E11 : Les relations… entre idées fausses et vérités oubliées : comment s’y retrouver dans les relations professionnelles
Hello, on se retrouve pour le 11e épisode de Relationnellement Vôtre.
Le vrai/faux relationnel se poursuit. Nous avons déjà vu quelques idées reçues sur les relations de couple, la relation parent/enfant, les relations familiales et amicales. Aujourd’hui, même traitement pour les relations professionnelles.
Je n’ai pas encore parler de ce type de relation, pourtant, vu le nombre d’heures que nous passons au travail, le nombre croissant de burn out (syndrome d’épuisement professionnel) et le large éventail de risques psychosociaux, autant dire que les relations professionnelles peuvent, elles aussi, perturber votre épanouissement relationnel.
C’est pourquoi, j’aimerais vous partager 5 affirmations fondées sur des représentations erronées concernant les relations professionnelles. Commençons avec l’affirmation suivante :
- « je suis en arrêt mais je dois reprendre le travail, ou je suis en mi-temps thérapeutique mais je dois reprendre à plein temps, sinon mes collègues vont m’en vouloir. »
Cette affirmation cache une fausse croyance qui est qu’il y a une forme d’obligation à reprendre « je dois, il faut ». Pourtant, si votre médecin vous a validé cette arrêt maladie ou ce mi-temps thérapeutique, c’est qu’il est justifié. Vous avez donc toute légitimité à poursuivre cet arrêt ou ce mi-temps malgré le qu’en dira-t-on.
En vous forçant à reprendre le travail, malgré des problèmes de santé qui nécessitent un arrêt ou un mi-temps, cela revient à vous dire « ce que j’ai n’est pas grave, cet arrêt ou ce mi-temps n’est pas nécessaire ». Est-ce réellement le message que vous voulez vous dire ? Ou voulez-vous plutôt adopter la version suivante : « ma santé est une priorité à mes yeux, il est donc important que je prenne le temps de me remettre sur pied avant de reprendre. Je resterai donc en arrêt ou en mi-temps, aussi longtemps que ma santé le nécessitera et que la situation me le permettra ».
Si vous avez des difficultés à prendre soin de vous, je ne peux que vous proposer d’écouter l’épisode 6. Vous avez tout autant le droit de prendre soin de votre santé que n’importe quel autre collègue de travail. D’ailleurs, mon petit doigt me dit que vous être plein ou pleine d’empathie quand il s’agit d’un collègue ou d’une collègue est en arrêt. Pourquoi vous infliger un traitement différent ?
Oui, qui dit absence dit charge de travail plus importante pour vos collègues. Sauf que ce n’est pas vous qui choisissez la charge de travail, ni vous qui la répartissez. C’est le rôle de votre responsable et de votre employeur.
Vous n’agissez pas dans le but de mettre les autres en difficulté, mais dans le but de vous sentir suffisamment bien pour reprendre le travail sans mettre en danger votre santé physique et/ou psychologique. Pourquoi est-ce que vos collègues vous en voudraient ?
D’ailleurs, permettez-moi de vous demander… anticipez-vous la réaction de vos collègues ou avez-vous déjà eu des remarques ?
Si vos collègues vous font des remarques, des réflexions laissant sous-entendre leur mécontentement quant à votre arrêt ou votre mi-temps, il est possible qu’ils/elles expriment leur frustration, leur mécontentement, mais ça ne veut pas forcément dire qu’ils sont en colère contre vous… ils verbalisent leur colère contre le système et malheureusement ça vous arrive aux oreilles. Mais vous n’êtes en rien responsable de la situation.
Que dites-vous de vous rappeler les raisons de l’arrêt ou du mi-temps en question. Cela vous permettra de laisser la culpabilité vous glisser dessus. Libre choix à vous de répondre ou non à vos collègues. En tout cas, rappelez-vous que culpabiliser, c’est laisser entendre à votre environnement professionnel que l’arrêt ou le mi-temps n’a pas sa légitimité, qu’il n’est pas si justifié que ça. Si vous êtes convaincu(e) que votre santé est plus importante que votre travail, alors vous saurez contrecarrer l’affirmation de départ, peu importe ce que pensent ou disent vos collègues.
- 2e représentation erronée : « je suis le seul / la seule à maitriser ce logiciel, ce dossier, ce protocole au travail, mes collègues ont besoin de moi »
Certaines personnes apprécient de sentir qu’elles sont les seules à maitriser un support, cela leur donne une position qui fait du bien à leur égo et d’autres souffrent de cette position.
