Questions de connexions #3 : le corps, l’âme, l’esprit parlent. Comment sortir de la « cacophonie » et trouver l’harmonie ?
K : Bonjour et bienvenue pour ce 3e numéro de la rubrique « Questions de connexions ».
Si vous écoutez le podcast pour la 1ère fois, cet épisode fait partie d’une rubrique où médecine, psychologie et spiritualité se rejoignent pour parler des connexions et des interactions entre notre corps, notre âme et notre esprit. Parce qu’après tout, construire des relations saines commence par savoir prendre soin de soi et pas que physiquement.
Donc moi, c’est Kelly, psychologue et j’ai le privilège de partager cette rubrique avec Azadeh qui est médecin généraliste, bonjour Azadeh…
A : Bonjour Kelly
et de Willem qui est leader spirituel, bonjour Willem…
W : Bonjour Kelly
Aujourd’hui nous allons tenter de répondre à la question de connexions suivante : le corps, l’âme, l’esprit parlent. Comment sortir de la « cacophonie » et trouver l’harmonie ?
Dans le 1er numéro de cette rubrique, nous avons parlé de la santé de l’être qui implique, la santé physique, psychique, spirituelle et relationnelle. Cette santé est étroitement liée au fait de prendre soin de chaque partie de notre être, en tenant compte de ses besoins.
Si vous vous posez des questions sur vos besoins physiques, psycho-affectifs ou sur vos besoins spirituels, vous pouvez écouter les épisodes 3, 4 et 5 du podcast pour plus de détails.
Aujourd’hui nous allons plus nous intéresser aux conséquences du déséquilibre entre les 3 dimensions de l’être et surtout aux différentes manières de ramener de l’équilibre pour une meilleure santé globale.
Avant d’aller plus loin, je tiens juste à préciser que trouver le parfait équilibre n’est pas de ce monde. Donc on peut relâcher la pression. Le but est de tendre vers l’équilibre, c’est-à-dire d’éviter autant que possible les extrêmes que ce soit les excès, la privation, le manque sur une durée prolongée.
Pour illustrer nos propos, partons de l’image suivante : notre corps, notre âme et notre esprit ont des besoins. Chaque besoin est comme un instrument de musique au sein de l’orchestre de notre santé. Les besoins physiologiques, les besoins psycho-affectifs, les besoins spirituels. Les sons émis composent une mélodie, la mélodie qui nous maintient en vie.
Pour être harmonieuse, cette mélodie a besoin que chaque instrument soit pris en compte, qu’il soit suffisamment présent, ni trop, ni trop peu. Il y a des moments où certains instruments seront volontairement plus mis en avant que d’autres, on va prêter plus d’attention à certains besoins en priorité sur une courte durée.
Dans une mélodie jouée par plusieurs instruments, si on en écoute un seul instrument, à la longue, la mélodie devient destructurée, elle perd son rythme, son harmonie, sa vie.
Etre à l’écoute de nos besoins est indispensable à notre santé. Chaque sphère s’exprime pour nous le faire comprendre et demande à être écoutée. Fermer nos oreilles au son d’un des instruments a des conséquences. Il va jouer de plus en plus fort, sonner faux pour attirer notre attention. C’est là qu’on se retrouve au milieu d’une cacophonie, sans forcément savoir comment retrouver l’harmonie.
Et malheureusement, à trop rester dans la cacophonie, la musique peut s’arrêter de manière totalement inattendue. La vie est un précieux cadeau, voilà pourquoi il est important de savoir repérer un déséquilibre, une dysharmonie.
Sachant qu’un déséquilibre prolongé dans notre manière de vivre est souvent la porte ouverte à bien des maladies qu’elles soient physiques ou psychologiques.
Dans un 1er temps Willem, le foi est bien souvent associée à une prédominance de la dimension spirituelle. Est-ce que ça implique forcément de négliger les autres dimensions de l’être ? (En d’autres mots, le chef d’orchestre qui symboliserait le Créateur de l’humanité, aurait-il créé l’orchestre de notre être pour que notre esprit joue en solo ou est-ce que la dimension spirituelle serait comme la base rythmique de l’orchestre)
W : Non, en aucun cas on ne peut envisager une négligence d’une partie de notre être, quelle qu’elle soit ! Un équilibre est à trouver pour harmoniser les trois parties de notre être.
Comme tu le dis, la dimension spirituelle est conçue pour être la base rythmique de l’orchestre. Autrement dit et pour mieux comprendre l’idée, le Créateur souhaite une vie relationnelle avec ses créatures et pour ce faire, il les a dotés d’un esprit par lequel elles peuvent entrer en relation avec lui. À partir de cette connexion spirituelle avec le Créateur par mon esprit, je peux recevoir de sa part les instructions nécessaires qui me permettront de jouer la bonne mélodie et trouver la bonne harmonie dans mon être.
