Episode 36 : Peut-on s’autoriser à être vulnérable quand nos relations s’appuient sur nous ?

Hello, bienvenue sur le 36e épisode de Relationnellement Vôtre.

Suite à la 3e émission de Parlons Relations, Parlons Vrai sur la thématique de la Vulnérabilité, disponible sur la chaîne Youtube de Relationnellement Vôtre, j’ai pensé à celles et ceux d’entre nous qui ont l’impression de ne pas avoir le droit d’être vulnérable, parce que leur entourage s’appuie sur elles, sur eux au quotidien.

Comme définit dans l’émission, selon le Dr Brené Brown, faire preuve de vulnérabilité, 

c’est oser se montrer tel.le qu’on est. 

C’est donc oser montrer ses défauts, ses failles, ses imperfections, ses faiblesses…

Sauf que ce n’est pas évident d’oser le faire quand le partenaire de vie, les parents, les grands-parents, les enfants, les amis, les collègues, le manager ou même l’équipe de travail comptent sur vous pour :

  • Combler les manques et apporter des solutions logistiques, matérielles et financières
  • Avoir réponse à tout, dès qu’une question se pose, un problème se présente
  • Etre un soutien moral, une présence à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit
  • Etre un repère stable, fiable
  • Avoir la pêche et le sourire H24, 7/7 pour remonter le moral des troupes

Vous vous dites peut-être qu’il n’y a pas la place, pas l’espace, ni le droit d’être vulnérable vu les personnes qui sollicitent votre aide. Il y a alors, une pression auto-infligée en réaction aux besoins exprimés et un mécanisme d’adaptation, je dirai même de sur-adaptation à l’environnement, en faisant en sorte de répondre aux attentes, en vous mettant de côté. Vous ne le savez peut-être pas, mais c’est ce qu’on appelle la codépendance. 

Si vous voulez en savoir plus sur la codépendance, il y a une vidéo à ce sujet, sur la chaîne YouTube de Relationnellement Vôtre.

Les relations de codépendance sont bien souvent épuisantes, parce que vous revêtez une cap de super-héros pour secourir toute personne en détresse ou en difficulté dans votre entourage. Vous montrez que vous gérez, que rien ne vous perturbe, tout est sous contrôle…  et bien souvent au prix de votre santé physique et même psychologique.

Du coup, comment oser se montrer vulnérable quand l’entourage attend qu’on se montre fort, performant, efficient, inébranlable… ? 

Contrairement à ce qu’on peut croire, se montrer vulnérable malgré les attentes exprimées, ne dépend pas uniquement de la capacité des autres à accueillir notre vulnérabilité. Ca dépend surtout de notre capacité à oser la montrer malgré les attentes des autres. Ca signifie accepter de ne pas correspondre à l’image qu’on veut avoir aux yeux des autres, pour tout être pleinement vous-même.

Du coup, je vous propose de voir ensemble 3 raisons majeures qui expliquent pourquoi c’est si compliqué de se montrer vulnérable quand l’entourage compte sur nous et quelques portes de sortie qui permettront de s’autoriser cette vulnérabilité. Les 3 raisons sont qu’il y a : 

  • Un ensemble d’idées reçues et de croyances limitantes
  • Des blessures d’estime de soi, autrement appelée des failles narcissiques
  • Des difficultés à poser des limites

Développons la 1ère raison, à savoir les idées reçues et de croyances limitantes

Je dirai qu’on peut définir 3 types de croyances limitantes en ce qui concerne la vulnérabilité face à un entourage en demande d’aide :

  • Il y a les croyances concernant les capacités de l’entourage à accueillir votre vulnérabilité.

Par exemple : « je ne peux pas parler de mes problèmes à cette personne, elle n’a déjà pas le moral, je ne vais pas en rajouter »

 

« si il ou elle compte sur moi pour l’aider, c’est qu’il ou elle ne peut pas m’aider en retour.

