E24 : Connaissez-vous ces « faux-amis » parfois présents dans nos relations ? (1/4) La surprotection.

Hello, on se retrouve en tête-à-tête cette semaine, pour le 24e épisode de Relationnellement Vôtre.

Je commençais à prendre goût aux interviews (rires). 

L’épisode de la semaine dernière nous a apporté quelques éclairages sur la relation parent-enfant. C’est d’ailleurs une relation où nous pouvons être convaincu de bien faire et finalement, quand on entend les retours des enfants devenus grands, il est possible de réaliser que ça n’a pas vraiment eu l’effet recherché…

Et oui, il y a parfois ce que j’appelle des « faux-amis » dans nos comportements vis-à-vis de ceux que nous aimons. Par faux-amis, je veux parler de ces modes de fonctionnement utilisés en étant convaincus de leurs bienfaits, mais avec le temps, ces mêmes comportements s’avèrent être douloureux voire toxiques pour la relation et ses membres.

Ça ne se produit pas que dans la relation parent/enfant. Les faux-amis peuvent se retrouver dans n’importe quelle relation.

Du coup, j’aimerais passer quelques épisodes sur ces faux-amis et plus particulièrement sur 4 d’entre eux :

  • La surprotection
  • L’absence de limite ou la tolérance excessive
  • L’évitement du conflit
  • La suradaptation

Nous allons prendre le temps d’un épisode par faux-ami pour voir ensemble leur définition, leurs caractéristiques, leurs causes, leurs conséquences sur la relation, sur les autres et sur soi.

Si vous voulez savoir comment rattraper le coup une fois que ces faux-amis se sont installés dans la relation, je vous propose de vous abonner à Relationnellement Vôtre, si ce n’est pas déjà fait, car je vous partagerai quelques clés dans la vidéo bonus du mois de juillet et celle du mois d’août.

A la base, la protection, la tolérance, le conflit, l’adaptation sont nécessaires au bon fonctionnement de nos relations et n’ont rien de problématique en soi quand on sait les doser. C’est leur absence ou leur surdosage qui les rend dommageables pour les autres, pour soi et/ou pour la relation. C’est en cela qu’ils peuvent être des faux-amis. On peut continuer à croire qu’ils servent la relation, qu’ils sont bénéfiques à chacun, alors qu’on a atteint le stade où ce n’est plus le cas.

Dans cet épisode, voyons ensemble la surprotection.

Qu’est-ce que la surprotection ?

La surprotection comme son nom l’indique consiste à un excès de protection. C’est un mode de fonctionnement fréquent d’un parent envers son enfant, mais pas uniquement. Une fois adulte, certains enfants surprotègent leurs parents âgés. On peut aussi faire preuve de surprotection vis-à-vis de son.sa conjoint.e, de son frère, sa soeur, de ses ami.es, d’un.e collègue de travail, ou vis à vis de soi. 

Comment reconnaître une personne surprotectrice ?

Une personne dite surprotectrice aura tendance à :

