Episode 33 : Comment retrouver l’espoir de guérir des blessures et traumas du passé ?
Hello, bienvenue sur ce 33e épisode de Relationnellement Vôtre.
Ces dernières semaines, on a évoqué les peurs qui entravent l’épanouissement relationnel, les différents moyens de les surmonter. Et c’est vrai qu’on peut avoir toute la bonne volonté du monde, ce n’est pas une démarche évidente que de soigner ses blessures de l’enfance, de faire évoluer des comportements ancrés depuis des années, ou même de se remettre de traumatismes profonds. Pourtant, c’est malgré tout possible et vous pouvez y croire.
J’aimerais passer quelques semaines sur cette thématique un peu plus sensible. D’ailleurs, sachez que le contenu peut venir toucher des zones qui réveillent des émotions en vous. Donc si vous voulez vous sentir libre de les laisser sortir ce qui a besoin d’être exprimé, il sera sûrement préférable d’écouter / lire cet épisode dans un cadre où vous pourrez vous le permettre.
L’épisode s’adresse tout particulièrement aux personnes qui ont tenté ou qui tente actuellement de travailler sur elles et qui ont l’impression qu’elles n’arriveront jamais à cesser de traîner les lourdes valises de leur enfance, qu’elles ne pourront pas guérir des blessures subies, ni des traumatismes vécus dans leur passé.
Vous vous dites peut-être :
« j’ai essayé, j’ai fait ce que j’ai pu, ça n’a pas fonctionné ».
Ou « j’y travaille, mais j’ai vraiment la sensation de tourner en rond ».
Ou peut-être que vous vous dites « je suis comme ça depuis trop longtemps, ces blessures, ces traumas font partie de moi, j’ai beau essayé, on ne peut rien y changer ».
Permettez-moi de vous encourager à tenir bon. Difficile ne veut pas dire impossible, croyez-moi. Vous pouvez être fier.e de vous de vouloir guérir de ce douloureux passé. Vous avez suffisamment souffert.
Il est vrai que faire un travail sur soi, n’est pas une démarche évidente et il y avoir des phases de découragement et de doute quand on a la sensation de stagner ou de tourner en rond. C’est ok, par contre, je n’peux pas vous laisser croire pour autant que guérir est impossible.
Si ça fait plusieurs mois, voire années que vous travaillez avec le ou la même professionnel.le et qu’après en avoir discuter ensemble, vous reconnaissez d’un commun accord que la thérapie n’avance pas. Peut-être est-il nécessaire de changer de thérapeute. Ca aussi vous pouvez en discuter.
Parfois l’impression d’être bloqué, de ne pas avancer peut être la conséquence des résistances qui se mettent en place.
Les résistances sont tous les mécanismes qui s’opposent à l’accès du patient à son inconscient et aux réflexions soulevées par le travail sur soi. Ça fait blocage. Du coup il est nécessaire de travailler dessus pour que la thérapie puisse avancer, évoluer.
Et puis il est important de noter qu’un travail sur soi, un processus de guérison n’est pas une progression en ligne droite, ni une évolution continue. Il peut y avoir plusieurs phases de palier. Ces phases sont complètement normales.
D’ailleurs il peut y avoir plusieurs raisons à ça. Ce sont des phases durant lesquelles les résistances sont travaillées, une réflexion se fait ou des schémas de pensées sont titillées. Ok, il n’a pas encore d’acte posé, ni changement effectif, mais ça ne veut pas dire pour autant que rien ne se passe. Au contraire, l’inconscient travaille en sous-marin.
Donc si vous avez vraiment envie de marcher plus épanoui.e dans votre vie et bien permettez-moi de vous encourage à continuer ce travail sur vous, à continuer de viser cet objectif, car après tout, on se dirige vers ce qu’on regarde.
Oui le processus de guérison peut effectivement être plus long qu’on ne le pense. Mais est-ce que ça rend la guérison impossible pour autant ?