 

« si cette personne a besoin de moi, c’est que je suis plus équipé.e, plus compétent.e, plus… et vous mettez ce que vous voulez derrière, donc pourquoi lui parler de mes difficultés ne sert à rien ? »

 

Il y a une forme de surprotection qui se met en place, laissant entendre que les personnes vulnérables sont des personnes fragiles. Et bien pourtant c’est faux. Une personne fragile, c’est à dire une personne susceptible d’être brisée, est effectivement une personne vulnérable, oui. Par contre la réciproque n’est pas valable. Une personne vulnérable, n’est pas forcément une personne brisée.

Si on reste en dehors de la sphère professionnelle, on est d’accord que quand une personne tient à vous, quelle que soit la situation qu’elle traverse, elle voudra être là pour vous, si vous avez besoin d’aide.

 

Passer par des moments difficiles n’enlève en rien la capacité d’empathie. Certes, ça peut rendre temporairement indisponible de ne pas aller bien, mais le seul moyen de savoir si cette personne peut accueillir votre vulnérabilité, c’est d’oser se montrer vulnérable et voir comment la personne sollicitée réagit. Et là, on se rend compte qu’oser être vulnérable demande du courage. Ca demande d’oser se prendre un « effectivement, j’suis désolé.e j’aimerais pouvoir t’aider mais je ne peux pas. En tout cas, c’est important de laisser la liberté à la personne concernée de nous dire si elle peut ou non accueillir cette vulnérabilité.

 

Effectivement, certaines personnes n’auront pas les compétences nécessaires pour apporter des solutions, ou n’auront pas une écouter aussi disposée et bienveillante qu’on le voudrait, mais elles pourront tout de même apporter leur contribution pour vous offrir un soutien moralement, tenter d’être une oreille attentive ou avoir un conseil avisé si ça concerne un domaine différent de celui de leur difficulté. On ne sait jamais.

 

  • Ensuite il y a les croyances concernant votre rôle ou ce que vous pouvez ou non vous autoriser

Par exemple : « je ne peux pas montrer que ça ne va pas, sinon ils vont aller encore plus mal »

« il faut que je montre que je gère, que j’ai le moral sinon ils vont s’inquiéter »

« Je ne peux pas refuser d’y aller, ils ne sauront pas comment faire sans moi »

Quand on est au cœur de la situation, ce n’est pas évident de se rendre compte qu’il y a probablement d’autres alternatives à la situation que de tout porter seul.

 

Vous l’avez sûrement entendu dans l’un des épisodes précédents, le cerveau va alimenter les croyances qu’on le laisser ruminer. Il va naturellement tenter de trouver des arguments en faveur de ce qu’on croit et pense. Donc tant que le mode de pensée est limité à « je n’ai pas le choix… », « il faut que je fasse sinon… », « il n’y a que moi qui…», c’est bien du français, c’est pas du japonais (rires).

Votre vision de la situation risque d’être étroite et les alternatives envisageables plus que restreintes. Par contre, si votre mode de pensée évolue vers : « je fais du mieux que je peux et même si je ne fais pas tout, l’essentiel c’est de trouver une solution, un moyen d’aider cette personne »

 

En entrant dans cette dynamique, vous vous ouvrirez à plus de vulnérabilité. Vous pourrez arrêter d’être fort, infaillible pour aider les autres. Faire de son mieux, parfois ça passe par accepter de faire appel à quelqu’un d’autre pour nous épauler, déléguer ou se reposer pour être plus efficace.

 

  • Et il y a aussi les croyances concernant la relation

Ce sont toutes ces croyances autour du fait que si vous vous montrez vulnérable, ça aura des conséquences regrettables sur la relation. Par exemple : 

 

« si je dis que je vais demander à quelqu’un de prendre le relais, ils ne voudront plus me parler. Donc je dois le faire »

« si je dis que je suis fatigué.e, ils ne me demanderont plus de les aider, il faut que je prenne sur moi »

« si je dis que je ne sais pas comment les aider, ils ne me feront plus confiance , il faut que je trouve une solution»…

 

Cette fois-ci les croyances reposent sur la peur du conflit, la peur que la relation se dégrade ou se brise. Toutes ces peurs poussent à vouloir être infaillible, aussi proche de la perfection que possible, pour satisfaire les personnes en demande.

