Episode 37 : Comment oser se montrer vulnérable quand on a appris à ne surtout pas l’être ?
Hello, vous lisez le 37e épisode de Relationnellement Vôtre.
Dans l’épisode précédent, il était question de difficultés à se montrer vulnérable, parce que l’entourage familial, amical, professionnel se montre en difficulté ou en demande. Du coup, vous avez pu découvrir 3 portes de sortie pour vous autoriser à être vulnérable malgré les attentes de cet entourage.
Dans l’épisode d’aujourd’hui, nous allons poursuivre sur la vulnérabilité en abordant le versant où il y a comme un blocage concernant cette vulnérabilité, parce que dans l’environnement dans lequel on a grandi, les adultes ne se montraient pas vulnérables, bien au contraire, car la vulnérabilité est considérée comme une faiblesse à absolument éviter de dévoiler, selon eux.
Chacun porte un masque donnant l’illusion d’être inébranlable, infaillible, pratiquement parfait aux yeux des autres. Du coup on grandit en voulant eux aussi atteindre une telle perfection, de peur de ne pas être assez bien, d’être rejeté.e, de ne plus être aimé.e…
Il est important de garder en tête que les adultes de votre entourage de l’époque n’avaient probablement pas les connaissances en psychologie et rapports humains que vous avez aujourd’hui.
Malheureusement les messages véhiculés n’ont pas été « sois toi, sois toi-même », mais c’était peut-être plus « arrête de pleurer », « fais pas ta chochotte », « tu peux mieux faire », « y’a pas de perdant dans la famille « … et vous avez probablement d’autres exemples.
Une fois de plus, le manque d’estime de soi avec la peur de ne pas être assez et vous mettez ce que vous voulez derrière, la peur de perdre l’amour, l’attention, l’affection de l’autre, font que l’enfant va se plier aux exigences et taire qui il est.
Sauf qu’une fois adulte, c’est compliquer de mettre des mots sur ce qu’on ressent quand on n’a pas appris à écouter ce qu’on ressentais quand on était enfant, ni à exprimer ses ressentis.
Ce n’est pas évident d’écouter ni d’identifier ses besoins quand personne n’en a tenu compte.
Et vraiment c’est délicat d’être dans l’écoute, la tolérance, l’acceptation, l’empathie vis-à-vis des autres, quand on n’a pas appris à l’être envers soi-même.
Ca peut paraître bizarre, mais l’écoute, la tolérance, l’acceptation, l’empathie et bien d’autres qualités relationnelles s’apprennent, elles ne sont pas innées.
Alors, comment accepter sa vulnérabilité et la montrer quand ce qu’on a appris à faire c’est la nier, l’éviter et la cacher ?
C’est la question à laquelle nous allons tenter de répondre, en voyant
Dans un 1er temps, comment l’environnement peut éteindre ou favoriser la capacité d’un enfant à se montrer vulnérable.
Puis, comment se reconnecter à sa vulnérabilité pour oser la montrer et accueillir celle des autres
Et enfin, on va voir quoi faire si vous partagez une relation avec une personne qui cache sa vulnérabilité
Voyons comment l’environnement peut éteindre ou favoriser la capacité d’un enfant à se montrer vulnérable.
Un enfant va naturellement se montrer vulnérable, c’est inné, pas besoin de l’apprendre et ce sont les réactions directes ou indirectes de l’environnement à cette vulnérabilité qui vont amener l’enfant à accepter cette vulnérabilité, à l’exprimer ou au contraire à en avoir honte et à la cacher.
Nous apprenons principalement à partir de : l’observation, l’imitation, l’expérience, la transmission de connaissance.
Du coup, un enfant va apprendre à se montrer tel qu’il est avec tout ce que ça implique comme vulnérabilité, s’il observe que son entourage en fait autant, s’il en fait l’expérience et que les réactions sont accueillantes, bienveillantes et si on lui explique que ça a du bon de laisser sortir ses émotions, on lui apprenant à les nommer, les évacuer de manière adaptée, sans honte.
