E25 : Connaissez-vous ces « faux-amis » parfois présents dans nos relations ? (2/4) La tolérance excessive
Hello, bienvenue sur le 25e épisode de Relationnellement Vôtre.
Nous sommes actuellement dans une série d’épisodes sur quelques « faux-amis » de nos relations. Ce sont ces comportements, ces modes de fonctionnement utilisés pour montrer aux autres qu’on les aime en étant convaincus de bien faire, sauf que ces comportements deviennent douloureux, voire toxiques avec les temps, à la fois pour les autres et pour soi.
Dans l’épisode précédent, il était question de la surprotection et dans l’épisode d’aujourd’hui, nous allons évoquer la tolérance excessive, autrement dit, l’absence de limite.
Pour entretenir des relations saines et équilibrées, il est indispensable de faire preuve de tolérance. Toutefois, les relations ne sont pas des « portes ouvertes » à tout.
L’objectif de cet épisode est de mieux comprendre, de mieux cerner la tolérance excessive pour chercher un mode de fonctionnement qui tende vers l’équilibre, la modération et donc l’épanouissement.
Qu’est-ce que la tolérance excessive ?
La tolérance excessive étant un excès de tolérance, voyons la définition de la tolérance que nous allons utiliser est dans cet épisode :
« La tolérance c’est la tendance à permettre sans restriction. C’est cette latitude de paroles et d’actions laissée à quelqu’un en fonction de nos valeurs, nos conceptions de la vie, des relations, etc… »
Si je vous parle de tolérance excessive, vous comprenez que ça consiste à être permissif, à pratiquement tout laisser passer, tout laisser faire : zéro refus, zéro frustration, zéro conflit.
Cette tolérance excessive s’installe faute de limites relationnelles. Ces limites consistent à dire la vérité sur ce que nous supportons, tolérons, acceptons ou non aux personnes avec lesquelles nous sommes en relation.
Cette démarche se fait naturellement pour certains et s’avère être un réel défi pour d’autres.
D’où vient cette tolérance excessive ?
L’éducation reçue
La tolérance excessive peut prendre racine dans l’éducation reçue. Et oui, certaines personnes ont appris de leurs parents que s’affirmer ou dire non, c’est mal. Une fois cette fausse croyance intégrée, il est impossible pour la personne d’oser dire non ou de réussir à fixer une limite.
La peur
La tolérance excessive est aussi fortement liée à la peur :
- La peur de dire non, avec l’envie d’éviter la culpabilité de dire non
- La peur du rejet et de l’abandon, avec la peur de ne plus être aimé.e.
- La peur de blesser l’autre
- La peur de la réaction de l’autre (colère, paroles blessantes, jugement, violence…)
- La peur du conflit
Sauf qu’en rentrant dans le cercle vicieux de la peur, un autre cercle vicieux se met en place :
Plus vous avez peur, moins vous osez mettre de limites et plus vos relations vont se permettre d’aller loin pour savoir jusqu’où il est possible d’aller.
Selon Aristote, la nature a horreur du vide, et l’être humain aussi. Il y a cette quête constante, cette recherche d’équilibre entre le vide et le plein. Et donc cette quête d’équilibre entre la liberté totale et le cadre.
Vous avez peur des conséquences négatives des limites que vous pourriez poser ? Pourtant nous avons besoin de sentir des limites, de savoir jusqu’où nous pouvons aller ou ne pas aller, tout en restant en sécurité. C’est rassurant et même apaisant.
Les traumatismes
Enfin, il arrive aussi que l’absence de limite ou la tolérance excessive soit provoquée par un traumatisme, une expérience psycho-affective extrêmement douloureuse, telles que :
- certaines formes d’abus, de violences qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles.
- les ruptures brutales, les deuils soudains
Ceux-ci entraînent une difficulté ou une incapacité à dire poser des limites, dire non de manière temporaire ou un mode de fonctionnement qui se serait cristallisé.
Malheureusement, quelle qu’en soit la cause, la tolérance excessive peut difficilement être bénéfique sur la durée. Elle génère des déséquilibres dont les conséquences malmènent la relation et ses membres.