Une porte de sortie concernant ces croyances limitantes, c’est de rétablir la vérité. Chacun de nous peut être fatigué, touché, blessé, atteint de différentes manières et traverser des périodes difficiles. Nous avons le droit de l’exprimer quelles que soient les attentes des autres. Et vous pouvez vous autoriser à le faire, vous ramener votre nature humaine sur le devant de la scène, vous pourrez enlever le costume, le masque de celui ou celle que vous n’êtes pas, pour être pleinement vous-même.

Ca semble plus facile à dire qu’à faire. Ok, je vous l’accorde, il y a du chemin à faire pour réussir à s’accepter tel qu’on est et se montrer tel qu’on est, parce que cette difficulté à se montrer vulnérable quand les autres s’appuient sur nous peut reposer sur des blessures profondes. C’est d’ailleurs la 2e raison que j’aimerais développer :

Des blessures d’estime de soi, autrement appelée des failles narcissiques font qu’on ne s’autorise pas à se montrer vulnérable lorsque quelqu’un a besoin de nous.

Petit rappel en passant

L’estime de soi c’est considérer qu’on a de la valeur, de l’importance que notre vie compte.

Une faille ou une blessure narcissique, c’est une altération de l’amour de soi et de l’estime de soi.

La difficulté à se montrer vulnérable et la pression de se montrer parfait viennent du manque d’estime de soi. Il y a cette idée selon laquelle si on est vulnérable, on vous aimera moins. Donc vous cachez vos failles, vos imperfections de manière à être aimé.e, reconnu.e, valorisé.e, accepté.e aimé.e…

La reconnaissance reçue en aidant les autres vient mettre un pansement sur les blessures narcissiques.

Il y a parfois une confusion entre l’être et le faire. Du coup certaines personnes se sentent exister quand elles aident, quand elles sont utiles voire indispensables aux autres. Tant que ça reste en réponse à une demande, il s’agit d’une forme d’altruisme très poussée. Et il peut arriver que certaines personnes volent au secours de tout le monde, même des personnes qui n’ont rien demandé et là il s’agit de ce qu’on appelle un syndrome du sauveur.

Dans les 2 cas, la porte de sortie vers plus de vulnérabilité, c’est de faire une psychothérapie. Prendre le temps de comprendre quelles sont les causes de ces insécurités, l’origine ces blessures dans la construction de soi, pour tenter de les soigner, de gagner en estime de soi et voir comment faire évoluer votre mode de fonctionnement relationnel.

Rassurez-vous le but n’est pas de vous faire arrêter d’aider les autres. Aider est une très bonne chose, le tout c’est de ramener de la modération dans la démarche. On peut aimer et aider les autres tout en restant soi-même, en tenant compte de qui on est, de nos besoins, de nos ressentis,… C’est ce qu’on appelle des relations d’interdépendance.

 

L’interdépendance est une dépendance réciproque, mutuelle et donc partagée. Il y a une recherche d’équilibre et d’égalité dans la manière dont chacun cherche à comprendre les besoins de l’autre et veut y répondre.


Oser la vulnérabilité après avoir fait un travail sur soi signifie que vous avez aussi travaillé la 3e raison pour laquelle se montrer vulnérable est compliqué quand l’entourage s’appuie sur nous.

Cette 3e raison c’est la difficulté à poser des limites

Il y a plusieurs explications à cette difficulté : un mode de fonctionnement dans le faire plaisir qui implique une difficulté à s’affirmer, à dire non, à laquelle s’associe un sentiment de culpabilité presque omniprésent, si on ne répond pas aux attentes.

Quand on évolue dans un environnement où une, voire plusieurs personnes semblent dépendre de nous, les limites sont flous, puisque la dépendance génère une confusion dans le rôle, la place et les responsabilités de chacun. En voulant aider son parent, un enfant peut se retrouver à une place de parent, les rôles sont inversés. En voulant aider une personne physiquement ou psychologiquement malade, une personne non-experte peut se retrouver à jouer le rôle du soignant ou du psy. En assumant plus de responsabilités qu’il.elle ne le devrait, un.e employé.e peut assumer une place de manager sans en avoir le contrat, ni la reconnaissance…

Une fois occupées, ces places renvoient aux croyances limitantes évoquées au 1er point, du coup, la vulnérabilité n’est plus autorisée alors qu’elle le pourrait puisqu’à la base il s’agit de relations parent-enfant, de relation familiale, amicale ou de relations entre collègues de même grade, de même niveau hiérarchique.