  • être dans l’hypervigilance (état de vigilance accru qui amène à être à l’affût du danger)
  • être dans l’anticipation des situations problématiques en réfléchissant aux solutions avant même que la situation ne se présente.
  • tenter de gérer les situations compliquées sans que son entourage le sache. Son objectif étant d’épargner tout ressenti désagréable ou douloureux à ses proches, même une mauvaise nouvelle.
  • avoir une méfiance plus ou moins marquée vis-à-vis de toute personne qui s’approche d’elle ou des personnes aimées, avec des réactions agressives voire violentes quand l’intention est perçue comme malveillante.
  • avoir un mode de fonctionnement directif, avec le besoin de contrôler tant les situations que les personnes pour s’assurer que tout se passe bien (organiser, planifier, prendre des décisions pour tout le monde sans demander leur avis, imposer sa loi,…) non pas par complexe de supériorité, mais vraiment dans une démarche de soin, pour épargner aux autres ce qui est désagréable, les inconvénients de toute cette gestion. En plus, dans la mesure où elle a confiance en elle  et en sa capacité à faire face, elle a la sensation qu’elle est la personne de la situation.
  • De ce besoin de contrôle découle un besoin de savoir, qui est parfois vécu comme intrusif par l’entourage, parce qu’il y a des avalanches de questions assez poussées et parfois même déplacées. Non pas par curiosité malsaine, mais vraiment pour avoir les informations, afin de pouvoir conseiller, aider et pouvoir réagir si besoin.
  • avoir une tendance à imposer sa présence, vécue comme envahissant.e, avec la peur qu’on ait besoin de lui ou d’elle quand elle n’est pas là ou qu’il ait un problème en son absence.
  • Ou dans le cas de la surprotection de soi, une tendance à s’isoler de manière à se protéger des autres, éviter les souffrances des relations avec les autres. 
  • avertir, conseiller de manière répétée, à soi et aux autres avec des expressions telles que : « fais attention à ci ou ça », ou des « sois prudent.e », « pense bien à vérifier telle ou telle chose »
  • avoir une certaine difficulté à se rendre compte de son mode de fonctionnement. La personne surprotectrice est blessée et peut se braquer quand on lui fait remarquer qu’il ou elle va trop loin. Elle ne comprend pas le reproche, puisque son désir est juste de prendre soin de ceux qu’elle aime.
  • Enfin une dernière caractéristique se retrouve dans les réactions des proches de la personne surprotectrice. Des réactions telles que : « tu m’étouffes, laisse-moi tranquille », « arrête, je ne suis plus un.e enfant », « je peux me débrouiller tout.e seul.e, je n’ai pas besoin de toi »…

Si vous vous reconnaissez ou si vous reconnaissez un proche à travers ces caractéristiques, le but n’est pas de vous culpabiliser, ni de culpabiliser les autres, mais d’amener une prise de conscience, de mettre en évidence un comportement excessif qui aurait probablement besoin d’être modéré pour votre bien et celui de vos relations, si vous voulez avancer relationnellement épanoui.e.

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D’ailleurs, pour amener un comportement à évoluer, comprendre ses origines et dans quel sol sont plantées ses racines est un 1er pas. Voyons donc d’où vient ce mode de fonctionnement.

D’où vient ce mode de fonctionnement

Bien souvent la personne qui surprotège le fait à cause d’insécurités, de peurs, d’angoisses liées à sa propre histoire. Ça peut être :

  • par peur de perdre des êtres chers, peur qui peut basculer dans une angoisse d’abandon.
  • Il y a aussi la peur de voir des êtres chers souffrir.
  • La peur de souffrir si l’autre souffre.
  • Les traumatismes du passé, les situations marquantes et douloureuses qu’on a peur de revivre et qu’on veut éviter aux autres.
  • Il arrive parfois qu’une personne surprotectrice le soit en pensant que c’est son devoir. Son devoir de parent, de grand-frère, de grande-sœur, etc. Cette mission peut être véhiculée par la culture d’origine, la culture familiale ou par des convictions personnelles. Par exemple, lorsqu’une fratrie perd très tôt ses parents, l’un des enfants, bien souvent l’aîné.e, va s’imposer de protéger ses frères et sœurs, de prendre soin d’eux, sachant que cette démarche peut devenir involontairement excessive.

Tout ceci rappelle combien la surprotection est vraiment un faux-ami. Elle part d’un bon sentiment, d’une démarche bienveillante, c’est vrai. Mais dans la mesure où la source est faite d’insécurité, de peurs et d’angoisses, le mode de fonctionnement sera de la même intensité que les ressentis sous-jacents. Voilà pourquoi il bascule bien souvent dans des comportements extrêmes, rigides et difficiles à maîtriser.

Malheureusement, la surprotection n’est pas sans conséquence. Il y a non seulement des répercussions sur les autres, sur la relation et aussi sur soi. Voyons lesquelles.

