Episode 27 : Connaissez-vous ces « faux-amis » parfois présents dans nos relations ? (4/4) La sur-adaptation

Hello, c’est déjà le 27e épisode de Relationnellement Vôtre et c’est une joie de vous partager plus de contenus pour vous aider à avancer sur le chemin de l’épanouissement relationnel.

L’épisode d’aujourd’hui est le dernier de la série sur les « faux-amis », ces modes de fonctionnement développés pour faire plaisir, pour montrer qu’on aime ou par peur de ne plus être aimé.

Il a été question de la surprotection, de la tolérance excessive, de l’évitement du conflit et maintenant, voyons de plus près la sur-adaptation.

Il est normal de faire preuve de capacités d’adaptation dans nos relations. Ces capacités nous permettent de faire face au changement. On adapte notre discours en fonction des personnes avec lesquelles nous parlons. On ne parle pas de la même manière à un enfant qu’à un adulte. On adapte notre comportement en fonction du type de relation, on ne se comporte pas de la même manière avec son partenaire de vie et son manager au travail. Ca  va de soi ! 

C’est d’ailleurs ce qu’on appelle l’effet caméléon en psychologie : cette tendance à adapter son comportement, ses mots et sa personnalité à la personne qui se trouve en face de soi. Il touche tout le monde avec plus ou moins d’intensité.

Là où ça devient problématique, c’est quand ça bascule dans l’excès, le trop. Et il n’y a qu’un pas à franchir entre le compromis, la concession et la sur-adaptation.

Qu’est-ce que la suradaptation ?

« La sur-adaptation c’est adopter des comportements qui satisfont les contraintes extérieures : celles de nos parents, de nos enseignants, de notre patron, de nos clients, de nos amis, de nos voisins, … C’est mettre systématiquement nos envies, nos besoins personnels de côté pour privilégier les contraintes évoquées, contraintes imposées par l’autre.

La sur-adaptation s’accompagne bien souvent de croyances telles que « les autres savent mieux que moi », ou « pour qu’on m’aime, il faut que je corresponde à ce qu’on attend de moi », or dans une relation saine, c’est plutôt l’idée « je peux être moi, je sais qu’on m’aime tel.le que je suis ». 

Aimer, ce n’est pas nier ses propres besoins pour faire plaisir aux autres. Aimer, c’est respecter nos propres  besoins et ceux des autres.

Donc aimer une personne, ce n’est pas faire en sorte de correspondre à son enfant idéal.e, son parent idéal, son ami.e idéal.e, son.sa collègue idéal.e et encore moi son.sa conjoint.e idéal.e. Etre en relation, c’est enrichir l’autre de la personne que vous êtes, en faisant en sorte d’être la meilleure version de vous, pas la meilleure version de ce que l’autre veut que vous soyez.

Comment savoir si je fonctionne dans la sur-adaptation ?

Voici quelques indicateurs pouvant se retrouver tant dans le domaine privé que professionnel :

  • Se fondre dans les attentes des autres 
  • Etre constamment à anticiper les besoins, les désirs des autres dans le but de leur faire-plaisir
  • Avoir une attitude soumise et permissive, l’affirmation et l’opposition n’ont pas leur place et donc une grande difficulté à oser dire non.
  • Ne pas tenir compte de ses besoins, car seuls ceux des autres comptent
  • Etre convaincu.e que les autres ont toujours raison et savent mieux ce qu’il faut dire ou faire
  • Ne plus savoir ce qu’on ressent, ni ce qu’on veut ou ce dont on a besoin à force de chercher constamment à répondre aux attentes des autres.
  • En arriver à ne plus avoir d’avis, d’opinion sur quoi que ce soit, car on est habitué.e à suivre ce que pense les autres.
  • Ne prendre aucune initiative, attendre qu’on nous dise quoi faire
  • Culpabiliser de ne pas correspondre à l’image collée par l’entourage
  • Entendre la phrase suivante de la part de vos relations : ok, je sais que tu veux me faire plaisir mais toi, que veux-tu ?
  • Se sentir exister qu’à travers quelqu’un, se sentir perdu.e une fois seul.e
  • etc

La liste peut malheureusement être longue. En tout cas, si vous vous reconnaissez dans ces traits, rassurez-vous, tout espoir est permis, vous pouvez sortir de ce mode de fonctionnement. Certes, ça demandera un certain travail, mais avec de la détermination et de la persévérance, vous réaliserez combien c’est tellement plus épanouissant d’être soi que d’être ce que les autres veulent que vous soyez.

