Episode 35 : Et quand on veut guérir des blessures du passé, mais qu’on vit le contraire… on fait quoi ?
Hello, on se retrouve pour le 35e épisode du podcast.
Nous sommes actuellement dans une série d’épisodes sur les difficultés rencontrées quand on veut se remettre de blessures du passé, apprendre à vivre malgré et avec les traumatismes vécus. Et cet épisode est complémentaire aux 2 épisodes précédents.
Il arrive parfois d’avoir sincèrement envie de guérir de ces fichus blessures et traumas du passé qui font tant souffrir, tout en voulant garder le même mode de pensées, les mêmes comportements, les mêmes relations, etc.
Si je reprends la métaphore du bateau à voile, c’est comme si on se fixait un cap, mais que les voiles étaient orientées dans la direction opposée.
Comme on a pu le voir dans l’épisode précédent, il y a des éléments qu’il faut jeter à la mer de manière a ne plus être freiné, ni bloqué dans le processus de guérison. Et il y a aussi des changements nécessaires pour que les efforts fournis durant le processus de guérison soient productifs.
Si malgré des semaines, des mois ou même des années de travail sur vous, vous avez l’impression qu’au lieu d’aller de mieux en mieux, ça semble aller plus mal. Peut-être que même si vous fixez le bon cap, à savoir la guérison, les voiles de votre bateau n’ont pas l’orientation qui correspond, elles semblent encore tournées vers le passé.
Si vous vous demandez comment faire pour que ces voiles soient orientées vers votre guérison intérieure ou comment aligner vos pensées, vos choix, vos actes avec la volonté et le désir de guérir ??
Et bien c’est ce que nous allons développer dans cet épisode, en abordant 4 voiles à tourner de manière à en inverser les effets bloquants en faveur d’effets libérateurs. Oui, 4 voiles, ça peut faire beaucoup, on va dire que vous avez un grand bateau, après tout, vous le valez bien n’est-ce pas ?!!
Les 4 voiles correspondent à des étapes du processus de guérison. Il s’agit donc de tourner :
1. Une 1ère voile pour aller du passé rêvé vers l’acceptation du passé vécu
2. une 2e voile pour passer des pensées opposées à la guérison à des pensées alignées avec la guérison
3. une 3e voile pour passer de la confusion des places et des rôles dans les relations à une clarté dans la place et le rôle de chacun
4. une 4e voile pour passer de l’amour déformé des relations toxiques à l’amour équilibré
Avant d’aller plus loin, je tiens à rappeler que les points aborder dans l’épisode ne sont pas là pour amener des jugements vis-à-vis des autres, ni pour accuser qui que ce soit et encore moins pour vous mettre la pression.
Le but est de mettre en lumière ce qui se passe en vous, afin de vous aider à avancer dans votre processus de guérison. D’ailleurs, commençons donc par voir cette 1ère voile à tourner, à savoir :
La voile pour aller du passé qu’on aurait rêvé d’avoir vers l’acceptation du passé qu’on a vécu
Au fur et à mesure qu’on grandit, on prend conscience des « loupés » qui ont pu se produire dans nos relations avec nos parents, nos frères et sœurs, nos amis, nos enseignants, nos relations amoureuses ou toute autre relation croisée sur le chemin de la vie.
Cette prise de conscience amène à se demander comment cette vie aurait été si telle ou telle relation avait été différente. Et on refait le passé en imaginant ce qu’il aurait pu ou ce qu’il aurait dû être, même si on sait qu’on ne pourra malheureusement rien y changé. Et c’est une démarche qui va à l’encontre du processus de guérison, car elle tisse des liens invisibles qui nous retiennent dans le passé et le rêve de l’enfance, l’adolescence ou de la relation idéale qu’on a pas eu.