Cela peut paraître flatteur ou valorisant un temps de sentir que vous êtes le seul/la seule à maîtriser un support de travail. Toutefois cette situation ne comporterait-elle pas plus d’inconvénients que d’avantages ?
Ca ressemble bizarrement à un cercle vicieux. Dans la mesure où vous êtes le seul / la seule, vous allez vous mettre la pression pour tenir les échéances, sans vous autoriser à partager ni déléguer une charge relativement importante. Ca vous amène à faire des heures supplémentaires sans forcément les récupérer, pour éviter de prendre trop de retard et rester irréprochable.
Prendre des congés, vous absenter est compliqué parce que vous savez qu’à votre retour, vous devrez rattraper tout ce qui n’a pas pu être fait en votre absence.
Dans la mesure où vous assumez votre charge de travail, votre employeur maintient cette même charge ou même parfois, il l’augmente.
Au final, vous vous épuisez au travail, en vous reprochant de ne pas correctement vous organiser, vous mettez en cause vos compétences, vous doutez de vous-même, alors que le problème vient d’une charge trop importante pour un nombre d’heures de travail raisonnable. Et tant que vous ne tirerez pas la sonnette d’alarme sur le fait que vous y laissez votre santé, la situation risque de perdurer.
Or si on y réfléchit un instant, vos collègues ou vos employeurs ont besoin que le travail soit fait, mais ont-ils réellement besoin de vous ?
Est-ce important pour vous d’être le seul ou la seule à maitriser certaines tâches au travail ou est-il envisageable que vous ayez un binôme ?
Qu’avez-vous à gagner à rester dans une telle situation exactement ?
Il arrive parfois d’être tellement à fond dans ce qu’on fait qu’on ne se rend même plus compte qu’on est tout simplement en train de s’épuiser et de se faire exploiter. Marcher permet de voir ce qu’on ne peut pas distinguer quand on court. Ralentir la cadence, prendre le temps de faire le point de temps à autre, aider à se rendre compte des fonctionnements toxiques présents au travail.
Avoir un binôme a des avantages, l’exclusivité a un prix. Elle peut être chère payée si c’est au prix de votre santé. Vous ne croyez pas ?
- La 3e affirmation qui s’avère être une fausse croyance : « ce/cette collègue me fatigue, autant l’ignorer ça me fera des vacances. »
Saviez-vous que le fait d’ignorer un/une collègue, peut être interprété et considéré comme une forme de violence psychologique apparenté à du harcèlement moral ?
Votre intention a beau être de vous économiser face à une attitude, un comportement qui vous fatigue, le silence et l’ignorance font aussi partie des « punitions » infligées à autrui, dans une démarche toxique pour ne pas dire destructrice ou manipulatoire. Continuer dans ce sens risquerait de vous causer plus d’ennuis que de vacances.
Sur le plan juridique, le harcèlement moral constitue une violence répétée et durable exercée par une personne ou un groupe de personnes de l’entreprise, violence entraînant une souffrance, dont la finalité est la destruction de l’autre.
Bien sûr, votre intention n’est pas de détruire votre collègue, mais comment le prouver ?
Voilà pourquoi utiliser le silence, l’indifférence, l’ignorance pose question tant sur le plan professionnel que personnel.
Certaines personnes peuvent profondément nous agacer. Avez-vous pu identifier clairement ce qui vous fatigue dans les paroles, les actes de cette personne ?
Avoir un espace de parole dans lequel déposer le trop plein, prendre du recul sur vos ressentis, vos interprétations de la situation peut vous aider à évacuer. Vous pourrez envisager, de manière posée et non impulsive, les alternatives qui s’offrent à vous. Car oui, il y en a probablement plusieurs. Parfois, nous n’arrivons pas à les voir parce que nous sommes arrivés à saturation, nous ne supportons plus une situation, donc la solution qui saute aux yeux est la plus rapide, la plus radicale. Sauf qu’elle est bien souvent la plus lourde de conséquences.
N’hésitez pas à solliciter l’aide d’un ou d’une psy, pour vous aider à faire face à cette situation professionnelle d’une manière qui ne se retourne pas contre vous.