Quelles répercussions l’absence de limite peut-elle avoir ?
Voyons tout d’abord les répercussions vis à vis des autres :
La tolérance excessive étant un mode de fonctionnement dans l’excès, il y a donc un déséquilibre qui se retrouve dans la relation. Ce déséquilibre est facteur de toxicité avec le risque de basculer dans des relations abusives avec un rapport dominant-dominé plus ou moins conscient et violent tant physiquement que psychologiquement. En d’autres mots, en étant excessivement tolérant.e vous vous exposez à de multiples formes d’irrespects, d’abus et de manipulations.
Il y a aussi des conséquences importante dans l’éducation d’un enfant. Des problématiques psychologiques et comportementales peuvent se retrouver chez l’enfant et même une fois adulte.
Pour se développer de manière saine et équilibrée, un enfant a besoin de limites cohérentes pour le protéger et de règles claires, stables à respecter.
Lorsque qu’il n’y a pas de limite, l’enfant n’intègre pas leur existence et se développe dans la fausse croyance du « je peux tout faire » et donc dans l’irrespect des limites vis-à-vis de lui-même et d’autrui.
Ce sont des enfants qui n’ont pas de frein, n’entendent pas le « non », qui ne tolèrent pas la frustration, des enfants qui fonctionnent sur un mode dominateur, tyrannique, dans la toute-puissance et qui deviennent pour la plupart des adultes impulsifs, manipulateurs et agressifs.
Ces mêmes enfants, puis adultes présentent de profondes difficultés à assumer leurs responsabilités, qui sont automatiquement rejetées sur l’autre.
L’absence de limite vis-à-vis de soi a aussi des répercussion importantes, notamment sur :
- La santé, qu’elle soit physique, psycho-affective ou spirituelle. Qui dit absence de limite, dit excès, c’est la porte ouverte à toute forme de dépendance qu’elle soit à la nourriture, au sexe, à l’alcool, à la drogue et à d’autres substances.
- Les finances. Sans limite, les dépenses se font de manière exponentielle, ce qui entraine une accumulation de dettes
- La gestion du temps. Un temps mal géré amène à être improductif, inefficace et c’est dommageable tant sur un plan personnel que professionnel.
- L’accomplissement des tâches. L’absence de limite vis-à-vis de soi amène un absence d’exigence. Les tâches sont donc accomplies avec une certaine nonchalance, sans souci du travail bien fait.
- La manière de parler. Qui est sans filtre avec tout ce que ça implique comme maladresse, négativité, grossièreté, vulgarité et toxicité vis à vis de soi et des autres.
En quoi sortir de cette tolérance excessive pour revenir à une tolérance plus modérée est bénéfique à soi et aux relations ?
Avoir une tolérance modérée signifie savoir où sont les limites relationnelles que vous souhaitez fixer. Il y a 3 bénéfices majeurs au fait d’adopter cette tolérance :
Le 1er bénéfice c’est que les limites nous définissent, elles définissent le moi et le non-moi. Elles définissent l’espace de chacun.
J’aimerais vous partager un passage très parlant du livre des psychologues, consultants et coachs, Cloud et Townsend intitulé « oser s’affirmer, fixer des limites à autrui ».
« les limites définissent ce qui est moi et ce qui n’est pas moi. Elles me montrent où je finis et où commence un autre. Elles me montrent ce qui m’appartient. Savoir ce qui m’appartient et dont je prends la responsabilité m’apporte la liberté… en plus, les limites nous montrent ce qui ne nous appartient pas et ce dont nous ne sommes pas responsables. Nous ne sommes pas responsables des autres. »
Délimiter notre propriété en nous fixant des limites mentales, physiques, psycho-affectives et spirituelles permet de clairement distinguer ce qui est de notre responsabilité et ce qui ne l’est pas.