Quand on est dans la barque de la vie, en pleine mer et qu’on a la sensation de couler moralement. C’est tout-à-fait compréhensible d’être convaincu.e qu’on arrivera jamais à atteindre la plage pour profiter de la vie, malgré les vagues qu’elle peut réserver.
Si vous êtes fatigué.e, que vous doutez de votre capacité à atteindre le rivage. Si vous avez juste envie de baisser les bras et vous laisser porter là où les vagues vous mèneront… J’aimerais vous poser la question suivante :
Avez-vous déjà envisagé que vous êtes peut-être plus proche du rivage que vous ne le pensez ? Parfois, on veut tout laisser tomber sans se rendre compte de la distance déjà parcourue.
Les efforts déjà fournis sont utiles. Vous n’en voyez pas encore les fruits, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas.
Comme je l’explique bien souvent aux patients accompagnés, on peut difficilement guérir de 5 ans, 10, ou même 20 ans d’insécurité, de fausses croyances et d’habitudes douloureuses en quelques semaines. Ca ne veut toujours pas dire que c’est impossible d’y arriver. Ca prend du temps, oui et c’est possible de guérir !
Je ne peux que vous encourager à trouver le.la psy avec lequel.laquelle vous allez vous sentir en sécurité, en confiance et qui pourra être comme une boussole dans ce travail sur vous-même.
Cette métaphore est volontaire, parce que du coup, dans cet épisode, j’aimerais vous partager 4 balises et un phare, présents dans l’océan de votre vie actuelle, pour vous aider à persévérer dans le travail que vous faites sur vous-même vers la guérison intérieure.
La 1ère balise, c’est de se rappeler et d’accepter que la guérison est un processus multifactoriel, aux multiples facteurs.
Par guérison, je veux parler du processus durant lequel chaque couche de la blessure ou du traumatisme vécu dans le passé se nettoie, cesse de saigner, se libère de ce qui peut l’infecter, de ce qui peut affecter notre présent, pour laisser place à une cicatrice.
Qui dit cicatrice dit que la souffrance ne se fait plus sentir et que la vie peut continuer son cours, avec pour seuls éléments du passé des souvenirs non douloureux et des leçons apprises, des compétences acquises de l’expérience.
Ca peut paraître bizarre mais certaines blessures amènent à développer ses capacités d’observation, d’écoute, d’empathie et de lecture de l’autre qui peuvent être un atout dans les relations.
Guérir ne veut pas dire devenir parfait, c’est plus un processus qui permet d’être conscient de son mode propre de fonctionnement. Ca permet de ne plus subir les conséquences du passé, mais d’être acteur du présent. Du coup, on ne réagit plus de manière inconsciente, on peut faire des choix, agir en conscience et en connaissance des déclencheurs, des dynamiques en place.
Guérir est un processus dont la durée varie en fonction de différents facteurs, à savoir :
- les différences inter- et intra-personnelles, c’est-à-dire les différences d’une personne à une autre et les différentes réaction d’une même personne à différentes blessures.
- le type de blessure
- la profondeur
- et l’étendue de la blessure.
En ce qui concerne les facteurs interpersonnels, nous sommes tous différents les uns des autres, donc notre manière de cicatriser varie d’une personne à l’autre et c’est important de l’accepter. Ca permet de relâcher la pression et d’éviter le piège de la comparaison. Etant différents les uns des autres, on ne peut pas comparer la manière dont on se remet d’une blessure, d’un traumatisme.
Ensuite, les différences intrapersonnelles, sont liées au fait que les blessures et les traumatismes aussi sont différents les uns des autres. Donc une même personne pourra avoir des processus de guérison différents pour chaque blessure vécues.
Du coup, non seulement, c’est contre productif que de comparer ses blessures avec celles du voisin, mais ça l’est aussi de comparer une blessures avec une autres chez une même personne, sachant qu’elles on été vécues dans des circonstances différentes.