Pouvoir sortir de ce mode de fonctionnement commence d’abord par comprendre d’où il vient.

D’où vient ce mode de fonctionnement ?

La sur-adaptation à l’âge adulte peut donc s’expliquer par :

  • Un haut potentiel intellectuel. Les personnes anciennement dites « surdouées » dont cette caractéristique est pointée du doigt, dérange ou les confronte à plus de souffrance qu’autre chose font le choix de se sur-adapter à leur environnement de manière à se fondre dans la masse, à passer inaperçues.
  • ou une hyperempathie, c’est-à-dire le cas de personnes qui n’ont pas de filtre nerveux permettant d’éviter la surcharge sensorielle. Ces personnes ressentent et s’imprègnent de toutes les énergies de leur entourage et ce comportent par mimétisme comportemental, c’est une synchronisation de nos attitudes, nos gestes, notre voix en miroir avec la personne en relation.

Ce n’est pas de cette sur-adaptation dont il est question dans l’épisode. Il s’agit plus de la sur-adaptation développée à cause de

  • blessures de l’enfance, de comportements toxiques ou de convictions religieuses qui amènent à développer ce qu’on appelle un « faux-moi », 

un « faux-moi », c’est-à-dire un moi qui correspond à l’image désirée, au comportement attendu par l’entourage, un moi « sur-adapté ».

C’est un mode de fonctionnement inconscient qui apparaît dès le plus jeune âge. Le pédiatre et psychanalyste Winnicott explique que le faux-self, 

le « faux-moi » est la réponse que l’enfant trouve face à des parents qui imposent leurs choix et contraignent l’enfant à s’y soumettre.

L’enfant n’est plus à l’écoute de ses pulsions, il perd sa spontanéité pour répondre aux attentes de l’environnement. S’il ne le fait pas, un sentiment de culpabilité prend place, un sentiment que l’enfant veut à tout prix fuir. C’est tellement plus agréable pour lui de voir que son entourage valorise cette image sur-adaptée.

Sauf que ça induit 2 fausses croyances avec lesquelles l’enfant grandit, qui expliquent la sur-adaptation :

  • « Je ne suis pas assez bien. En étant comme les autres veulent, je serai mieux et on m’aimera plus ».
  • « si je corresponds à ce qu’on attend de moi, je ne pourrai pas être rejeté, ni abandonné ». Plusieurs d’entre vous pourront attester du contraire, n’est-ce pas ?

Petite parenthèse… Bien souvent quand on met en lumière les conséquences du comportement de nos parents sur notre vie, on a envie de leur jeter la pierre, mais je tiens à vous encourager à ne pas le faire pour 2 raisons :

  • La 1ère c’est qu’à moins d’être des pervers en puissance, vos parents n’ont pas agi dans l’intention de vous nuire. Ils ont agi avec amour, avec les moyens qu’ils avaient à ce moment-là. S’ils avaient su les conséquences de leurs actes, ils se seraient comportés autrement, n’est-ce pas ? La manière dont ils ont agi envers vous vient probablement de ce qu’ils ont eux aussi vécu ou subi. Si je peux me permettre une astuce, si vous avez du ressentiment, que dites-vous de vous en libérer, de mettre des mots dessus, de l’exprimer auprès d’une personne de confiance, d’expliquez ce dont vous avez manqué, ces besoins non comblés. Ensuite, plutôt que d’en vouloir continuellement à vos parents, que dites-vous de vous décider qu’à partir de votre génération, la transmission du comportement de parent rigide, du parent qui impose ses choix, qui contraint l’enfant sans tenir compte de qui il est, c’est terminé. De cette manière, au lieu de rester focalisé.e sur ce que vous ne pouvez pas changer, à savoir le passé, vous regardez à ce que vous pouvez faire dans le présent et qui aura un impact dans le futur. Le changement peut commencer par vous et vous pouvez en être fier.
  • La 2e raison c’est qu’il y a une certaine probabilité que vous soyez parent à votre tour et vous risquez vous aussi de faire des erreurs, car aucun parent n’est parfait. Vous aurez probablement envie que votre enfant fasse preuve d’une certaine indulgence envers vous, tout comme vous pouvez le faire envers vos parents.