Il est toujours préférable d’avoir un référent, ce fameux chef d’orchestre qu’est le Créateur, qui connaît déjà la partition avant de commencer à la jouer, surtout qu’il y a trois parties à harmoniser dans mon être. Recevoir les instructions de la part du chef d’orchestre c’est se donner la possibilité de ne pas improviser ! Improviser implique de faire des essais, parfois à l’aveugle ou de manière expérimentale … ça peut plus ou moins fonctionner, mais ça risque bien souvent de « sonner faux » et c’est cette recherche d’équilibre ou d’harmonie entre notre esprit, notre âme et notre corps que nous « improvisons » ou que nous recherchons à tâtons, à l’aveugle, comme on dit « au p’tit bonheur la chance », qui peut nous apporter finalement de l’insatisfaction.
D’autre part, en recevant les instructions du chef d’orchestre, comme je l’ai dit précédemment, ce chef Créateur désire une vie relationnelle avec moi, mais il souhaite également que je développe une vie relationnelle avec les autres. Parce que quand on élargit un peu plus au-delà de ma propre vie, on se rend compte qu’il y a d’autres orchestres autour de moi, d’autres personnes qui cherchent également leur harmonie, et que tous ensemble nous sommes les composantes d’un orchestre familial, d’un orchestre sociétal, et même d’un orchestre mondial !
Alors dans ces conditions, qui est capable d’orchestrer tout cela ? Je crois que seul le Créateur peut vraiment bien le faire …
Toutefois, il faudrait que chaque composante, chaque orchestre, qu’il soit individuel ou collectif, reçoive les instructions de la part du chef ! Je dirais ici que ce n’est pas un luxe, vu l’harmonisation globale recherchée par le chef d’orchestre et surtout, les dysfonctionnements que cela peut engendrer quand on se la joue « solo » …
Je dirais aussi que, recevoir les instructions du chef d’orchestre, cela donne la possibilité de limiter les improvisations… Je dis « limiter les improvisations », car, comme tu l’as dit, il ne s’agit pas de trouver le parfait équilibre qui n’est pas de ce monde, mais plutôt de faire de son mieux pour suivre les instructions du chef d’orchestre. D’autant qu’être en relation avec les autres demandes parfois toute une vie pour trouver un équilibre. Nous avons tous besoin d’apprendre à nous connaître nous-même, ce qui nous permettra de mieux entrer en relation avec l’autre. Ce sont des défis conséquents et cela ne se fait pas rapidement…
Enfin, recevoir les instructions du chef d’orchestre permet d’accorder à chaque partie de mon être la bonne attention dans la bonne circonstance. C’est cela qui s’apparente à jouer correctement la partition pour entendre la bonne harmonie de la mélodie ! Je ne néglige pas une partie par rapport à une autre, mais je fais de mon mieux pour respecter une partition que le chef d’orchestre connaît déjà parfaitement …
K : merci Willem, c’est très clair. On comprend bien que l’être humain a été créé pour fonctionner dans l’harmonie tant personnelle que relationnelle. La cacophonie peut donc avoir de lourdes conséquences. Azadeh, peux-tu nous en donner quelques exemples ?
A : Alors, par exemple sur le corps. Si on pouvait parler par exemples des besoins physiologiques. C’est les besoins qui sont liés à la survie donc ce sont les besoins les plus basiques et concrets comme le fait de manger, de boire, dormir, respirer, bref, faire ses besoins, se protéger contre les intempéries (froid, orage…) et autres. On comprend très bien que quand il y a un déséquilibre dans tout ça, n’est-ce pas, par exemple tout simplement le manque de sommeil, les répercussions que ça va avoir sur le corps avec des troubles du sommeil, des troubles cardio-vasculaires aussi.
Le fait de mal manger, si on est dans des carences à cause de ce qu’on néglige dans son alimentation, on peut avoir des conséquences, des carences de fer (l’anémie), etc. Ou l’excès, ça va être l’inverse. Quand on est dans l’excès de sucre, on peut développer un diabète par exemple ou le gras qui va développer l’hypercholestérolémie et par les suites tous les problèmes cardio-vasculaires qui vont avec, etc.
Respirer, si on peut pas respirer, je vous le fait même pas quand même hein, on imagine tous les conséquences. il y a aussi l’inverse vous savez, hyperventiler, respirer très très vite. Même ça, ça va provoquer un désordre dans notre corps qu’on n’imagine pas, parce qu’en fait, quand on respire très très vite, ça va supprimer beaucoup plus de CO2 qu’il n’en faut, alors que dans notre sang, il y a un taux d’équilibre entre l’oxygène et le CO2 qui est parfait. Et quand on élimine trop de CO2 vous savez ce qu’il se passe ? Les gens qui hyperventile, qu’est-ce qui leur arrive quand ils font une crise d’angoisse et qu’ils hyperventilent, ils font une crispation musculaire, une contracture musculaire qu’on appelle la spasmophilie. Et bien c’est dû à ce taux faible de CO2 dans le sang.
Donc voilà, effectivement, il y a des conséquences.
Si on devait parler des conséquences sur le plan psycho-affectif : évidemment que le besoin relationnel chez l’Homme est primordial. C’est une dimension sociale où il y a un réel besoin de se sentir accepté dans les groupes dans lesquels on vit comme la famille, les amis, les associations dans lesquelles on est, à l’intérieur d’un groupe chaque individu recherche une reconnaissance, une appartenance, une place. Ca fait partie de nos besoins primaires.