4. La 4e affirmation : « mon/ma supérieur(e) hiérarchique me fait constamment des remarques négatives sur mon travail, peut-être que je ne suis pas fait/faites pour ce poste. »
Il arrive fréquemment de faire des raccourcis entre l’être et le faire, entre qui nous sommes et ce que nous faisons. Certes, nos actes sont imprégnés de notre personnalité, toutefois, nous ne nous résumons pas à nos actes. En d’autres mots, si votre supérieur hiérarchique remet en question certaines de vos tâches, cela ne veut pas forcément dire que vous n’êtes pas fait pour ce poste.
Dans un 1er temps, votre responsable est-il précis ou est-elle précise sur ce qu’il ou elle reproche au travail fourni ? Pour tenter de vous améliorer, il est nécessaire de savoir précisément à quel niveau c’est nécessaire.
Est-ce que le reproche porte sur le fond du travail ou sur la forme ? Le niveau d’exigence d’une personne à une autre n’est pas le même concernant la forme. Ca ne veut pas dire pour autant que vous n’êtes pas fait/faite pour ce poste, ça signifie que vous aurez besoin de vous adapter aux exigences de votre supérieur hiérarchique.
La remise en question est nécessaire pour évoluer, avancer, progresser. Toutefois vous remettre systématiquement en question, sans prise de recul, c’est vous mettre dans une position de faire plaisir constant. Dans cette démarche, vous ne tenez plus compte de votre subjectivité, ce qui prime c’est celle des autres. C’est problématique car ça vous expose à des relations toxiques tant dans vos relations privées que professionnelles.
Que dites-vous de faire le point avec votre supérieur hiérarchique pour mettre clairement en lumière ses attentes, ce qu’il est effectivement nécessaire de revoir dans votre manière de faire et ce qui peut rester comme tel ?
Vous pouvez aussi vous renseigner sur les formations, les mises à niveau proposées par votre travail, si toutefois il s’avère que vous avez besoin de mettre à jour vos connaissances et/ou vos compétences.
Par contre, si vous vous sentez vraiment mal à ce poste, que votre travail ne vous plait pas, ça peut être une des raisons pour lesquelles vous éprouvez quelques difficultés à remplir les missions demandées. Ce n’est pas forcément vous qui n’êtes pas fait(e) pour le poste, il est possible que le poste ne vous convienne plus.
5. Et la 5e affirmation plutôt courante qui s’avère être erronée : « mes collègues sont là depuis plus longtemps que moi, je n’ai rien à leur apporter. »
Il est vrai qu’une grande expérience professionnelle confère un niveau de connaissances et de compétences certain. Cela peut intimider quelques nouveaux/nouvelles collègues dont l’expérience n’est pas si fournies. Est-ce que cela veut dire pour autant qu’ils ou elles n’ont rien à apporter à l’équipe ? Permettez-moi d’en douter, voici pourquoi…
Les personnes expérimentées ont bien souvent pris des habitudes, des modes de fonctionnements et des pratiques qui leur sont propre, mais qui ne tiennent pas toujours compte des évolutions dans les process, les nouvelles technologies, les avancées faites dans leur domaine et donc leur manière de travailler peut perdre en efficacité, ou être en décalage avec les évolutions des clients ou des patients. Bien heureusement il y a des formations et des remises à niveau.
Toutefois avoir des équipes faites de juniors et de séniors, en terme d’expérience professionnel, c’est une valeur ajoutée, car cela permet de bénéficier à la fois du poids des connaissances et des compétences des séniors auxquelles s’additionnent les innovations, la créativité et des perspectives récentes des juniors. C’est gagnant car ça tire les juniors comme les séniors hors de leur zone de confort. Les nouvelles recrues sont tirées vers le haut et sont amenées à progresser, les « anciennes » sont bousculées dans leurs habitudes et leur routine pour se mettre à jour et s’ouvrir aux changements amenés par les évolutions au sein des populations abordées, des clientèles ciblées ou des technologies utilisées.
Il serait dommage de croire qu’en tant que jeune recrue vous n’avez rien à apporter, car bien au contraire vous avez une part à faire, une pierre à apporter à l’édifice comme on dit.
Ce que je vais dire risque de piquer et j’en ai moi-même tirer la leçon donc je me permets de vous le partager ainsi. Notre niveau d’expérience et d’expertise peut parfois nous faire manquer d’ouverture envers ce que les jeunes recrues peuvent nous partager. Or, nous pouvons apprendre de toute personne avec laquelle nous sommes en relation. En tout cas, si nous acceptons que nous ne pouvons pas tout savoir sur tout.
De plus, nos relations sont des miroirs qui reflètent qui nous sommes. Quand quelque chose vous dérange dans une situation, il peut être intéressant de vous demander sur quel bouton c’est venu appuyer en vous.