- Le 2e bénéfice majeur des limites, c’est de pouvoir garder ce qui est bon à l’intérieur et ce qui est mauvais au dehors. Les limites nous protègent et sécurisent ce que nous avons et empêchent les éléments nuisibles de l’extérieur de nous nuire. Toutefois, les limites ne sont pas des murs, ce sont des portes, des barrières que nous pouvons ouvrir et fermer. Du coup, il peut arriver que des choses saines sortes et que des choses toxiques entrent. Ces portes ou ces barrières permettent aussi de bloquer le passage à toutes personnes, paroles, comportements qui veut avoir accès à notre cœur, notre vie, notre relation dans le but de nous blesser. Libre choix à nous de leur laisser libre l’accès ou de leur bloquer le passage.
- Le 3e bénéfice majeur, c’est que des limites appropriées aux circonstances et aux relations rassurent, apaisent. Les limites protègent, or quand on se sent en sécurité on se sent apaisé. Les limites permettent de la clarté, c’est rassurant de savoir clairement jusqu’où on peut aller ou ne pas aller sans mettre en danger l’autre, ni la relation, ni soi-même.
Comment revenir à un mode de fonctionnement qui tende vers une tolérance modérée ?
Et bien la 1ère chose c’est d’être au clair sur les différentes formes de limites envisageables. J’aimerais vous en citer 7 :
- La 1ère limite, c’est le corps, la peau. Notre corps est bien distinct de celui des autres. Notre corps en lui-même représente une limite qui n’est pas censée être franchie sans notre autorisation. Les victimes d’abus physiques et sexuels ont souvent une fausse idée de leur limite corporelle, car quelqu’un a pris possession de leur corps par la force et en a fait ce qu’il voulait. Du coup, ces victimes ont bien souvent besoin de se réapproprier leur corps pour réussir à poser des limites concernant l’accès à ce corps.
- Ensuite une 2e limite se trouve dans les mots et tout particulièrement le mot « non ». Le non permet d’indiquer aux autres notre existence bien distincte de la leur.
Les mots nous permettent d’exprimer ce qui nous identifie et nous « délimitent ». Nous disons aux autres qui nous sommes et qui nous ne sommes pas, jusqu’où nous allons et pas au-delà. Voilà pourquoi il est important de pouvoir s’autoriser à verbaliser nos pensées, nos ressentis, nos intentions, nos désirs, nos choix, nos préférences… Les mots permettent aussi de dire clairement ce qui est à nous et ce qui ne l’est pas.
- La distance géographique est aussi une limite qu’il est parfois nécessaire de poser. Pouvoir s’éloigner physiquement du danger de certaines situations ou de la toxicité de certaines personnes.
- Le temps est une limite à laquelle on ne pense pas forcément. Pourtant nous avons la possibilité de dire à l’autre « j’ai besoin d’un peu de temps pour me calmer, on en rediscutera plus tard si tu veux bien ».
Le temps est une limite qui fonctionne bien quand les émotions débordent. Vous pouvez prendre ce temps ou proposer à l’autre de le prendre de manière à laisser redescendre la tension ou l’intensité de l’émotion.
- Une autre limite intéressante, c’est la distance affective ou émotionnelle. Ca consiste à se mettre en retrait, s’isoler, à prendre du temps seul.e. C’est une limite temporaire, car nous sommes des êtres faits pour vivre en communauté. Une solitude prolongée est nuisible à notre santé psychologique, physique et spirituelle. Il est important de savoir la doser.
- La 6e limites à envisager, c’est les autres. C’est la présence de l’autre qui nous permet d’exprimer ce que nous apprécions, ce que nous n’apprécions pas. Et les autres nous expriment aussi leurs limites, qui représentent des limites à ne pas franchir de notre part.
- Et pour finir, une limite directement liée à la conscience, il s’agit des conséquences. Le fait de savoir à quoi nous nous exposons nous amène naturellement à poser une limite pour nous protéger. Par exemple, si vous exprimez à votre partenaire de vie que le mensonge vous est intolérable et que la perte de votre confiance est compliquée à regagner, ce.cette partenaire de vie saura que le mensonge est une limite à ne pas franchir avec vous. Ou si vous lui expliquez à vos ami.e.s que vous avez beaucoup d’humour mais que la moquerie n’en fait pas partie à vos yeux, selon vous c’est un manque de respect que vous ne laissez pas passer. Ils savent qu’ils peuvent rire avec vous mais pas de vous, ni des autres.