 

Les limites posées dans nos relations ont pour but de protéger les membres d’une relation et la relation en elle-même. Ca rappelle la place, le rôle et les responsabilités de chacun. Du coup, ça vous offre le droit et la légitimité de dire non, de dire stop, de dire je ne peux pas, je ne veux pas, de dire ce n’est pas à moi de le faire, ça ne dépend pas de ma responsabilité, ce n’est pas dans mon champ de compétences…

Si vous voulez plus d’éléments sur les limites, vous pouvez écouter ou réécouter l’épisode 25 sur l’absence de limites. 

Il y a aussi des vidéos disponibles sur la chaîne YouTube Relationnellement Vôtre 

https://www.youtube.com/channel/UCjf3N7Hp5Elpegh73ljQcyQ)

Apprendre à poser des limites c’est une porte de sortie essentielle pour vous autoriser à être vulnérable malgré les attentes de vos relations.

Et si vous craignez de ne pas réussir à maintenir ces limites, à cause de cette culpabilité qui campe devant votre porte.

 

La culpabilité sert à se remettre en question par rapport à ce qu’on a pu dire ou faire de préjudiciable. Or il n’y a rien d’illégal, de dangereux pour soi ou pour les autres à vouloir partager des relations saines et équilibrées n’est-ce pas ? Oui, une relation saine et équilibrée implique des limites pour que chacun ait de l’espace dans la relation.

 

Pourtant il y a ces idées persistantes selon lesquelles ne pas répondre aux attentes de votre entourage « dépendant », ça serait les abandonner, leur tourner le dos, manquer d’amour envers eux. Mais avez-vous remarqué que ces croyances sont directement liées à vos propres peur d’être rejeté.e, abandonné.e, de perdre l’autre ?

 

Etre temporairement indisponible ne signifie pas couper les ponts, ni abandonner qui que ce soit. Et vous ne cessez pas d’aimer, vous continuez à donner de l’amour, en choisissant d’en donner sans y laisser votre santé.

 

Il arrive qu’on dépense beaucoup d’énergie à anticiper les réactions des autres, pour les protéger ou préserver la relation. Chacun est responsable de la manière dont il gère la frustration. Et si une frustration non gérée fait exploser une de vos relations, c’est que c’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Mais il y avait quelque chose de plus profond à la base.

Si une personne vous envoie sa frustration au visage, ça peut cacher plusieurs choses : 

  • il est possible que cette personne ait peur, peur de ce qui va se passer si vous n’êtes pas là, peur de pas savoir comment la situation va se gérer si ce n’est pas vous qui la prenez en charge… Donc cette personne aura besoin d’être rassurée sur le fait que vous déléguez à des personnes compétentes en qui votre relation peut avoir confiance. 
  • il est aussi possible que cette frustration violemment exprimée, soit une résistance au changement. Il y a des personnes qui n’aiment pas changer leurs habitudes. Ce n’est pas à vous d’y palier, c’est justement en se confrontant aux changements d’habitude qu’on apprend à les tolérer, les accepter. Pourquoi pas mettre en place les changements petit-à-petit, avec une durée de plus en plus prolongée ou une fréquence de plus en plus rapprochée, de manière à préparer progressivement les personnes qui vous sollicitent aux changements que vous souhaitez amener et à le faire en douceur. 
  • et autre possibilité, concernant l’intolérance à la frustration : il peut être question d’un certain manque de maturité affective. C’est-à-dire que la personne ne supporte pas que ça ne se passe pas comme elle le voulait, quand elle le voulait. Ce manque de maturité affective, c’est la personne concernée de travailler, car ce n’est pas votre rôle de lui éviter de ressentir de la frustration, c’est à cette personne en question d’apprendre à la gérer.

On ne peut être coupable que d’avoir mal agi, donc à chaque fois que la culpabilité vient taper l’incruste chez vous, demandez-vous ce que vous avez concrètement fait de répréhensible, d’illégal ou de dangereux pour qui que ce soit. Il est fort probable que vous ne trouviez pas de preuve, parce que la culpabilité n’a tout simplement pas sa place chez vous.