La parenthèse étant fermé, on peut en revenir à cette sur-adaptation. Bien que la démarche de contraindre un enfant à rentrer dans le moule paraisse éducative et anodine aux yeux de qui le font, elle est profondément dommageable pour l’enfant et ses relations futures. Je vous propose de voir en quoi.

Quelles sont les conséquences de cette sur-adaptation ?

 La sur-adaptation ou le syndrome de sur-adaptation est à l’origine du syndrome de l’enfance trop sage, qui une fois devenu grand devient le syndrome de la gentille fille, du gentil garçon ou du chic type. 

Le syndrome de l’enfant trop sage se dit des enfants au comportement exemplaire, ces enfants qu’on n’entend jamais, qui colle parfaitement à ce que l’adulte attend. Des enfants qui s’effacent au point de ne pas oser prendre le risque de se différencier, de s’opposer, de sentir et d’affirmer leurs désirs… des enfants qui ne vivent pas leur vie mais qui survivent dans l’environnement dans lequel ils se trouvent.

Ça endommage profondément leur estime personnelle et la construction de leur identité. Ils n’ont aucune conscience de ce qui les caractérise, ni de leur valeur.

Sur le plan relationnel, ça ouvre la porte à des relations toxiques. Ce sont des enfants qui vont soit souffrir d’une profonde solitude, soit qui vont être approchés par des enfants au fort tempérament, qui restent bien sûr dans les clous, histoire de pas s’attirer d’ennuis. Mais des enfants qui vont leur dire quoi faire, quand le faire, comment le faire et malheureusement au point de tout accepter de la part de cet enfant : des moqueries, des injures, des trahisons… Ce sont les prémisses des relations toxiques, des relations abusives.

Ensuite,  le syndrome de la gentille fille et du gentil garçon, du chic type :

Se dit de toutes les personnes qui ont tendance à s’oublier au profit des autres, à faire passer les autres en priorité dans leur vie, en se plaçant toujours au second plan afin de répondre aux besoins et aux requêtes des uns et des autres. Ces personnes ont toujours besoin de l’approbation de quelqu’un avant de faire un choix, et sont incapables d’exprimer leur désaccord ou leur colère même dans une situation qui ne leur convient pas…

Les conséquences sont donc une grande pression, un stress énorme pour répondre et correspondre à tout prix aux attentes de l’autre. Ce qui peut basculer dans des troubles anxieux et même dans une forme de dépression.

La sur-adaptation demande de déployer énormément de ressources. Les personnes sur-adaptée s’épuisent tant physiquement que psychologiquement à vouloir satisfaire les autres.

Lorsqu’elles n’y arrive pas, la culpabilité prend place. Une culpabilité pesante, tout aussi destructrice que l’anxiété sur la durée.

Sur le plan relationnel, ce sont des personnes qui, comme évoqué précédemment, vont tolérer des relations abusives que ce soit sur le plan familial, amoureux, amical, professionnel et même religieux malheureusement. 

En ayant pour motivation bienveillante de faire plaisir, d’aimer et d’être aimé.e, les personnes qui fonctionnent dans la sur-adaptation vont en quelque sorte remettre leur vie entre les mains des autres, leur laissant le contrôle et le pouvoir de décision. Ce qui est extrêmement dangereux pour leur intégrité physique, psychologique et spirituelle.

(Si je peux me permettre une autre parenthèse pour faire ce rappel : souvenez-vous que la foi consiste à plaire à Dieu, pas à plaire aux hommes. 

Les leaders spirituels sont là pour nous aider à marcher en développant une relation avec Dieu et à plaire à Dieu, pas à leur plaire à eux. La limite entre les 2 peut être floue, mais il est important de ne pas oublier cette limite. Quand vous développez une relation avec Dieu, son esprit se connecte à votre esprit et vous savez dans votre fort intérieur si ce que vous faites Lui plait ou pas, si vous êtes sur la bonne voie ou non. Restez en accord avec vous-même, ne vous forcez pas à faire plaisir à des leaders spirituels si ça vous parait incohérent, voire contraire à ce qui plairait à Dieu. Si vous n’êtes pas en paix intérieurement, vous savez au plus profond de votre être, à savoir dans votre esprit, que ce n’est pas aligné avec la volonté et le coeur de Dieu.)

La sur-adaptation amène la plupart du temps à basculer dans des relations de dépendance affective, le fait de ne pas savoir vivre sans l’autre et de vivre à travers l’autre en recherchant son affection, son opinion, sa validation, sans tenir compte de vos ressentis, ni de vos propres besoins.