Les conflits de génération sur les lieux de travail sont parfois liés à la manière dont les choses sont communiquées. La place de l’égo et le manque d’humilité sont des facteurs explicatifs des difficultés de coopérations entre les séniors et les juniors, au sens expérience professionnelle.
Certains/certaines jeunes profesionnel(le)s arrivent tel(el)s des super-héros prêts à tout révolutionner. Oui, vous avez une belle énergie, une gnack, une motivation qui peuvent faire bouger les choses, mais que dites-vous de prendre le temps de vous poser et de réfléchir à la manière d’amener vos idées si vous voulez qu’elles soient prises en compte. Ce n’est pas parce que votre idée est efficace qu’elle sera acceptée. C’est si vous l’amenez d’une manière appropriée au cadre professionnel dans lequel vous vous trouvez et surtout si vous savez l’amener au moment opportun. Proposer une solution alors qu’il n’y a pas de problème envisagé, ça ne va pas vous aider à être entendu/e.
Si vous faites partie de la team des expérimentés/expérimentées, que dites-vous de prendre le temps d’écouter les idées et propositions de vos jeunes collègues. Rien ne vous oblige à être d’accord avec eux ou elles. C’est juste que la confrontation d’idées peut être constructive lorsqu’on accepte de s’ouvrir au point de vue de l’autre dans une discussion, un échange pour essayer de comprendre les différentes idées, leur efficacité, leur faisabilité et non dans le but d’avoir raison.
Chaque membre d’une équipe peut apporter ne serait-ce qu’un élément au bon fonctionnement de l’équipe. Si on accepte que chacun a sa place, peu importe son niveau d’expérience ou son ancienneté.
Bon, il vaut mieux que je m’arrête là et que je vous partage le témoignage de Claudia, sinon, on est partis pour un épisode d’1h
Claudia travaille dans le domaine médical et se retrouve en burn out, syndrome d’épuisement professionnel, après de nombreuses années de bons et loyaux services au sein du même établissement.
Claudia n’avait jamais eu d’arrêt de travail à part pour ses congés maternité. C’est une femme qui aime son métier et qui selon ses dires, ne regarde pas aux heures. S’il y a besoin d’elle, même en dernière minute, elle répond présente.
Malheureusement, la maladie a frappé à la porte de chez Claudia. Elle a dû avoir un arrêt assez long, ce que ses collègues déjà sursollicités ont peu apprécié.
Une fois sur pied, Claudia a repris en mi-temps thérapeutique. Je ne sais pas si vous connaissez le fonctionnement du milieu médical, mais dans certaines structures, les plannings sont un vrai casse-tête. Donc autant vous dire que ce mi-temps thérapeutique n’arrangeait ni sa responsable, ni ses collègues.
Claudia entendait réflexions piquantes sur réflexions piquantes, en serrant les dents. Elle envisageait de reprendre à plein temps pour éviter les histoires quand un conflit s’est ajouté à cette situation déjà douloureuse. Une jeune collègue estimait que Claudia ne faisait pas correctement son travail et exprimait clairement son désaccord.
La jeune collègue avait des propos dévalorisants, humiliants selon Claudia, qui au départ tentait calmement de se défendre. Jusqu’au jour où ça a été l’escalade dans violence verbale de la part de sa collègue qui est allée jusqu’à bousculer Claudia en la menaçant. Claudia a signalé la situation à sa responsable, sans savoir que sa collègue avait signalé plus des situations précédentes en donnant sa version des faits aux ressources humaines, alors que Claudia gardait tout sur le coeur. Claudia souffrait tellement de la situation qu’elle en faisait des crises d’angoisse et des insomnies.
Pour préserver sa santé, elle a décidé de ne plus parler à la collègue en question. Sans savoir qu’elle serait convoquée quelques temps plus tard. Sa responsable lui a reproché la dégradation de l’atmosphère de travail et de la cohésion d’équipe du fait de son silence envers sa collègue. Un profond sentiment d’incompréhension et d’injustice a envahi Claudia, sachant que ses intentions n’étaient pas de nuire ni à sa collègue, ni au service dans lequel elle travaillait.
Claudia était à bout, elle ne savait plus comment gérer cette situation. Elle refusait de se mettre à nouveau en arrêt, vu les réflexions qu’elle avait déjà dû affronter. Elle ne voulait pas jeter d’huile sur le feu. Jusqu’au jour où Claudia n’arrivait plus du tout à contenir sa souffrance. Son médecin traitait lui a conseillé de se faire aider par un/une psy.