Dire à un enfant arrête de pleurer sans tenter de savoir pourquoi il pleure, sans accorder de valeur à ses larmes, c’est lui apprendre que la tristesse ne compte pas ou n’a pas sa place. Pourtant, qu’on le veuille ou non, la tristesse est une émotion que nous ressentons tous. Ce n’est pas de la faiblesse, c’est une alarme qui s’allume en nous pour nous informer que quelque chose nous fait mal, nous blesse, nous manque…
L’enfant va apprendre les émotions, les compétences sociales, relationnelles dans ses interactions avec les autres. Donc en étant à l’écoute des besoins, des émotions d’un enfant, en tolérant ses erreurs, ses maladresses, ses imperfections et en favorisant l’expression de tout ça avec bienveillance, l’enfant apprend qu’il a le droit d’avoir mal, d’être triste, de dire qu’il est fatigué, de se tromper, etc, sans perdre l’amour, l’acceptation, la valorisation de ses proches.
Malheureusement, il arrive que l’environnement familial, scolaire, associatif où l’enfant grandit adopte un discours qui lui laisse entendre que les émotions, les imperfections, les erreurs ne sont pas autorisées. Il s’agit d’un discours du type :
“Tu peux mieux faire”, “C’est pas mal mais j’attendais mieux de toi”, « Oui, c’est bien, mais avec tes capacités ça pourrait être mieux », « La vie ne pardonne pas les erreurs », « il faut être courageux », « un grand garçon ne pleure pas », « ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts », « la vie est dure » ; « il faut se battre » ; « arrête de pleurer » ; « arrête de te plaindre »; « Sois à la hauteur » ; « Je compte sur toi ».
Je ne vous jette pas la pierre en soulignant cela, car il m’est arrivé d’en prononcer plusieurs à une époque. En comprenant l’impact qu’un tel discours peut avoir et ce qu’il cache, on peut le réajuster.
Toutes ces phrases peuvent être résumées en 2 injonctions : « sois parfait.e » et « sois fort ».
En analyse transactionnelle, une approche de la psychologie et une forme de thérapie, ces 2 injonctions sont appelées des drivers ou des messages contraignants.
Les « drivers » sont donc des expressions et injonctions que nous avons fréquemment entendus dans notre enfance, et qui étaient la condition sine qua non de l’obtention de la reconnaissance de nos parents, ou des personnes qui nous ont élevés, et/ou qui ont participé à notre éducation, comme les enseignants, les professeurs, les entraîneurs par exemple.
L’analyse transactionnelle parle de 5 drivers ou messages contraignants formulés de la manière suivante :
- Sois parfait
- Fais plaisir
- Sois fort
- Fais des efforts
- Dépêche-toi
Bien que ça parte d’un bon sentiment, ces injonctions annihilent la vulnérabilité en empêchant d’être soi. Chacun de ces drivers façonnent la personnalité et le comportement de l’enfant pour qu’il se fonde dans le moule forgé par l’adulte.
La démarche est bienveillante, il y a ce désir de développer le souci du travail bien fait, l’altruisme, la persévérance, la volonté de faire de son mieux ou la rapidité d’exécution. Sauf que sans le vouloir, on endommage l’estime de soi de l’enfant, qui se met à croire qu’il n’est pas assez bien, pas assez gentil, pas assez fort, pas assez résistant, pas assez intelligent, pas assez rapide, etc… et par effet boule de neige, il perd confiance en lui, a une mauvaise image de lui et ne s’accepte pas tel qu’il est.
Ces injonctions étouffent l’amour, l’empathie, la joie, la paix, la créativité de l’enfant, qui va constamment se mettre la pression pour respecter les injonctions et attendre que l’adulte lui dicte quoi faire, comment le faire.
Ca endommage aussi le rapport aux autres, en développant un niveau très élevé d’exigences, un jugement constant, une certaine rigidité dans le mode de fonctionnement, un besoin de contrôle, une insatisfaction qui amène à voir essentiellement ce qui ne va pas, de l’impatience, de l’intolérance et bien d’autres comportements qui rendent le partage de la relation plus complexe, voire douloureux pour l’autre.