Je ne sais pas ce que vous traversez, mais un chose est sûre, vos blessures, vos souffrances ne sont comparables à aucune autre. Elles vous sont propres, voilà pourquoi vous avez aussi un processus de guérison à votre image et c’est à voir positivement, car plus vous vous appropriez ce processus en étant profondément vous-même, plus vous maximisez la possibilité d’une guérison profonde et durable.
Ensuite autre facteur, c’est le type de blessure. Par exemple, une blessure du type violence physique ou une blessure de rejet est différente d’une blessure d’abandon, de trahison, d’humiliation ou d’injustice ou encore du traumatisme d’un cambriolage, d’un accident de voiture ou d’une catastrophe naturelle.
Il y a aussi la profondeur de la blessure dont il est important de tenir compte dans la durée du processus de guérison. Si la blessure affecte uniquement le corps, ou uniquement l’âme, le processus de guérison n’aura pas la même durée que si la blessure affecte à la fois le corps, l’âme et l’esprit.
D’ailleurs, à ce sujet, il peut arriver qu’on ne se rende pas compte de la profondeur de la blessure. Ca peut expliquer pourquoi on a parfois l’impression de ne pas avancer. Il est possible qu’on n’ait pas encore atteint la couche la plus profonde et donc la cicatrisation ne peut pas se faire. C’est souvent le cas quand on fait abstraction d’une blessure qui atteint notre dimension spirituelle, par exemple. L’âme et le corps peuvent difficilement guérir si l’esprit ne l’est pas.
Et pour finir sur les facteurs, il y a aussi l’étendue de la blessure ou du traumatisme. Si ça affecte uniquement les relations amicales, le processus de guérison sera différent de celui quand ça affecte à la fois la relation à soi et les relations avec les autres, qu’elles soient conjugale, familiales, amicales ou professionnelles.
Chacun des facteurs énoncés est une explication ou un rappel que vous pouvez utiliser pour vous dire : « ok, ca prendra le temps que ça prendra, car c’est nécessaire ».
Ce n’est pas du temps perdu, c’est du temps investit en vous-même. Alors, surtout tenez bon !
La 2e balise, c’est de vous rappeler que ce que notre esprit peut concevoir devient possible
Bien souvent, ce qui nous amène à croire qu’une chose est impossible, c’est l’incapacité à se représenter la chose en question. Quand notre esprit se convainc d’une chose, l’âme et le corps font en sorte de lui donner raison, que ce soit sur un versant positif ou négatif.
Si vous êtes convaincu.e que peu importe le temps qu’il faudra pour y arriver, vous réussirez à courir 5 km par exemple, votre mental et votre corps vont s’accorder pour vous le prouver et vous allez effectivement y arriver.
Par contre, si vous êtes convaincu.e de ne pas être capable de courir un kilomètre, vous allez vous rendre compte que tout va être mis en place pour vous prouver que vous avez raison. Et ce, jusqu’à ce que quelqu’un vous amène à démonter ces fausses croyances et vous aide à vous voir que vous êtes tout à fait capable de réussir cette course d’un kilomètre.
C’est peut-être difficile de croire que vous pourriez fonctionner différemment, avoir une meilleure estime de vous-même, avoir plus d’assurance ou même que vous pourriez entretenir des relations saines et sécurisantes. Et bien même si c’est difficile à croire, c’est pourtant c’est possible.
Rentrer dans le cercle vicieux de « j’e ne peux pas y arriver », en laissant place à la peur et à nos insécurités est épuisant. Par contre, si vous commencez à vous dire, « je vais voir comment faire pour arriver à… » et vous mettez l’objectif visé derrière. Vous pourriez être agréablement surpris.e du résultat.
Imaginons que vous vous dites, « j’aimerais guérir de ces blessures de trahison et réussir à partager des relations sans avoir constamment peur d’être trompé.e ou manipulé.e, mais c’est impossible, je ne pourrai plus jamais faire confiance à qui que ce soit ».