Donc vous avez le droit de vous montrer tel.le que vous êtes avec vos failles, vos faiblesses, vos doutes, vos peurs, vos phases de découragement et de tristesse, même quand votre entourage s’appuie sur vous. Et pour y arriver, vous aurez besoin, comme on a pu le voir, de :

 

  • sortir des croyances limitantes
  • soigner vos failles narcissiques pour regagner en estime de soi
  • poser des limites sans en culpabiliser

C’est ce que Laura a appris à faire et voici son témoignage:

Sans titre (9)

Laura a commencé sa vie dans un foyer stable, auprès de parents aimants, présents, où sa vulnérabilité d’enfant ne posait aucun souci.

Sauf qu’un drame est survenu et a chambouler la famille de Laura alors qu’elle n’était encore qu’une enfant.

La mère de Laura a sombré dans une dépression, son père dans l’alcool. Laura s’est alors mise à prendre soin de ses parents. Elle a grandi et s’est habituée à jouer un rôle de soignante auprès de son père et en parallèle un rôle de mère, d’amie, de confidente auprès de sa propre mère.

La famille a traversé plusieurs vagues d’épreuves auxquelles Laura a aidé ses parents à faire face.

Elle a mûri très vite et s’est totalement mise de côté pour soutenir ses parents.

Quelque soit l’endroit où Laura se trouvait, elle avait cette position d’aidante, que ce soit pour ses amies, ses collègues. Elle était celle sur qui on pouvait compter. Ca ne dérangeait pas trop Laura, jusqu’au jour où totalement épuisée, elle est elle aussi tombée en dépression. 

Laura a eu beaucoup de mal à accepter cette phase, elle se voulait forte pour continuer à aider sa famille et garder l’image de celle qui aide, pas celle qui a besoin d’aide.

Elle craignait que son état n’amène ses parents à glisser plus bas.

Après avoir bataillé pendant plusieurs mois avec son médecin traitant, Laura a finalement accepté de solliciter une psychologue.

Laura était coincée dans un conflit de loyauté. Elle voulait prendre son envol, vivre sa vie, rencontrer quelqu’un, avoir des enfants et d’un autre côté, elle était trentenaire, vivant chez ses parents avec la peur qu’ils ne supportent pas son départ de la maison et surtout qu’ils ne sachent pas gérer le quotidien sans elle.

En travaillant sur elle, Laura a pu pas à pas accepter qu’elle peut aimer et aider ses parents tout en s’autorisant à vivre. Elle a trouvé le compromis de prendre un logement pas trop loin de chez eux et elle a réussi à déléguer certaines tâches à des professionnels. 

Et même si ses parents l’ont boudé au départ, ils ont réalisé qu’ils arrivaient à gérer le quotidien sans elle.

Quand Laura a expliqué sa situation à ses parents, ils n’ont pas sombré, au contraire, ils ont réalisé l’inversion des rôles qui c’était produite et combien ils se sont reposés sur leur fille.

 

Du coup, ils ont pris la décision de se ressaisir. Le père de Laura accepté d’aller en cure et de se faire aider.

De son côté, la mère de Laura a essayé de reprendre un rôle de mère en se confiant moins à Laura et en essayant de plus l’écouter.

Quand elle a vu les bienfaits de la thérapie dans sa vie, Laura a encouragé sa mère à en faire autant. Et de cette manière, elle n’était plus la psy de sa mère.

Laura a appris à s’écouter, se revaloriser, prendre soin d’elle.

Ca a pris le temps qu’il fallait et elle a rencontré quelqu’un avec qui elle entretient une relation où chacun prend soin réciproquement de l’autre. Je vous laisse imaginer combien Laura savoure d’avoir quelqu’un qui se préoccupe d’elle tout comme elle se préoccupe de lui.

Laura a appris à mettre des limites claires dans ses relations. Ses parents ont appris à les respecter, ses amis et ses collègues aussi.

Cette dépression a été le déclencheur qui a amené Laura à voir les alternatives qui s’offraient à elle et à pleinement les utiliser finalement.