Quand on y réfléchit, les drivers qu’on peut formuler sont le reflet de nos peurs. Nos peurs qu’il.elle ait de mauvais résultats scolaires, se comporte mal, n’ait pas d’ami, souffre, soit fainéant, fragile, en retard… et je vous laisse continuer la liste.
Ces peurs sont légitimes en tant que parents et elles provoquent directement ce qu’on veut éviter.
Par exemple, en encourageant un enfant à être fort, à être parfait de peur qu’il soit trop émotif, trop sensible, trop fragile, pas assez persévérant, pas assez endurant, pas assez résistant, pas assez courageux, on lance le compte à rebours du moment où il va être épuisé de toute cette pression (auto)-infligée et où il va craquer psychologiquement ou développer des maladies.
Et c’est d’autant plus difficile à surmonter parce qu’ayant appris à être fort.e, à être parfait.e, on n’accepte pas cette vulnérabilité générée par la dépression, le burn out ou toute autre forme de maladie, qu’elle soit physique ou psychologique.
Aider un enfant à développer les qualités citées, c’est l’aider à construire sa sécurité intérieure en l’amenant à avoir confiance en lui, à avoir une estime de soi solide, pour surmonter les obstacles, les difficultés, croire qu’il a des ressources en lui pour faire face à ce qui se présente devant lui. L’encourager par rapport à qui il est, ce qu’il a en lui et non par rapport à qui vous voulez qu’il soit ou qu’il ait en plus.
Et si on remplaçait les injonctions dites aux enfants par de l’attention, des questions, des réactions qui favorisent l’acceptation de soi, le respect de soi ?
Au lieu de dire tu aurais pu mieux faire, on peut demander es-tu fier de ton travail ?
Quand il.elle exprime son ressenti, plutôt que de lui renvoyer qu’il ne faut pas se plaindre, qu’il faut être fort, que dites-vous de lui répondre : « ok, j’entends que tu te sens fatigué.e, tu as peur, tu te sens triste » et lui proposer une réponse qui fait fasse à la situation, pas qui l’évite.
Oui, vous allez me dire, Kelly, c’est beau comme ça en théorie, mais dans la pratique, on n’a pas le temps de faire tout ça. Et bien j’ai envie de dire que ça prend autant de temps que prononcer les injonctions citées juste avant et c’est à voir comme un investissement dans la vie de votre enfant. Les bases prennent du temps à se poser mais une fois qu’elles sont là et bien là, vous pouvez souffler. Et quoi de plus beau comme récompense que de voir votre enfant bien dans ses baskets et dans ses relations ?
Certains d’entre vous vont probablement se demander, mais comment on fait si on veut encourager l’enfant à développer sa combativité, sa persévérance, une certaine discipline ?
Et bien c’est possible, le tout c’est de trouver un juste équilibre. De ne pas tomber dans l’extrême d’amener votre enfant à être une machine, à être un robot.
Et d’un autre côté, j’entends bien que vous ne voulez pas qu’il soit constamment à l’écoute de ses émotions, qu’il ne se donne pas de mal, ne se donne pas la peine d’accomplir certaines choses.
Vous n’êtes pas obligé.e de basculer dans les injonctions, de « sois fort », « sois parfait », « fais un effort », ça peut être de lui expliquer les bénéfices de se montrer persévérant, de se montrer rigoureux, de faire preuve de combativité, en lui expliquant qu’il y a un temps pour tout. Il y a un temps pour s’amuser, Il y a un temps pour pleurer, il y a un temps pour se reposer et il y a un temps où il est nécessaire de travailler, d’accomplir certaines tâches. Ca reste dans une forme d’équilibre.
Après, peut-être qu’il est nécessaire d’avoir cette démarche empathique, bienveillante, équilibrée envers soi pour réussir à la mettre en place avec nos enfants. C’est ce qu’on va développer dans le point suivant :
Comment se reconnecter à sa vulnérabilité pour oser la montrer et accueillir celle des autres.
Vous allez me l’entendre dire sans m’en lasser. Faire un travail sur soi seul dans son coin demande un gros investissement en énergie et expose bien souvent à des impasses.
Je ne peux que vous encourager à faire appel à un.e professionnel.le pour vous aider à vous reconnecter à vos besoins, vos ressentis et vos envies. En d’autres mots à vous reconnecter à la vraie version de vous-même, la version libérée des messages contraignants.