Si je peux me permettre, votre enfance, votre adolescence, vos relations n’ont probablement pas été complètement rose et elles ont tout de même contribué à faire de vous la chouette personne que vous êtes devenue malgré tout. Ok, on ne se connait peut-être pas, mais si vous écoutez ce podcast, c’est que vous êtes une chouette personne. (rires) Je plaisante.
Plus sérieusement, rien que le fait que vous cherchiez à guérir signifie que vous voulez aller de l’avant, vous épanouir, partager les belles choses qu’il y a en vous. Donc j’avais raison, vous êtes bien une chouette personne.
Atteindre votre objectif va impliquer de pouvoir lâcher-prise, de faire le deuil du passé que vous auriez aimé avoir et d’accepter que ce passé, bien que non choisi, est tout de même le vôtre.
Lâcher-prise, c’est cette capacité à voir la réalité telle qu’elle est et non comme on l’avait imaginé ou prévu. C’est accepter de faire preuve de flexibilité pour intégrer les changements et s’y adapter.
D’ailleurs, la dernière phase du travail de deuil, c’est l’acceptation. En l’occurence, c’est l’acceptation de ce passé. Mais ça ne veut pas dire que le reste de votre vie est fichu. Il n’est pas trop tard pour faire en sorte que votre présent et votre avenir se rapprochent de vos envies, vos désirs et vos rêves. C’est d’ailleurs pour cela que vous faites de votre mieux pour avancer dans les processus de guérirons et vous libérer des prisons dans lesquelles les blessures et traumatismes passés vous ont enfermé.e : que ce soit la prison de l’amertume, du non pardon, de la peur, de la honte… (Si vous voulez en savoir plus sur le processus du pardon, vous pouvez écouter les épisodes 20 et 21 du podcast).
L’acceptation, le lâcher-prise passent par le fait que nos schémas de pensées sont différents. Nos pensées et nos systèmes de croyances vont dans le sens du processus de guérison et non à l’opposé. C’est d’ailleurs ce que nous allons voir avec la 2e voile à réorienter :
La voile pour passer des pensées opposées à la guérison à des pensées alignées avec cette guérison.
Les pensées et les croyances sont à l’origine de tout ce que nous disons et faisons. Nos pensées sont fortement imprégnées de nos croyances et toute parole, tout acte est précédé d’une pensée. Voilà pourquoi quand on veut aller dans une direction il est important d’avoir des croyances et des pensées en accord, alignées avec cette direction.
Le hic, dans le travail sur soi, c’est qu’on veut avancer dans le processus de guérison, on veut se sentir mieux, avoir des relations plus saines, mais il y a différentes formes de croyances et de pensées qui interfèrent et s’y opposent :
- Les pensées négatives
- Les fausses croyances ou les schémas de pensées erronés
- Et les croyances limitantes
Les pensées négatives sont les pensées qui se répètent dans notre tête de manière inutile et infructueuse, si ce n’est qu’elles génèrent des ressentis désagréables : la peur, le doute, l’angoisse, le découragement…
Les fausses croyances ou les schémas de pensées erronés sont des raisonnements, des idées reçues qu’on peut avoir sur différents sujets en étant convaincu.e que c’est vrai, alors qu’en réalité, c’est infondé et faux.
Par exemple une fausse croyance peut-être de se dire, j’ai eu le passé que j’avais parce que je le méritais. Aucun enfant, ni adolescent ne mérite les blessures et les traumatismes auxquels il est confronté. C’est aussi valable pour vous.
Subir les conséquences des dysfonctionnements, des déviances et des troubles psychiatriques des personnes qui vous entourent ne signifie pas que vous l’avez provoqué. C’est une fausse croyance, l’explication du comportement à l’origine de la blessure ou du traumatisme se trouve chez la personne qui blessante, pas chez la personne blessée. Et c’est une fausse croyance qu’il est indispensable de démonter pour guérir. Vous ne méritiez pas ce qui vous est arrivé. Vous méritez amour, respect, bienveillance, douceur. Et si ça n’a pas été le cas, ce n’est pas de votre faute, c’est la responsabilité de la personne qui n’a pas pu vous le donner ou n’a pas su vous le donner.