Et l’isolement social par exemple, va avoir un impact réel sur notre santé mentale. Alors l’isolement social, ne signifie pas la solitude. Parfois on peut avoir un sentiment de solitude sans pour autant être en isolement social. L’isolement social c’est vraiment avoir peu ou pas de contacts avec d’autres personnes.
Des études montrent que ce n’est pas la quantité de nos relations qui compte, mais c’est la qualité des interactions sociales qui importe sur notre santé mentale. Garder le lien par le biais des réseaux sociaux par exemple peut s’avérer insuffisant pour notre santé mentale, parce que ces interactions perdent en qualité. D’ailleurs il y a même une étude qui prouve que le temps excessif sur les réseaux sociaux va même augmenter le sentiment de solitude. Donc c’est vraiment la qualité qui va importer avant la quantité.
Les êtres humains sont des êtres sociaux et ont besoin de cette connexion régulière à travers la communauté, à travers les amis, il y a des réseaux d’aide parfois, c’est essentiel à notre bien-être mental.
Et l’isolement social est décrit dans les troubles psychologiques qui vont accroître, comme dans l’anxiété ou dans la dépression. L’isolement social pourrait même selon certaines études diminuer l’espérance de vie, donc c’est incroyable.
Il y a des études qui montrent qu’il peut altérer la fonction cérébrale et les facultés cognitives, c’est à dire les facultés de pensées, les facultés intellectuelles. On voit à l’IRM que certaines zones du cerveau vont être affectées pour quelqu’un qui va rester dans un isolement social, notamment 3 parties :
- L’hippocampe : Cette zone du cerveau joue un rôle majeur dans la régulation de notre réaction au stress. Dans les cas s’isolement social, il est vu sur l’IRM que cette zone va être tellement soumise à des doses élevées de cortisol (l’hormone du stress), pour une personne qui est dans la solitude. En fait, cette zone là va diminuer.
- L’amygdale : c’est une autre région du cerveau, c’est la zone des souvenirs, c’est la zone qui crée les souvenirs, qui stocke nos souvenirs. Les recherches montrent que quelqu’un qui est dans un cas d’isolement et bien, va avoir cette zone de son cerveau qui va diminuer alors que chez des personnes qui ont une vie sociale très riche, cette zone sera plus volumineuse.
- Cortex préfrontal : Cette partie du cerveau joue un rôle important dans le comportement social, la prise de décisions et la mémoire. Des études suggèrent que la fonction et le volume de cette zone diminueraient sans interactions sociales régulières.
Donc l’isolement social a un impact sur notre mémoire et notre façon de traiter les informations et ça peut même augmenter le risque de certaines démences, en particulier la maladie d’Alzheimer, par exemple.
k : merci Azadeh. C’est super important ce que tu viens de nous expliquer et iIl y a donc des signaux d’alerte tant physiques que psycho-affectifs auxquels il est préférable d’être attentif, pour éviter dans arriver là, n’est-ce pas Azadeh ?
Oui, tout à fait, notre corps parle. Tout simplement quand on a des douleurs chroniques qui persistent, quand on a des troubles du sommeil avec l’insomnie, etc…
Quand on a une fatigue qui persiste, qu’il n’y a pas de raison particulièrement évidente en tout cas.
Quand on est perte de poids, en prise de poids sans raison, qui soit expliquée ou justifiée. Quand on a des symptômes qui reviennent régulièrement, bref, en toute logique, tout ce qui devrait demander un avis médical, effectivement sont des signaux d’alerte qui nous poussent à aller consulter.
Sur le plan psychologique aussi évidemment, tout ce qui est l’anxiété, l’angoisse, le mal-être permanent.
Les troubles du sommeil effectivement, j’en parlais, que ce soit physique mais aussi d’ordre psychologique. D’ailleurs il ne faut pas oublier que c’est un des premiers signes vraiment de la dépression, qui est installée. Donc ce sont le genre de symptômes à prendre en compte.
L’envie de rien faire qu’on appelle l’apathie, les maux de ventre réguliers, les phobies qui s’installent, les peurs qui s’installent bref, soyons attentifs aux remarques aussi de notre entourage. Très souvent vous savez, je vois des patients qui viennent me voir et qui disent en plus finalement c’est le conjoint, la conjointe quelqu’un de proche qui les a envoyé chez le médecin en disant, tu n’es pas comme d’habitude. On ne te reconnaît pas, on n’arrive plus à te parler, etc. Il y a quelque chose qui a changé, voit ton médecin. Il faut être alerte à notre entourage qui nous connaît et qui voit parfois un changement qui nous arrive et auquel nous on s’habitue, qu’on ne réalise même pas, on vit avec, mais finalement, c’est vraiment des signaux d’alerte qu’il faut prendre au sérieux.
k : c’est très juste ce que tu soulignes et c’est vrai que ces signaux d’alerte sont très parlant, le débordement d’émotions comme ça, les crises de larmes incontrôlées, les explosions de colère, les crises d’angoisse à répétition ou même les attaques de paniques sont des signaux d’alerte majeurs sur le plan émotionnel.
Il y a aussi des signaux d’alerte cognitifs, comme tu l’as souligné, tout ce qui peut être au niveau des facultés de pensée et de raisonnement, avec des pertes de mémoire, des absences, des difficultés de concentration, une impression durable d’avoir les idées confuses, de ne plus s’y retrouver finalement dans le fil de la pensée.
