c’est un peu chaud, pouvoir en parler plus calmement, sans tabou et avec délicatesse, respect de l’autre. Parce que ça nous touche personnellement quand notre famille est attaquée. Donc pas de dénigrement.
Alors, ça va être :
- est-ce que j’accepte ou non les conseils des gens de la famille ?
- est-ce que j’accepte qu’on m’offre un meuble dont on ne m’a pas demandé s’il me plaisait ou pas ?
- est-ce que j’accepte ou pas de donner ma clé à telle ou telle personne de la famille ?
- quel temps je passe avec ma famille, avec tel ou tel membre ? Quel temps je vais passer au téléphone avec mon père, est-ce que c’est 3 fois par jour pendant une demie heure ? Je caricature, mais voilà, c’est des questions comme ça,
- les réseaux sociaux, etc…
La question aussi se pose sur le niveau de proximité affective acceptable avec tel ou tel membre de la famille.
L’enjeu aussi de cette question-là, c’est : est-ce que ça cache un problème, une dysfonction dans mon couple et quel niveau d’intimité j’accorde et je réserve à mon couple ? Derrière ça, il y a aussi cette question-là. La famille peut être un pare-feu pour justement cacher un peu, les dysfonctionnements du couple et se réfugier ailleurs.
Ca peut être aussi une difficulté à entrer dans l’intimité et la construction du couple. Donc voilà, il y a cette question-là qui est aussi en jeu, d’où l’importance du dialogue, d’apprendre à se connaître, à trouver des temps ensemble, se mettre d’accord sur la place que la famille va avoir dans ma vie de couple et dans ma vie de famille que je vais construire ou pas d’ailleurs, si je ne souhaite pas avoir d’enfant.
Merci beaucoup Hélène parce que les explications bien quelles restent générales, comme vous l’avez dit, sont vraiment précieuses, ce sont des rappels importants et c’est valable pour la famille d’origine, comme avec la belle-famille, ce que vous avez souligné sur la communication et le fait de respecter ce qui est supportable et acceptable pour chacun, c’est valable en ce qui concerne la famille d’origine et la belle-famille.
Tout-à-fait !
3. Et lorsqu’il s’agit d’un membre de la belle-famille, peut-on agir de la même manière qu’avec sa famille d’origine ?
Alors je dirais que de préférence, il vaut mieux laisser agir le conjoint qui connaît bien sa famille et qui saura probablement mieux comment s’y prendre d’une part. Et puis d’autre part, la famille peut mieux le prendre quand c’est pas la belle-fille ou le beau-fils ou le beau-frère ou la belle-soeur qui va intervenir pour dire ou faire quelque chose.
C’est un conseil un peu général. C’est pas forcément toujours vrai, mais souvent quand même. La famille va potentiellement se braquer ou prendre en grippe le beau-fils ou la belle-soeur, si celui-ci ou celle-ci intervient.
Et on peut toujours intervenir sur des choses mineures de façon courtoise et ferme. Je pense qu’on va devoir prendre un peu plus de pincettes et un peu plus de gants quand il ne s’agit pas de sa propre famille, parce qu’on ne sait pas nécessairement comme les choses vont être prises, comment elles vont être interprétées. Surtout au début quand on les connaît moyennement bien. Après avec le temps c’est différent je pense qu’on peut se permettre, quand on est plus accepté.e dans la famille, qu’on est plus intégré.e, on peut se permettre de sentir ce qu’il est possible de dire ou pas, de faire ou pas.
La difficulté sera dans l’hypothèse où le conjoint laisse faire, ne réagit pas, malgré toutes ses promesses de faire ci ou de faire cela, parce qu’il n’y arrive pas ou qu’il ne sait pas gérer la situation.
Et là j’ai envie de dire qu’il n’y a rien de pire que de laisser faire, laisser dire et laisser pourrir des situations dans le temps. Ca peut être important de quand même, même si c’est maladroit, même si c’est pas forcément bien perçu, de mettre des holàs à des situations ou des comportements qui sont préjudiciables au couple.