Désormais, elle ne cache plus ce qu’elle ressent, elle l’exprime. Elle a arrêté de vouloir être forte pour tout le monde, elle porte ce qu’elle peut, en tenant compte de ses limites et de ses besoins.

Elle se dit qu’après tout, si les gens ne l’acceptent pas telle qu’elle est, c’est qu’elle n’est pas censée être en relation avec eux. 

Ca a été surprenant et désagréable pour son entourage au départ, mais Laura a un caractère et une personnalité si affirmés que lorsqu’elle décide une chose, c’est comme ça et c’est pas autrement.

Du coup, son entourage n’a pas eu d’autre choix que de s’adapter et au final, ça a fait du bien à l’ensemble de ses relations.

Aujourd’hui Laura ne ressent plus le besoin d’aider tout le monde. C’est une heureuse maman qui prend soin de ses enfants qui sont sa priorité. Elle reste disponible pour sa famille et les rares amis qui sont restés malgré les difficultés qu’elle a rencontrées, à condition de ne pas le faire à son détriment ni celui de son foyer.

Voici 3 clés que ce témoignage nous enseigne ou nous rappelle :

  • La 1ère clé, c’est que cacher sa vulnérabilité ne l’empêche pas d’exister. Laura a pris sur elle pour aider ses parents suite au drame qui les a frappés, mais elle aussi était touchée par ce drame. Elle a enfoui ses ressentis pour s’occuper de sa famille, des ressentis qu’elle a eu besoin d’exprimer plusieurs décennies plus tard lors de la thérapie, pour digérer ce qui s’est passé. Pleurer, aller mal, être fatigué sont des signes d’une vulnérabilité purement humaine, il n’y a aucun mal à être humain, même si les personnes qui nous entourent ne montrent pas leur vulnérabilité, n’est-ce pas ?
  • La 2e clé, c’est qu’atteindre le point de rupture peut avoir du bon, si on sait en tirer des leçons. Sans cette dépression, Laura aurait pu continuer longtemps comme ça a prendre soin de tout le monde en passant à côté de sa vie. Certes, la dépression a été douloureuse, c’est vrai et elle a aussi été salvatrice pour Laura, qui a su rebondir et amorcer des changements fondamentaux dans sa vie. Elle s’autorise désormais à être elle-même et à occuper la place qui est la sienne. Ca ne veut pas dire qu’il faut absolument atteindre ce point de rupture pour faire bouger des choses. L’idée c’est plus que si ça arrive, autant l’accueillir et faire en sorte d’en tirer le meilleur.
  • La 3e clé, c’est que se montrer vulnérable, n’est pas forcément aussi négatif ou catastrophique qu’on le pense pour l’entourage, même si la personne en face est elle aussi vulnérable. Vulnérable oui, mais pas forcément fragile, ou en tout cas, pas autant qu’on le croit dans bien des cas. Pour le coup, dans le cas de Laura, ça a eu l’effet d’un électrochoc. Ses parents se sont d’autant plus pris en main quand ils ont su pour la dépression. En tant qu’être humain, vous avez autant de valeur que les personnes dont vous prenez soin, ni plus, ni moins, donc vous avez tout autant le droit à la vulnérabilité que les personnes que vous aidez. Et si votre entourage refuse de l’accueillir nous pouvons voir ensemble les autres alternatives qui s’offrent à vous. Il suffit d’envoyer un message avec vos coordonnées et vous serez recontacté.e.

Voilà on arrive à la fin de ce 36e épisode du podcast.

 

Si vous souhaitez solliciter les compétences d’une des professionnelles du réseau proposé par Relationnellement Vôtre, y compris les miennes. Il vous suffit de cliquer sur l’onglet contact ou sur « je contacte Relationnellement Vôtre », en précisant bien vos coordonnées pour être recontacté.e

 

On se retrouve la semaine prochaine pour poursuivre sur la thématique de vulnérabilité sous un autre versant. Il s’agit de celui où on n’a pas « appris » a être vulnérable, parce qu’on a grandi dans un environnement où personne n’osait se montrer vulnérable.

Alors à la semaine prochaine et d’ici là, prenez bien soin de vous.

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