Je ne dis pas ça pour accuser, ni incriminer qui que ce soit, car bien souvent, quand on creuse l’histoire des personnes à l’origine des blessures, on découvre des événements douloureux qui n’excusent rien, mais qui aident à comprendre et expliquent beaucoup de choses.
Tout à l’heure, je vous ai aussi parlé des croyances limitantes.
Ce sont des croyances erronées qui nous concernent directement et nous empêchent d’avancer.
Par exemple : « je ne peux pas y arriver » ou « vivre heureux.se, c’est pas pour moi »,
Tourner la voile pour que ces pensées opposées à la guérison soient désormais alignées avec cet objectif implique de rétablir la vérité face aux fausses croyances et croyances limites de manière à entretenir des pensées positives.
Par exemple, à chaque fois que vous vous dites :
« je vais jamais y arriver c’est trop dur » et bien vous pouvez vous dire « ok, c’est vrai que c’est dur, mais tout est possible, certaines personnes y sont arrivées, pourquoi pas moi ? »
Et si on rétablit la vérité face aux croyances limitantes citées :
Au lieu de dire « je ne peux pas y arriver », on peur dire : « je peux y arriver, j’ai les ressources en moi et autour de moi pour réussir »
Ou encore, au lieu de dire « vivre heureux.se, c’est pas pour moi » on peut se dire :« je ne vaux ni plus ni moins que les autres, j’ai donc tout autant le droit d’être heureux. »
Ce travail sur les pensées est une étape fondamentale du processus de guérison et il est important de ne pas le bâcler. Accordez-vous le temps qu’il vous faudra pour y croire, le but n’est pas de vous convaincre qu’il faut penser ainsi, mais plutôt de savoir au fond de vous que ce mode de pensées correspond à la vérité.
Une fois que la vérité prend ou reprend place en vous, vous pourrez progressivement envisager de ramener de la clarté autour de vous, dans vos relations. C’est justement ce qu’on va voir avec la 3e voile du bateau, qu’il peut être nécessaire de réorienter, à savoir :
La voile pour passer de la confusion de la place et du rôle des relations à une clarté dans la place et le rôle de chacun
Certaines blessures du passé sont telles que les places et les rôles de chacun peuvent être bouleversés, chamboulés.
Par exemple, quand un enfant perd un de ses parents, il peut avoir cette tendance à vouloir consoler le parent endeuillé en prenant une place et un rôle de partenaire de vie (sans pour autant basculer dans de l’inceste), mais certains garçons vont se montrer extrêmement protecteur vis-à-vis de leur mère, prêt à combler ses moindres besoins pour compenser l’absence du défunt mari. Certaines filles vont se montrer très tendre, câline et soucieuse du confort de leur père en faisant toutes les tâches que la mère assumait.
Il y a parfois ce positionnement de l’enfant qui va vouloir être le meilleur ami de son parent ou le parent qui va vouloir faire de son enfant son meilleur ami.
Il y a aussi parfois une inversion des rôles dans la relation parent-enfant quand le parent se montre fragile, vulnérable, dépendant… Du coup l’enfant se positionne en parent, il prend soin, assume certaines responsabilités et protège son parent.
Ou sinon il y a aussi le cas dans les fratries d’une confusion des places et des rôles quand un parent est absent ou défaillants. L’un des enfants adopte la place et le rôle de parent auprès de ses frères et soeurs.
Dans certaines relations amicales, l’un des amis peut jouer un rôle de partenaire de vie, en tentant de compenser certains besoins affectifs chez son ami, sans pour autant vouloir être en couple avec.
Chacun s’habitue à occuper une place qui n’est pas censée être la sienne, sans pour autant penser aux conséquences, ni au risque de basculer dans des relations dites de co-dépendance.