Et pour ceux qui connaissent, j’inviterais le plus souvent possible à utiliser une communication non-violente pour que ce soit bien vécu. Mais le pire, c’est de ne rien faire et de laisser pourrir les situations, voilà.
Super, merci beaucoup Hélène. Je pense qu’il y aura un épisode là-dessus aussi, comment gérer les conflits et l’importance de la communication non-violente.
Bon, bah ça sera un autre sujet alors
Oui, il y a pleins d’épisodes qui sont en train de se profiler là. (rires)
C’est passionnant
Vraiment, vraiment
4. Quelle place donner aux membres de nos familles respectives quand nous voulons entretenir des relations saines tout en préservant notre couple ?
Alors, je dirai que la place à donner à sa famille quelle que soit la conception qu’on en a, je dirais, par rapport à son couple, mais aussi par rapport à la famille qu’on va construire, c’est celle qui va pouvoir respecter chaque individu dans des besoins relationnels équilibrés et respecter aussi l’entité couple, mais aussi respecter l’entité couple dans ses besoins relationnels spécifiques, ses besoins d’intimité, de proximité, de temps partagé, d’autonomie relative vis-à-vis de cette famille et là c’est vraiment important : quelle bonne distance je vais trouver qui va respecter l’autre, qui va respecter mes besoins et ceux de mon conjoint ou de ma conjointe.
Alors c’est une idée un peu générale, parce que quelle place donner à ses parents et à sa famille, sa fratrie, c’est tellement variable par rapport justement au fait qu’on soit très famille ou qu’on ne le soit pas, qu’on ait pu entretenir de bonnes relations ou pas avec sa famille, ça aussi ça joue. Quand on a toujours été en conflit avec ses parents ou avec certains frères et soeurs, on va peut-être moins avoir envie de les voir, de les côtoyer. Alors que si les relations étaient excellentes, voire très chaleureuses, ce sera plus compliqué de prendre de la distance.
Donc, quelle bonne distance va permettre justement de satisfaire ses besoins relationnels, qui sont normaux ? Il ne s’agit pas de couper complètement avec sa famille, il s’agit de faire une rupture d’alliance, de construire autre chose, c’est ça, je pense, l’idée qui est intéressante. Mais mes besoins relationnels doivent être respectés et la bonne distance qui va permettre aussi au conjoint de se sentir respecté, de ne pas se sentir exclu. De pouvoir avoir la bonne intimité dans le couple qui sera satisfaite pour les 2. Et encore une fois j’ai envie de dire, c’est le maître-mot, c’est le dialogue, la discussion à froid. De pouvoir dire « et bien est-ce que ce week-end on va le passer chez mes parents ou bien est-ce que tu veux qu’on puisse rester tous les 2 ensemble à faire quelque chose, avoir une activité ou simplement être ensemble parce que ça fait longtemps qu’on ne l’a pas été, que la semaine au travail c’est compliqué, le temps passe très vite…
Voilà, pouvoir se réserver des temps d’intimité, des temps où on est ensemble, on peut se parler, on peut vivre des choses ensemble, quelles que soient, des choses les plus simples jusqu’aux plus travaillées et organisées. Qu’est-ce qui va faire que notre équilibre de couple va se sentir satisfait, bien, fonctionnel et c’est ça qui est important.
Donc pas de recette toute faite, pas de baguette magique, c’est vraiment dans le dialogue que chacun va pouvoir trouver ce qui lui convient et va pouvoir l’exprimer.
Ca suppose de pouvoir bien communiquer dans son couple. Alors ce qui est important dans cet esprit de dialogue, c’est vraiment de garder l’idée d’être solidaires dans le couple, l’un envers l’autre et vis-à-vis de la famille. C’est-à-dire former un bloc, par rapport aux familles respectives. Et notamment en défendant son conjoint, même si parfois il n’a pas eu un comportement tout-à-fait approprié, mais quels qu’ils soient ces comportements, il est important de faire bloc et de le défendre à tout prix, parce que c’est son conjoint.