Les personnes sur-adaptée peuvent souffrir de la difficulté à construire une relation de couple durable. 

Dans le couple, il y a la recherche d’un vis-à-vis, d’une personne qui partage qui elle est, ses pensées, ses besoins, ses ressentis, ses désirs… A force d’entendre, « comme tu veux », « non vas-y choisis », « faisons ce qui te fait plaisir », certaines personnes se lassent et mettent fin à la relation.

 

Comment faire pour se débarrasser du « sur » et faire preuve d’adaptation tout en restant soi-même ?

Tout changement a besoin de se faire dans nos pensées, dans notre esprit, pour ensuite pouvoir circuler dans notre âme. Donc sortir de la sur-adaptation commence par :

  • cesser de croire que les autres sont mieux que vous, savent mieux que vous. Ils savent certainement des choses et vous aussi. Vos points de vue peuvent être confrontés ou être complémentaires. Il n’y a pas de mal à ça.
  • ensuite reprendre possession de votre vie, pour ne plus la subir, ni la regarder passer, mais la vivre pleinement. A force de trop faire plaisir, vous avez perdu votre position de sujet, cet être qui a des besoins, des pensées, des ressentis, etc. Pourquoi vous en remettre au regard et aux décisions des autres pour avancer ? Le fabricant n’est-il pas le mieux placer pour conseiller sur le fonctionnement de ce qu’il a créé ?? Dieu ne s’est pas trompé en vous créant tel.le que vous êtes. Il sait ce dont vous êtes capable et ce qu’il a placé en vous. il croit en vous. Vous pouvez gérer votre vie en faisant vos propres choix. Vous n’êtes pas obligé.e de plaire et de satisfaire les attentes des autres. Et si vous faites des erreurs, c’est ok!!!

La vie vous a peut-être déformé.e par ses épreuves, vous vous êtes perdu.e en chemin mais vous avez encore la possibilité d’être vous et d’être cette version de vous alignée avec la manière dont votre Créateur vous voit, à savoir « une merveilleuse créature ». C’est ce que disent les Ecritures. Si vous vous posez des questions à ce sujet, vous pouvez envoyer un mail à relationnellementvotre@gmail.com. Il y a des spécialistes du domaine spirituel (des leaders spirituels) qui pourront répondre à vos questions.

En tout cas, c’est cet état d’esprit qui va vous permettre d’amorcer les évolutions sur le plan psychologique. Car sortir du syndrome de sur-adapation revient à sortir du moule ou à faire en sorte de ne plus y entrer, afin d’être pleinement vous-même. En vous rappelant que ne plus faire comme les autres, ne plus répondre aux attentes des autres, ce n’est pas agir contre eux, tel un.e rebelle, mais c’est agir pour vous, pour le respect de votre personne.

Le livre de Thomas d’Ansembourg « cessez d’être gentil, soyez vrai » est une ressource intéressante sur ce sujet, si vous le souhaitez.

Arrêter de se sur-adapter demande de travailler plusieurs axes :

  • Un travail de déculpabilisation, vous avez le droit de ne pas se conformer aux attentes des autres et c’est aussi ok de ne pas réussir à atteindre vos propres attentes, soit dit en passant.
  • Un travail d’acceptation de soi, de qui vous êtes et donc de ne pas être comme les autres. Apprendre ou réapprendre à vous aimer, à vous écouter, à partager qui vous êtes, à exprimer vos besoins, vos ressenties, vos envies, vos idées, etc.
  • Un travail de prise de recul sur ce qui est réellement important pour vous, ce qui est réellement important dans la vie et ce n’est certainement pas de réussir à correspondre à une personne que vous n’êtes pas, c’est de vous épanouir pleinement en étant la personne que vous êtes et d’accomplir votre mission de vie, pas celle du voisin ni de la voisine.
  • Un travail de lâcher prise en quittant le désir de perfection et en laissant tomber ce qui n’a plus de sens à vos yeux, ce qui ne vous correspond pas, même si les autres aiment que vous soyez comme ça.
  • Un travail de préparation, vous préparer au changement et aux réactions des personnes qui vont vous dire : « tu as changé, je ne te reconnais plus » ou « qu’est-ce qui se passe tu n’étais pas comme ça avant ». Vous avez le choix d’expliquer ce changement ou de ne pas le faire. Je dis bien expliquer et non justifier. Il n’y a que quand on se sent coupable qu’on se justifie. Or, vous n’êtes coupable de rien en étant vous-même.