Il y a les signaux d’alertes au niveau de la volonté avec une perte de la motivation, l’envie de rien, des difficultés à prendre des décisions, pouvant aller jusqu’à une perte de goût à la vie. Ce qui est un symptôme comme tu l’as souligné Azadeh de la dépression.
Et tu l’as très justement rappelé, l’isolement social, repli sur soi, l’envie de voir personne a des conséquences qui peuvent vraiment être multiples et dramatiques. N’hésitons pas à aller consulter quand ces signaux s’allument.
La cacophonie, ce déséquilibre dans la prise en compte de nos besoins s’installe très progressivement, voilà pourquoi on peut mettre du temps à s’en rendre compte. Ces p’tits signaux d’alerte peuvent être des astuces précieuses pour nous épargner des conséquences vraiment dommageables.
La non prise en compte des signaux d’alerte expose au risque de développer des troubles psychologiques et des maladies tels que les troubles anxieux, les phobies, la dépression ou différentes formes d’épuisement, dont le burn out.
Azadeh peux-tu nous en parler ?
A : c’est vrai que le Burn out, il faut déjà essayer de comprendre de quoi il s’agit : c’est un épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail très exigeantes sur le plan organisationnel et émotionnel.
Juste pour anecdote, l’inverse existe. C’est-à-dire qu’il y a le « bore-out » c’est l’inverse du burn-out, ça veut dire que ça va être plutôt un épuisement professionnel dû à l’ennui. Il y a des personnes, quand il y a une trop forte baisse ou un manque d’activité au sein de leur travail, qui vont s’ennuyer au point d’avoir des symptômes de bore-out qui sont les mêmes symptômes physique, émotionnel et mental d’épuisement.
Ce serait intéressant de savoir que dans le burn out, il y a 4 phases et finalement on peut se reconnaître dans une des phases et se dire « ah, j’en suis là, je peux toujours m’arrêter. »
- Au départ, il va y avoir la phase d’engagement. Ca va concerner essentiellement les personnes qui sont très engagées dans leur activité et généralement plus que la moyenne.
- La 2e phase ça va être la phase de surengagement : suite à un déclencheur au sein du travail, que ce soit : un nouveau projet, une nouvelle position, un changement d’organisation,… qui fait que le travail va prendre toute la place dans la vie personnelle, de quelqu’un qui était déjà bien engagé.
- puis dans un 3 temps va venir une phase de résistance : la personne nie son surmenage, elle va penser qu’elle va y arriver, elle va s’acharner, jusqu’à ce que malheureusement vienne, si elle ne s’arrête pas à temps,
- La phase d’effondrement : cette phase peut être progressive ou brutale. L’estime de soi va être anéantie et la personne se sent dans l’incapacité de se concentrer, de travailler, le cerveau tout simplement dit je n’en peux plus et la machine ne répond plus. Les symptômes vont être émotionnels, c’est des gens qui vont craquer, qui vont avoir des prémisses de dépression, qui vont avoir des symptômes physiques avec ce qu’on a dit déjà, les problèmes de sommeil, les problèmes d’anxiété. Ils ne peuvent plus sortir de chez eux pour aller au travail, bref, un manque de motivation qui va s’installer, tous ces symptômes vont s’accumuler et d’un seul coup arrêter la personne.
Ce qui est intéressant à relever, c’est que l’académie de médecine, dans son rapport publié en février 2016, dit avec sagesse du burn out qu’il est « le résultat de la rencontre entre un individu et une situation » : ça veut dire que 2 collègues face à la même situation ne vont pas réagir de la même façon. En fonction de notre éducation, de notre capacité à prendre du recul, de notre sens du devoir, de nos sources d’énergie hors travail (famille, sport, autres engagements,…), nous n’aurons pas les même réserves et nous réagirons différemment aux mêmes situations. Certains s’adapteront facilement, d’autres s’opposeront, d’autres encore se tairont, bref…
Ce qui est très dangereux, c’est que parfois, c’est nous-mêmes qui sommes capables de créer la situation de notre propre burn out.
C’est dangereux parce que non seulement on est l’initiateur mais on va y rester encore plus, parce qu’on ne veut vraiment pas lâcher le morceau. Parfois on désire nous auto-investir dans des missions de sauvetage de personnes, ou dans des situations, des organisations qui vont au-delà de nos forces, qui vont au-delà de notre temps.
Parfois on va même aider ceux qui ne demandent pas d’aide, proposer des idées de changement ou de projets à notre hiérarchie, alors qu’elle n’a rien demandé et on va s’investir corps et âme dans des missions de lutte contre le monde entier, sans que personne ne nous l’ait demandé.
Et ça aussi c’est quelque chose à prendre en compte en fonction de notre tempérament. Et de ce que l’entourage peut nous dire : « tu en fait déjà trop, ne tombe pas là-dedans » exactement le genre de réflexions qu’on peut avoir.