Il est important aussi de se faire confiance, de travailler la confiance par rapport à ça. Et surtout d’apprendre progressivement à prioriser le couple, dans une limite et dans une mesure qui est acceptable pour les 2, par rapport à la famille.
Pas de réponse unique donc, à cette question. C’est vraiment un réponse singulière pour chaque couple, selon sa culture, son éducation, ses besoins relationnels… Pour pouvoir avoir des relations fluides entre l’entité couple et les familles respectives.
Alors si des disputes naissent, il peut y avoir des frustrations, des rancoeurs et ça c’est une alerte sur le déséquilibre nécessitant un dialogue, ça veut dire que la bonne distance, la bonne place n’a pas été trouvée et parfois, couper le cordon ça peut être nécessaire, voilà et vraiment construire son couple en acceptant de rompre, ce qui peut être parfois un peu douloureux pour ceux qui ont des familles chaleureuses où on aime se voir, mais qui peuvent être aussi un peu trop envahissantes, voire toxiques dans certains cas.
Merci Hélène !
On approche de la fin de cet épisode mais juste avant, pour finir, auriez-vous une astuce qu’on peut utiliser entre conjoints pour poser des limites saines avec la famille ?
Alors quand le couple en ressent le besoin, parce qu’il y a vraiment une difficulté dans ce sens, ce qui est assez fréquent, je pense que se donner des petits rendez-vous réguliers pour faire le point, ça me paraît important.
Pourquoi des rendez-vous parce que quand on est à chaud dans des événements qui peuvent être source de conflits, on ne raisonne pas de la même manière que quand on est posé, tranquille et qu’on a un peu réfléchi à la question. Ce ne sont plus les émotions qui vont nous envahir et nous faire dire ou nous faire faire des choses qu’on peut regretter, qui ne seront pas appropriées ou adéquates à la situation.
Donc prendre des petits rendez-vous de temps en temps et se dire voilà, moi j’aimerais parler de la dernière fois où ta mère a appelé à minuit, alors que nous étions couchés, alors qu’elle avait juste des états d’âme à faire voir, comment on peut gérer ça, est-ce qu’on peut débrancher le téléphone… voilà. Réfléchir à froid et réfléchir ensemble sur des situations bien précises, de façon régulière. Et plus il y aura de souci en ce sens, plus les rendez-vous réguliers pourront être fréquents. Ca peut être une fois par semaine, comme ça peut être 1 fois par mois ou 2 fois par an, selon l’importance des difficultés rencontrées.
D’accord.
Et bien, merci beaucoup Hélène pour les précieuses informations apportées. Autant vous prévenir, quand je sollicite un intervenant, il est fort probable que ça se renouvelle.
Bien écoutez si j’ai un peu de disponibilité, ce sera avec plaisir.
Je vous remercie encore en tout cas et puis on se dit à bientôt
A bientôt
Astuce proposée par Hélène
Prendre des petits rendez-vous de temps en temps, se dire ce qui crée des tensions et réfléchir à la manière de les gérer. Réfléchir à froid et réfléchir ensemble sur des situations bien précises, de façon régulière et aussi souvent que nécessaire.
Voilà ce 44e épisode du podcast est terminé. Si vous avez des questions, vous pouvez les poser en envoyant un mail à relationnellementvotre@gmail.
Si vous souhaitez bénéficier des services d’Hélène Bourg, donc la professionnelle que nous avons entendu durant cet épisode, il suffit de faire la demande par message à l’adresse mail que je viens de vous préciser, ses coordonnées vous seront donc communiquées.
Bon et bien on se retrouve la semaine prochaine avec un nouvel épisode de la rubrique Questions de Connexions. Azadeh, Willem et moi vous parlerons du pouvoir des mots.
Alors surtout continuez à prendre bien soin de vous et à très vite !