Quelles sont les conséquences ?

Voyons les répercussions d’un comportement surprotecteur :

  • Sur un enfant :

Lorsqu’un parent surprotège son enfant, il peut malheureusement l’enfermer dans « une bulle », « le mettre sous cloche » pour lui éviter les dangers et les souffrances de la vie. Ce qui ne reflète pas la réalité du monde dans lequel on vit. Non seulement l’enfant ne sera pas suffisamment équipé pour faire face à ce qui se passe en dehors de la bulle, mais il risque de développer des angoisses ou d’autres troubles psychologiques une fois hors de cette bulle, se retrouvant dans un environnement où tout est vécu et perçu comme un danger potentiel.

De plus, un parent surprotecteur est bien souvent un parent qui va avoir tendance à faire à la place de l’enfant. C’est une démarche bien intentionnée, sauf qu’elle endommage la construction de l’estime de soi et de la confiance en soi de l’enfant qui pourra difficilement se rendre compte qu’il est capable, qu’il sait faire les choses et surtout qu’il sait les faire seul.

Les enfants qu’on surprotège ont du mal à accepter de grandir et de se détacher de l’adulte. Ce sont des enfants qui manquent d’autonomie et qui fuient les responsabilités.

  • Sur un adulte :

Qu’il s’agisse de votre partenaire de vie, de vos parents, d’une sœur, d’un frère, d’un.e ami.e ou d’un.e collègue. Les conséquences chez l’adulte sont assez similaires

Certains adultes vont manifester leur mécontentement, s’opposer fermement ou même mettre fin à la relation et d’autres vont laisser faire. Une partie laissera faire par choix et une autre par peur de s’opposer ou par peur de perdre la relation.

Parmi ceux qui laissent faire, certains peuvent trouver des bénéfices secondaires au fait d’être surprotégés, parfois même infantilisés. Ils vont donc cesser d’assumer leurs responsabilités, vont laissez la personne surprotectrice tout gérer, tout porter, tout décider.

Ceux qui le font par choix vont profiter des avantages de la situation en se dédouanant des inconvénients. Et s’il se passe quoi que ce soit, ils vont rejeter la faute sur la personne surprotectrice en disant, « tu aurais pu y penser », « c’était à toi de gérer ».

De l’autre côté, ceux qui subissent la surprotection perdent progressivement en estime et en confiance en eux, doutant de leurs capacités et se demandant quel est leur place, leur rôle. Ils peuvent trouver une échappatoire en se réfugiant dans une activité (les jeux vidéos, la TV Netflix pour pas le citer, le travail ou les associations sportives, artistiques et culturelles). 

Ils peuvent aussi se réfugier dans une autre relation : une amitié, une relation extra-conjugale, une relation professionnelle…

Il y a aussi le cas de personnes qui subissent la surprotection, mais qui ne cherchent pas de « palliatif », ils ne cherchent pas à compenser d’une manière ou d’une autre et qui vont progressivement glisser dans une dépression avec le temps.

Au-delà des conséquences sur les autres, la personne surprotectrice aussi est confrontée aux conséquences de son mode de fonctionnement.

  • Sur la personne surprotectrice

Toutes les caractéristiques évoquées précédemment sont extrêmement lourdes à porter et énergivores. Les personnes surprotectrices peuvent bien souvent s’épuiser dans un tel mode de fonctionnement. Elles sont donc tout aussi sujettes aux dépressions ou aux burn-out (lorsque la surprotection est sur le lieu de travail).

Ce sont des personnes qui culpabilisent systématiquement de ne pas avoir fait ce qu’il fallait ou de ne pas en avoir fait assez protégé ceux qu’elles aiment.

Elles souffrent aussi beaucoup des réactions négatives de leurs relations face à leur démarche. Certaines souffrent énormément de la perte de personnes auxquelles elles tiennent, à cause de ce mode de fonctionnement et se sentent terriblement seules.