En tout cas, d’un point de vue strictement médical, qu’est-ce qui se passe dans notre cerveau quand on est en situation de burnout, en fait, c’est à force d’exposition au stress, il va y avoir une hypersécrétion d’une hormone qui est le cortisol qui endommage les neurones de l’hippocampe (zone responsable de la mémoire et de la concentration) et du cortex préfrontal (prévoyance et prévision de changement, planning et prise de décisions), ces zones là vont être touchées d’où effectivement cet épuisement moral, psychique et physique. Sans parler des autres conséquences sur le corps, sur notre système immunitaire, sur notre système digestif, etc.
Le burn out finalement va être le résultat d’un déséquilibre qui va être d’abord physiologique, c’est cette sécrétion de cortisol, à cause du stress qui va déclencher ces changements dans notre tête, notre cerveau et qui va faire que le reste va lâcher. Alors que dans le cas de la dépression, j’en parle juste brièvement parce que c’est quand même un sujet très répandu, ça va être l’inverse. En fait, dans le cas de la dépression, il va y avoir effectivement aussi une hormone, qui va baisser, qui au niveau des neurostransmetteurs de notre cerveau, qui va amener des symptômes physiques, psychologiques, de fatigue, d’insomnie et d’apathie. Des mécanismes qui sont complètement différents quand même.
k : merci pour ces précisions Azadeh. On voit clairement combien un déséquilibre à un niveau de l’être a des répercussions bien plus larges qu’on ne le pense.
D’ailleurs Willem, les déséquilibres et dysharmonies peuvent aussi toucher la sphère spirituelle n’est-ce pas ? Que se passe-t-il si on n’écoute pas nos besoins spirituels ou si au contraire, on ne se focalise que sur eux au détriment du reste ?
W : Oui, comme je le disais dans un précédent podcast, ne pas écouter nos besoins spirituels entraîne un dysfonctionnement dans notre quête de sens que personne ne peut éviter à un moment ou à un autre de la vie. Je vais donc davantage développer une focalisation sur les besoins spirituels au détriment des deux autres, en particulier celui du corps.
Si une personne se focalise sur ses besoins spirituels cela veut dire qu’elle a dépassé le simple stade de la découverte de sens à sa vie. Elle accepte de recevoir les instructions du Créateur comme chef d’orchestre et désire jouer une partition la plus harmonieuse possible.
Un dysfonctionnement peut, par exemple, se faire jour quand la personne est convaincue qu’elle n’a pas besoin de médecin. Tout ce que Azadeh vient de développer, peut faire partie de ces convictions, pas besoin de médecin, ni de médicament, j’ai mal mais je peux accéder à la guérison dans son corps autrement. Elle croit que c’est sa spiritualité, sa croyance, sa foi en Dieu qui peuvent lui apporter la guérison. Ce n’est pas faux de croire aux miracles, ce n’est pas faux de croire que Dieu peut guérir un corps malade et je serai bien le 1er à l’attester, mais où se trouve le juste équilibre, entre un mal de tête gênant où l’on choisit de se passer de médicament et une cellule cancéreuse qui s’est transformée au fil du temps en cancer généralisé? Pour reprendre les propos d’Azadeh, si je tombe dans un épuisement professionnel ou dans une dépression, à quel moment j’admets de consulter ? A quel moment j’admets d’écouter mon entourage ? Est-ce que je m’enferme dans ma spiritualité et je n’entends plus personne d’autre que ma seule spiritualité ?
C’est pour moi ici que doit se situer le juste équilibre entre ce que je veux, ce que je désire jouer comme partition, et ce que le chef d’orchestre désire. N’oublions pas que Dieu nous a créés libres avec une volonté propre. Ceci nous permet, y compris dans nos besoins spirituels, de nous donner des objectifs de partitions qui peuvent ne pas être harmonieux ! Et d’ailleurs comme le disait Azadeh, l’entourage peut le voir que c’est pas harmonieux, que ça sonne faux. Mais on est enfermé dans notre partition. Je veux que ça sonne juste. Oui, mais tu es le.la seul.e à vouloir que ça sonne juste de cette manière, mais on entend autre chose.
Le défi est d’utiliser une « bonne oreille musicale » pour se rendre compte qu’on « se la joue en solo », en priorisant une partie de notre être, dans ce cas la spiriualité, y’a que ça qui compte, hélas.
Et il faut parfois du temps, même dans certains cas déjà rencontrés, beaucoup de temps pour qu’une personne, qui dysfonctionne spirituellement, se rende compte de la cacophonie dans son être. Ce qui évidemment a des répercussions dans sa vie. Je vous assure que cette cacophonie n’est pas forcément « audible » de manière évidente, elle peut être très subtile, car la personne se repose sur une force, une puissance qui se situe en dehors de sa personne et dont elle a les preuves de résultats antérieurs chez elle ou chez d’autres… donc elle est convaincue que ça peut marcher : « ça va marcher, je vais attendre. Oui, mais tu vas attendre combien de temps ? Et elle peut choisir d’attendre une intervention divine jusqu’à ce que… mais ce « jusqu’à ce que » ne peut être contrôlé par la personne, ni par qui que ce soit sur terre, me semble-t-il !