J’ai bien aimé une image dans un article sur laquelle il était écrit « tu as changé ! Et la personne répond : non je pense que le terme exact c’est que j’ai cessé de faire ce qui te plait. ». Bon, ok, c’est plutôt cachou, mais très représentatif des réactions. Il est pas question de commencer à angoisser à l’idée qu’on vous fasse des remarques. Au contraire, le but c’est de vous détendre en sachant que différentes options s’offrent à vous face aux remarques et vous êtes libre d’entreprendre ce changement quoi qu’on vous dise !

De vous à moi, c’est vrai que j’encourage beaucoup à se faire accompagner par un psy et là encore, je vous y invite si vous fonctionnez dans la sur-adaptation, car ce travail sera plus solide et durable si vous le faites avec un.e professionnel.le.

Si vous avez des questions ou si vous souhaitez que je vous recommande quelqu’un, sachant que je collabore avec plusieurs spécialistes. Il vous suffit d’envoyer un mail à Relationnellement Vôtre en expliquant en grandes lignes votre problématique et vous serez recontacté.e.  

En attendant que vous vous lanciez et que vous preniez rendez-vous, voici quelques astuces :

Lorsque vous êtes sur le point de faire quelque chose, demandez-vous si vous le faites :

  • par réel plaisir,
  • par obligation,
  • pour faire plaisir à quelqu’un à votre détriment,
  • pour satisfaire les exigences d’autrui,
  • pour vous déculpabiliser (de quelque chose que vous ignorez mais qui vous paraît menaçant)
  • pour éviter de contrarier autrui,
  • pour rentrer dans le moule d’une de vos relations qu’elle soit familiale, amoureuse, amicale, professionnelle ou religieuse.

Gardez en tête les nuances entre un besoin, une envie, un devoir peut vous aider à vous positionner dans des choix qui vous correspondent.

Si vous vous dites «J’ai besoin» ça fait référence à quelque chose que vous considèrez comme vital, ou essentiel et qu’il n’est pas dans votre intérêt de négliger. Les besoins peuvent être de tout ordre: physique, affectif, psychologique, spirituel, intellectuel…

Si vous dites «Je veux ou j’ai envie» ça fait référence à un souhait, un désir, une pulsion. Ce n’est pas indispensable, mais c’est directement lié à votre plaisir et ça a complètement sa place. 

«Je dois» suppose qu’une instance extérieure (religion, famille, patron, loi…) vous impose de faire quelque chose.

En fin de compte, le positionnement qui montre que vous êtes libéré.e de la sur-adaptation, c’est «Je choisis». Ça signifie que vous assumer vos besoins ainsi que vos envies, vous en portez la responsabilité et le soin.

Bon et bien maintenant, j’aimerais vous illustré tout ça avec un témoignage joliment écrit que j’ai trouvé sur internet. Il s’agit d’un homme que nous appellerons Antoine. Voici ce qu’il nous partage :

 

Sans titre (39)

Tout le monde me disait que j’étais trop gentil. J’étais le genre de personne à dire désolé après chaque phrase.

Le genre de personne à proposer de conduire, même si j’avais peu d’essence. Le genre de personne à agir comme si mes amis avaient raison dans toutes les situations, même quand il était clair qu’ils avaient tort.

Le genre de personne à éviter les conflits en disant  oui,  à faire plus pour les autres que je n’ai jamais fait pour moi-même.

J’ai arrêté d’être trop gentil. 

Si vous agissez comme si j’étais inférieur à vous, si vous me traitez comme un moins que rien, alors je prendrai mes distances sans dire un mot. Je ne vous donnerai pas d’avertissement. Je ne vous maudirai pas. Je vous sortirai de ma vie sans regarder les dégâts. Je ne veux plus traiter avec des gens qui ne voient pas ma valeur.

J’ai arrêté d’être trop gentil.

Si vous avez besoin que je vous rende un service, je n’accepterai pas automatiquement de vous aider. J’ai appris que je devais prendre soin de ma propre santé mentale avant d’aider les autres. Je dois veiller à être dans un endroit sûr. Je ne peux pas vous donner des morceaux de moi-même quand il n’y a plus rien à donner. Je ne peux pas me plier en quatre pour que votre vie vous soit un peu plus convenable.