- Dans un 1er temps, pour pourrez vous reconnecter à vos besoins
Quand on grandit en intégrant les drivers évoqués, les besoins fondamentaux tels que manger, boire, dormir, ou même les besoins affectifs d’amour, de soin, de sécurité, d’appréciation, sont mis au second plan. Et sans même s’en rendre compte, quand l’estomac crie famine, au lieu de faire une pause on se dit allez, j’ai encore plein de choses à faire, je mangerai après. Selon vous, quel est le driver qui résonne : sois fort ? Fais un effort ?
Ou la fatigue se fait durement ressentir mais on ne l’écoute pas, au point de tirer encore et encore sur la corde, de repousser ses limites physiques et mentales. Et là, quel driver résonne : sois fort ? Fais un effort ? Sois parfait ?
Le travail sur soi permet de redonner de la place, de la valeur et de l’importance à vos besoins. Et c’est fondamental de pouvoir leur accorder de la place, si on veut pouvoir en accorder aux besoins des autres.
- Ensuite vous pourrez aussi apprendre à vous reconnecter à vos ressentis
La peur, la tristesse, le doute, la colère, l’inquiétude, le deuil, et bien d’autres ressentis ont totalement leur place dans nos vies. Chacun d’eux joue un rôle d’alerte pour nous indiquer qu’il y a un nœud, un élément qui ne passe pas, que l’âme n’arrive pas à digérer.
C’est important de prendre le temps de faire le nécessaire pour que ça passe, sinon les éléments s’accumulent et finissent par nous rendre malade.
Fuir les émotions, les mettre de côté, les nier donne l’illusion qu’elles ne sont plus un obstacle. Mais ce n’est pas parce qu’un objet est hors de votre champ de vision qu’il n’est plus chez vous. Vous oubliez qu’il est là jusqu’au jour où vous trébuchez dessus. Et la chute peut être vraiment douloureuse.
En redonnant de l’espace à vos ressentis, en acceptant de mettre des mots dessus, vous réaliserez qu’ils ne vous rendent pas plus faible, ils vous rendent uniquement plus humain. C’est ça la vulnérabilité. On peut se leurrer et croire qu’on n’a aucune faille, au fond, c’est impossible. Tout être humain a des points faibles, autant l’accepter. On est tout dans la barque de la vulnérabilité, arrêtons de nous juger quand l’un d’entre nous ose la montrer.
- Vous pourrez aussi vous reconnecter à vos envies, vos rêves,…
Faire un travail sur soi aide à retrouver qui on est et ce qu’on veut vraiment au milieu des toutes les injonctions qui ont façonné notre manière d’être et de faire.
On prend le temps de ce demander ce qu’on veut, ce qui nous plait. Ca risque d’être déstabilisant au départ et c’est tout à fait ok. Quand on a passé des années à faire ce qu’on nous dit, s’autoriser à faire ce qu’on veut peut demander du temps, c’est normal. Prendre ce temps est nécessaire et surtout respectez bien votre rythme, c’est le 1er pas vers le fait d’être vous-même, vous n’êtes pas obligé de vous dépêcher.
Vous réaliserez au fur et à mesure qu’en regagnant en estime de soi vous arrivez à de plus en plus d’acceptation, de tolérance et d’empathie envers vous-même.
Vous pourrez alors en faire autant dans vos relations.
Il est aussi possible que vous soyez à l’aise avec votre vulnérabilité, mais que ça ne soit pas le cas de votre partenaire de vie, de vos parents, de vos frères et sœurs, de vos amis.
Voyons donc quoi faire dans ce cas (si vous partagez une relation avec une personne qui cache sa vulnérabilité)
On est à l’aise avec l’idée qu’on ne cherche à pas à changer l’autre. Autant accueillir le fait que cette personne fonctionne comme ça pour le moment, donc on ne force pas.
Ce que vous pouvez offrir à cette personne, ce sont les qualités relationnelles suivantes :
Votre authenticité et donc votre vulnérabilité.