Tant qu’elles ne se rendent pas compte que la surprotection est un faux-ami, elles ne se remettent pas en question, en restant convaincues de leur démarche bienveillante.

Du coup, ça a des répercussions sur la relation :

  • Sur la relation :

Quelle que soit la relation, la 1ère conséquence, c’est le risque de basculer dans une relation toxique, c’est-à-dire une relation où au moins un des membres est en souffrance et donc le risque c’est de voir la relation se dégrader au point de s’arrêter.

Une autre conséquence de la surprotection quand elle est mal vécue, c’est que la relation va s’étioler sans pour autant se rompre, une distance va s’installer, laissant une certaine froideur. La communication, l’échange, les temps passés ensemble sont moins fréquents voire évités par la personne surprotégée. L’atmosphère de la relation devient pesante, la relation se dégrade, sans qu’il y ait d’explications entre ses membres.

La conséquence majeure de la surprotection, c’est l’infantilisation. La personne n’est plus traitée comme un vis-à-vis, ce qui entraîne un déséquilibre dans la relation (il est question de relations entre adultes). Les places sont floues, les rôles inadaptés avec tout ce que ça entraîne comme glissements en termes de responsabilité, d’autorité, de prise de décision, etc.

Une autre conséquence de la surprotection sur les relations, c’est le risque de basculer dans une relation de dépendance affective, avec un besoin constant d’être avec l’autre pour se sentir exister, se sentir utile (personne surprotectrice) ou pour se sentir bien, se sentir en sécurité, rassuré (personne surprotégée).

 

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Quoi faire si vous partagez une relation avec une personne surprotectrice ?

Un point commun à toutes les relations, c’est la possibilité de faire appel à un.e professionnel.le, un peu de pub pour les psys (rires), pour expliquer votre situation, déposer vos ressentis et prendre du recul afin d’y voir plus clair dans les alternatives qui s’offrent à vous. Cette démarche est celle que je recommande le plus, car bien que les clés que je vais vous partager soit utilisables, chaque situation est particulière et la manière de procéder ne sera pas la même en fonction des détails de votre situation.