Claudia a pu progressivement prendre du recul sur la situation. Elle a réalisé ce qu’elle a traversé au niveau santé, elle a cessé de minimiser, sans dramatiser. Elle a accepté que le mi-temps est vraiment nécessaire et de prendre le temps de se remettre, peu importe les remarques de ses collègues. Car elle seule sait ce que son corps a enduré pendant tous ces mois.
Claudia a sollicité la psychologue de son travail afin de tenter de médiatiser des échanges avec la collègue de manière à désamorcer la situation.
Claudia a pu entendre qu’avec les années, elle avait un mode de fonctionnement qui ne correspondait plus sur certains points à ce qui est désormais enseigné dans sa profession.
La collègue en question a reconnu avoir manqué de respect dans sa manière de dire les choses à Claudia. La confiance avait malgré tout été mise à mal au sein de l’équipe. Ça a été une décision difficile, mais Claudia a demandé à changer d’équipe. Sur le coup, elle trouvait injuste de devoir quitter un service qu’elle connaissait sur le bout des doigts. Selon elle, c’était à sa collègue de partir, mais elle savait au fond d’elle que rester dans le service lui serait invivable. Elle a dont fait passer sa santé psychologique et physique en priorité.
Dans cet autre service, le relationnel avec ses collègues se passe bien, son ancienneté lui a permis de connaître la plupart des membres du personnel. Du coup, il y avait des collègues qu’elle connaissait depuis quelques années déjà. Donc au final, elle ne regrette vraiment pas ce changement.
Voici 3 leçons que ce témoignage nous enseigne ou nous rappelle :
- La 1ère leçon, c’est qu’en voulant faire plaisir à tout le monde, on finit par se faire du mal. Claudia ne voulait pas faire de vague, ne voulait pas faire d’histoire, du coup elle essayait autant que possible d’éviter les remarques, les reproches, les arrêts maladie, les disputes, elle se mettait une pression énorme, prenait beaucoup sur elle, mais à quel prix… Il y a eu les crises d’angoisse, les insomnies, le burn out. La souffrance au travail, les risques psycho-sociaux sont si présents, que dites-vous d’oser demander de l’aide. Votre santé est précieuse. Claudia l’a compris c’est ce qui l’a amenée à se faire aider, à parler et par la suite à changer de service.
- La 2e leçon c’est qu’en cas de conflits récurrents, surtout lorsqu’il n’y a pas de témoin, il est peut-être préférable de faire un bref retour des faits à votre responsable. Cela vous permet de le notifier et de donner votre version des faits. En évitant d’en faire part avant à sa responsable, Claudia est passé pour la fautive et sa collègue qui a signalé de suite pour la victime. En prenant sur elle plutôt qu’en en parlant à sa hiérarchie, le silence de Claudia s’est retourné contre elle, son attitude et son positionnement ont été mal interprétés. Pouvoir s’exprimer, communiquer en y mettant les formes bien sûr, permet de clarifier à la fois ses pensées, ses ressentis et ses intentions.
- La 3e leçon c’est que parfois changer de service, changer de poste, changer d’environnement professionnel est nécessaire. Ca dépend des situations et le point important c’est de choisir le changement, non de le subir pour pouvoir avancer. Claudia vivait cette option comme une injustice. Bien heureusement le travail avec sa psy, lui a laissé le temps et la possibilité d’envisager différemment un changement de service. Elle a fini par le voir comme un moyen de se prendre soin d’elle, de préserver sa santé et non comme une fuite devant sa collègue. Elle a pris du recul et a pris sa décision en fonction de son mieux-être, pas en fonction de ce que sa collègue pourrait croire ou penser.
Si vous avez des questions, des suggestions, ou un témoignage à partager, vous pouvez envoyer un message, sur le site, www.relationnellementvotre.fr, en cliquant sur « je contacte Relationnellement Vôtre » tout en bas de la page d’accueil.
Dans le prochain épisode
Voilà on arrive à la fin de ce 11e épisode de Relationnellement Vôtre.
Réalisez-vous le chemin que vous avez parcouru ? Et ce n’est pas fini. Dans le prochain épisode, nous poursuivrons le tri avec une autre relation et je vous laisse deviner laquelle… suspens !!! 😏
Prenez bien soin de vous et à la semaine prochaine !