Quand une personne sait se montrer telle qu’elle est, avec tout ce que ça implique de bon, de mauvais, de moche, elle envoie le message « sache que tu peux en faire autant si tu veux, je ne te jugerai pas. ».
En parlant de non-jugement, vous pouvez aussi offrir votre acceptation. Quand on grandit dans un environnement qui nous façonne avec des injonctions, ça fait du bien d’être au contact d’une personne qui n’en a aucune et qui accueille tout simplement la version de soi qui est montrée.
L’acceptation, le non-jugement vont de pair avec la tolérance, vous fonctionnez tous différemment et c’est ok.
Ensuite, vous pouvez offrir votre bienveillance. Veillez au bien de quelqu’un prend différentes formes. Ca passe premièrement par l’écoute apportée. Vous êtes à l’écoute des besoins, des ressentis, des envies, des refus, des idées de l’autre. Vous y accordez de l’attention, de l’importance lorsqu’ils sont exprimés, de manière à encourager la personne qui vous les exprime à retenter l’expérience.
La bienveillance passe aussi par le respect. Vous respectez qui la personne est, ses valeurs, les limites qu’elle exprime, etc. Ca encourage la personne en question à continuer à être elle-même et à s’affirmer.
Vous pouvez aussi offrir votre loyauté. Savoir que vous êtes une personne fiable, une personne qui ne la trahira pas, qui ne se moquera pas mais au contraire qui est capable d’assurer ses arrières si besoin. Ca véhicule un sentiment de sécurité qui encourage à se montrer vulnérable.
Et bien sûr, si vous pouvez servir l’ensemble sur un lit d’empathie en vous intéressant à l’autre. Vous essayez de comprendre avec bienveillance et douceur, pourquoi la vulnérabilité est compliquée et vous vous montrez réceptif.ve aux manières de favoriser la vulnérabilité qui lui correspondent. Vous lui demandez son avis, son ressentis si toutefois il.elle est d’accord pour en parler. Une fois de plus dans le respect et la bienveillance, on ne force pas.
Aller, que dites-vous d’illustrer tout ça avec un témoignage ?
Cette semaine il s’agit de celui de Camille.
Camille a grandi dans une famille à l’éducation stricte pour reprendre ses mots. La mère de Camille était peu démonstrative et son père militaire de carrière, d’une rigueur et d’une exigence comparable à celles de son métier.
Camille faisait preuve de sensibilité étant plus jeune, elle pleurait trop souvent au goût de ses proches qui lui fortement conseillé de ne plus pleurer. Du coup, elle se cachait donc sous son lit quand elle avait besoin de laisser couler ses larmes.
Camille a appris à ne compter que sur elle, la débrouillardise était un mot d’ordre à la maison.
Camille se sentait seule et avait l’impression de ne pas être la fille que ses parents auraient aimé avoir. Elle se considérait pas assez ceci, trop cela, pas comme il faut quoi.
Camille était vraiment mal dans sa peau. Elle a progressivement compensé son mal-être avec la nourriture. Le hic c’est que ça a entraîné un surpoids qui a accentué son mal-être, un vrai cercle vicieux.
Camille a appris à se montrer dur pour que les élèves moqueurs la laissent tranquille. Camille avait l’art et la manière d’être la bonne amie, l’oreille bienveillante, celle qui est toujours prêt à aider les autres, mais elle ne parlait jamais d’elle et ne laissait transparaître aucune émotion.
Une fois adulte, Camille s’est mariée à un des garçons de son groupe d’amis. Ils ont fondé une famille dans laquelle Camille a inconsciemment répété le fonctionnement familial qui l’avait tant faite souffrir.
Le quotidien était essentiellement fait des cris de Camille, des pleurs de ses enfants et des silences de son mari.
Camille était épuisée, mais ça a continué ainsi plusieurs années. Jusqu’au jour où une situation entre sa fille et elle lui a renvoyé son passé en plein visage.
Camille avait l’impression d’être dans la peau de sa mère et sa fille dans la sienne. Profondément choquée de la scène, Camille s’est effondrée en larmes, sa fille aussi. Camille l’a donc serrée dans ses bras.