Deuxièmement, revenir à un mode de fonctionnement qui tende vers une tolérance modérée, c’est savoir où commence une limite et où elle finit. En d’autres mots, c’est savoir ce qu’il y a à l’intérieur des limites en question. Que protégez-vous, que démarquez-vous avec ces limites. Il s’agit de tout ce qui vous est propre, tout ce dont vous êtes responsables. Voici 10 éléments présents dans notre propriété et qu’il convient de démarquer, de protéger et d’assumer :
- Vos ressentis. Ils vous renseignent sur notre état intérieur face à une situation, une relation, des paroles, des actes, etc. Ils représentent une forme de signal auquel vous avez besoin de trouver une réponse, si possible appropriée. Vous êtes le seul / la seule responsables de ce que vous ressentez, c’est donc à vous de les assumer, de les gérer.
- Vos attitudes et Vos croyances. Elles révèlent votre orientation vis-à-vis de quelque chose, vos convictions et la position que vous adoptez dans vos relations quelle qu’en soit la forme. C’est une fois de plus à vous de les assumer et vous seul.e pouvez les changer.
- Vos comportements
- Vos choix. Bien que la fuite de toute responsabilité ou la dissolution de responsabilité soit un mode de fonctionnement courant, en faisant retomber la charge sur les autres, vos choix vous appartiennent. Or vous êtes responsables de ce qui vous appartient, n’est-ce pas ?!
- Vos valeurs. Il s’agit de ce à quoi vous attachez de l’importance, ce qui compte pour vous, ce que vous aimez. C’est bien à vous de protéger ce que vous estimez et donc d’en assumer la responsabilité.
- Vos limites, dans le sens de barrières que vous fixez à autrui. Vous êtes responsables de la barrière que vous fixez et donc de la faire respecter.
- Vos talents. Vous êtes responsables de vos dons, vos facultés, vos compétences et de leur utilisation. Personne ne peut vous forcer ou abuser de ce que vous êtes capable de faire sans votre autorisation.
- Vos autres ressources. Vous avez un capital temps de 24h par jour, dont la gestion fait partie de vos responsabilités. Sans limite il sera probablement gaspillé. La gestion de vos ressources physiques, vous avez aussi un capital santé à entretenir et vous avez des ressources financières dont la responsabilité vous revient, pour lesquelles des limites seront nécessaires tant pour vous que pour les autres.
- Vos pensées. Bien qu’il arrive d’adhérer à la pensée d’autrui, ça reste un choix de votre part. Vous approprier vos pensées vous permettra de les assumer pleinement. Vous seul savez pourquoi vous pensez ainsi, quels arguments il y a derrière. Et si vous vous embarquez dans de faux raisonnements, vous seuls pouvez les corriger et faire en sorte de réparer les conséquences qu’ils ont pu entraîner. Par exemple, si vous pensez qu’autoriser votre enfant de 6 ans à jouer à des jeux-vidéos déconseillés aux moins de 12 voire 16 ans est sans conséquence. Ce sera à vous d’en assumer la responsabilité si ces jeux-vidéos ont un impact négatif sur le comportement de votre enfant. Lui n’en sera pas responsable.
- Vos désirs. Comme disent si bien Cloud et Townsend :
« nos désirs se situent à l’intérieur de notre propriété. Chacun de nous entretient ses propres désirs, ses souhaits, ses rêves et ses ambitions, ses buts, ses projets, sa faim et sa soif »
- Notre amour. Chaque être humain est doué de la capacité d’aimer et d’être aimé. C’est à chacun de décider s’il veut donner de l’amour, s’il veut en recevoir. C’est donc à chacun d’en assumer la responsabilité. Par exemple, si vous vous sentez seul.e, vide ou épuisé.e, que dites-vous de faire un tour en vous et de vous demander si vous acceptez de recevoir l’amour offert par votre entourage.