C’est pour cela que je dirais qu’à ce stade de la cacophonie, il faut une aide extérieure qui a l’expérience d’une partition plutôt harmonieuse pour aider à retrouver un « son juste », ou un son plus proche de la partition. Encore une fois, on ne cherche pas la perfection, mais on fait des efforts pour se rapprocher de quelque chose d’harmonieux. Et la plupart du temps ce n’est qu’une mauvaise lecture d’une note, ou d’une ligne de la partition que la personne à jouer, peut-être sans faire attention. Comme disait Azadeh, peut-être que la personne s’est surinvestie à un moment donné et elle ne s’est pas rendue compte.
En lui montrant son erreur de lecture ou son erreur d’appréciation, bien sûr avec douceur et empathie, en général on constate qu’elle est volontaire pour essayer autre chose. En tout cas on espère qu’elle sera volontaire.
Si elle se lance et que l’on continue à l’accompagner, le son des « bonnes » notes qu’elle va entendre elle-même et que son entourage va entendre, cela va l’encourager et cela va constituer l’apprentissage de la vie harmonieuse.
Tout ça pour dire qu’on peut faire des erreurs, on peut aller dans de mauvaises directions, suivre de mauvaises pistes, mais on doit rester enseignable pour rester en harmonie avec ma partition et celles des autres. Et c’est pour ça, j’ai apprécié ce qu’Azadeh disait. Bien souvent c’est l’entourage qui va dire : « il y a telle chose qui a changé chez toi ». On ne devrait pas se fermer les oreilles à ce que les autres voient chez nous, sous prétexte que je suis spirituel, que je suis connecté au divin. Et je sais pas quoi qui pourrait m’apporter une solution sans votre consentement. Non, non, il faut être enseignable. Sinon, quelqu’un qui n’est pas enseignable, la personne reste obtus dans ses convictions en ne se focalisant que sur un aspect de l’orchestre, cela ne peut qu’engendrer tôt ou tard, un dysfonctionnement personnel, puis un dysfonctionnement collectif, une vraie cacophonie.
k : C’est très intéressant et tellement vrai. Merci Willem.
Alors maintenant, comment être à l’écoute de l’orchestre de notre être, orchestre collectif que tu as pu souligner Willem, comment trouver un équilibre entre les besoins du corps, ceux de l’âme, ceux de l’esprit et même les besoins relationnels finalement ?
Prenons un exemple, une situation concrète : un étudiant qui prépare un examen. Son corps n’a qu’une envie : dormir. Son esprit, préoccupé par l’incertitude pesante de l’avenir, est loin d’être en paix. Sans parler de son âme dont les angoisses et les raisonnements intérieurs l’empêchent à la fois de se concentrer sur ses révisions et de dormir justement.
Là on voit bien la manière dont le corps, l’âme, l’esprit parlent plus ou moins fort et ne sont pas forcément en accord. Ça tourne à la cacophonie, comment trouver ou retrouver l’harmonie ?
W : C’est une question très intéressante avec un exemple très parlant ! Si cet étudiant a foi en Dieu et fait de son mieux pour suivre ses instructions pour l’harmonie de sa vie, cela veut dire qu’il fait aussi son possible pour que son esprit préoccupé par l’incertitude de l’avenir soit remis à Dieu. Remis à plus grand que lui. Ce n’est pas un exercice facile, mais il est primordial de faire ce basculement entre le contrôle personnel de l’avenir et la confiance en Dieu !
Il est clair que personne ne contrôle totalement l’avenir et personne ne peut décider par lui-même de tous les paramètres nécessaires pour s’assurer un « tapis rouge » pour monter les escaliers de la vie, ou un matelas confortable après un saut en parachute … la vie est forcément faite d’incertitude. Elle est faite de prise de risques, de découverte, de joies, mais aussi de peines et bien d’autres choses. Il faut simplement apprendre à traverser les étapes de la vie avec leur contenu.
Cet étudiant se trouve concrètement dans une étape de sa scolarité qui nécessite de l’attention, de la concentration, qui peuvent se retrouver à la suite d’un bon repos, d’une bonne nuit de sommeil, d’une bonne alimentation, etc. Il ne doit surtout pas penser à ce moment-là que seulement prier, ou seulement faire « confiance à Dieu » lui permettra de réaliser ses objectifs en négligeant son corps ! Il doit au contraire, comme on vient de le dire, au sein même de la cacophonie, j’écoute mon corps, je peux aussi écouter les autres et je cherche à retrouver une harmonie pour le moment présent, afin de franchir chaque étape, une étape à la fois et en faisant confiance à Dieu ça ramène de l’harmonie pour l’ensemble de ma vie.
Encore une fois, le Créateur connaît d’avance la partition et c’est cette confiance en Lui qui permet de voir plus loin que mon objectif ponctuel du moment. Prier c’est bien, je suis le 1er à dire qu’il faut le faire. S’en remettre à Dieu il le faut, mais dans le cas présent de cet étudiant, dormir est nécessaire !
K : effectivement, merci Willem. Azadeh quel est ton point de vue ?