Si vous investissez les ressources que vous avez, en termes de pensées et d’énergie, à croire que c’est possible ? Alors vous vous rendrez compte que des idées surgissent dans votre tête sur les moyens que vous pouvez mettre en place pour y arriver. Et puis comme il n’y a pas de hasard, vous verrez des circonstances se présenter où certaines personnes vont vous parler de la manière dont elles ont travaillé sur elles, des ressources qu’elles ont déployées, utilisées pour progresser, pour gagner en confiance, pour faire à nouveau confiance aux autres, etc.
Bien souvent, croire que la guérison est possible est plus une question de choix que de capacités à y arriver. Etre en accord avec soi-même est important. Oui, ça fait peur et derrière le « je ne peux pas… », « je ne peux plus… » ou « je ne veux pas… » c’est bien souvent la peur qui parle, peur du changement, peur de l’inconnu, peur de souffrir, peur de la répétition…
Mais si vous mettez tous les éléments de votre côté en commençant par vous représenter, vous imaginer en train de traverser chacune des étapes de votre processus guérison avec succès, même si c’est douloureux parfois c’est vrai et je ne veux surtout pas minimise cela et c’est vrai que ça prend du temps. Mais en réussissant à vous représenter, vous imaginer traverser ces étapes avec succès, vous avez alors la possibilité de vous prouver que c’est possible. Parce que votre être entier, esprit, âme et corps, vont travailler en ce sens.
Du coup, que dites-vous de croire en votre capacité à cheminer dans ce processus de guérison, étape par étape, à votre rythme, sans pression, aucune. Rappelez-vous ! Ce que votre esprit peut concevoir devient possible. Et comme l’a joliment dit Gustave Flaubert :
« Le seul moyen de guérir c’est de se considérer comme guéri. »
La 3e balise, c’est de garder en tête que vous avez les ressources pour y arriver.
Vous avez en vous et autour de vous les ressources nécessaires pour soigner ces blessures et surmonter ces traumatismes du passé. C’est ce qu’on appelle faire preuve de résilience.
C’est le neuropsychiatre Boris Cyrulnik qui a développé ce concept.
La résilience est donc cette capacité à rebondir, à renaître de ses souffrances.
Et pour y arriver, nous avons des tuteurs de résilience et des facteurs de résilience.
Les tuteurs de résilience sont donc des relations qui vont nous aider à surmonter les traumatismes vécus. Ca peut être un partenaire de vie, un membre de la famille, un ami, un mentor, un coach, etc.
Les facteurs de résilience sont des éléments qui vont favoriser le rebond. Par exemple, il y a des personnes qui vont être génétiquement équipées pour naturellement sécréter plus d’hormones de la joie, du bonheur, du bien-être, ou des personnes qui ont de grandes capacités d’adaptation.
Il y a d’autres exemples de facteurs de résilience :
L’optimisme
Le sens de la moralité
La spiritualité
L’humour
Le fait d’avoir un modèle
La capacité de faire face à sa peur
Le fait d’avoir une mission, un objectif
Le fait de faire du sport, …
La liste n’est pas exhaustive, libre choix à vous de faire votre liste de facteurs de résilience, toutes ces qualités, ces compétences, cette foi, ces caractéristiques qui vous sont propres, que vous pouvez utiliser pour guérir ou du moins pour vous aider dans le processus de guérison.
D’ailleurs, puisqu’on a parlé de ces relations sécurisantes qui contribuent au processus de guérison, autrement appelés les tuteurs de résilience, j’en arrive à la 4e balise
La 4e balise, c’est de vous rappeler que vous n’êtes pas seul.e
Non seulement il y a ces relations dont on vient de parler qu’il s’agisse d’un partenaire de vie, de membres de votre famille, d’amis ou d’une relation d’accompagnement, …
Et si vous vous sentez seul.e malgré tout, envoyez un message à Relationnellement Vôtre, on fera le point ensemble pour voir comment vous permettre de traverser ce processus avec du soutien. Vous pouvez envoyer un message à relationnellementvotre@gmai.com.