  • Si la personne surprotectrice est un membre de votre famille, qu’il s’agisse de votre père, votre mère, vos grands-parents, votre frère ou votre sœur, votre fils, votre fille : 
    1. Prenez un temps pour aborder le sujet. Commencez par exprimer votre reconnaissance vis-à-vis de l’attention et du soin que cette personne vous apporte, vous témoigne. Ça place la discussion dans une atmosphère douce et positive et ça favorise l’échange.
    2. Essayer de comprendre pourquoi cette personne a tant besoin de vous protéger, vous posez des questions pour tenter de comprendre ce qui l’amène à se comporter comme ça vis-à-vis de vous.
    3. Ensuite, vous pouvez lui exprimer que désormais vous la libérez de cette responsabilité, que vous vous sentez prêt.e à l’assumer parce que vous en avez pleinement les capacités.
    4. Expliquez à cette personne surprotectrice que vous avez besoin qu’elle ait aussi confiance en vos capacités à vous protéger et à faire fasse aux situations qui se présentent peu importe le danger. Vous pouvez vraiment mettre en avant ce besoin de confiance.
    5. Si c’est nécessaire, expliquez-lui ce qui est pesant pour vous dans leur surprotection. Surtout pensez bien à parler de ce que vous ressentez en commençant vos phrases par « je ». Si elles commencent par « tu », ça signifie que vous êtes dans le reproche, ce qui risque de braquer votre interlocuteur.
    6. Si cette personne est trop envahissante et/ou intrusive, vous aurez besoin de revoir votre position. Si vous avez l’habitude de raconter tout ce que vous faites, si vous avez l’habitude de laisser la porte de chez vous « grande ouverte », en acceptant que cette personne viennent n’importe quand et si vous lui demandez systématiquement son avis sur tout, vous aurez besoin de changer de comportement pour que cette personne change le sien. Expliquez-lui les changements que vous amorcez dans votre comportement et ceux que vous apprécieriez qu’elle apporte au sien.
    7. Et pour finir, exprimez-lui les limites que vous aller mettre au sein de la relation et que vous aimeriez qu’elle respecte.
  • Maintenant si la personne surprotectrice est votre partenaire de vie :
    1. Là encore il est nécessaire d’en discuter. Vous pouvez commencez par exprimer votre reconnaissance, comme proposé dans le point précédent.
    2. Ensuite, vous pouvez lui demander si il.elle a l’impression que vous avez besoin d’une protection accrue. Qu’est-ce qui lui fait entendre que c’est nécessaire dans votre comportement, dans vos mots, dans vos actes…
    3. Essayez de comprendre pourquoi il ou elle vous protège autant, une fois de plus en questionnant, et en étant à l’écoute des réponses, non pas pour juger, non pas pour reprendre ou corriger, encore moins pour reprocher, mais vraiment pour comprendre et réagir avec empathie.
    4. Exprimez-lui en quoi sa surprotection est compliquée à vivre, pour vous, au quotidien, en exprimant vos ressentis.
    5. Réfléchissez bien ensemble et discutez de la manière dont votre couple pourrait fonctionner de manière équilibrée avec une juste dose de protection, en respectant vos personnalités et vos vécus respectifs.
  • Si la personne surprotectrice est un.e ami.e : 
    1. Une fois de plus, la discussion est importante, en commençant par exprimer votre reconnaissance. Ca peut vous paraître redondant et bizarre, mais pourtant c’est vraiment efficace pour poser une atmosphère, dès le départ, d’échange doux, paisible. Vous n’êtes pas là pour attaquer, ni menacer ou reprocher, vous êtes vraiment là pour échanger, comprendre et amener une évolution, mais dans l’amour.
    2. Demandez-lui si votre comportement laisse entendre que vous avez besoin d’être autant protégé.e. 
    3. Par rapport à ses réponses, essayez de comprendre d’où vient ce mode de fonctionnement. Posez-lui des questions tout en respectant ce que votre ami.e se sent prêt.e à vous livrer. J’insiste sur le fait de respecter ce que la personne se sent prête à livrer parce que si vous êtes trop insistant dans vos questions pour essayer de comprendre, même si votre démarche et bienveillante, la personne peut se braquer, parce qu’elle aura la sensation que vous faites intrusion dans son intimité. Une fois de plus, vous y allez pas à pas, tout en prenant bien en compte les réactions de la personne qui est en face de vous.
    4. Expliquez-lui ce qui vous semble pesant et difficile à supporter, concernant la surprotection
    5. Vous pouvez ensuite essayer de réfléchir ensemble et discuter de la manière dont votre amitié pourrait fonctionner en respectant le besoin d’autonomie et de liberté de chacun, de chacune.
  • Si la personne surprotectrice est un.e collègue de travail :
    1. Je vais encore vous le proposer, la discussion est nécessaire et il est important de prendre le temps d’en parler avec la personne concernée, en commençant par une reconnaissance sincère pour poser un cadre d’échange doux et positif.
    2. Ensuite, vous pouvez essayer de comprendre une fois de plus d’où vient ce besoin de vous surprotéger, surtout au travail… Dans la mesure où ce n’est pas une relation « intime », ça reste une relation professionnelle. Vous pouvez éventuellement essayer de posez quelques questions, en expliquant votre intention de comprendre, d’avoir des éléments pour voir la situation de son point de vue de l’autre, tout en respectant ce qu’il ou elle se sent prêt à vous partager de son histoire. On ne force pas.
    3. Expliquez-lui ce qui est inconfortable pour vous face à cette surprotection.
    4. Pensez à vous remettre en question sur ce qui dans votre comportement aurait pu laisser entendre que vous voulez être surprotégé.e au travail.
    5. En fonction des réactions de votre collègue, voyez s’il est possible de réfléchir ensemble et de discuter de la manière dont votre relation peut évoluer pour continuer à partager une relation professionnelle saine et équilibrée.