Maintenant que vous y voyez plus clair sur la tolérance excessive, vous vous demandez probablement comment poser des limites claires et faire en sorte de les respecter ou de les faire respecter ?
Et bien c’est ce que je vous propose d’aborder dans la vidéo bonus du mois d’août. Exceptionnellement, cette vidéo bonus sera en libre accès sur la chaîne YouTube de Relationnellement Vôtre à la fin du mois d’août (le dernier mardi du moi).
Les autres vidéos bonus sont gratuites et sont réservées aux abonnés à Relationnellement Vôtre, c’est pourquoi leur accès est protégé par un mot de passe. Voilà pourquoi je parle d’une exception pour le mois d’août.
On approche de la fin de l’épisode, mais avant, j’aimerais illustrer la thématique de la tolérance avec le témoignage de Liliane, qui a vécu les bienfaits de passer d’une tolérance excessive et d’une vie sans limites à une tolérance modérée avec les limites qu’elle amène.
Styliste très douée, Liliane s’efforce de mener sa vie à bien, tout en cherchant à contenter son mari, ses enfants, son employeur et Dieu. Pourtant, la vie de Liliane ne répond pas à ses attentes. Elle est en pleine détresse tant sur le plan émotionnel que spirituel.
Liliane a le sentiment que sa vie lui échappe :
Elle se sent mal dans sa peau à cause d’un surpoids qui la complexe.
Liliane est dépassée par le comportement de son fils de 9 ans, au comportement agité, qui n’écoute personne et inquiète pour sa fille de 6 ans sensible et très effacée.
Le mari de Liliane n’est pas très bavard et il s’installe volontiers dans le canapé pendant que Liliane s’occupe de tout. Elle n’ose pas le solliciter, ni ses enfants qu’elle trouve trop jeune.
Bien que très différents, Liliane et son mari sont complémentaires. Sauf qu’avec le temps, un fossé s’est creusé dans leur relation. La communication avait disparu. Son mari partait dans des explosions de colère et franchissait régulièrement les limites du respect dans ses paroles. Au lieu de s’exprimer, Liliane a choisi de prendre sur elle et de tout faire pour éviter que son mari ne se mette pas en colère.
Elle est aussi rongée par la culpabilité de ne pas réussir à répondre au besoin accru d’attention de sa mère veuve depuis une douzaine d’années, qui débarque volontiers sans prévenir.
Elle se sent débordée et s’en veut terriblement de ne pas réussir à gérer la logistique de la maison et son travail. Elle arrive systématiquement en retard au travail, à tel point que ses collègues ne l’attendent plus pour commencer les réunions hebdomadaires.
La charge de travail de Liliane est importante et elle n’ose pas l’exprimer à son patron qui n’hésite pas à lui en rajouter, ni à ses collègues qui sollicitent son aide.
Profondément altruiste, empathique et bienveillante, Liliane se rend disponible pour les autres. Elle veut que sa foi se ressente dans sa manière d’être avec les autres. Malheureusement à trop en faire, Liliane souffre du manque de réciprocité de ses relations et se sent terriblement seule.
Liliane ne se rend pas compte que les solutions qu’elle choisit sont inopérantes. Elle a investi beaucoup d’énergie pour réussir sa vie, sans obtenir de résultat. Elle veut être bien avec tout le monde, au point de vouloir prendre les responsabilités des autres.
Après avoir sollicité l’aide d’un psychologue, Liliane a compris que toute la confusion concernant la gestion de sa vie reposait majoritairement sur un problème de limites.
Après avoir fait un travail sur elle, Liliane a pu restructurer sa vie en posant des limites claires. Elle a appris :
- à fixer des limites plus fermes à ses enfants. Ca a permis au fils de Liliane de s’apaiser, son comportement est plus posé, il est plus à l’écoute et plus respectueux des consignes. Le fils prenant moins de place, Liliane a de l’attention et de l’énergie à consacrer à sa fille qui a appris à s’ouvrir et à prendre sa place.
- A responsabiliser ses enfants en les faisant participer à quelques tâches de la maison
- à ne plus céder aux demandes excessives de sa mère sans culpabiliser.