La solitude est un mal très pesant. Rien ne vous oblige à y rester, vous n’êtes ni un poids, ni une charge pour les autres. Chacun de nous peut traverser des moments difficiles à différents degrés et quels qu’ils soient, le fait d’être entouré.e allège la charge et calme la douleur.
Les relations ne sont pas là que pour les moments de rires et de joie n’est-ce pas ?
Alors j’entends quelques réactions telles que :
« mais chacun a son lot de soucis et de problème à gérer, je vais pas rajouter les miens»
« c’est ma vie, c’est à moi de me débrouiller pour aller mieux, personne ne peut rien y faire »
« demander de l’aide, ça veut dire en parler et je ne veux pas qu’on sache ce qui m’est arrivé ».
Oui, ces réactions peuvent tout-à-fait se comprendre. Pourtant je suis sûre que vous faites partie de ces personnes qui vont se montrer disponibles pour écouter, aider et soutenir un.e ami.e qui passe par des moments difficiles. Où est la réciprocité alors, si vous pouvez aider mais qu’au final, on ne peut pas vous aider en retour.
Ces blessures, ces traumatismes dont vous voulez guérir ont été causé au sein de relations dysfonctionnelles, toxiques, abusives. Donc que dites-vous de multiplier vos probabilités de guérison en vous entourant de relations aimantes, bienveillantes, sécurisantes ?
Après tout, qui a dit que vous devez vous soigner et vous guérir seul.e ?
Ne minimisons pas les bienfaits et le pouvoir guérisseur de l’amour, de l’affection.
Des relations saines peuvent favoriser la guérison en vous montrant que vos besoins peuvent y être comblés, que ce soit :
- Le besoin de sécurité : sentir que la relation en question ne fera rien qui puisse vous mettre en danger, au contraire, cette personne sera là pour vous protéger en cas de besoin.
- Le besoin de stabilité : savoir à quoi vous attendre de l’autre et de savoir que quelle que soit la situation, le lien ne bougera pas, il n’y aura ni éloignement, ni rupture du lien.
- le besoin de soin : l’autre est attentif à vos besoins et est capable d’y répondre de manière adaptée.
- le besoin d’acceptation : se savoir et se sentir aimé.e tel.le qu’on est
- le besoin de sensibilité : avoir la liberté d’exprimer vos besoins, vos pensées, vos ressentis, vos envies, vos rêves et la personne en face n’y est pas indifférentes, elle vous accorde de l’attention, de l’intérêt.
- Et le besoin de réciprocité : il y a un échange, un partage, chacun s’implique, s’investit pour que la relation fonctionne.
L’expérience vécue, le fait de vivre de telles relations est l’un des meilleurs moyens de vous prouver que c’est possible, vous pouvez guérir et partager des relations sécurisantes, retrouver confiance en vous, en l’autre…
Et l’expérience vécue qu’une autre personne peut partager est aussi un bon moyen de se dire que c’est possible. Lire ou regarder des témoignages de personnes qui ont, elles aussi, vécues des blessures profondes, des traumatismes et qui ont réussi à s’en sortir, à guérir, à avancer. Tout ça donne ou redonne espoir dans la possibilité d’y arriver vous aussi.
Et pour finir, il y a un phare que vous pouvez fixer du regard tout au long du processus de guérison
C’est la possibilité de tisser une relation avec Celui qui est un repère stable, à savoir Dieu.
Je vais être tout à fait franche avec vous, il y a des blessures et des traumatismes que seule la relation avec Dieu peut guérir. Comme je vous le disais tout à l’heure, quand la profondeur de la blessure atteint le niveau spirituel, qui de mieux placé que le créateur de notre esprit pour nous aider à guérir dans ce processus.
Il y a un niveau de découragement et de désespoir que seuls l’espoir et la force puisés en Dieu peuvent nous permettre de sortir la tête de l’eau.