Ce sont des relations où on est convaincu que le bien-être de l’autre dépend du fait qu’on occupe cette place.
Or, quand on occupe une place qui n’est pas la nôtre, ça signifie qu’une autre personne ne peut pas s’y installer. Si vous jouer le rôle du partenaire de vie de votre parent, comment pourra-t-il refaire sa vie ? Et vous comment pourrez-vous rencontrer quelqu’un ?
Si vous quittez votre place d’enfant, comment votre parent pourra se remettre en question et tenter de se comporter en parent vis-à-vis de vous ?
Si vous jouez le rôle de parent auprès de vos frères et sœurs, qui occupera la place du grand frère ou de la grande sœur ?
Du coup, changer le sens de cette voile demande de prendre la décision d’occuper la place qui est la vôtre en ramenant de la clarté avec des limites.
Chaque place dans une relation implique des rôles qui lui sont propres. Etre l’enfant n’implique pas les mêmes rôles qu’être parent ou partenaire de vie. Reprendre votre place d’enfant auprès de votre parent va donc nécessiter de poser des limites qui impliquent que vous ne tenterez plus de répondre à certaines demandes, ni de combler certains besoins. Ce sont des réajustements que vous déterminerez et expliquerez à votre parent. (Si vous voulez en savoir plus sur comment déterminer des limites et les appliquer, il y a toute une série de vidéos sur la chaîne YouTube de Relationnellement Vôtre.)
Voici un exemple de limite lorsque l’enfant s’est retrouvé à une place de meilleur.e ami.e ou de partenaire de vie de son parent.
Ex : je sais que tu apprécies que je sois ton confident/ta confidente, mais je réalise que ce n’est pas mon rôle et cette place me fait souffrir. Je ne préfère plus l’occuper cette place désormais et je suis sûr.e que tu trouveras une autre personne de confiance dans tes relations pour occuper cette place.
Quelle que soit la relation, vous risquez d’être confronté.e aux résistances des autres, à cette opposition par rapport au changement et c’est important non seulement de l’avoir en tête mais surtout de l’accepter. Ça ne veut pas dire pour autant que vous devez enlever les limites et faire plaisir. Ca veut plutôt dire que ça va prendre du temps. Le plus important c’est de savoir pourquoi vous le faites, ça vous aidera à tenir bon.
Une phase de transition est nécessaire pour eux, comme pour vous pour pleinement occuper ce changement de place. Il est possible que vous ayez parfois envie de revenir à l’ancienne place parce qu’après tout, ça vous rassurait que votre parent se confie autant à vous.
Lâcher-prise se fait progressivement et vous allez y arriver parce que vous savez que ça va ramener de l’équilibre dans vos relations et favoriser votre guérison.
Rassurez-vous, tout ça se travaille et vous avez la possibilité d’être accompagné par un.e professionnel.le pour y arriver, pas à pas, à votre rythme.
Une fois que vous aurez avancé dans ce réajustement, ce repositionnement dans les places de chacun, vous réaliserez probablement que votre définition et vos expressions de l’amour évoluent en passant de la toxicité et une expression déformée de l’amour à une expression plus saine et équilibrée. C’est ce que nous allons voir avec cette 4e voile de votre bateau qu’il est important de tourner.
La voile pour passer de l’amour déformé à l’amour équilibré
Les blessures et traumatismes vécus dans certaines relations familiales, amoureuses ou amicales peuvent amener à avoir une définition déformée de ce qu’est l’amour.
Par exemple, un enfant qui subit le contrôle et la manipulation de son parent peut penser qu’aimer c’est contrôler l’autre. Ou un enfant qui subit des abus physiques peut se dire que c’est une manière d’aimer que de toucher l’autre de cette manière.
Dans la mesure où la peur du rejet, la peur de l’abandon sont très présentes, ça amène à accepter et supporter la relation malgré la douleur qu’elle génère, car un lien affectif s’est tissé à partir ce modèle relationnel dysfonctionnel.