J’ai arrêté d’être trop gentil. 

Je vous dirai vraiment ce que je pense, même si c’est la dernière chose que vous voulez entendre. Je vous dirai que vous êtes stupide de sortir avec ce type ou d’avoir quitté cette fille. Je vous dirai ce qui est le mieux pour vous selon mon point de vue, même si vous pourriez me détester pour cela. Même si je pourrais vous perdre à cause de cela.

J’ai arrêté d’être trop gentil.

Je dirai seulement désolé si je le pense vraiment. Je ne m’excuserai pas quand quelqu’un d’autre se heurtera à moi. Je ne m’excuserai pas d’avoir dit ce que je pensais. Je ne m’excuserai pas d’être authentique au lieu d’essayer de me fondre dans la masse.

J’ai arrêté d’être trop gentil. Je ne remplirai pas mon emploi du temps de choses que je ne veux pas faire dans l’espoir de rendre les autres heureux. Je ne passerai pas mon temps à m’inquiéter de ce que ces gens pensent de moi. Je ne céderai pas à la pression des pairs. Je ne laisserai pas les autres profiter de moi. Je ne les laisserai pas se servir de moi. Je ne les laisserai pas me donner le sentiment d’être un moins que rien. 

J’ai arrêté d’être trop gentil parce que je vois enfin ma propre valeur.

Je sais enfin ce que je mérite. Je comprends enfin qu’il n’est pas égoïste de prendre soin de moi-même pour un changement. Je vis enfin ma vie comme je veux la vivre.

Voici 3 leçons que ce témoignage nous enseigne ou nous rappelle :

  • La 1ère leçon, c’est que la détermination est un atout important pour sortir de la sur-adaptation. Dans le témoignage d’Antoine, il y a comme un « maintenant ça suffit, j’arrête d’être trop gentil ». Tant que nous n’en avons pas assez d’une situation, nous sommes capables de la supporter, voire même de la répéter. Une fois qu’on arrive à saturation, nous avons la détermination, le carburant nécessaires pour faire bouger les choses, c’est clairement le cas pour Antoine.
  • La 2e leçon, se trouve dans ces 2 magnifiques phrases « j’ai appris que je devais prendre soin de ma propre santé mentale avant d’aider les autres. » La sur-adaptation est un mode de fonctionnement qui endommage la santé mentale sur la durée. Comment continuer à entretenir des relations saines et épanouissantes quand on est angoissé.e, épuisé.e, déprimé.e ? Prendre soin de soi est fondamental pour partager qui vous êtes réellement aux autres et faire de la relation un lieu apaisant, sécurisant, un espace de confiance.
  • La 3e  leçon, c’est qu’arrêter de se sur-adapté passe par une prise de conscience de votre propre valeur. Antoine exprime « qu’il ne veut plus traiter avec des gens qui ne voient pas sa valeur » et « qu’il a arrêté d’être trop gentil parce qu’il voit enfin sa valeur ». L’estime de soi est la base sur laquelle s’appuie la confiance en soi afin d’OSER. Oser être, oser dire, oser faire et je vous laisse continuer la liste. Vous avez de la valeur, alors osez !!!

Voilà, ce 27e épisode de Relationnellement Vôtre est terminé.

Si vous avez des questions, si certains points demandent des éclaircissements, sentez-vous libre de le préciser en envoyant un message en cliquant sur « je contacte Relationnellement Vôtre » en bas de page, ou directement à relationnellementvotre@gmail.com

Si vous voulez nous partager un témoignage sur la manière dont vous avez arrêté de vous suradapter, vous pouvez aussi le faire par mail, je le partagerai sur le site et sur le compte Instagram en préservant votre anonymat.

Aller, un peu de suspens ne nuit pas à la santé, donc il n’y a pas d’annonce de ce que vous retrouverez dans le prochain épisode. La seule chose que je peux voir dire, c’est qu’il va y avoir quelques changements.

Il n’y aura pas de nouvel épisode la semaine prochaine. C’est pour vous laisser plus de temps pour visionner le bonus du mois avec les différentes capsules sur « Comment poser des limites dans mes relations ». Vous y retrouverez des tips (des astuces, en français) pour poser des limites saines que ce soit avec vous-même, votre partenaire de vie, vos enfants, votre famille, vos amis ou dans votre travail.

Surtout continuez à prendre bien soin de vous et on se dit à très vite !!!

Laisser un commentaire