Il y a un sentiment d’injustice qu’aucune justice humaine ne pourra apaiser. Qui de mieux placé que Celui qui est à la fois amour et justice pour comprendre ce qu’on ressent et se charger du dossier ?
Il y a un pardon auquel seule la relation avec Dieu permet d’accéder. Pouvoir se pardonner et se libérer de la prison de l’amertume et du ressentiment est une démarche qui nécessite le passage du baume rempli de l’amour divin sur le cœur de la personne blessée.
Bien sûr, chacun est libre de croire ou de ne pas croire en Dieu, je ne suis pas là pour forcer qui que ce soit. En tout cas, si à un moment donné, vous avez utilisé toutes les balises, ce qui veut dire que :
- vous savez et acceptez que la guérison est un processus multifactoriel
- vous arrivez à vous voir traverser et achever ce processus de guérison
- vous utilisez vos tuteurs et facteurs de résilience
- vous êtes entouré.e de relations bienveillantes, sécurisantes pour vous encourager
et que malgré tout, vous avez la sensation de tourner en rond, de ne pas réussir à avancer dans votre processus de guérison, que dites-vous d’essayer de vous diriger vers Le Phare ?!
Aller, on arrive à la fin de l’épisode, mais avant, j’aimerais vous partager le témoignage d’une femme formidable, il s’agit de Séréna.
Séréna a grandi dans un foyer avec une mère présente, aimante, enveloppante et un père majoritairement absent. Les rares fois où le père de Séréna était présent, il se montrait extrêmement violent tant verbalement que physiquement envers la mère de Séréna.
Un jour, la mère de Séréna a eu le courage de quitter cet homme. Ca ne s’est pas fait sans mal, pour Séréna qui n’a plus eu de nouvelle de son père pendant longtemps. Elle était partagée entre le sentiment d’être abandonnée par son père et le soulagement de ne plus voir sa mère souffrir.
La mère de Séréna a refait sa vie avec un homme dont elle ne soupçonnait pas qu’il abuserait de sa fille.
Séréna a gardé ces abus secrets pendant plusieurs années, mais elle en subissait quotidiennement les conséquences à travers différents symptômes physiques et psychologiques, qu’elle tentait de cacher de toutes ses forces.
L’estime de soi, la confiance en soi de Séréna ont été ébranlées et ces abus de son beau-père, en plus de l’image qu’elle avait de son père l’ont exposée à de sérieuses difficultés dans son rapport aux hommes.
Séréna avait profondément envie de se sentir aimée, de se poser dans une relation de couple, de fonder une famille. Malheureusement elle était systématiquement attirée par un même profil d’hommes avec lesquels elle revivait les conflits, l’agressivité, la violence et l’insécurité dans lesquels elle avait grandi.
C’est après avoir réussi à se sortir d’une relation profondément toxique et destructrice que Séréna a décidé de se faire aider. Et donc de commencer une thérapie. Elle a fait la démarche par ras-le-bol. Elle en avait marre de ce mal-être, de cette douleur incessante, marre de répéter les mêmes schémas relationnels, mais elle ne se doutait pas que le processus serait si long avant d’en voir les premiers fruits.
Séréna a voulu arrêter plus d’une fois persuadée que les traumatismes étaient trop importants et trop profonds pour qu’elle puisse un jour être heureuse.
Séréna avait eu l’occasion d’entendre parler de la relation à Dieu et des bienfaits de l’amour de Dieu durant son enfance. Du coup, elle a cherché à tisser une relation avec Lui. Elle a appris à Le connaître, à Lui faire confiance, à L’aimer et à compter sur Lui.
Dans les moments de découragement, Séréna parle à Dieu, elle sollicite son aide et elle exprime ouvertement ce qu’elle ressent. Elle admet qu’elle ne sait pas comment elle aurait fait sans Dieu dans sa vie.