Les blessures, traumatismes, violences et maltraitances subies durant l’enfance, l’adolescence laissent une représentation, une définition de l’amour qui est qu’ « aimer c’est souffrir » ou « aimer fait mal ». Cette définition erronée peut être intégrée très jeune et l’enfant va développer un seuil de tolérance et d’acceptation de plus en plus élevé à cette forme d’amour.
Sortir de la toxicité pour partager des relations équilibrées va donc nécessiter de redéfinir ce qu’est l’amour et comment l’exprimer sainement.
Alors bien sûr, personne n’est parfait donc on est tous à même de mal aimer une personne à un moment donner. Là où c’est toxique, c’est quand c’est profondément douloureux, récurrent et qu’il n’y a ni remise en question, ni effort de changement.
- L’amour n’est pas censé mettre en danger, l’amour cherche à protéger, à garder en sécurité
- L’amour ne cherche pas contrôler, l’amour veut partager la liberté
- L’amour n’impose pas, l’amour respecte l’autre et tient compte de ses ressentis, ses besoins, ses envies…
- L’amour n’est pas violent, l’amour est bienveillance et douceur.
- L’amour n’est pas humiliant, l’amour couvre et soutien l’autre
- L’amour ne rejette pas l’autre, l’amour accepte l’autre tel qu’il est
- L’amour ne veut pas trahir l’autre, l’amour veut entretenir et encourager à la confiance, la loyauté
- L’amour n’est pas centré sur lui, l’amour est tourné vers l’autre
Avant de s’arrêter, j’aimerais juste vous partager le témoignage de Zack :
Zack a grandi dans une famille avec 2 parents souffrant d’addictions. Il a compris très tôt qu’il ne pouvait pas compter sur ses parents. Il a donc décidé de faire de son mieux pour se débrouiller seul et s’occuper de ses sœurs.
Un jour le père de Zack a été arrêté et mis en prison. Zack s’est alors senti revêtu de la mission d’être l’homme de la maison. Il s’est mis à surprotéger sa mère et il est passé du rôle de grand-frère à celui de « père » vis-à-vis de ses sœurs. Lourde responsabilité pour Zack.
Malheureusement, ça ne s’est pas arrêté là. Lors d’une conduite en état d’ivresse, sa mère a provoqué un accident qui a entraîné la mort d’une personne. Elle a, elle aussi, été emprisonnée. Zack et ses sœurs ont donc été accueilli chez certains membres de leur famille.
Zack a avec un grand vide en lui. Il a tenté de le combler très tôt dans son adolescence avec des relations amoureuses. Mais Zack avait une profonde angoisse d’être abandonné. Du coup, dès qu’il avait peur que la relation s’arrête, il faisait en sorte de rompre le 1er. C’est un mode de fonctionnement que Zack a continué à répéter même adulte, et ce jusqu’à ce qu’il fasse un travail sur lui.
Zack souffrait profondément des traumatismes vécus durant son enfance, il se rendait compte que ça impactait toutes les sphères de sa vie. Un jour, il a accepté de se faire aider et de suivre une psychothérapie.
Zack a pu travailler sur ses insécurités, ses blessures. Il a compris son mode de fonctionnement et a pu revoir les schémas de pensées, les mécanismes qui l’amenaient à être prêt à tout pour être aimé.
Parallèlement à ça, Zack a développé une relation avec Dieu, ce qui lui a permis d’aller au plus profond de son être pour soigner ses blessures passées. C’est à travers cette relation et celles tissées avec les personnes qui partageaient sa foi, qu’il a redéfini l’amour et réappris à aimer.
Le travail a été long et parfois vraiment difficile, mais Zack a tenu bon et il ne regrette rien. Bien au contraire. Il a choisi de se former dans le domaine des relations pour aider les autres. Il est devenu coach en développement relationnel et il a même écrit des livres sur son parcours.