A : je suis complètement d’accord avec Willem, dormir est nécessaire. (rires) C’est vrai ça fait partie des besoins physiologiques primaires. Et d’autant plus, il est tellement vrai cet exemple de l’étudiant, parce que figurez-vous que rien que par rapport à ses objectifs, cet étudiant-là, il veut réussir donc il travaille dur. Evidemment il y a le stress, l’angoisse, on travaille tard la nuit parfois et du coup, le sommeil tarde à venir aussi hein, le cerveau est toujours dans el travail. Mais il faut savoir que le cerveau a besoin de sommeil pour restructurer, réorganiser la mémoire de tout ce qui a été appris durant la journée. Donc ça fait partie finalement du travail de l’étudiant que de dormir et de laisser reposer tout ce cerveau où il a stocké les informations.
Et beaucoup d’étudiants sont déçus parce que le jour de l’examen en fait, après tout ce qu’ils ont travaillé, ils n’ont pas dormi, le jour de l’examen, d’un coup, c’est le blanc. Ils reconnaissent la question, ils savent qu’ils l’ont appris, ils sont devant la feuille et ça ne sort pas. Parce qu’en fait le cerveau n’a pas eu le repos nécessaire et le moment de sommeil nécessaire pour réorganiser comme il faut cette mémoire des choses apprises.
Donc effectivement, c’est primordial cet équilibre. Et c’est tellement parlant cette angoisse qui enchaîne tout le reste. Et l’équilibre serait d’après moi d’éviter les excès. Pour qu’il y ait équilibre, il ne faut pas qu’il y ait d’excès, pour que chaque élément puisse prendre sa place.
Et justement il y a quelqu’un dans un passage des Ecritures qui a dit une chose intéressante, il écrit une lettre à un ami et il dit dans sa lettre, cher ami, je souhaite que tu prospères à tous égards et que tu sois en bonne santé aussi bien physique que spirituelle. Et c’était une personne très spirituelle qui a écrit ça, en parlant aussi de l’aspect physique, comme en le mettant au même pied d’égalité que l’aspect spirituel pour dire, ça a de l’importance, cette santé physique.
C’est quand même, le physique c’est ce qui va aussi porter, supporter, t’encourager dans ta vie spirituelle, on en a besoin. Donc il ne faut pas le nier, il ne faut pas le négliger au détriment de tout ce qui est vie spirituelle et ce qui est aussi une tendance aussi de nos jours, face à notre modernité, notre mentalité d’aujourd’hui, c’est qu’il y a souvent une confusion entre la santé et la spiritualité, dans la mesure où il y a une tendance à réduire le salut à la santé parfois, comme si le salut finalement devenait la santé. Même si quelque part dans le terme latin qui est « Salus » suggère que salut et santé sont très liés, mais il y a des groupements spirituels religieux qu’on trouve et pour lesquels la guérison et la santé physique vont devenir centrales et on va tellement croire qu’il faut être en bonne santé physique pour démontrer finalement qu’on est aussi en bonne santé spirituelle qu’on va même jusqu’à culpabiliser ceux qui ne sont pas guéri d’une maladie.
Comme s’il y avait un manque de foi derrière, etc. Et il y a d’autres groupements spirituels qui vont avoir plutôt une pensée inverse aussi, toujours dans le déséquilibre, avec une réaction excessive où on va négliger complètement les problèmes de santé. Et le fait de souffrir psychologiquement ou même physiquement, dans l’ascèse, c’est une pratique, ça serait un bon signe de sainteté et de piété. Tout simplement une personne qui est ascète c’est une « personne qui s’impose, par piété, des exercices de pénitence, des privations, avec des jeûnes excessifs (alimentaires ou sexuels) ou même des mortifications parfois » tout ça dans le but de libérer son esprit par le mépris du corps, comme pour se perfectionner spirituellement et moralement. On voit ça souvent dans les approches mystiques, quelle que soit la forme de la religion. On le voit dans la plupart comme une idée qu’il faut lutter contre les exigences de son corps pour faire triompher l’esprit.
Or dans tout ce qu’on vient de dire, qu’on vient de voir, le corps humain n’a pas été conçu pour cela. Alors si on est un être spirituel, on doit concevoir le fait que ce corps aussi nous a été donné, a été créé par un Créateur Tout-Puissant et qu’il n’a pas été conçu pour être maltraité tout simplement. Je dirais même que le fait de vouloir atteindre cette perfection spirituelle par nos propres forces physiques et mentales, va à l’encontre de ce qu’on appelle la grâce. Cette grâce qui viendrait d’en-haut, qui viendrait à notre secours, pour nous aider à nous perfectionner.
K : C’est super intéressant. Bon approche de la fin de cette émission, mais que dites-vous avant de terminer, de partager quelques témoignages concernant les bienfaits d’une harmonie, d’un équilibre entre le corps, l’âme et l’esprit ?
W : de mon côté, je pourrais reprendre l’exemple de l’étudiant que tu as donné tout à l’heure car j’ai vécu à peu près la même chose.
Lors de mes études universitaires, alors que j’étais proche de la fin, mon épuisement intellectuel après 4 années intenses m’a plongé dans un ralentissement difficile à gérer. Une sorte de cerveau qui se met en pause quelque part. Mon âme criait, hurlait même, pour arriver à la fin du chemin. Je ne voulais qu’une chose, que tout ceci soit fini.