Elle s’est accrochée, elle a persévéré dans la psychothérapie. Elle a commencé à voir les tous 1ers signes d’évolution dans la thérapie, au bout de plusieurs mois de travail. Elle a accepté de se pardonner de ne pas en avoir parlé. Elle a réalisé qu’elle osait dire non plus souvent. Et elle voyait à travers des détails du quotidien qu’elle commençait à gagner en estime et en confiance en elle.
Séréna a réalisé que son activité artistique en parallèle de son travail auprès des gens et puis aussi son côté solaire, pétillante ont contribué à sa persévérance.
Elle a aussi de précieuses relations familiales et amicales sur lesquelles elle a pu compter et continue à compter alors qu’elle avance de plus en plus plus loin dans le processus de guérison.
Aujourd’hui, Séréna réussit à tisser des liens plus sécurisants avec le sexe opposé, que ce soit sur un plan amical ou amoureux. La communication non violente a pris la place du renfermement et de l’agressivité. Elle réalise que tous les hommes ne sont pas comme ceux qu’elle a pu rencontrer auparavant. Elle apprend pas à pas, très progressivement, à son rythme, à accorder sa confiance.
Elle sait et accepte désormais que le processus de guérison est un marathon. Et elle se dit que s’il faut investir quelques mois, voire quelques années de sa vie dans ce processus, pour vivre plusieurs décennies enfin libérée du poids de ces traumatismes et des conséquences dans ses relations, et bien ça en vaut carrément la peine.
Voici 3 clés que ce témoignage nous enseigne ou nous rappelle :
- La 1ère clé c’est que lorsque des répétitions douloureuses, des cycles négatifs se manifestent, il est nécessaire de se poser des questions et de prendre le temps de trouver des réponses. Séréna aurait très bien pu continuer à souffrir, à répéter les mêmes schémas amoureux toxiques. Mais heureusement, à un moment donné elle a voulu se poser et comprendre pourquoi l’histoire se répétait autant. C’est ce qui lui permet désormais de tisser des relations de plus en plus sécurisantes et saines.
- La 2e clé c’est que lorsqu’on atteint un stade de ras-le-bol, il y a une sorte de gnack, de carburant qui prend place pour se lancer dans le processus de guérison. Séréna a voulu mettre fin à la thérapie plus d’une fois. Elle a tenu bon avec l’aide de Dieu, c’est vrai, comme elle a pu le préciser et elle a aussi tenu bon parce qu’elle en avait marre de souffrir, marre de se sentir coincée dans la prison des traumatismes de son passé. Du coup, elle a trouvé la force, le courage et l’énergie nécessaires pour poursuivre le processus de guérison.
- La 3e clé c’est l’importance des relations comme tuteurs de résilience. Avec tout ce qu’elle a traversé durant son enfance et son adolescence, si Séréna n’avait pas eu ces ancrages relationnels dans ses relations familiales, ses relations amicales et sa relation à Dieu, elle ne serait probablement plus de ce monde. D’ailleurs, si vous vous sentez seul.e, ne laissez pas cette solitude vous emmener plus bas, sollicitez de l’aide. Et si vous ne savez pas qui solliciter, quoi mettre en place, vous pouvez envoyer un mail à relationnellementvotre@gmail.com.
Voilà on arrive à la fin de ce 33e épisode du podcast.
Si vous avez des questions ou si vous voulez partager un témoignage qui confirme que guérir des blessures et traumas du passé est bien possible, vous pouvez envoyer un message à Relationnellement Vôtre (bouton en bas de page) ou à l’adresse mail qui vient d’être citée.
On se retrouve la semaine prochaine avec un nouvel épisode au cours duquel je vous expliquerai quels peuvent être les points de blocage, les obstacles à surmonter dans ce processus de guérison. Après tout, quand on est préparé à une difficulté et quand on arrive à cerner un problème, il devient plus facile de le solutionner n’est-ce pas ?
Aller, on approfondira tout ça la semaine prochaine.
En tout cas d’ici là, prenez bien soin de vous !