C’est là que Camille s’est décidée à solliciter l’aide d’une psy pour essayer de comprendre pourquoi le schéma se reproduisait malgré elle.
Camille a réalisé qu’elle arrivait à faire preuve d’empathie avec les personnes extérieure à sa famille mais inconsciemment, dès qu’elle rentrait à la maison, c’était comme si elle verrouillait sa sensibilité, son empathie, son affection avec les siens.
C’est en revenant sur son histoire, son parcours, que Camille a pu mettre des mots sur les blessures de son enfance, verbaliser ses souffrances, les carences, les injustices ressenties.
Un long travail sur soi a permis à Camille de regagner en estime personnelle et en confiance en elle. Elle a appris à être à son écoute pour être à celle de son conjoint et de ses enfants.
Elle est en chemin vers une acceptation d’elle-même, pour s’autoriser à faire des erreurs, à ne pas toujours être au top du top et accepter les imperfections, qu’elles soient en elle ou chez les autres.
Depuis que Camille s’est reconnectée à ses émotions et à sa vulnérabilité, elle se montre plus démonstrative avec son conjoint et avec ses enfants qui le lui rendent bien.
Voici 3 clés que ce témoignage nous enseigne ou nous rappelle :
- La 1ère clé, c’est qu’en privant un enfant de la possibilité de se montrer vulnérable, on le prive de sa capacité à exister tel qu’il est. En n’ayant pas le droit d’exprimer sa sensibilité, Camille s’est donc effacée. Il lui a fallu un long travail sur elle pour s’autoriser à être elle-même à nouveau. En tant qu’être humain, nous avons tous cette vulnérabilité en nous, inutile de la nier, ni de la combattre, on ne peut pas la supprimer, donc autant l’accepter.
- La 2e clé, c’est qu’on peut tout faire pour éviter de reproduire des schémas du passé. Tant qu’on n’a pas soigner les blessures passées, la souffrance et les émotions non digérées peuvent ressortir à tout moment, en nous amenant à avoir des réactions non maîtrisées. Camille avait l’habitude d’être froide et dur à la maison pour répondre aux injonctions de ses parents. C’est une habitude qu’elle a gardé même une fois adulte, car elle ne savait pas comment fonctionner autrement. C’est une chose de vouloir faire différemment de ce qu’on a vécu, c’en est une autre d’avoir les ressources pour le faire, surtout si on n’a pas pris de recul par rapport à ce qu’on a vécu. Voilà pourquoi il est important de pouvoir faire un travail sur soi.
- La 3e clé c’est que même si ça demande du travail, rien n’est totalement irréversible. Camille a réussi à se reconnecter à ses besoins, ses émotions, sa sensibilité. Elle fait de plus en plus preuve de vulnérabilité, elle s’autorise petit à petit à la montrer, à l’accueillir. Elle avance pas à pas et les fruits qu’elle voit ressortir l’encourage à persévérer.
Voilà on arrive à la fin de ce 37e épisode de Relationnellement Vôtre.
Si vous souhaitez faire un travail sur vous pour accepter votre vulnérabilité, vous reconnecter à vous-même de manière oser la montrer, vous pouvez solliciter une des professionnelles de Relationnellement Vôtre, en envoyant un message à relationnellementvotre@gmail.com.
Si vous voulez être informé.e des nouveautés, des mises en ligne et des changements au sein de Relationnellement Vôtre, pensez à vous abonner. Vous pouvez le faire juste en-dessous.
Et bien cet épisode est le dernier de l’année 2022. C’est un réel plaisir de vous proposer ce contenu et je compte bien continuer en 2023, juste après une petite pause de quelques semaines. Plusieurs nouveautés arrivent donc pensez bien à vous abonner histoire de pas passer à côté.
Et du côté du podcast, on se retrouvera en février, pour le 1er anniversaire de Relationnellement Vôtre, avec une nouvelle version.
N’hésitez pas à réécouter le contenu proposer (le podcast, la chaîne YouTube), le partager à vos proches que ça pourrait aider. Et on reste en contact sur le compte Instagram bien sûr.
Je vous souhaite de passer de très bonnes fêtes de fin d’année et surtout prenez bien soin de vous.