Si vous fonctionnez dans la surprotection et que vous vous demandez comment faire pour vous modérer ?

Et bien la 1ère clé que j’aimerais vous partager, c’est de faire un travail sur vous, si possible auprès d’un.e psychologue, afin d’apaiser les insécurités, les peurs, les angoisses contenues dans le sac à dos de votre vie.

 

J’aimerais vous partager d’autres clés, mais pas dans ce podcast. Sinon il durerait 2h, pour le coup, ça sera le contenu de la vidéo bonus du mois de Juillet.

 

Les vidéos bonus sont réservées aux abonnés à Relationnellement Vôtre. C’est totalement gratuit, par contre le mot de passe pour accéder aux bonus est fourni lors de l’inscription. Voilà pourquoi il est nécessaire de vous inscrire.

Alors, pour illustrer ce faux-ami, j’aimerais vous partager le témoignage de Charlie :

 

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Charlie est fils unique, il a grandi avec ses parents, à savoir une mère surprotectrice et un père effacé. La mère de Charlie se décrit comme anxieuse de par son histoire de vie plus grise que rose. Une anxiété qu’elle craignait de communiquer à son fils et qu’elle lui a transmis malgré elle, à travers la surprotection.

Charlie était un enfant qui avait peur de se blesser, de se faire gronder, de tomber malade, de ne pas être aimé. L’étiquette du gentil garçon lui était volontiers attribuée.

Il a grandi dans un environnement très protégé par sa mère qui veillait à ce que son fils ait tout ce qu’il voulait et n’ait pas d’effort à fournir à part pour sa scolarité.

Etant institutrice la mère de Charlie a fait en sorte qu’il soit scolarisé dans le même établissement qu’elle, comme ça, elle pouvait garder un œil sur lui et intervenir rapidement s’il avait des ennuis avec des camarades ou s’il avait des difficultés scolaires. Ca a donc été le cas en maternelle et en primaire.

Tout s’est très bien passé pour Charlie jusqu’à l’entrée au collège. C’est là que les ennuis et les angoisses ont commencé.

Charlie se sentait très différent des autres. Il faisait ce qu’il pouvait pour se fondre dans le groupe. Il se mettait énormément de pression. A ça se sont ajoutés plusieurs épisode de harcèlement, dont Charlie n’a parlé à personne. Il a commencé à prendre de plus en plus de poids, comme s’il se forgeait une carapace de protection.

Charlie avait quelques copains avec qui il rigolait bien, il avait trouvé une sorte d’équilibre comme ça et il a tenu les 4 années de collège sans dire un mot de ce qu’il vivait.

Puis ensuite est arrivé le lycée. Avec un nombre important d’élèves, des cours plus difficiles, les angoisses sont devenues si envahissantes que Charlie a cessé de se lever pour aller en cours. Il a développé une phobie scolaire et s’est retrouvé déscolarisé à l’âge de 16 ans.

Charlie s’est renfermé de plus en plus sur lui-même, passant ses journées sur les jeux vidéos. Ses seules sorties étaient pour aller à ses entrainements de sport, ses tournois ou pour promener son chien.

Charlie se sentait de plus en plus mal dans sa peau, plus il prenait du poids, moins il sortait.  

Un été, il a fait un malaise alors qu’il regardait un match sous le soleil, durant de fortes chaleurs. Ca a été le déclencheur d’angoisses envahissantes dès que Charlie mettait le pied hors de chez lui.

Charlie ne sortait plus du tout, il passait ses journées et ses nuits sur l’ordinateur, devant la TV ou sur les jeux vidéos. Ne sachant plus quoi faire, ses parents ont fait appel à une psychologue.

Charlie en voulait énormément à ses parents et plus particulièrement à sa mère qu’il tenait responsable de son état. La maman de Charlie gérait tout, vraiment tout.