Zack est désormais un mari épanoui et un heureux papa. Il a gardé contact avec sa mère et ses soeurs. Il a réajusté sa place, son rôle auprès de chacun en posant des limites.
Il s’est repositionné en tant que fils et non sauveur de sa mère et il a repris sa place de grand-frère auprès de ses sœurs, en cessant de tout anticiper, tout gérer à leur place.
Ça n’a pas été simple au départ, il a dû faire face aux reproches assez piquants de sa famille. Il a aussi dû faire face à ses doutes. Car au final, sa mère ne lui disait plus rien de sa vie privée, même des choses importantes. Zack était blessé de ne pas savoir.
Et ses sœurs ne le sollicitaient plus du tout. Ca a été difficile pour lui de ne plus avoir le rôle de celui qui aide tout le monde. Mais il fallait que sa mère et ses soeurs réalisent qu’il n’est pas la seule personne sur qui compter, avant de pouvoir lui donner une juste place dans leur vie.
Zack a gardé bien en vue les raisons et l’importance de son repositionnement. C’était un mal nécessaire pour trouver un juste milieu, un équilibre dans son rôle auprès de sa famille. Un rôle en accord avec qui il est et qu’il assume totalement désormais.
Voici 3 clés que ce témoignage nous enseigne ou nous rappelle :
- La 1ère clé, c’est que tout espoir est permis. Zack a eu son lot de blessures et de traumatismes. Il a malgré tout réussi à cheminer jusqu’au stade où ses blessures ont si bien cicatrisé qu’il a fondé une famille heureuse et il aide d’autres personnes à soigner leurs blessures. C’est un travail qu’il n’aurait pas pu faire efficacement sans avoir profondément guéri. C’est donc possible !!
- La 2e clé, c’est qu’en ayant le courage de réajuster sa place et son rôle auprès des membres de sa famille, Zack a réalisé les bienfaits d’occuper la place qui lui revient. En arrêtant d’être le « partenaire de vie » de sa mère, il a pu pleinement occuper sa place de conjoint auprès de sa femme. Et en arrêtant de jouer le rôle de père de ses soeurs, il a d’autant plus pu être celui de ses propres enfants. Du coup, sa mère a pu occuper les rôles de belle-mère et de grand-mère qui lui reviennent, sans empiéter sur la vie de couple et de famille de Zack. Les limites n’ont pas pour but de faire souffrir, ni de priver de liberté, mais de protéger le rôle et la place de chacun.
- La 3e clé c’est que tout ça a pris du temps. Zack reconnait que ça a parfois été douloureux. Toutefois, ça reste une démarche sans regret à ses yeux, car il en savoure les fruits aujourd’hui et c’est tout ce qui compte pour lui désormais. Donc oui, ça prend du temps, oui, la guérison peut faire mal et c’est un prix qu’il vaut sûrement la peine de payer quand on voit les fruits qu’on peut ensuite savourer.
Voilà on arrive à la fin de ce 35e épisode du podcast.
Si vous avez des questions ou si vous voulez partager un témoignage sur la manière dont vous avez tourné certaines voiles pour avancer dans votre processus de guérison, vous pouvez envoyer un message à Relationnellement Vôtre (bouton en bas de page) ou en envoyant un mail à relationnellementvotre@gmail.com. Vous recevrez une réponse à vos questions dans les meilleurs délais et le témoignage sera partagé sur le compte Instagram, en respectant votre anonymat.
La semaine prochaine, on sera le dernier mardi du mois. Or qui dit dernier mardi du mois, dit publication de l’émission « Parlons Relations, Parlons Vrai ». La thématique de l’émission sera : Relations et vulnérabilité. Trop hâte que vous puissiez écouter cette émission que nous avons pris tant de plaisir à enregistrer.
On se dit à bientôt et surtout prenez bien soin de vous.