Toute la motivation que j’avais entretenue pendant 4 ans semblait s’évanouir en à peine quelques semaines. J’avais beau garder une bonne hygiène de vie au niveau de ma spiritualité, de la nourriture, de l’exercice physique avec le sport, des marches à la plage, dans la forêt et en Guyane on est vraiment bien équipé pour ça (rires). Bref, tout ce qui me maintenait jusque-là, rien n’y faisait, je ne pouvais pas produire plus vite que ce que j’aurai voulu. C’était ça mon objectif, produire vite, à la fin pour terminer.
C’est dans de tels moments, que j’ai appris à faire confiance à Dieu pour ce que je ne pouvais pas faire et à prendre le temps de m’attendre à lui pour franchir la prochaine étape du moment et non viser uniquement la ligne d’arrivée.
Dans mes prières, j’ai demandé à Dieu de venir au secours de mon blocage intellectuel. C’est une reconnaissance personnelle, j’écoutais ce qu’il y avait à l’intérieur de moi et je voulais m’adresser à quelqu’un de plus grand que moi. Je lui demandais de venir au secours de la gestion de ma fatigue physique, et de venir au secours de ma vision de l’avenir. C’est vraiment comme l’exemple de l’étudiant que tu as donné tout à l’heure.
Hé bien vous savez quoi ? Au cours de ma dernière année, j’ai expérimenté à plusieurs reprises la même « partition ». Quelle est cette « partition » ? J’ai reconnu mes faiblesses du moment, j’ai accepté d’arrêter d’aller vite pour viser la fin, j’ai pris le temps de me reposer, j’ai pris le temps de m’en remettre à Dieu, je lui ai demandé de m’aider dans mes difficultés rédactionnelles.
Et généralement, un ou deux jours plus tard, j’avais une belle inspiration qui débloquait mon « arrêt » intellectuel, mon cerveau recommençait à fonctionner, mon esprit était plus au clair, mon âme était en paix, mon corps était plus reposé et les premières nouvelles « notes » de la partition sonnaient plus justes et elles m’encourageaient à faire un pas à la fois.
Encore une fois, la plupart du temps, il faut accepter de faire un pas de recul, pour mieux lire la partition et écouter les instructions du chef d’orchestre, même s’écouter soi-même, écouter les autres. Cela permet de se rendre compte que l’on a fait une mauvaise lecture, qu’il faut jouer plus lentement, moins rapidement, une note à la fois et la difficulté peut se débloquer quand l’on cherche l’harmonie d’ensemble, tout l’être et non un objectif personnel qui devient trop prioritaire, pour une partie de l’être ou une partie de quelque chose.
K : super témoignage. Merci Willem. Azadeh ?
A : je pourrais donner le témoignage d’une femme que j’ai connu, 35 ans à peu près. Elle était hypocondriaque. C’est à dire qu’elle avait peur de la maladie. Et c’est quelque chose qui était devenu vraiment pour elle assez oppressant, pour qu’elle finisse par faire une dépression. Bien sûr il y a eu d’autres événements difficiles dans sa vie. Et quand même il y avait un terrain fragile. Ce qui fait que, donc d’ailleurs l’excès de ces pensées sur « je veux tellement que mon corps aille bien que finalement dans cet excès là, ça lui a valu vraiment un chavirement vers la dépression.
Et quand elle est tombée dans cette dépression là, elle a fait appel pour se faire aider, elle a suivi un traitement antidépresseur, qui lui ont fait du bien, qui l’ont stabilisée. Et suite à ça elle a été soulagée. Elle se maintenait, mais elle n’était pas guérie. Elle n’arrivait pas à être guérie puisqu’effectivement, la médecine chimique, la médecine de l’âme en discutant avec les spécialistes psychiatres, psychologues font du bien à l’âme, mais il y avait comme cette partie en elle qui était spirituelle et qui restait stérile et que évidemment, à laquelle personne ne pouvait s’intéresser parce que seul le Créateur et son Esprit pouvait l’éveiller en elle.
Et effectivement, c’est ce qui s’est passé. C’est qu’à un moment donné elle a rencontré effectivement son Dieu et elle a eu une foi qu’elle a développé en Christ et suite à cela, elle a été complètement guérie. Je vais dire aujourd’hui, ça fait une dizaine d’années facilement où elle ne prend aucun traitement. Elle est devenue tellement guérie et libérée que elle-même s’est mise au service d’autres personnes fragiles, à les tirer vers les hauts, à les encourager, à les conseiller, à les édifier. Donc c’est une très très belle histoire. Et toute sa famille même autour a vu une telle différence en elle qu’ils ont adhéré aussi à sa foi.
W : super
K : c’est magnifique ! Merci pour ces beaux témoignages.
Bon et bien voilà notre rubrique Questions de connexion est terminée. Si vous avez des questions, sentez-vous libre de les poser par mail à relationnellementvotre@gmail.com. Soit vous recevrez une réponse par mail, soit la question sera prise comme thématique d’un épisode de cette rubrique.
Willem, Azadeh, un grand merci pour votre précieuse et enrichissante participation. On se retrouve le mois prochain !
W : merci à toi
K : avec plaisir ! On se retrouve le mois prochain ?
A : au revoir
W : très bien
Et de notre côté chers auditeurs, on se dit à la semaine prochaine avec un nouvel épisode du podcast.
Prenez bien soin de vous