Il a fallu du temps à Charlie pour « apprendre à faire face à la vie », se forger ses propres outils et se rendre compte qu’il est équipé pour affronter le monde, s’assumer tout seul et construire sa vie.

Ca a été un combat long et parfois douloureux, mais Charlie a persévéré, il s’est accroché à certains projets et à ses rêves. 

Il a réussi à sortir de chez lui, puis il a pu se remettre au sport qui est sa passion, il s’est trouvé une activité professionnelle qu’il peut exercer depuis son domicile, en étant à son compte. Il s’est remis à sortir, passer du temps avec ses amis. Il a ainsi pu faire une belle rencontre qui l’a aidé à aller encore plus loin dans son cheminement dans la vie d’adulte autonome et responsable.

Aujourd’hui Charlie est un trentenaire à la fois heureux en ménage et l’heureux propriétaire d’une maison à plusieurs kilomètres de chez ses parents. 2 victoires qu’il était loin d’imaginer être capable de remporter.

Voici 3 leçons que le témoigne de Charlie nous enseigne ou nous rappelle :

  • La 1ère leçon, c’est qu’on peut avoir les meilleures intentions du monde et aimer plus que tout son enfant, la surprotection n’est pas un ami de la relation, elle est profondément dommageable. La maman de Charlie pensait bien faire et elle s’en est énormément voulu quand son fils lui a exprimé combien il lui en voulait. Elle a fait tout son possible pour que Charlie sorte de la bulle de protection dans laquelle elle lui avait involontairement appris à s’enfermer.
  • La 2e leçon, c’est qu’un moyen plus efficace que la surprotection, pour protéger son enfant, c’est de l’aider à s’équiper pour affronter la vie. L’un des meilleurs moyens d’empêcher votre enfant de se faire mal, c’est de lui apprendre comment s’y prendre. Ce n’est pas de l’empêcher de faire des expériences douloureuses, c’est de faire de la prévention en lui expliquant ce qui est douloureux, ce qui ne l’est pas, quels sont les dangers et les alternatives les plus sécurisées. Et c’est aussi lui expliquer quoi faire quand une situation compliquée se présente. C’est une fois que Charlie s’est senti équipé qu’il a pu à nouveau sortir de chez lui, tant qu’il se sentait incapable d’affronter les situations de la vie, ça lui semblait impossible. Avec la psychothérapie, il s’est rendu compte que tous les matériaux nécessaires à son équipement sont en lui, il avait juste besoin d’un coup de pouce pour s’en rendre compte et les utiliser de manière efficace.
  • La 3e clé, si vous souffrez des conséquences d’une surprotection vécue pendant plusieurs années, c’est que vous avez la possibilité de faire un travail sur vous, pour ne plus vous enfermer dans la peur, l’angoisse et l’insécurité. Il est encore possible de fabriquer votre équipement, un équipement ajusté à vos besoins pour faire face à la vie.

Voilà on arrive à la fin de ce 24e épisode de Relationnellement Vôtre.

Si vous avez des questions, des suggestions ou si vous aussi vous avez un témoignage à partager au sujet de la surprotection, je pourrai le publier sur Instagram en respectant votre anonymat ou le pseudo que vous proposerez. Je vous invite à envoyer un message à Relationnellement Vôtre pour nous le partager, en cliquant sur « je contacte Relationnellement Vôtre » en bas de page.

Comme annoncé en introduction, il y a d’autres faux-amis dont j’aimerais vous parler, d’autres comportements inspirés d’une démarche bienveillante, mais qui malheureusement font plus de mal que de bien à la relation et à ses membres.

On se retrouve donc la semaine prochaine pour parler du 2e faux-ami, à savoir l’absence de limite ou la tolérance excessive. Un sujet qui promet d’être intéressant. En tout cas, continuez à prendre bien soin de vous surtout et on se dit à très vite. 

 

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