- à prendre soin d’elle. Elle a revu son alimentation, fait de l’exercice. Ainsi, elle a pu perdre la surcharge pondérale.
- A retrouver un équilibre dans sa manière de vivre sa foi en démontant ses représentations erronées, en sortant de la pression qu’elle se mettait et en s’autorisant à dire non
- A être plus efficace au travail en étant ponctuelle, en fixant des limites fermes aux autres. Ce qui lui a valu une promotion à un poste à responsabilité.
- A exprimer ses ressentis à ses relations de manière à instaurer de la réciprocité, de la profondeur et de l’intimité.
- En revoyant son mode de fonctionnement, Liliane a appris à s’affirmer face à son mari. Elle a cessé de tout gérer et elle ne cherche plus à éviter de le mettre en colère, mais elle a appris à échanger avec lui et à lui exprimer ses ressentis.
Cette période a été éprouvante. D’ailleurs, face au changement son mari a même envisagé de la quitter. C’est alors qu’il a réalisé combien il tenait à elle. Il est retombé amoureux de Liliane. Certes tout n’est pas rose dans leur couple, mais ils ont retrouvé une intimité et une solidité dans leur relation en étant une équipe où chacun assume ses responsabilités, respecte l’autre, apprend à pardonner et tout ça dans l’amour.
Désormais, Liliane s’épanouit dans une vie où il y a plus de liberté, de maîtrise de soi et d’intimité dans ses relations.
Voici 3 leçons que ce témoignage nous enseigne ou nous rappelle :
- La 1ère leçon, c’est que la 1ère personne à souffrir de la tolérance excessive c’est soi. Liliane voulait tellement satisfaire tout le monde, qu’elle n’osait pas dire non, ni exprimer de limite. Tout cela a fini par se retourner contre elle. Elle s’est non seulement épuisée et en plus elle était loin d’être épanouie dans sa vie. En apprenant à poser des limites à elle a pu reprendre sa vie en main et les fruits ont été visibles sur tous les plans.
- La 2e leçon, c’est que vouloir porter les responsabilités des autres peut sembler être une solution de facilité à court terme, mais ça s’avère être destructeur sur du long terme. En se disant qu’elle était responsable des réactions colériques et impulsives de son mari, Liliane a voulu faire en sorte de les éviter. Non seulement ça n’a rien arrêté au comportement de son mari, mais en plus ça a contribué à creuser un fossé entre eux. A partir du moment où elle a commencé à exprimer ses ressentis à expliquer à son mari ce qui la blesse, ce qui est irrespectueux pour, il a fini par réaliser la valeur de Liliane et il s’est comporté avec plus de respect. Liliane a remis son mari face à ses propres responsabilités, qui sont de gérer ses émotions et de veiller à respecter celle qu’il aime.
- La 3e leçon, c’est que quand on veut on peut. La vie de Liliane avait atteint un stade de perte totale de contrôle, tout lui échappait. Pourtant, elle a réussi un pas après l’autre, étape par étape, à réorganiser sa vie, en ramenant du cadre. Certes, ça n’a pas été une partie de plaisir du début à la fin, mais quand on voit les résultats, ça vaut vraiment la peine.
Dans le prochain épisode
Voilà ce 25e épisode de Relationnellement Vôtre est terminé.
Ce faux-ami qu’est la tolérance excessive étant identifié et cerné, vous avez en plus des éléments entre les mains pour vous aider à ramener de la modération dans votre mode de fonctionnement.
Si vous avez des questions ou si vous avez un témoignage à partager au sujet de la tolérance excessive, la manière dont vous avez appris à poser des limites, vous pouvez à envoyer un message à Relationnellement Vôtre pour le partager, en cliquant sur « je contacte Relationnellement Vôtre » en bas de page ou vous pouvez le faire directement sur le compte Instagram de Relationnellement Vôtre (@relationnellementvotre).
Bon, il nous reste encore 2 faux-amis à aborder. Donc on se retrouve la semaine prochaine pour évoquer le 3e faux-ami qu’est l’évitement du conflit.
D’ici là, prenez-bien soin de vous.
